Poemas en Francés





TRADUTTORE TRADITORE

Acerca de
Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano
Frases
"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas"

Augusto Monterroso

-La palabra mágica-

"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?"

Voltaire

"La traducción destroza el espíritu del idioma"

Federico Garcí­a Lorca
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Benjamin Péret -Les odeurs de l'amour-
lundi, novembre 15, 2004
Les odeurs de l’amour
Benjamin Péret (1899-1959)

S'il est un plaisir
c'est bien celui de faire l'amour
le corps entouré de ficelles
les yeux clos par des lames de rasoir
Elle s'avance comme un lampion
Son regard la précède et prépare le terrain
Les mouches expirent comme un beau soir
Une banque fait faillite
entraînant une guerre d'ongles et de dents
Ses mains bouleversent l'omelette du ciel
foudroien le vol désespéré des chouettes
et descendent un dieu de son perchoir
Elle s'avance la bien-aimée aux seins de citron
Ses pieds s'égarent sur les toits
Quelle automobile folle
monte du fond de sa poitrine
Vire débouche et plonge
comme un monstre marin
C'est l'instant qu'ont choisi les végétaux
pour sortir de l'orbite du sol
Ils montent comme une acclamation
Les sens-tu les sens-tu
maintenant que la fraîcheur
dissout tes os et tes cheveux
Et ne sens-tu pas aussi que cette plante magique
donne à tes yeux un regard de main
sanglante épanouie
Je sais que le soleil lointaine poussière
éclate comme un fruit mûr
si tes reins roulent et tanguent
dans la tempête que tu désires
Mais qu'importe à nos initiales confondues
le glissement souterrain des existences imperceptibles
il est midi


Los aromas del amor

Si existe un placer
es el de hacer el amor
el cuerpo rodeado de guitas
los ojos cerrados por hojas de afeitar
Ella avanza como una farola
Su mirada le precede y le prepara el terreno
Las moscas expiran como una bella tarde
Un banco quiebra
acarriando una guerra de uñas y dientes
Sus manos revuelven la tortilla del cielo
fulminan el vuelo desesperado de las lechuzas
y descienden a un dios de su percha
Ella avanza la querida de senos de limón
Sus pies se pierden sobre los tejados
Qué loco automóvil
sube del fondo de su pecho
Vira aflora y se zambulle
como un monstruo marino
Es el instante que han escogido los vegetales
para salir de la órbita del sol
Ellos suben como una aclamación
Los sientes los sientes?
ahora que el frescor
disuelve tus huesos y cabellos
No sientes también que esa planta mágica
otorga a tus ojos una mirada de mano
sangrante dilatada?
Sé que el sol polvo lejano
brilla como una fruta madura
si tus lados ruedan y danzan
en la tempestad que deseas
Pero qué importa a nuestras iniciales confundidas
el deslizarse subterráneo de la existencia imperceptible
si es mediodía

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Benjamin Péret -Clin d'oeil-
Clin d'oeil
Benjamin Péret (1899-1959)

Des vols de perroquets traversent ma tête quand je te vois de profil
et le ciel de graisse se strie d'eclairs bleus
qui tracent ton nom dans tous les sens
(…)
ou les seins aigus des femmes regardent par les yeux des hommes
Aujourd'hui je regarde par tes cheveux
Rosa d'opale du matin
et je m'eveille par tes yeux
Rosa d'armure
et je pense par tes seins d'explosion
(…)
Rosa de fumee de cigare
Rosa d'ecume de mer faite cristal Rosa
Rosa


Parpadeo

Vuelos de loros atraviesan mi cabeza cuando te veo de perfil
y el cielo de grasa se estría de relámpagos azules
que trazan tu nombre en todos los sentidos
(...)
donde los agudos senos de las mujeres miran a través de los ojos de los hombres
Hoy día a través de tus cabellos miro
Rosa de ópalo de la mañana
y a través de tus ojos me despierto
Rosa de armadura
y a través de tus senos de explosión pienso
(...)
Rosa de humo de cigarro
Rosa de espuma de mar hecha cristal
Rosa

Versión de César Moro

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Benjamin Péret -Parle-moi-
Parle-moi
Benjamin Péret (1899-1959)

Le noir de fumée le noir animal le noir noir
se sont donné rendez-vous entre deux monuments aux morts
qui peuvent passer pour mes oreilles
ou l’écho de ta voix de fantôme de mica marin
répète indéfiniment ton nom
qui ressemble tant au contraire d’une éclipse de soleil
que je me crois quand tu me regardes
un pied d’alouette dans une glacière dont tu ouvrirais la porte
avec l’espoir d’en voir s’échapper une hirondelle de pétrole enflammé
mais du pied d’alouette jaillira une source de pétrole flambant
si tu le veux
comme une hirondelle
veut l’heure d’été pour jouer la musique des orages
et la fabrique à la manière d’une mouche
qui rêve d’une toile d’araignée de sucre
dans une verre d’œil
parfois bleu comme une étoile filante réfléchie par un œuf
parfois vert comme une source suintant d’une horloge


Háblame

El negro de humo el negro animal el negro negro
se han dado cita entre dos monumentos a los muertos
que podrían ser tomados por mis orejas
donde el eco de tu voz de fantasma de mica marina
repite indefinidamente tu nombre a
que se asemeja tanto a lo contrario de un eclipse de sol
que yo me creo cuando me miras
una planta de espuela de caballero en una heladera cuya puerta
abrieras
con la esperanza de ver escaparse una golondrina de petróleo
inflamado
pero de esa planta brotará una fuente de petróleo flamígero
si así lo quieres
como una golondrina
quiere la hora de verano para tocar la música de las tempestades
y la produce al modo de una mosca
que sueña con una telaraña de azúcar
en un vaso de ojo
a veces azul como una estrella fugaz reflejada por un huevo
a veces verde como un manantial que brota de un reloj

Versión de Aldo Pellegrini

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Benjamin Péret -Allo-
Allo
Benjamin Péret (1899-1959)

Mon avion en flammes mon château inondé de vin du Rhin
mon ghetto d'iris noirs mon oreille de cristal
mon rocher dévalant la falaise pour écraser le garde-champêtre
mon escargot d'opale mon moustique d'air
mon édredon de paradisiers ma chevelure d'écume noire
mon tombeau éclaté ma pluie de sauterelles rouges
mon île volante mon raisin de turquoise
ma collision d'autos folles et prudentes ma plate-bande sauvage
mon pistil de pissenlit projeté dans mon oeil
mon oignon de tulipe dans le cerveau
ma gazelle égarée dans un cinéma des boulevards
ma cassette de soleil mon fruit de volcan
mon rire d'étang caché où vont se noyer les prophèthes distraits
mon inondation de cassis mon papillon de morille
ma cascade bleue comme une lame de fond qui fait le printemps
mon revolver de corail dont la bouche m'attire comme l'oeil d'un puits
scintillant
glacé comme le miroir où tu contemples la fuite des oiseaux mouches de ton regard
perdu dans une exposition de blanc encadrée de momies
je t'aime


Allo

Mi avión en llamas mi castillo inundado de vino del Rhin
mi ghetto de lirios negros mi oreja de cristal
mi roca rodando por el acantilado para aplastar al guarda rural
mi caracol de ópalo mi mosquito de aire
mi edredón de aves del paraíso mi cabellera de espuma negra
mi tumba agrietada mi lluvia de langostas rojas
mi isla voladora mi uva de turquesa
mi colisión de autos locos y prudentes mi arriate silvestre
mi pistilo de cardillo proyectado en mi ojo
mi bulbo de tulipán en el cerebro
mi gacela perdida en un cinema de los bulevares
mi cofrecillo de sol mi fruto de volcán
mi risa de estanque oculto donde se ahogan los profetas distraídos
mi inundación de casis mi mariposa de morilla
mi cascada azul como una ola de fondo que hace nacer la primavera
mi revólver de coral cuya boca me atrae como la boca de un pozo reverberante
helado como el espejo en que contemplas la huida de los colibríes de tu mirar perdido en una exposición de lencería enmarcada de momias
te amo

Versión de César Moro


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Catherine Pozzi -Nyx-
dimanche, novembre 07, 2004
Nyx
Catherine Pozzi (1882-1934)

A Louise aussi de Lyon et d'Italie

Ô mes nuits, ô noires attendues
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vol permis outre les cieux fermés.

Ô grand désir, ô surprise épandue
Ô beau parcours de l'esprit enchanté
Ô pire mal, ô grâce descendue
Ô porte ouverte où nul n'avait passé

Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d'entrer à l'éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l'amour.


Nyx

A Louise también de Lyón y de Italia

Oh noches mías, oh sombras esperadas
Oh tierra altiva, oh secretos tenaces
Oh lentos ojos, oh nubes fulminantes
Oh vuelo libre más allá de los cielos.

Oh gran afán, oh expandida sorpresa
Oh bella marcha del alma embelesada
Oh mal supremo, oh gracia descendida
Oh puerta abierta por la que nadie entró

No sé por qué me muero yo y me ahogo
Antes de entrar en la eterna morada.
Cómo saber de quién yo soy la presa.
Cómo saber de quién soy el amor.

Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán

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Catherine Pozzi -Maya-
Maya
Catherine Pozzi (1882-1934)

Je descends les degrés de siècles et de sable
Qui retournent à vous l'instant désespéré
Terre des temples d'or, j'entre dans votre fable
Atlantique adoré.

D'un corps qui ne m'est plus que fuie enfin la flamme
L'Âme est un nom chéri détesté du destin —
Que s'arrête le temps, que s'affaisse la trame,
Je reviens sur mes pas vers l'abîme enfantin.

Les oiseaux sur le vent dans l'ouest marin s'engagent,
Il faut voler, bonheur, à l'ancien été
Tout endormi profond où cesse le rivage
Rochers, le chant, le roi, l'arbre longtemps bercé,
Astres longtemps liés à mon premier visage,

Singulier soleil de calme couronné.


Maya

Desciendo los peldaños de siglos y de arena
Que el instante angustiado conducen hacia ti
Tierra de templos de oro, en tu fábula entro
Atlántico adorado.

De un cuerpo ya no mío que la llama rehuye
Caro nombre es el Alma, que detesta el destino —
Que se detenga el tiempo, que se hunda la trama,
Sobre mis pasos vuelvo al abismo infantil.

