Poemas en Francés





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Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano
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"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas"

Augusto Monterroso

-La palabra mágica-

"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?"

Voltaire

"La traducción destroza el espíritu del idioma"

Federico Garcí­a Lorca
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Pierre Louys -Bilitis-
jeudi, mai 05, 2005
Bilitis
Pierre Louys (1870-1925)

Une femme s'enveloppe de laine blanche. Une autre se vêt de soie et d'or. Une autre se couvre de fleurs, de feuilles vertes et de raisins.

Moi, je ne saurais vivre que nue. Mon amant, prends-moi comme je suis: sans robe ni bijoux ni sandales, voici Bilitis toute seule.

Mes cheveux sont noirs de leur noir et mes lèvres rouges de leur rouge. Mes boucles flottent autour de moi libres et rondes comme des plumes.

Prends-moi telle que ma mère m'a faite dans une nuit d'amour lointaine, et si je te plais ainsi, n'oublie pas de me le dire.


Bilitis

De lana viste la vecina ruda; hay mujeres que lucen sedas, oro; otras, con hojas cubren su decoro; otra, las flores con primor anuda.

Yo no quiero vivir sino desnuda. Tómame, amante, como voy. Adoro de joyas y damascos el tesoro, mas, no a Bilitis una gasa escuda.

Son mis labios de un rojo sin ardides; es negro mi cabello, sin tocado, flota libre en mi frente un solo rizo.

Una noche de amor así me hizo mi madre. Tómame cual soy, amado: mas, si te gusto, dímelo... no olvides.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -L'arbre-
L'arbre
Pierre Louys (1870-1925)

Je me suis devetue pour monter a un arbre; mes cuisses nues embrassaient l'ecorce lisse et humide; mes sandales marchaient sur les branches.

Tout en haut, mais encore sous les feuilles et a l'ombre de la chaleur, je me suis mise a cheval sur une fourche ecartee en balancant mes pieds dans le vide.

Il avait plu. Des gouttes d'eau tombaient et coulaient sur ma peau. Mes mains etaient tachees de mousse, et mes orteils etaient rouges, a cause des fleurs ecrasees.

Je sentais le bel arbre vivre quand le vent passait au travers; alors je serrais mes jambes davantage et j'appliquais mes levres ouvertes sur la nuque chevelue d'un rameau.


El árbol

A un árbol, desnuda, subí cierta vez: la lisa corteza mis muslos asían, en húmedo musgo fincaba los pies.

Tan alto que, apenas, las hojas mojadas del sol me cubrían con sombra discreta, me puse a horcajadas en cómoda horqueta y balanceaba feliz, al desgaire, los pies en el aire.


De lluvia temprana, besando mi piel las gotas rodaban del fresco dosel; de zumo de flores bermejas tenía las plantas, y el musgo mis brazos cubría.

Y al soplo impetuoso del viento -al empuje de fuerzas internas- el árbol hermoso tremaba de vida... Lo sentí de pronto, toda estremecida, y apreté las piernas y posé, entreabiertos, los labios en llama sobre la vellosa nuca de la rama.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -Le desir-
Le desir
Pierre Louys (1870-1925)

Elle entra, et passionnement, les yeux fermes a demi, elle unit ses levres aux miennes et nos langues se connurent... Jamais il n'y eut dans ma vie un baiser comme celui-la.

Elle etait debout contre moi, toute en amour et consentante. Un de mes genoux, peu a peu, montait entre ses cuisses chaudes qui cedaient comme pour un amant.

Ma main rampante sur sa tunique cherchait a deviner le corps derobe, qui tour a tour onduleux se pliait, ou cambre se raidissait avec des fremissements de la peau.

De ses yeux en delire elle designait le lit; mais nous n'avions pas le droit d'aimer avant la ceremonie des noces, et nous nous separames brusquement.


El deseo

Ella entró, y apasionadamente, los ojos cerrados, unió sus labios a los míos y nuestras lenguas se conocieron... Nunca hubo en mi vida un beso como aquél.