En el viento los pájaros hacia el marino oeste
Vuelan, hay que volar, dicha, al verano antiguo
Sumido en sueño allí donde cesa la orilla
Rocas, el canto, el rey, árbol que el viento mece
,Astros de antiguo unidos a mi rostro primero,

Extraordinario sol de calma coronado.

Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán

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Catherine Pozzi -Nova-
Nova
Catherine Pozzi (1882-1934)


Dans un monde au futur du temps où j'ai la vie
Qui ne s'est pas formé dans le ciel d'aujourd'hui,
Au plus nouvel espace où le vouloir dévie
Au plus nouveau moment de l'astre que je fuis
Tu vivras, ma splendeur, mon malheur, ma survie
Mon plus extrême cœur fait du sang que je suis,
Mon souffle, mon toucher, mon regard, mon envie,
Mon plus terrestre bien perdu pour l'infini.

Évite l'avenir, Image poursuivie !
Je suis morte de vous, ô mes actes chéris
Ne sois pas défais toi dissipe toi délie
Dénonce le désir que je n'ai pas choisi.

N'accomplis pas mon jour, âme de ma folie, —
Délaisse le destin que je n'ai pas fini.


Nova

En un mundo futuro en que tengo la vida
Que no llegó a formarse en el cielo de hoy,
En el flamante espacio adonde va el querer
En el virgen momento del astro que rehuyo
Vivirás, mi esplendor, mi salvación, mi pena
Mi extremo corazón con mi sangre formado,
Mi mirada, mi aliento, mi tacto, mi deseo,
Mi más terrestre bien para el azul perdido.

¡Elude el porvenir, Imagen perseguida!
De vosotros he muerto, oh mis actos queridos
Deshácete disípate no aceptes ser desata
Denuncia ese deseo que yo nunca elegí.

No completes mi día, alma de mi locura,—
Abandona el destino que no llegué a cumplir.

Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán

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posted by Alfil @ 7:44 PM   0 comments
Catherine Pozzi -Escopolamine-
Escopolamine
Catherine Pozzi (1882-1934)

Le vin qui coule dans ma veine
A noyé mon cœur et l'entraîne
Et je naviguerai le ciel
À bord d'un cœur sans capitaine
Où l'oubli fond comme du miel.

Mon cœur est un astre apparu
Qui nage au divin nonpareil.
Dérive, étrange devenu !
Ô voyage vers le soleil —
Un son nouvel et continu
Est la trame de ton sommeil.

Mon cœur a quitté mon histoire
Adieu Forme je ne sens plus
Je suis sauvé je suis perdu
Je me cherche dans l'inconnu
Un nom libre de la mémoire.


Escopolamina

El vino que por mis venas fluye
Ahogó mi corazón y se lo lleva
Y por el cielo yo navegaré
En un corazón sin capitán
Donde el olvido es blanda miel.

Mi corazón es astro aparecido,
Que nada en el divino sinigual.
¡Deriva, extraño acontecido!
Oh viaje, largo viaje hacia la luz—
Sonido nuevo y nunca interrumpido
Es la tejida trama de tu sueño.

Mi corazón abandonó mi historia
Adiós Forma ya no siento más
Estoy a salvo al fin estoy perdido
Me voy buscando en lo desconocido
Un nombre libre de la memoria.

Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán

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posted by Alfil @ 7:37 PM   0 comments
Catherine Pozzi -Vale-
Vale
Catherine Pozzi (1882-1934)

La grande amour que vous m'aviez donnée
Le vent des jours a rompu ses rayons —
Où fut la flamme, où fut la destinée
Où nous étions, où par la main serrée
Nous nous tenions

Notre soleil, dont l'ardeur fut pensée
L'orbe pour nous de l'être sans second
Le second ciel d'une âme divisée
Le double exil où le double se fond

Son lieu pour vous apparaît cendre et crainte,
Vos yeux vers lui ne l'ont pas reconnu
L'astre enchanté qui portait hors d'atteinte
L'extrême instant de notre seule étreinte
Vers l'inconnu.

Mais le futur dont vous attendez vivre
Est moins présent que le bien disparu.
Toute vendange à la fin qu'il vous livre
Vous la boirez sans pouvoir être qu'ivre
Du vin perdu.

J'ai retrouvé le céleste et sauvage
Le paradis où l'angoisse est désir.
Le haut passé qui grandi d'âge en âge
Il est mon corps et sera mon partage
Après mourir.

Quand dans un corps ma délice oubliée
Où fut ton nom, prendra forme de cœur
Je revivrai notre grande journée,
Et cette amour que je t'avais donnée
Pour la douleur.


Vale

Del gran amor que tú me habías dado
El viento de los días los rayos destrozó —
Donde estuvo la llama, donde estuvo el destino
Donde estuvimos, donde, las manos enlazadas,
Juntos estábamos

Sol que fue nuestro, de ardiente pensamiento
Para nosotros orbe del ser sin semejante
Segundo cielo de un alma dividida
Exilio doble donde el doble se funde

Ceniza y miedo para ti representa
Su lugar, tus ojos no lo han reconocido
Astro encantado que con él se llevaba
De nuestro solo abrazo el alto instante
Hacia lo ignoto.

Pero el futuro del que vivir esperas
Menos presente está que el bien ausente
Toda vendimia que él al final te entregue
La beberás mientras te embriaga el
Vino perdido..

Volví a encontrar lo celeste y salvaje
El paraíso en que angustia es deseo
Alto pasado que con el tiempo crece
Es hoy mi cuerpo, mi posesión será
Tras el morir.

Cuando en un cuerpo mi delicia olvidada
En que estuvo tu nombre se vuelva corazón
Reviviré los días que fueron nuestro día
Y aquel amor que yo te había dado
Para el dolor.

Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán

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posted by Alfil @ 7:32 PM   0 comments
Catherine Pozzi -Ave-
Ave
Catherine Pozzi (1882-1934)

Très haut amour, s'il se peut que je meure
Sans avoir su d'où je vous possédais,
En quel soleil était votre demeure
En quel passé votre temps, en quelle heure
Je vous aimais,

Très haut amour qui passez la mémoire,
Feu sans foyer dont j'ai fait tout mon jour,
En quel destin vous traciez mon histoire,
En quel sommeil se voyait votre gloire,
Ô mon séjour.

Quand je serai pour moi—même perdue
Et divisée à l'abîme infini,
Infiniment, quand je serai rompue,
Quand le présent dont je suis revêtue
Aura trahi,

Par l'univers en mille corps brisée,
De mille instants non rassemblés encor,
De cendre aux cieux jusqu'au néant vannée,
Vous referez pour une étrange année
Un seul trésor

Vous referez mon nom et mon image
De mille corps emportés par le jour,
Vive unité sans nom et sans visage,
Cœur de l'esprit, ô centre du mirage
Très haut amour.


Ave

Muy alto amor, si acaso yo muriese
Sin saber nunca dónde te encontré,
En qué planeta estaba tu morada
Tu tiempo en qué pasado, en qué hora
Te amaba yo,

Muy alto amor que escapas al recuerdo,
Fuego sin foco que fue todo mi sol,
En qué sino trazabas mi existencia,
En qué sueño tu gloria se veía,
Oh mi aposento

Cuando para mí misma esté perdida
Y dividida en abismo infinito,
Cuando rota ya esté infinitamente,
Cuando sea traidor este presente
Que me reviste,

Quebrada por el mundo en mil fragmentos,
De mil instantes aún no reunidos,
De ceniza cernida hasta la nada,
Para un extraño tiempo harás de nuevo
Sólo un tesoro

De nuevo harás mi imagen y mi nombre
Con mil cuerpos robados por el día,
Viva unidad sin nombre y sin figura,
Centro del alma, raíz del espejismo
Muy alto amor.

Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán

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Jacques Prevert -Cheveux noirs...-
mardi, novembre 02, 2004
Cheveux noirs...
Jacques Prévert (1900 - 1977)

à Florence

Cheveux noirs cheveux noirs
caressés par les vagues
cheveux noirs cheveux noirs
décoiffés par le vent
Le brouillard de septembre
flotte derrière les arbres
le soleil est un citron vert
Et la Misère
dans sa voiture vide
traînée par trois enfants trop blonds
traverse les décombres
et s'en va vers la mer
Cheveux noirs cheveux noirs
caressés par les vagues
cheveux noirs cheveux noirs
décoiffés par le vent
(...)


Cabellos negros

a Florence

Cabellos negros cabellos negros
acariciados por las olas
cabellos negros cabellos negros
despeinados por el viento
La niebla de septiembre
flota detrás de los árboles
el sol es un limón verde
Y la miseria
en su coche vacío
del que tiran tres niños muy rubios
atraviesa las ruinas
y marcha hacia el mar
Cabellos negros cabellos negros
acariciados por las olas
cabellos negros cabellos negros
despeinados por el viento
(...)

Libellés :

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Jacques Prevert -Le cancre-
Le cancre
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.


El escolar perezoso

Dice no con la cabeza
pero dice sí con el corazón
dice sí a lo que quiere
dice no al profesor
está de pie
lo interrogan
le plantean todos los problemas
de pronto estalla en carcajadas
y borra todo
los números y las palabras
los datos y los nombres
las frases y las trampas
y sin cuidarse de la furia del maestro
ni de los gritos de los niños prodigios
con tizas de todos los colores
sobre el pizarrón del infortunio
dibuja el rostro de la felicidad.

Versión de Aldo Pellegrini

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Jacques Prevert -La grasse matinée-
La grasse matinée
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Il est terrible
Le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
Il est terrible ce bruit
Quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim
Elle est terrible aussi dans la tête de l'homme
La tête de l'homme qui a faim
Quand il se regarde à six heures du matin
Dans la glace du grand magasin
Une tête couleur de poussière
Ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde
Dans la vitrine de chez Potin
Il s'en fout de sa tête l'homme
Il n'y pense pas
Il songe
Il imagine une autre tête
Une tête de veau par exemple
Avec une sauce de vinaigre
Ou une tête de n'importe quoi qui se mange
Et il remue doucement la mâchoire
Doucement
Et il grince des dents doucement
Car le monde se paye sa tête
Et il ne peut rien contre ce monde
Et il compte sur ses doigts un deux trois
Un deux trois
Cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé
Et il a beau se répéter depuis trois jours
Ca ne peut pas durer
Ca dure
Trois jours
Trois nuits
Sans manger
Et derrière ces vitres
Ces pâtés ces bouteilles ces conserves
Poissons morts protégés par les boîtes
Boîtes protégées par les vitres
Vitres protégées par les flics
Flics protégés par la crainte
Que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
Café-crême et croissants chauds
L'homme titube
Et dans l'intérieur de sa tête
Un brouillard de mots
Un brouillard de mots
Sardines à manger
Oeuf dur café-crème
Café arrosé rhum
Café-crème
Café-crème
Café-crime arrosé sang !...
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
L'assassin le vagabond lui a volé
Deux francs
Soit un café arrosé
Zéro franc soixante-dix
Deux tartines beurrées
Et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.

Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur
cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce brui
tquand il remue dans la mémoire
de l'homme qui a faim


Antes de mediodia

Es terrible
el leve ruido del huevo duro al ser cascado contra el
estaño de un mostrador
es terrible ese ruido
cuando resuena en la memoria de un hombre que
pasa hambre
es terrible también la cabeza del hombre
la cabeza del hombre que pasa hambre
cuando a las seis de la mañana ve
en el cristal de una gran tienda
una cabeza del color del polvo
sin embargo no es su cabeza lo que ve
en la vidriera de Potin
su cabeza de hombre le importa un bledo
ni se acuerda de ella
sueña
imagina otra cabeza
por ejemplo una cabeza de ternera
con salsa vinagreta
o una cabeza de lo que sea con tal de que sea comestible
y mueve suavemente las mandíbulas
suavemente
y hace rechinar los dientes suavemente
pues el mundo ni lo tiene en cuenta
y él nada puede contra ese mundo
y cuenta con los dedos uno dos tres
es decir tres días sin comer
y por más que se repita desde hace tres días
Esto no puede durar
esto dura
tres días
tres noches
sin comer
y detrás de esos vidrios
esos embutidos esas botellas esas conservas
pescados protegidos por latas
latas protegidas por vidrios
vidrios protegidos por esbirros
esbirros protegidos por el miedo
cuántas barreras por unas sardinas de mala suerte…
Algo más allá el cafetín
café-crema y bollos calientes
el hombre titubea
y en su cabeza
una niebla de palabras
una niebla de palabras
sardinas para comer
huevo duro café-crema
café con gotas de ron
café-crema
café-crema
¡café-crimen con gotas de sangre!
Un hombre muy estimado en su barrio
ha sido degollado en pleno día
el asesino el vagabundo le robó
dos francos
es decir un café con gotas de ron
cero franco setenta
dos rebanadas de pan con manteca
y veinticinco céntimos de propina para el mozo.

Es terrible
el leve ruido del huevo duro
cascado contra el estaño de un mostrador
es terrible ese ruido
cuando resuena en la memoria
de un hombre que pasa hambre.

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posted by Alfil @ 2:41 PM   2 comments
Jacques Prevert -L'orgue de barbarie-
L'orgue de barbarie
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Moi je joue du piano
disait l'un
moi je joue du violon
disait l'autre
moi de la harpe moi du banjo
moi du violoncelle
moi du biniou... moi de la flûte
et moi de la crécelle.
Et les uns et les autres parlaient
parlaientparlaient de ce qu'ils jouaient
On n'entendait pas la musique
tout le monde parlait
parlait parlait
personne ne jouait
mais dans un coin un homme se taisait:
"Et de quel instrument jouez-vous Monsieur
qui vous taisez et qui ne dites rien?"
lui demandèrent les musiciens"
Moi je joue de l'orgue de Barbarie
et je joue du couteau aussi"
dit l'homme qui jusqu'ici
n'avait absolument rien dit
et puis il s'avança le couteau à la main
et il tua tous les musiciens
et il joua de l'orgue de Barbarie
et sa musique était si vraie
et si vivante et si jolie
que la petite fille du maître de la maison
sortit de dessous le piano
où elle était couchée
endormie par ennui
et elle dit:
"Moi je jouais au cerceau
à la balle au chasseur
je jouais à la marelle
je jouais avec un seau
je jouais avec une pelle
je jouais au papa et à la maman
je jouais à chat perché
je jouais avec mes poupées
je jouais avec une ombrelle
je jouais avec mon petit frèr
eavec ma petite soeur
je jouais au gendarme
et au voleur
mais c'est fini fini fini
je veux jouer à l'assassin
je veux jouer de l'orgue de Barbarie."
Et l'homme prit la petite fille par la main
et ils s'en allèrent dans les villes
dans les maisons dans les jardins
et puis ils tuèrent le plus de monde possible
après quoi ils se marièrent
et ils eurent beaucoup d'enfants.
Mais
l'aîné apprit le piano
le second le violon
le troisième la harpe
le quatrième la crécelle
le cinquième le violoncelle
et puis ils se mirent à parler parler
parler parler parler
on n'entendit plus la musique
et tout fut à recommencer!


El organillo


Yo toco el piano
decía uno
yo el violín
decía otro
yo el arpa yo el banjo
yo el violoncelo
yo la gaita... yo la flauta
y yo la matraca.
Y unos y otros hablaban hablaban
hablaban de sus instrumentos
No se oía la música
todos hablaban
hablaban hablaban
nadie tocaba
pero en un rincón un hombre se callaba:
"Qué instrumento toca usted señor
usted que calla y no dice nada?"
le preguntaron los músicos.
"Yo toco el organillo
y también toco el cuchillo"
dijo el hombre que hasta ese momento
no había dicho nada
y avanzó cuchillo en mano
y mató a todos los músicos
y tocó el organillo
y su música era tan real
tan bonita y tan viva
que la hija del dueño de la casa
salió de debajo del piano
donde se había quedado dormida de aburrimiento
y dijo:
"Yo tocaba un sueño
un árbol un gato un espejo
yo tocaba un leño
muy desparejo
yo tocaba un avestruz
yo tocaba un cuaderno
yo tocaba un arcabuz
yo tocaba un invierno
yo tocaba a mamá y a papá
yo tocaba dominó
sobre el sofá
pero esto se acabó se acabó se acabó
ahora quiero tocar a un asesino
quiero tocar el organillo."
Y el hombre tomó la pequeña de la mano
y cruzaron casas jardines ciudades
y mataron a cuanta gente pudieron
y después se casaron
y tuvieron muchos hijos
Pero
el mayor aprendió el piano
el segundo el violín
el tercero el arpa
el cuarto el banj
oel quinto el violoncelo
y después se pusieron a hablar hablar
hablar hablar hablar
la música ya no se oyó más
¡y todo volvió a empezar!

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posted by Alfil @ 2:32 PM   0 comments
Jacques Prevert -Combat avec l'ange-
Combat avec l'ange
Jacques Prévert (1900 - 1977)

A J.-B. Brunius

N'y va pas
tout est combiné d'avance
le match est truqué
et quand il apparaîtra sur le ring
environné d'eclairs de magnésium
ils entonneront à tue-tête le Te Deum
et avant même que tut te sois levé de ta chaise
ils te sonneront les cloches à toute volée
ils te jetteront à la figure l'éponge sacrée
et tu n'auras pas le temps de lui voler dans les plumes
il se jetteront sur toi
et il frappera au-dessous de la ceinture
et tut t'écrouleras
les bras stupidement en croix
dans la sciure
et jamais plus tu ne pourras faire l'amour.


El combate con el ángel

A J .-B. Brunius

No te metas
todo está combinado de antemano
el match está fraguado
y cuando él aparezca en el ring
envuelto en relampagueos de magnesio
entonarán a grito pelado el Te Deum
y antes de que te hayas levantado de tu asiento
te echarán a vuelo las campanas
te arrojarán a la cara
la esponja sagrada
y no tendrás tiempo de sacudirle las plumas
se arrojarán sobre ti
y él te castigará por debajo de la cintura
y te desplomarás
los brazos estúpidamente en cruz
sobre el aserrín
y nunca más podrás hacer el amor.

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Jacques Prevert -Le fusillé-
Le fusillé
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Les fleurs les jardins les jets d'eau les sourires
Et la douceur de vivre
Un homme est là par terre et baigne dans son sang
Les souvenirs les fleurs les jets d'eau les jardins
Les rêves enfantins
Un homme est là par terre comme un paquet sanglant
Les fleurs les jets d'eau les jardins les souvenirs
Et la douceur de vivre
Un homme est là par terre comme un enfant dormant.


El fusilado

Las flores los jardines las fuentes las sonrisas
Y la alegría de vivir
Un hombre está caído y bañado en su sangre
Los recuerdos las flores las fuentes los jardines
Los sueños infantiles
Un hombre está caído como un bulto sangriento
Las flores las fuentes los jardines los recuerdos
Y la alegría de vivir
Un hombre está caído como un niño dormido.

Versión de Aldo Pellegrini

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Jacques Prevert -Et la fête continue-
Et la fête continue
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Debout devant le zinc
Sur le coup de dix heures
Un grand plombier zingueur
Habillé en dimanche et pourtant c'est lundi
Chante pour lui tout seul
Chante que c'est jeudi
Qu'il n'ira pas en classe
Que la guerre est finie
Et le travail aussi
Que la vie est si belle
Et les filles si jolies
Et titubant devant le zinc
Mais guidé par son fil à plomb
Il s'arrête pile devant le patron
Trois paysans passeront et vous paieront
Puis disparaît dans le soleil
Sans régler les consommations
Disparaît dans le soleil tout en continuant sa chanson


Y la fiesta continúa

De pie ante el mostrador de estaño
A eso de las diez de la mañana
Un corpulento plomero hojalatero
Vestido de domingo a pesar de ser lunes
Canta para sí mismo
Canta que es jueves
Que no irá a la escuela
Que la guerra se acabó
Y el trabajo también
Que la vida es muy bella
Y las muchachas muy lindas
Y después de trastabillar ante el mostrador de estaño
Pero siguiendo el hilo de su plomada
Se planta firmemente ante el patrón
Tres paisanos vendrán y os pagarán
Después se aleja bajo los rayos del sol
Sin liquidar el gasto
Se aleja bajo los rayos del sol sin dejar de cantar su canción.