Ella estaba de pie contra mí, toda amorosa y complaciente. Una de mis rodillas, poco a poco, se colocó entre sus muslos cálidos, que cedieron como para un amante.

Mi mano deslizándose sobre su túnica, buscaba adivinar el cuerpo desnudo que curva a curva ondulante se plegaba, donde se combaba, se atiesaba con los roces de la piel.

Con sus ojos en delirio, designaba el lecho, pero no teníamos el derecho de amarnos antes de la ceremonia de nupcias y nos separamos bruscamente.

Versión de L.S

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Pierre Louys -L'amie mariee-
L'amie mariee
Pierre Louys (1870-1925)

Nos meres etaient grosses en meme temps et ce soir elle s'est mariee, Melissa, ma plus chere amie. Les roses sont encore sur la route; les torches n'ont pas fini de bruler.

Et je reviens par le meme chemin, avec maman, et je songe. Ainsi, ce qu'elle est aujourd'hui, moi aussi j'aurais pu l'etre. Suis-je deja si grande fille?

Le cortege, les flutes, le chant nuptial et le char fleuri de l'epoux, toutes ces fetes, un autre soir, se derouleront autour de moi, parmi les branches d'olivier.

Comme a cette heure-meme Melissa, je me devoilerai devant un homme, je connaitrai l'amour dans la nuit, et plus tard des petits enfants se nourriront a mes seins gonfles...


La amiga recién casada

Esta tarde casó Melisa, mi mejor amiga. Era propicio el signo: nuestras madres se hallaban encintas. En la ruta del cortejo no se han marchitado aún las rosas; brilla aún en las antorchas la llama nupcial.

Deshago el camino con mi madre, y sueño, sueño... Tal como ella fue hoy, pudiera serlo yo. ¿Acaso no florece mi infancia en pubertad?

Ese mismo fastuoso cortejo, las flautas, los aires nupciales y el carro florido del esposo, la pompa y la fiesta -una tarde- será todo para mí, por mí, entre los gajos de olivo.

Y así como a esta hora Melisa se muestra desnuda ante un hombre, yo dejaré caer mis velos, y habré de saber, en la noche perfumada y atónita, qué es el amor. Y más tarde, quizá, ansiosos pequeñines mamarán de mis pródigos senos.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -Les confidences-
Les confidences
Pierre Louys (1870-1925)

Le lendemain, je suis allée chez elle, et nous avons rougi dès que nous nous sommes vues. Elle m'a fait entrer dans sa chambre pour que nous fussions toutes seules.

J'avais beaucoup de choses à lui dire; mais en la voyant j'oubliai. Je n'osais pas même me jeter à son cou, je regardais sa ceinture haute.

Je m'étonnais que rien n'eût changé sur son visage, qu'elle semblât encore mon amie et que cependant, depuis la veille, elle eût appris tant de choses qui m'effarouchaient.

Soudain je m'assis sur ses genoux, je la pris dans mes bras, je lui parlai à l'oreille vivement, anxieusement. Alors elle mit sa contre la mienne, et me dit tout.


Las confidencias

A la siguiente mañana fui a su casa. Tímidas amapolas, las mejillas en brasa. Y para estar a solas me hizo entrar a su alcoba, muy ufana.

¡Tenía por preguntarle tantas cosas! Pero al mirar su cíngulo ceñido a la altura de las nuevas esposas, ¡por las diosas! sufrí total olvido y no osé ni abrazar su cuello erguido.

No ver cambio indiscreto en su rostro me llenaba de asombro. Todavía era mi amiga fiel, me parecía. Pero desde la víspera nupcial, ese secreto que me llenaba de susto reprimido, mi amiga habría aprendido.

Súbito, me senté en su regazo; en redor de su cuello puse el brazo, y murmuré a su oído como vivaz epodo, las preguntas ansiosas. Entonces ella, con las mejillas juntas, ruborosas, entonces ella me lo dijo todo.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -La chevelure-
La chevelure
Pierre Louys (1870-1925)

Il m'a dit: "Cette nuit, j'ai rêvé. J'avais ta chevelure autour de mon cou. J'avais tes cheveux comme un collier noir Autour de ma nuque et sur ma poitrine."