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Jacques Prevert -Où je vais, d'où je viens-
Où je vais, d'où je viens...
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Où je vais, d'où je viens
Pourquoi je suis trempée.
Voyons, ça se voit bien.
Il pleut.
La pluie, c'est de la pluie
Je vais dessous, et puis,
Et puis c'est tout.
Passez votre chemin
Comme je passe le mien.
C'est pour mon plaisir
Que je patauge dans la boue.
La pluie, ça me fait rire.
Je ris de tout et de tout et de tout.
Si vous avez la larme facile
Rentrez plutôt chez vous,
Pleurez plutôt sur vous,
Mais laissez-moi,
Laissez-moi, laissez-moi , laissez-moi, laissez-moi.
Je ne veux pas entendre le son de votre voix,
Passez votre chemin
Comme je passe le mien.
Le seul homme que j'aimais,
c'est vous qui l'avez tué,
Matraqué, piétiné...
achevé.
J'ai vu son sang couler,
couler dans le ruisseau,
dans le ruisseau.
Passez votre chemin
comme je passe le mien.
L'homme que j'aimais
est mort, la tête dans la boue.
Ce que j'peux vous haïr,
vous haïr... c'est fou... c'est fou... c'est fou.
Et vous vous attendrissez sur moi,
vous êtes trop bons pour moi,
beaucoup trop bons, croyez-moi.

Vous êtes bons... bons comme le ratier est bon pour le rat...
mais un jour... un jour viendra où le rat vous mordra...
Passez votre chemin,
hommes bons... hommes de bien.


A dónde voy, de dónde vengo...

¿A dónde voy?, ¿de dónde vengo?,
¿Por qué estoy mojado?
Veamos, esto se ve bien.
Llueve.
La lluvia es por la lluvia.
Voy abajo, y después,
después eso es todo.
Seguid vuestro camino
como yo sigo el mío.
Porque me gusta
chapoteo en el barro.
La lluvia, me hace reír.
Me río absolutamente de todo.
Si lloráis por cualquier cosa
mejor quedaos en vuestra casa,
llorad por vosotros,
pero dejadme.
Dejadme, dejadme, dejadme, dejadme.
No quiero oír el sonido de vuestra voz,
seguid vuestro camino
como yo sigo el mío.
El único hombre que amaba,
me lo habéis matado,
aporreado, pisoteado...rematado.
He visto su sangre correr,
correr en el arroyo.
Seguid vuestro camino
como yo sigo el mío.
El hombre que amabae
sta muerto, la cabeza en el barro.
Por esto puedo odiaros,
odiaros... es exagerado... exagerado... es exagerado.
Y os enterneceréis conmigo,
sois muy buenos para mí,
demasiado buenos, creedme.

Sois buenos, buenos como el perro ratonero es bueno parala rata…
pero un día… vendrá un día en que la rata os muerda…
Seguid vuestro camino,
hombres buenos… hombres de bien.

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Jacques Prevert -Le grand homme-
Le grand homme
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Chez une tailleur de pierre
où je l'ai rencontré
il faisait prendre ses mesures
pour la postérité.


El gran hombre

En la casa del tallista de piedra
donde lo conocí
se hizo tomar las medidas
para la posteridad.

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Jacques Prevert -Chez la fleuriste-
Chez la fleuriste
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Un homme entre chez une fleuriste
et choisit des fleurs
la fleuriste enveloppe les fleurs
l'homme met la main à sa poche
pour chercher l'argent
l'argent pour payer les fleurs
mais il met en même temps
subitement
la main sur son cœur
et il tombe

En même temps qu'il tombe
l'argent roule à terre
et puis les fleurs tombent
en même temps que l'homme
en même temps que l'argent
et la fleuriste reste là
avec l'argent qui roule
avec les fleurs qui s'abîment
avec l'homme qui meurt
évidemment tout ça est très triste
et il faut qu'elle fasse quelque chose
la fleuriste
mais elle ne sait pas comment s'y prendre
elle ne sait pas
par quel bout commencer

Il y a tant de choses à faire
avec cet homme qui meurt
ces fleurs qui s'abîment
et cet argent
cet argent qui roule
qui n'arrête pas de rouler.


En la floristería

Un hombre entra en la floristería
y escoge unas flores
la florista las envuelve
el hombre se lleva la mano al bolsillo
para buscar dinero
dinero para pagar las flores
pero al mismo tiempo se lleva
repentinamente
la mano al corazón
y cae

Al mismo tiempo que cae
el dinero cae al suelo
y también las flores caen
al mismo tiempo que el hombre
al mismo tiempo que el dinero
y la florista queda allí
ante el dinero que rueda
ante las flores que se estropean
ante el hombre que muerte
evidentemente todo esto es muy triste
y es necesario que la florista
haga algo
pero no sabe qué hacer
no sabe
por dónde comenzar

Hay tanto por hacer
con ese hombre que muere
esas flores que se marchitan
y ese dinero
ese dinero que rueda
que no deja de rodar.

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Jacques Prevert -Le chat et l'oiseau-
Le chat et l'oiseau
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Un village écoute désolé
Le chant d'un oiseau blessé
C'est le seul oiseau du village
Et c'est le seul chat du village
Qui l'a à moitié dévoré
Et l'oiseau cesse de chanter
Le chat cesse de ronronner
Et de se lécher le museau
Et le village fait à l'oiseau
De merveilleuses funérailles
Et le chat qui est invité
Marche derrière le petit cercueil de paille
Où l'oiseau mort est allongé
Porté par une petite fille
Qui n'arrête pas de pleurer
Si j'avais su que cela te fasse tant de peine
Lui dit le chat
Je l'aurais mangé tout entier
Et puis je t'aurais raconté
Que je l'avais vu s'envoler
S'envoler jusqu'au bout du monde
Là-bas où c'est tellement loin
Que jamais on en revient
Tu aurais eu moins de chagrin
Simplement de la tristesse et des regrets

Il ne faut jamais faire les choses à moitié.


El gato y el pájaro

Un pueblo escucha desolado
el canto de un pájaro herido.
Es el único pájaro del pueblo
y es el único gato del pueblo
que lo ha devorado a medias.
Y el pájaro cesa de cantar
el gato cesa de ronronear
y de relamerse el hocico.
Y el pueblo le hace al pájaro
maravillosos funerales.
Y el gato que está invitado
marcha detrás del pequeño ataúd de paja
donde el pájaro muerto está estirado
llevado por una niñita
que no deja de llorar.
Si hubiera sabido que eso te daba tanta pena,
le dice el gato,
me lo hubiera comido del todo
y después te hubiera contado
que lo había visto volarse
volarse hasta el fin del mundo
allá donde es tan lejos
que nunca se vuelve.
Tu hubieras tenido menos pena
Simplemente tristeza y aflicción

Nunca hay que hacer las cosas a medias.

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Jacques Prevert -La pêche à la baleine-
La pêche à la baleine
Jacques Prévert (1900 - 1977)


À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Disait le père d'une voix courroucée
À son fils Prosper, sous l'armoire allongé,
À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Tu ne veux pas aller,
Et pourquoi donc ?
Et pourquoi donc que j'irais pêcher une bête
Qui ne m'a rien fait, papa,
Va la pêpé, va la pêcher toi-même,
Puisque ça te plaît,
J'aime mieux rester à la maison avec ma pauvre mère
Et le cousin Gaston.
Alors dans sa baleinière le père tout seul s'en est allé
Sur la mer démontée...
Voilà le père sur la mer,
Voilà le fils à la maison,
Voilà la baleine en colère,
Et voilà le cousin Gaston qui renverse la soupière,
La soupière au bouillon.
La mer était mauvaise,
La soupe était bonne.
Et voilà sur sa chaise Prosper qui se désole :
À la pêche à la baleine, je ne suis pas allé,
Et pourquoi donc que j'y ai pas été ?
Peut-être qu'on l'aurait attrapée,
Alors j'aurais pu en manger.
Mais voilà la porte qui s'ouvre, et ruisselant d'eau
Le père apparaît hors d'haleine,
Tenant la baleine sur son dos.
Il jette l'animal sur la table, une belle baleine aux yeux
bleus,
Une bête comme on en voit peu,
Et dit d'une voix lamentable :
Dépêchez-vous de la dépecer,
J'ai faim, j'ai soif, je veux manger.
Mais voilà Prosper qui se lève,
Regardant son père dans le blanc des yeux,
Dans le blanc des yeux bleus de son père,
Bleus comme ceux de la baleine aux yeux bleus :
Et pourquoi donc je dépècerais une pauvre bête qui m'a
rien fait ?
Tant pis, j'abandonne ma part.
Puis il jette le couteau par terre,
Mais la baleine s'en empare, et se précipitant sur le père
Elle le transperce de père en part.
Ah, ah, dit le cousin Gaston,
On me rappelle la chasse, la chasse aux papillons.
Et voilà
Voilà Prosper qui prépare les faire-part,
La mère qui prend le deuil de son pauvre mari
Et la baleine, la larme à l'oeil contemplant le foyer détruit.
Soudain elle s'écrie :
Et pourquoi donc j'ai tué ce pauvre imbécile,
Maintenant les autres vont me pourchasser en moto-godille
Et puis ils vont exterminer toute ma petite famille.
Alors éclatant d'un rire inquiétant,
Elle se dirige vers la porte et dit
À la veuve en passant :
Madame, si quelqu'un vient me demander,
Soyez aimable et répondez :
La baleine est sortie,
Asseyez-vous,
Attendez là,
Dans une quinzaine d'années, sans doute elle reviendra...


La pesca de la ballena

A pescar ballenas, a pescar ballenas,
Decía el padre con voz irritada
A Próspero, su hijo, acostado bajo el ropero,
A pescar ballenas, a pescar ballenas,
Tú no quieres ur,
¿Se puede saber por qué?
Y por qué, pregunto yo, habría de pescar
Un animal que no me ha hecho nada, papá,
Ve a la pesca, ve a pescarla tú,
Ya que esto no te gusta,
Yo prefiero quedarme en casa con mi pobre mamá
Y el primo Gastón.
El padre subió solo a la ballenera
Y se hizo al embravecido mar...
He aquí pues el padre en el mar,
El hijo en casa,
La ballena enfurecida,
Y el primo Gastón que vuelca
La sopera con el caldo.
El mar estaba malo,
La sopa estaba buena.
Y he aquí que Próspero
En su silla se lamenta:
A pescar ballenas yo no fui,
Quisiera saber por qué.
De haber atrapado una,
Hubiera podido comer ballena.
Pero he aquí que la puerta se abre, y empapado
Aparece el padre sin aliento,
Con la ballena al hombro.
Arroja sobre la mesa al animal, una hermosa ballena de ojos azules,
Un animal hermoso como pocos,
Y dice con lastimera voz:
Daos prisa en descuartizarla,
Tengo hambre, tengo sed, quiero comer.
Mas hete aquí que Próspero se levanta,
Mirando a su padre en el blanco de los ojos
El blanco de los ojos azules de su padre,
Azules como los de la ballena de ojos azules:
¿Y por qué habría de despedazar yo
A un pobre animal que no me ha hecho ningún daño?
Paciencia, renuncio a mi parte.
Y arroja el cuchillo al suelo,
Pero la ballena se apodera de él, y abalanzándose sobre el padre
Lo atraviesa de lado a lado.
Ah, ah, dice el primo Gastón,
Esto me recuerda la caza, la caza de mariposas.
Y allí tenéis
Allí tenéis a Próspero preparando las participaciones
A su madre enlutada por su pobre marido
Y a la ballena que contempla con lágrimas en los ojos
El hogar destruido.
DE pronto la ballena exclama:
Por qué he matado a ese pobre imbécil,
Ahora los demás van a perseguirme en motoras
Y exterminarán a toda mi pequeña familia.
Entonces, con inquietante risa,
Se dirige hacia la puerta y al pasar
Dice a la viuda:
Señora, si alguien pregunta por mí,
Sea amable conteste:
La ballena ha salido,
Tomen asiento,
Espérenla,
Dentro de quince años, sin duda volverá...

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Jacques Prevert -Je suis comme je suis-
Je suis comme je suis
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j'ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J'aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n'est pas le même
Que j'aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

Je suis faite pour plaire
Et n'y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Ce qui m'est arrivé
Oui j'ai aimé quelqu'un
Oui quelqu'un m'a aimée
Comme les enfants qui s'aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n'y puis rien changer.


Soy como soy

Soy como soy
Estoy hecha así
Cuando tengo ganas de reír
Me río a carcajadas
Amo al que me ama
Acaso es culpa mía
Que no sea siempre el mismo
El que amo en cada ocasión
Soy como soy
Estoy hecha así
Qué más pretendéis
Qué más queréis de mí

Estoy hecha para gustar
Y no hay nada que hacerle
Mis tacones son muy altos
Mi cuerpo muy erguido
Mis pechos muy firmes
Mis ojeras muy profundas
Pero después de todo
Qué puede importaros
Soy como soy
Gusto al que le gusto
Qué puede importaros
Lo que me sucedió
Si amé a alguien
Si alguien me amó
Como los niños que se aman
Simplemente saben amar
Amar amar…
Por qué hacerme preguntas
Estoy donde estoy para gustaros
Y no hay nada que hacerle.

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posted by Alfil @ 12:46 PM   0 comments
Jacques Prevert -Le droit chemin-
Le droit chemin
Jacques Prévert (1900 - 1977)

À chaque kilomètre
chaque année
des vieillards au front borné
indiquent aux enfants la route
d'un geste de ciment armé


El camino recto

A cada kilómetro
cada año
viejos muy limitados
señalan a los niños el camino
con un gesto de cemento armado

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posted by Alfil @ 11:56 AM   0 comments
Jacques Prevert -Cet amour-
Cet amour
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blémir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C'est le tien
C'est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelles
Et qui n'a pas changé
Aussi vraie qu'une plante
Aussi tremblante qu'un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l'été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi j'écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Là où tu es
Là où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t'en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t'avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.


Este amor

Este amor
Tan violento
Tan frágil
Tan tierno
Tan desesperado
Este amor
Bello como el día
Y malo como el tiempo
Cuando hace mal tiempo
Este amor tan verdadero
Este amor tan hermoso
Tan feliz
Tan alegre
Y tan irrisorio
Temblando de miedo como un niño en la oscuridad
Y tan seguro de sí mismo
Como un hombre tranquilo en medio de la noche
Este amor que daba miedo a los otros
Que les hacía hablar
Que los hacía palidecer
Este amor acechado
Porque lo acechábamos
Acosado herido pisoteado rematado negado olvidado
Porque lo acosamos herimos pisoteamos rematamos negamos olvidamos
Este amor íntegro
Tan vivo aún
Y soleado
Es el tuyo
Es el mío
Ese que ha sido
Ese algo siempre nuevo
Y que no ha cambiado
Tan verdadero como una planta
Tan tembloroso como un pájaro
Tan cálido tan vivo como el verano
Juntos podemos los dos
Ir y venir
Podemos olvidar
Y después volvernos a dormir
Despertarnos envejecer sufrir
Volvernos a dormir
Soñar con la muerte
Despertarnos sonreír y reír
Y rejuvenecer
Nuestro amor sigue allí
Empecinado como un borrico
Vivo como el deseo
Cruel como la memoria
Ridículo como los arrepentimientos
Tierno como los recuerdos
Frío como el mármol
Hermoso como el día
Frágil como un niño
Nuestro amor nos mira sonriendo
Nos habla sin decir nada
Y yo lo escucho tembloroso
Y grito
Grito por ti
Grito por mí
Te suplico
Por ti por mí por todos los que se aman
Y los que se han amado
Si le grito
Por ti por mí y por todos los demás
Que no conozco
Quédate
Allí donde estas
Donde estabas antes
Quédate
No te muevas
No te vayas
Nosotros los que somos amados
Te hemos olvidado
Pero tú no nos olvides
Sólo te teníamos a ti sobre la tierra
No dejes que nos volvamos fríos
Aunque sea cada vez desde más lejos
Y desde donde sea
Danos señales de vida
Mucho más tarde desde el rincón de un bosque
En la selva de la memoria
Surgiendo de repente
Tiéndenos la mano
Y sálvanos.

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posted by Alfil @ 11:45 AM   0 comments
Jacques Prevert -Vous allez voir ce que vous allez voir-
Vous allez voir ce que vous allez voir
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Une fille nue nage dans la mer
Un homme barbu marche sur l'eau
Où est la merveille des merveilles
Le miracle annoncé plus haut ?


Vereis lo que vereis

Una joven desnuda nada en el mar
Un hombre barbado anda sobre las aguas
¿Cuál es la maravilla de las maravillas,
el milagro enunciado arriba?

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posted by Alfil @ 11:40 AM   0 comments
Jacques Prevert -Sables mouvants-
Sables mouvants
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déja la mer s'est retirée
Démons et merveilles
Vents et marées
Et toi
Comme une algue doucement carressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en revant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déja la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.


Arenas movedizas

Demonios y maravillas
Vientos y mareas
A lo lejos ya el mar se ha retirado
Y tú
Como un alga que el viento dulcemente acaricia
En las arenas del lecho te agitas soñando
Demonios y maravillas
Vientos y mareas
A lo lejos ya el mar se ha retirado
Pero en tus ojos entreabiertos
Dos diminutas olas se han quedado
Demonios y maravillas
Vientos y mareas
Dos diminutas olas para ahogarme

Libellés :

posted by Alfil @ 7:06 AM   0 comments
Jacques Prevert -Chanson-
Chanson
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Quel jour sommes-nous
Nous sommes tous les jours
Mon amie
Nous sommes toute la vie
Mon amour
Nous nous aimons et nous vivons
Nous vivons et nous nous aimons
Et nous ne savons pas ce que c'est que la vie
Et nous ne savons pas ce que c'est que le jour
Et nous ne savons pas ce que c'est que l'amour


Canción


¿Qué día es hoy?
Hoy es todos los días
Nosotros somos todos los días
Amiga mía
Nosotros somos toda la vida
Amor mío
Nos amamos y vivimos
Y no sabemos qué es la vida
Y no sabemos qué es el día
Y no sabemos qué es el amor.

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posted by Alfil @ 7:02 AM   0 comments
Jacques Prevert -Alicante-
Alicante
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent du présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie.


Alicante

Una naranja sobre la mesa
Tu vestido sobre la alfombra
Y tú en mi cama
Dulce presente del presente
Frescura de la noche
Calor de la vida

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posted by Alfil @ 6:58 AM   0 comments
Jacques Prevert -Fleurs et couronnes-
Fleurs et couronnes
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Homme
Tu as regardé la plus triste la plus morne de toutes les fleurs de la terre
Et comme aux autres fleurs tu lui as donné un nom
Tu l'as appelée Pensée.
Pensée
C'était comme on dit bien observé
Bien pensé
Et ces sales fleurs qui ne vivent ni ne se fanent jamais
Tu les as appelées immortelles...
C'était bien fait pour elles...
Mais le lilas tu l'as appelé lilas
Lilas c'était tout à fait ça
Lilas... Lilas...
Aux marguerites tu as donné un nom de femme
Ou bien aux femmes tu as donné un nom de fleur
C'est pareil.L'essentiel c'était que ce soit joli
Que ça fasse plaisir...
Enfin tu as donné les noms simples à toutes les fleurs simples
Et la plus grande la plus belle
Celle qui pousse toute droite sur le fumier de la misère
Celle qui se dresse à côté des vieux ressorts rouillés
A côté des vieux chiens mouillés
A côte des vieux matelas éventrés
A côté des baraques de planches où vivent les sous-alimentés
Cette fleur tellement vivante
Toute jaune toute brillante
Celle que les savants appellent Hélianthe
Toi tu l'as appelée soleil
...Soleil...
Hélas! hélas! hélas et beaucoup de fois hélas!
Qui regarde le soleil hein?
Qui regarde le soleil?
Personne ne regarde plus le soleil
Les hommes sont devenus ce qu'ils sont devenus
Des hommes intelligents...
Une fleur cancéreuse tubéreuse et méticuleuse à leur boutonnière
Ils se promènent en regardant par terre
Et ils pensent au ciel
Ils pensent... Ils pensent... ils n'arrêtent pas de penser...
Ils ne peuvent plus aimer les véritables fleurs vivantes
Ils aiment les fleurs fanées les fleurs séchées
Les immortelles et les pensées
Et ils marchent dans la boue des souvenirs dans la boue des regrets
Ils se traînent
A grand-peine
Dans les marécages du passé
Et ils traînent... ils traînent leurs chaînes
Et ils traînent les pieds au pas cadencé...
Ils avancent à grand-peine
Enlisés dans leurs champs-élysées
Et ils chantent à tue-tête la chanson mortuaire
Oui ils chantent
A tue-tête
Mais tout ce qui est mort dans leur tête
Pour rien au monde ils ne voudraient l'enlever
Parce que
Dans leur tête
Pousse la fleur sacrée
La sale maigre petite fleur
La fleur malade
La fleur aigre
La fleur toujours fanée
La fleur personnelle
......La pensée...