"Je les caressais, et c'étaient les miens; Et nous étions liés pour toujours ainsi, Par la même chevelure, la bouche sur la bouche, Ainsi que deux lauriers n'ont souvent qu'une racine."

"Et peu à peu, il m'a semblé. Tant nos membres étaient confondus, Que je devenais toi-même, Ou que tu entrais en moi comme mon songe."

Quand il eut achevé, Il mit doucement ses mains sur mes épaules, Et il me regarda d'un regard si tendre, Que je baissai les yeux avec un frisson.


La cabellera

Me dijo: "Anoche tuve un sueño... sentía alrededor de mi cuello tus cabellos como un negro collar sobre mi pecho".

"Los acariciaba... eran los míos. Y estábamos ligados para siempre así, por una misma cabellera; con las bocas unidas, tal como dos laureles, a menudo, sólo una raíz tienen."

"Me parecía que, lentamente,los miembros de tal modo confundidos, yo era tú misma, que tú estabas en mí; ése fue el sueño."

Cuando el relato terminó, las manos suavemente posó sobre mis hombros. Me miraba, tiernos los ojos, con amor tan hondo, que yo bajé los míos estremecida.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -La lettre perdue-
La lettre perdue
Pierre Louys (1870-1925)

Helas sur moi! j'ai perdu sa lettre. Je l'avais mise entre ma peau et mon strophion, sous la chaleur de mon sein. J'ai couru, elle sera tombee.

Je vais retourner sur mes pas: si quelqu'un la trouvait, on le dirait a ma mere et je serais fouettee devant mes soeurs moqueuses.

Si c'est un homme qui l'a trouvee il me la rendra; ou meme, s'il veut me parler en secret je sais le moyen de la lui ravir.

Si c'est une femme qui l'a lue, o Dzeus Gardien, protege-moi! car elle le dira a tout le monde, ou elle me prendra mon amant.


La carta perdida

¡Ay de mí! He perdido su carta. La había puesto entre el estrofión y la piel, al calor del seno. Pero, he corrido y ha debido perdérseme.

Desandaré el camino para buscarla, pues si alguien la encontrase, la llevaría a mi madre, y ésta me azotaría ante la burla de mis hermanas.

Si la hallase un hombre, me la devolvería, y tal vez intentaría hablarme en secreto. En ese caso, creo saber la manera de arrebatársela.

Pero, si es una mujer quien la ha leído, ¡oh, Zeus guardián, protégeme! Porque lo contará a todo el mundo, o me birlará a mi amante.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -La coupe-
La coupe
Pierre Louys (1870-1925)

Lykas m'a vue arriver, seulement vetue d'une exomis succincte, car les journees sont accablantes; il a voulu mouler mon sein qui restait a decouvert.

Il a pris de l'argile fine, petrie dans l'eau fraiche et legere. Quand il l'a serree sur ma peau, j'ai pense defaillir tant cette terre etait froide.

De mon sein moule, il a fait une coupe, arrondie et ombiliquee. Il l'a mise secher au soleil et l'a peinte de pourpre et d'ocre en pressant des fleurs tout autour.

Puis nous sommes alles jusqu'a la fontaine qui est consacree aux nymphes, et nous avons jete la coupe dans le courant, avec des tiges de giroflees.


La copa

Lykas me vio llegara campo abierto,vestida con una exómida de esclavaque me dejaba un seno descubierto. Luego él quiso mi seno moldear.

Hiñó en cercana fuente cristalina un puñado de arcilla suave y fina y lo aplicó a mi piel, que acariciaba la arcilla dúctil; mas, tan fría estaba... Me sentí desmayar.

Una copa redonda, umbilicada,con forma de mi carne moldeada puso a secar al sol. La decoró después en un diseño de púrpuras y de ocres, con beleño y con rojo ababol.