Flores y coronas

Hombre
Tú has mirado la más triste la más mustia de todas las flores de la tierra
Y como a las otras flores le diste nombre
La llamaste Pensamiento.
Pensamiento
Como suele decirse nada más justo
Y bien pensado
Y a esas malditas flores que no viven ni se marchitan jamás
Las llamaste siempre vivas…
Se lo tienen merecido…
Pero a las lilas las llamaste lilas
Lilas les sienta
Lilas…Lilas…
A las margaritas les diste nombre de mujer
O mejor dicho a las mujeres les diste nombre de flor
Es lo mismo
Lo esencial es que fuera bonito
Que causara placer…
En fin les diste nombres simples a todas las flores simples
Y a la más grande, a la más bella
A esa que brota sobre el estiércol de la miseria
A esa que se yergue junto a los viejos resortes enmohecidos
Junto a viejos perros vagabundos
Junto a viejos colchones despanzurrados
Junto a las barracas de madera donde viven los mal alimentados
A esa flor llena de vida
Toda amarilla toda radiante
A esa que los sabios llaman heliante
La llamaste Mirasol
…Mirasol…
¡Ay! ¡ay! ¡ay! Y muchas veces ¡ay!
¿Quién mira al mirasol? ¿eh?
¿Quién mira al mirasol?
Nadie mira al mirasol
Los hombres han llegado a ser lo que son
Hombres inteligentes…
Una flor cancerosa tuberosa y minuciosa en el ojal
Pasean mirando el suelo
Piensan…piensan…y no cesan de pensar
No pueden amar ya las verdaderas flores vivas
Aman a las flores marchitas las flores secas
Las siemprevivas y los pensamientos
Y marchan por el barro de los recuerdos por el barro de los arrepentimientos…
Se arrastran
A duras penas
En las ciénagas del pasado
Y arrastran… arrastran a sus cadenas
Y arrastran los pies con pasos cadenciosos…
Avanzan a duras penas
Hundidos en las arenas movedizas de sus campos elíseos
Y cantan a grito pelado la canción funeraria
Sí cantan
A grito pelado
Pero todo eso que está muerto en sus cabezas
Por nada del mundo querrían perderlo
Porque
En sus cabezas
Crece la flor sagrada
La sucia escuálida florecilla
La flor enferma
La flor acre
La flor siempre marchita
La flor personal…
…El pensamiento…

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posted by Alfil @ 6:50 AM   0 comments
Jacques Prevert -Pater noster-
Pater noster
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Notre Père qui êtes aux cieux
Restez-y Et nous nous resterons sur la terrre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l'Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son Océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuilleries

Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Éparpillées
Émerveillées elles-même d'être de telles merveilles
Et qui n'osent se l'avouer
Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Aves leur tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons.


Pater noster

Padre nuestro que estás en los cielos
Sigue allí
Y nosotros seguiremos en la tierra
A veces tan linda
Con los misterios de Nueva York
Y los misterios de París
Que bien valen los de la Trinidad
Con el pequeño canal del Ourcq
La Gran Muralla China
El río de Morlaix
Los bombones de menta
El océano Pacífico
Y las dos fuentes de las Tullerías


Con los niños buenos y los tipos malos
Con todas las maravillas del mundo
Que están aquí
Simplemente en la tierra
Al alcance de todo el mundo
Dispersas
Maravilladas ellas mismas de ser tales maravillas
Y sin atreverse a confesárselo
Como una jovencita desnuda que no se atreve a
mostrarse
Con las espantosas desgracias del mundo
Que son legión
Con los legionarios
Con los verdugos
Con los poderosos de este mundo
Los poderosos con sus sacerdotes sus traidores y sus
reitres
Con las estaciones
Con los años
Con las chicas bonitas y con los viejos verdes
Con los jergones de la miseria pudriéndose entre el
acero de los cañones

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posted by Alfil @ 6:45 AM   0 comments
Jacques Prevert -Paris at night-
Paris at night
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta boucheet
l'obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
en te serrant dans mes bras.


Paris at night

Tres fósforos de uno en uno encendidos en la noche
El primero para ver tu rostro todo
El segundo para ver tus ojos
El último para ver tu boca
Y la completa oscuridad para recordarme todo eso
Al estrecharte en mis brazos.

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posted by Alfil @ 6:42 AM   0 comments
Jacques Prevert -L'automne-
L'automne
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Un cheval s'écroule au milieu d'une allée
Les feuilles tombent sur lui
Notre amour frissonne
Et le soleil aussi.


El otoño

Un caballo se desploma en medio de una alameda
Las hojas caen sobre él
Nuestro amor tirita
Y el sol también.

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posted by Alfil @ 6:40 AM   0 comments
Jacques Prevert -Le jardin-
Le jardin
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassèe
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
A Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre


El jardín

Millares y millares de años
No serían suficientes
Para expresar
Ese pequeño segundo de eternidad
En el que me besaste
En el que te besé
Una mañana a la luz del invierno
En el parque Montsouris de París
En París
Sobre la tierra
La tierra que es un astro.

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posted by Alfil @ 6:37 AM   0 comments
Jacques Prevert -Premier jour-
Premier jour
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Des draps blancs dans une armoire
Des draps rouges dans un lit
Un enfant dans sa mère
Sa mère dans les douleurs
Le père dans le couloir
Le couloir dans la maison
La maison dans la ville
La ville dans la nuit
La mort dans un cri
Et l'enfant dans la vie.


Primer día

Sábanas blancas en un ropero
Sábanas rojas en un lecho
Un niño en la madre
El padre en el pasillo
El pasillo en la casa
La casa en la ciudad
La ciudad en la noche
La muerte en un grito
Y el niño en la vida

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posted by Alfil @ 6:35 AM   0 comments
Jacques Prevert -Le miroir brisé-
Le miroir brisé
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Le petit homme qui chantait sans cesse
le petit homme qui dansait dans ma tête
le petit homme de la jeunesse
a cassé son lacet de soulier
et toutes les baraques de la fête
tout d'un coup se sont écroulées
et dans le silence de cette fête
j'ai entendu ta voix heureuse
ta voix déchirée et fragile
enfantine et désolée
venant de loin et qui m'appelait
et j'ai mis ma main sur mon coeur
où remuaient
ensanglantés
les septs éclats de glace de ton rire étoilé.


El espejo roto

El hombrecito que cantaba sin cesar
el hombrecito que bailaba en mi cabeza
el hombrecito de la juventud
rompió el cordón de su zapato
y todas las barracas de la fiesta
se derrumbaron de repente
y en el silencio de esa fiesta
en el desierto de esa cabeza
oí tu voz feliz
tu voz desgarrada y frágil
infantil y desolada
que venía de lejos y me llamaba
y me llevé la mano al corazón
donde se agitaban
ensangrentados
los siete trozos de espejo de tu risa estrellada.

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posted by Alfil @ 6:31 AM   0 comments
Jacques Prevert -La brouette ou les grandes inventions
La brouette ou les grandes inventions
Jacques Prévert (1900 - 1977)


Le paon fait la rou
ele hasard fait le reste
Dieu s'assoit dedans
et l'homme le pousse.


La carretilla o los grandes inventos

El pavo real abre la cola en rueda
el azar hace lo demás
Dios toma asiento
y al hombre le toca empujar.

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posted by Alfil @ 6:27 AM   0 comments
Jacques Prevert -Les oiseaux du souci-
Les oiseaux du souci
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Pluie de plumes plumes de pluie
Celle qui vous aimait n'est plus
Que me voulez-vous oiseuax
Plumes de pluie pluie de plumes
Depuis que tu n'es plus je ne sais plus
Je ne sais plus où j'en suis
Pluie de plumes plumes de pluie
Je ne sais plus que faire
Suaire de pluie pluie de suie
Est-ce possible que jamais plus
Plumes de suie... Allez ouste dehors hirondelles
Quittez vos nids... Hein? Quoi? Ce n'est pas la saisondes voyages?...
Je m'en moque sortez de cette chambre hirondelles du matin
Hirondelles du soir partez... Où? Hein? Alors restez
c'est moi qui m'en irai...
Plumes de suie suie de plumes je m'en irai nulle part
et puis un peu partout
Restez ici oiseaux du désespoir
Restez ici... Faites comme chez vous.


Los pájaros del pesar

Lluvia de plumas plumas de lluvia
La que amabais ya no está más
Qué queréis de mí pájaros
Plumas de lluvia lluvia de plumas
Desde que tú no estás ya no sé
Ya no sé dónde estoy
Lluvia de plumas plumas de lluvia
Ya no sé qué hacer
Sudario de lluvia lluvia de hollín
Acaso nunca más
Plumas de hollín… marchaos golondrinas
Dejad vuestros nidos… ¿Cómo? ¿Qué? ¿No es la estación de los viajes?
No me importa salid de este cuarto golondrinas de la mañana
Golondrinas de la noche partid… ¿A dónde? ¡Ah!
Entonces quedaos me iré yo…
Plumas de hollín hollín de plumas iré a ninguna parte
Y también un poco a todas partes
Quedaos aquí pájaros de la desesperación
Quedaos aquí… Haced de cuenta que estáis en vuestra casa.

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posted by Alfil @ 6:20 AM   0 comments
Jacques Prevert -Pour toi mon amour-
Pour toi mon amour
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Je suis alle au marche aux oiseaux
Et j'ai achete des oiseaux
Pour toi
mon amour
Je suis alle au marche aux fleurs
Et j'ai achete des fleurs
Pour toi
mon amour
Je suis alle au marche a la ferraille
Et j'ai achete des chaines
De lourdes chaines
Pour toi
mon amour
Et puis je suis alle au marche aux esclaves
Et je t'ai cherchee
Mais je ne t'ai pas trouvee
mon amour


Para ti mi amor


Fui al mercado de pájaros
y compré pájaros
Para ti
mi amor
Fui al mercado de flores
y compré flores
Para timi amor
Fui al mercado de chatarra
y compré cadenas
Pesadas cadenas
Para timi amor
Después fui al mercado de esclavos
Y te busqué
Pero no te encontré
mi amor.

Versión de Claire Deloupy

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posted by Alfil @ 5:52 AM   4 comments
Jacques Prevert -Barbara-
Barbara
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-la
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisee rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de meme

Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand meme ce jour-la
N'oublie pas

Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crie ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie epanouie
Et tu t'es jetee dans ses bras

Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu a tous ceux que j'aime
Meme si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu a tous ceux qui s'aiment
Meme si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant

Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abime
C'est une pluie de deuil terrible et desolee
Ce n'est meme plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crevent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin tres loin de Brest
Dont il ne reste rien.


Para Bárbara

Acuérdate Bárbara
Llovía sin cesar en Brest aquél día
Y marchabas sonriente
Dichosa embelesada empapada
Bajo la lluvia

Acuérdate Bárbara
Llovía sin cesar en Brest
Y me crucé contigo en la calle de Siam
Sonreías
Y yo también sonreía

Acuérdate Bárbara
Tú a quién yo no conocía
Tú que no me conocías
Acuérdate
Acuérdate pese a todo aquél día
No lo olvides

Un hombre se cobijaba en un portal
Y gritó tu nombre
Bárbara
Y corriste hacia él bajo la lluvia
Empapada embelesada dichosa
Y te echaste en sus brazos

Acuérdate de eso Bárbara
Y no te ofendas si te tuteo
Yo tuteo a todos los que amo
Aunque los haya visto sólo una vez
Tuteo a todos los que se aman
Aunque no los conozca

Acuérdate Bárbara
No olvides
Esa lluvia buena y feliz
Sobre tu rostro feliz
Sobre esa ciudad feliz
Esa lluvia sobre el mar
Sobre el arsenal
Sobre el banco d'Ouessant

Oh Bárbara
Menuda estupidez la guerra
Qué has llegado a ser ahora
Bajo esta lluvia de hierro
De fuego de acero de sangre
Y el hombre aquel que te estrechaba entre sus brazos
Amorosamente
Quizás ha muerto o desaparecido o vive todavía

Oh Bárbara
Llueve sin cesar en Brest
Como solía llover en otro tiempo
Pero no es lo mismo y todo está estropeado
Es lluvia desconsolada de duelo espantoso
Ni siquiera es ya tormenta
De hierro de acero de sangre
Simplemente nubes
Que revientan como perros
Perros que desaparecen
En el remanso de Brest
Y van a pudrirse lejos
Lejos muy lejos de Brest
Donde ya no queda nada.

Versión de C. Deplois

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posted by Alfil @ 5:51 AM   0 comments
Jacques Prevert -Dejeuner du matin-
Dejeuner du matin
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Il a mis le cafe
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de cafe
Il a mis le sucre
Dans le cafe au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourne
Il a bu le cafe au lait
Et il a repose la tasse
Sans me parler
Il a allume
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumee
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s'est leve
Il a mis
Son chapeau sur sa tete
Il a mis
Son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Et moi j'ai pris
Ma tete dans ma main
Et j'ai pleure.


Desayuno

Echó café
en la taza.
Echó leche
en la taza de café.
Echó azúcar
en el café con leche.
Con la cucharilla
lo revolvió.
Bebió el café con leche.
Dejó la taza
sin hablarme.
Encendió un cigarrillo.
Hizo anillos
de humo.
Volcó la ceniza
en el cenicero
sin hablarme.
Sin mirarme
se puso de pie.
Se puso el sombrero.
Se puso el impermeable
porque llovía.
se marchó
bajo la lluvia.
Sin decir palabra.
Sin mirarme.
Y me cubrí
la cara con las manos.
Y lloré.

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posted by Alfil @ 4:56 AM   0 comments
Jacques Prevert -Chanson des escargots qui vont à l'enterrement-
Chanson des escargots qui vont à l'enterrement
Jacques Prévert (1900 - 1977)

A l'enterrement d'une feuille morte
Deux ecargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crepe autour des cornes
Ils s'en vont dans le soir
Un tres beau soir d'automne
Helas quand ils arrivent
C'est deja le printemps
Les feuilles qui etaient mortes
Sont toutes ressucitees
Et les deux escargots
Sont tres desappoites
Mais voila le soileil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de biere
Si le coeur vous en dit
Prenez si ca vous plait
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dit
Ca noircit le blanc de l'oeil
Et puis ca enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les betes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tete
La vrai chanson vivante
La chanson de l'ete
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un tres joli soir
Un joli soir d'ete
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont tres emus
Ils s'en vont tres heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel
La lune veille sur eux.


Canción para dos caracoles que van a un entierro

Al entierro de una hoja seca
se van dos caracoles
tienen la concha oscura
crespón llevan de moño
bajo los arreboles
se fueron sin premura
una tarde de otoño
Cuando llegaron era
ay ya la primavera
todas las hojas secas
habían resucitado
y cada caracol
se sintió muy frustrado
mas aparece el sol
el sol que apenas nace
les habla y así empieza
sentaos aquí si os place
un vaso de cerveza
tomárselo en un tris
mas si lo preferís
tomad quizá os aguarde
el bus para París
partirá por la tarde
veréis a vuestro antojo
la campiña feliz
sin luto así me alegro
lo digo sin sonrojo
porque el luto de negro
pone el blanco del ojo
y lo vuelve a uno feo
esos cuentos de féretros
oírlos no deseo
por ser de triste género
revestid por favor
de la vida el color
luego animal y bestia
los árboles las plantas
entonaron con brío
perdiendo la modestia
forzando las gargantas
la canción del estío
como el calor les arde
brinda todo el gentío
es una linda tarde
linda tarde de estío
y los dos caracoles
se van a casa en fila
se van sin desencanto
dichosos los alcoholes
como bebieron tanto
vacilan un poquito
desde el cielo infinito
la luna los vigila.

Versión de Enrique Uribe White

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posted by Alfil @ 4:48 AM   0 comments
Jacques Prevert -Le ruisseau-
Le ruisseau
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Beaucoup d'eau a passé sous le pont
et aussi énormément de sang
Mais aux pieds de l'amour
coule un grand ruisseau blanc
Et dans les jardins de la lune
où tous les jours c'est ta fête
ce ruisseau chante en dormant
Et cette lune c'est ma tête
où tourne un grand soleil bleu
Et ce soleil c'est tes yeux


El arroyo

Ha pasado mucha agua bajo los puentes
y enormes cantidades de sangre
Pero a los pies del amor
corre un gran arroyo blanco
Y en los jardines de la luna
en los que cada día se celebra tu fiesta
ese arroyo canta mientras duerme
Y esa luna es mi cabeza
donde gira un enorme sol azul
Y ese sol son tus ojos

Versión de Aldo Pellegrini

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posted by Alfil @ 4:45 AM   0 comments
Jacques Prevert -Dimanche-
Dimanche
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Entre les rangées d'arbres de l'avenue des Gobelins
Une statue de marbre me conduit par la main
Aujourd'hui c'est dimanche les cinémas sont pleins
Les oiseaux dans les branches regardent les humains
Et la statue m'embrasse mais personne ne nous voit
Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt.


Domingo

Entre las filas de árboles de la avenida de los Gobelinos
Una estatua de mármol me conduce de la mano
Hoy es domingo los cines están repletos
Los pájaros desde las ramas contemplan a las criaturas humanas
Y la estatua me besa pero nadie nos ve
Salvo un niño ciego que nos señala con el dedo.

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posted by Alfil @ 4:43 AM   0 comments
Jacques Prevert -Pour faire le portrait d'un oiseau-
Pour faire le portrait d'un oiseau
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger ...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais mais
s'il chante c'est bon signe signe
que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.


Para hacer el retrato de un pájaro

Pintar primero la jaula
con la puerta abierta
pintar después
algo gracioso
algo simple
algo hermoso
algo útil
para el pájaro
apoyar después la tela contra un árbol
en un jardín
en un montecillo
o en un bosque
esconderse tras el árbol
sin decir palabra
sin moverse…
A veces el pájaro aparece al instante
pero a veces puede tardar años
antes de decidirse
No desalentarse
esperar
esperar si es necesario durante años
la prontitud o la demora en la llegada del pájaro
no guarda relación
con la calidad del cuadro
Cuando el pájaro aparece
si aparece
observar el más profundo silencio
aguardar a que el pájaro entre en la jaula
y una vez que haya entrado
cerrar suavemente la puerta con el pincel
después
borrar de uno en uno todos los barrotes
con cuidado de no rozar siquiera las plumas del pájaro
Reproducir después el árbol
cuya más bella rama se reservará
para el pájaro
pintar también el verde follaje y la frescura del viento
el polvillo del sol
y el zumbido de los bichos de la hierbas en el calor
del verano
y después esperar que el pájaro se decida a cantar
Si el pájaro no canta
mala señal
señal de que el cuadro es malo
pero si canta es buena señal
señal de que podéis firmar
Entonces arrancadle suavemente
una pluma al pájaro
y poned vuestro nombre en un ángulo del cuadro.

Libellés :

posted by Alfil @ 4:36 AM   2 comments
Jacques Prevert -Le temps perdu-
Le temps perdu
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Devant la porte de l'usine
le travailleur soudain s'arrête
le beau temps l'a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l'œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?


El tiempo perdido

Ante la puerta de la fábrica
el obrero se detiene de repente
el buen tiempo ha tironeado de su chaqueta
y no bien se vuelve
y mira el sol
muy rojo muy redondo
sonriente en su cielo de plomo
le hace guiños
familiarmente
Di camarada sol
¿no te parece
una reverenda burrada
regalarle un día como éste
al patrón?