Fuimos luego a la fuente que surge por ahí, a las ninfas campestres consagrada, y en su clara corriente arrojamos la copa, ya colmada con flores de alelí.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -La nuit-
La nuit
Pierre Louys (1870-1925)

C'est moi maintenant qui le recherche. Chaque nuit, tres doucement, je quitte la maison, et je vais par une longue route, jusqu'a sa prairie, le regarder dormir.

Quelquefois je reste longtemps sans parler, heureuse de le voir seulement, et j'approche mes levres des siennes, pour ne baiser que son haleine.

Puis tout a coup je m'etends sur lui. Il se reveille dans mes bras, et il ne peut plus se relever car je lutte! Il renonce, et rit, et m'etreint. Ainsi nous jouons dans la nuit.

Premiere aube, o clarte mechante, toi deja! En quel antre toujours nocturne, sur quelle prairie souterraine pourrons-nous si longtemps aimer, que nous perdions ton souvenir...


La noche

Ahora soy yo quien lo busca. Todas las noches, en sigilo, salgo de casa, y por la fasca senda voy al campo tranquilo para contemplarlo dormir.

Sin una palabra decirme quedo allí por largo instante, dichosa al poder acercar mis labios hasta su semblante, por sólo su aliento besar.

Me extiendo sobre él, de pronto; despierta en mis brazos el tonto; y al no poderse levantar, renuncia a la lid; y cual gamos toda la noche así jugamos.

¡Ah, malvada claridad diurna!, aurora cruel, ¿ya has llegado? ¿En qué gruta siempre nocturna, o en algún subterráneo prado, puede Amor haber olvidado tu remembranza taciturna?

Versión de Enrique Uribe White

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posted by Alfil @ 2:26 PM   0 comments
Pierre Louys -Le tombeau des Naiades-
Le tombeau des Naiades
Pierre Louys (1870-1925)

Le long du bois couvert de givre, je marchais; mes cheveux devant ma bouche se fleurissaient de petits glacons, et mes sandales etaient lourdes de neige fangeuse et tassee.

Il me dit: "Que cherches-tu? --Je suis la trace du satyre. Ses petits pas fourchus alternent comme des trous dans un manteau blanc." Il me dit: "Les satyres sont morts."

"Les satyres et les nymphes aussi. Depuis trente ans il n'a pas fait un hiver aussi terrible. La trace que tu vois est celle d'un bouc. Mais restons ici, ou est leur tombeau."

Et avec le fer de sa houe il cassa la glace de la source ou jadis riaient les naiades. Il prenait de grands morceaux froids, et, les soulevant vers le ciel pale, il regardait au travers.


La tumba de las Náyades

Caminaba por el bosque arropado de escarcha. Mis cabellos, sobre la boca, florecían de carámbanos diminutos. Casi no podía levantar las sandalias por el peso de la nieve fangosa que se les adhería.

Él me dijo: "¿Qué buscas?" Voy siguiendo -le contesté- la pista de un sátiro. Las huellas de sus pequeños cascos hendidos van alternándose como huecos en el níveo manto". Él me dijo: "Los sátiros han muerto.

"Ya murieron los sátiros, y las ninfas también. Hace más de treinta añosque no hacía un invierno tan crudo. Las huellas que ves son las de un macho cabrío. Quedémosnos aquí. Junto está la tumba".

Con su azada quebró el hielo del manantial en donde, en otro tiempo, reían las náyades. Cogió luego grandes pedazos de hielo y, alzándolos a los ojos, miraba... miraba al trasluz el cielo pálido.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -Les seins de Mnasidika-
Les seins de Mnasidika
Pierre Louys (1870-1925)

Avec soin, elle ouvrit d'une main sa tuniqueet me tendit ses seins tiedes et doux, ainsi qu'on offre a la deesse une paire de tourterelles vivantes.

"Aime-les bien", me dit-elle; je les aime tant! Ce sont des cheris, des petits enfants. Je m'occupe d'eux quand je suis seule. Je joue avec eux; je leur fais plaisir.