Libellés :

posted by Alfil @ 4:32 AM   0 comments
Jacques Prevert -Pour rire en société-
Pour rire en société
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Le dompteur a mis sa tête
dans la gueule du lion
moi
j'ai mis seulement deux doigts
dans le gosier du Beau Monde
Et il n'a pas eu le temps
de me mordre

Tout simplement
il a vomi en hurlant
un peu de cette bile d'or
à laquelle, il tient tant
Pour réussir ce tour
utile et amusant
Se laver les doigts
soigneusement
dans une pinte de bon sang

Chacun son cirque.


Para reír en sociedad

El domador puso su cabeza
en la boca del león
yo
yo puse solamente dos dedos
en la garganta del Bello Mundo
No tuvo tiempo
de morderme

Muy sencillamente
vomitó rugiendo
un poco de esa bilis de oro
a la que es tan afecto
Para que esa jugarreta resulte
útil y divertida
lavarse los dedos
cuidadosamente
en una pinta de buena sangre

A cada uno con su circo

Versión de Aldo Pellegrini

Libellés :

posted by Alfil @ 4:27 AM   0 comments
Jacques Prevert -La belle saison-
La belle saison
Jacques Prévert (1900 - 1977)

À jeun perdue glacée
Toute seule sans un sou
Une fille de seize ans
Immobile debout
Place de la Concorde
À midi le Quinze Août


La hermosa estación

En ayunas perdida helada
Completamente sola sin un centavo
Una muchacha de dieciséis años
Inmóvil de pie
Plaza de la Concordia
A mediodía el 15 de agosto.

Libellés :

posted by Alfil @ 4:22 AM   0 comments
Jacques Prevert -Conversation-
Conversation
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Le porte-monnaie :
Je suis d'une incontestable utilité c'est un fait

Le porte-parapluie :
D'accord mais tout de même il faut bien reconnaître
Que si je n'existais pas il faudrait m'inventer

Le porte-drapeau :
Moi, je me passe de commentaires
Je suis modeste et je me tais
D'ailleurs je n'ai pas le droit de parler

Le porte-bonheur :
Moi je porte bonheur parce que c'est mon métier

Les trois autres (hochant la tête) :
Jolie mentalité !
Jacques Prévert


Conversación

El portamonedas:
Soy de una indiscutible utilidad es un hecho

El paragûero:
De acuerdo pero no obstante hay que reconocer
Que si yo no existiera tendrían que inventarme

El asta de la bandera:
Yo paso por alto los comentarios
Soy modesto y no digo nada
Además no estoy autorizado a hablar

El amuleto:
Yo doy buena suerte porque es mi oficio

Los otros tres (meneando la cabeza):
¡Bonita mentalidad!

Libellés :

posted by Alfil @ 4:18 AM   0 comments
Jacques Prevert -Tout ieune Napoléon était très maigre...-
Tout ieune Napoléon était très maigre...
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Tout ieune Napoléon était très maigre
et oflìcier d'artillerie
plus tard il devint empercur
alors il prit du ventre et beaucoup de pays
et le lour où il mourut il avait encore du ventre
mais il était devenu plus petit.


Cuando joven Napoleón era muy flaco...

Cuando joven era muy flaco
y oficial de artillería
tiempo después llegó a emperador
entonces adquirió panza y muchos países
y el día en que murió aún tenía
panza
pero en conjunto estaba mucho más chico.

Libellés :

posted by Alfil @ 4:14 AM   0 comments
Sully Prudhomme -Un rendez-vous-
Un rendez-vous
Sully Prudhomme (1839-1907)

Dans ce nid furtif où nous sommes,
Ô ma chère âme, seuls tous deux,
Qu'il est bon d'oublier les hommes,
Si près d'eux.

Pour ralentir l'heure fuyante,
Pour la goûter, il ne faut pas
Une félicité bruyante,
Parlons bas;
Craignons de la hâter d'un geste,
D'un mot, d'un souffle seulement,
D'en perdre, tant elle est céleste,
Un moment.

Afin de la sentir bien nôtre,
Afin de la bien ménager,
Serrons-nous tout près l'un de l'autre
Sans bouger;
Sans même lever la paupière:
Imitons le chaste repos
De ces vieux châtelains de pierre
Aux yeux clos,
Dont les corps sur les mausolées,
Immobiles et tout vêtus,
Loin de leurs âmes envolées

Se sont tus;
Dans une alliance plus haute
Que les terrestres unions,
Gravement comme eux, côte à côte,
Sommeillons.
Car nous n'en sommes plus aux fièvres
D'un jeune amour qui peut finir;
Nos coeurs n'ont plus besoin des lèvres
Pour s'unir,
Ni des paroles solennelles
Pour changer leur culte en devoir,
Ni du mirage des prunelles
Pour se voir.

Ne me fais plus jurer que j'aime,
Ne me fais plus dire comment;
Goûtons la félicité même
Sans serment.
Savourons, dans ce que nous disent
Silencieusement nos pleurs,
Les tendresses qui divinisent
Les douleurs!

Chère, en cette ineffable trêve
Le désir enchanté s'endort;
On rêve à l'amour comme on rêve
À la mort.
On croit sentir la fin du monde;
L'univers semble chavirer
D'une chute douce et profonde,
Et sombrer...

L'âme de ses fardeaux s'allége
Par la fuite immense de tout;
La mémoire comme une neige
Se dissout.
Toute la vie ardente et triste,
Semble anéantie alentour,
Plus rien pour nous, plus rien n'existe
Que l'amour.

Aimons en paix: il fait nuit noire,
La lueur blême du flambeau
Expire... Nous pouvons nous croire
Au tombeau.
Laissons-nous dans les mers funèbres,
Comme après le dernier soupir,
Abîmer, et par leurs ténèbres
Assoupir...

Nous sommes sous la terre ensemble
Depuis très-longtemps, n'est-ce pas?
Écoute en haut le sol qui tremble
Sous les pas.
Regarde au loin comme un vol sombre
De corbeaux, vers le nord chassé,
Disparaître les nuits sans nombre
Du passé,
Et comme une immense nuée
De cigognes (mais sans retours!)
Fuir la blancheur diminuée
Des vieux jours...
Hors de la sphère ensoleillée
Dont nous subîmes les rigueurs,

Quelle étrange et douce veillée
Font nos coeurs?
Je ne sais plus quelle aventure
Nous a jadis éteint les yeux,
Depuis quand notre extase dure,
En quels cieux.

Les choses de la vie ancienne
Ont fui ma mémoire à jamais,
Mais du plus loin qu'il me souvienne
Je t'aimais...
Par quel bienfaiteur fut dressée
Cette couche? et par quel hymen
Fut pour toujours ta main laissée
Dans ma main?
Mais qu'importe! Ô mon amoureuse,
Dormons dans nos légers linceuls,
Pour l'éternité bienheureuse
Enfin seuls!


Una cita

En este nido furtivo
en que nos encontramos los dos solos,
¡oh alma querida, cuán agradable es olvidarse
de los hombres estando tan cerca de ellos!

Para que la hora que huye
vaya más lentamente, para gozar de ella
no es necesaria una alegría ruidosa. Hablemos quedo.
Temamos acelerarla con un gesto,
con una palabra, incluso con un soplo.
Es tan celeste, que hemos de procurar
no perder uno solo de sus momentos.

Para sentirla bien nuestra,
para que no se gaste, estrechémonos
el uno contra el otro sin movernos.
Sin levantar siquiera los párpados, imitemos
el casto reposo de esos viejos castellanos de piedra,
de ojos cerrados, cuyos cuerpos inmóviles
y vestidos de pies a cabeza se han callado en el mausoleo,
lejos de sus almas, que emprendieron el vuelo.

Dormitemos gravemente como ellos,
en una alianza más sublime que las uniones terrenales.
Porque para nosotros pasaron ya los ardores
del amor joven que puede terminar.
Nuestros corazones ya no necesitan labios para unirse,
ni palabras solemnes para transformar el culto en deber,
ni espejismo de las pupilas para verse.

No me obligues a jurar de nuevo que te amo,
no me obligues a decirte cuánto otra vez.
Gocemos de la felicidad, aunque sea sin juramentos.
Saboreemos la ternura que diviniza los dolores
en lo que nuestras lágrimas nos dicen silenciosamente.

Amada, en este inefable remanso
se adormece hechizado el deseo
y se sueña en el amor como se sueña en la muerte.
Parece que se siente el fin del mundo.
El universo parece zozobrar o hundirse
en una caída suave y profunda.

El alma se aligera de sus cargas
por la inmensa huida de todo lo existente,
y la memoria se funde como si fuera de nieve.
En torno nuestro parece aniquilada
toda la vida ardiente y triste. Para nosotros
ya no existe nada; nada mas que el amor.

Amemos en paz. La noche es lóbrega
y el pálido fulgor de la antorcha se va extinguiendo.
Pudiéramos creemos en la tumba.
Dejémonos sumergir en los fúnebres mares
y adormecer por sus tinieblas
como después del último suspiro...

¿No es cierto que hace mucho tiempo
estamos juntos bajo tierra? Escucha cómo los pasos
estremecen el suelo encima de nosotros.
Mira desaparecer a lo lejos
las innúmeras noches del pasado como una sombría
bandada de cuervos que huyen hacia el Norte,
y disminuir a lo lejos la blancura de los viejos días,
como una inmensa nube de cigüeñas ¡que nunca han de volver!

¡Qué extraña y dulce es la velada de nuestros corazones
lejos de la esfera llena de sol cuyos rigores hemos soportado!
Ya no sé qué aventura apagó antaño nuestros ojos,
ni desde cuándo ni en qué cielo transcurre nuestro éxtasis.

Las cosas de la antigua vida
han huido por completo de mi memoria; pero,
en todo lo que alcanzan mis recuerdos, siempre te he amado.
¿Qué ser bienhechor hizo erigir este lecho?
¿Qué himeneo dejó para siempre tu mano en mi mano?
Pero no importa, amada mía.
Durmamos bajo nuestros ligeros sudarios,
solos al fin por toda la feliz eternidad.

Versión de Max Grillo

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posted by Alfil @ 3:26 AM   0 comments
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