Je les lave avec du lait. Je les poudreavec des fleurs. Mes cheveux fins qui lesessuient sont chers a leurs petits bouts. Je les caresse en frissonnant. Je les couche dans de la laine.

"Puisque je n'aurai jamais d'enfants, sois leur nourrisson, mon amour; et, puisqu'ils sont si loin de ma bouche,donne-leur des baisers de ma part."


Los senos de Mnasidika

Dulce, blandamente la túnica abrió; y como se llevan al ara de un dios vívidas palomas de terso plumón, con su mano leve los senos me dió.

-Ámalos -me dijo-con igual pasión con que yo los amo: son niños en flor. A ellos me entrego cuando sóla estoy; arrullos y mimos sé para los dos.

Con leche los bañoy rayos de sol; y son mis cabellos el lino mejor que calca y enjuaga su rojo botón. Entre finas lanas triunfa su primor; yo los acaricio con trémula voz.

"Como en mis entrañas nunca habrá un dolor, sé tú el pequeñuelo, busca su pezón. Y como besarlos jamás podré yo, dáles en mi nombre mil besos de amor."

Versión de Carlos López Narváez

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Pierre Louys -Les trois amants-
Les trois amants
Pierre Louys (1870-1925)

Le premier me donna un collier, un collier de perles qui vaut une ville, avec les palais et les temples, et les trésors et les esclaves.

Le second fit pour moi des vers. Il disait que mes cheveux sont noirs comme ceux de la nuit et mes yeux bleus comme ceux du matin.

Le troisième était si beau que sa mère ne l'embrassait pas sans rougir. Il mit ses mains sur mes genoux, et ses lèvres sur mon pied nu.

Toi, tu ne m'as rien dit. Tu ne m'as rien donné, car tu est pauvre. Et tu n'est pas beau, mais c'est toi que j'aime.


Los tres amantes

El primer amante me ciñó un collar de perlas nacidas en ignoto mar; con él, un palacio y esclavas sin par y un templo y un trono pudiera comprar.

El segundo amante dijo en mi loor: -Si de tus cabellos el negro esplendor desatas, la noche se esparce en redor; y de tus azules ojos al fulgor la mañana enciende su primer albor.

El tercer amante -lo tuve hasta ayer- de toda hermosura tenía en su ser; tan solo mirarlo era ya un placer que aún a su madre hacía estremecer... Su frente, su boca -tibio rosicler- sobre mis rodillas venía a poner.

Tú, nada me dices; tú, nada me das: ni joyas, ni versos, ni es bella tu faz; nunca fina clámide ceñiste quizás... Sin embargo, túya siempre me verás cual los tres amantes me vieran jamás.

Versión de Carlos López Narváez

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Pierre Louys -Paroles maternelles-
Paroles maternelles
Pierre Louys (1870-1925)

Ma mere me baigne dans l'obscurite, elle m'habille au grand soleil et me coiffe dans la lumiere; mais si je sors au clair de lune, elle serre ma ceinture et fait un double noeud.

Elle me dit: "Joue avec les vierges, danse avec les petits enfants; ne regarde pas par la fenetre; fuis la parole des jeunes hommes et redoute le conseil des veuves.

"Un soir, quelqu'un, comme pour toutes, te viendra prendre sur le seuil au milieu d'un grand cortege de tympanons sonores et de flutes amoureuses."

"Ce soir-la, quand tu t'en iras, Bilito, tu me laisseras trois gourdes de fiel: une pour le matin, une pour le midi, et la troisieme, la plus amere, la troisieme pour les jours de fete."


Palabras maternales

Me baña mi madre en la oscuridad, me viste a cielo abierto y me peina al sol. Mas, si voy a salir en noches claras de luna, me ciñe más el cíngulo y le hace doble nudo.

Y me ha dicho: "Juega con las vírgenes; danza con los niños; mas no te asomes nunca a la ventana, ni escuches requiebros de mancebos; y duda, duda mucho de consejos de viudas".

"Una tarde, pequeña, como a todas, alguno vendrá a llevarte en medio de fastuoso cortejo, de timbales sonoros y de amorosas flautas".

"Esa tarde, cuando te vayas, Bilitis mía, me dejarás tres odrezuelos de hiel: uno para la mañana, otro para el mediodía; y el tercero, el de más amargo sabor, el tercero será para los días de fiesta".

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -Les remords-
Les remords
Pierre Louys (1870-1925)

D'abord je n'ai pas repondu, et j'avais la honte sur les joues, et les battements de mon coeur faisaient mal a mes seins.

Puis j'ai resiste, j'ai dit: "Non. Non." J'ai tourne la tete en arriere et le baiser n'a pas franchi mes levres, ni l'amour mes genoux serres.

Alors il m'a demande pardon, il m'a embrasse les cheveux, j'ai senti son haleine brulante, et il est parti... Maintenant je suis seule.

Je regarde la place vide, le bois desert, la terre foulee. Et je mords mes poings jusqu'au sang et j'etouffe mes cris dans l'herbe.


Remordimiento

Me quedé muda, en mi delirio; mi corazón latía convulso; y el batir loco de mi pulso era en mis senos un martirio,vivo rubor en mis mejillas.

Gemía "no, no", al resistir. No pudieron lograr el beso sus labios, ni su amor obseso franqueó con rudo insistir la barrera de mis rodillas.

Perdón, después, él me ha pedido. Besó mis cabellos; su aliento quemaba mi rostro encendido. Y luego partió... Sólo el viento suaviza mi aflicción acerba. Vacío contemplo el sendero.

La selva, sin vida, desierta; la hollada pradera está yerta... Y en sangre mis puños lacero y ahogo mi llanto en la hierba.

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -Roses du soir-
Roses du soir
Pierre Louys (1870-1925)

Dès que la nuit monte au ciel, le monde est à nous, et aux dieux. Nous allons des champs à la source, des bois obscurs aux clairières, où nous mènent nos pieds nus.

Les petites étoiles brillent assez pour les petites ombres que nous sommes. Quelquefois, sous les branches basses, nous trouvons des biches endormies.

Mais plus charmant la nuit que toute autre chose, il est un lieu connu de nous seuls et qui nous attire à travers la forêt : un buisson de roses mystérieuses.

Car rien n'est divin sur la terre à l'égal du parfum des roses dans la nuit. Comment se fait-il qu'au temps où j'étais seule je ne m'en sentais pas enivrée.


Rosas en la noche

Cuando la noche va cubriendo el cielo, el mundo es nuestro... y de los dioses. Él y yo erramos de las campiñas a la fuente, de la umbrosa arboleda a los sitios abiertos, dondequiera nos conducen nuestros desnudos pies.

Las estrellas, pequeñitas, dan claridad suficiente para columbrar las esfumadas, breves sombras que somos. A veces, en el sigilo de la fronda baja, logramos sorprender una cierva dormida.

Más lleno de encanto, en la noche, que otro lugar o cosa alguna, es un sitio sólo por nosotros conocido, que irresistiblemente nos atrae a través de la selva: un misterioso matorral, florecido de rosas.

Nada iguala en la tierra al perfume de las rosas en la noche. Antes, cuando vagaba sola, ¿por qué no me exaltaría?

Versión de Enrique Uribe White

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Pierre Louys -Le dernier amant-
Le dernier amant
Pierre Louys (1870-1925)

Enfant, ne passe pas sans m'avoir aimee. Je suis encore belle, dans la nuit; tu verras combien mon automne est plus chaud que le printemps d'une autre.

Ne cherche pas l'amour des vierges. L'amour est un art difficile ou les jeunes filles sont peu versees. Je l'ai appris toute ma vie pour le donner a mon dernier amant.

Mon dernier amant, ce sera toi, je le sais. Voici ma bouche, pour laquelle un peuple a pali de desir. Voici mes cheveux, les memes cheveux que Psappha la Grande a chantes.

Je recueillerai en ta faveur tout ce qu'il m'est reste de ma jeunesse perdue. Je brulerai les souvenirs eux-memes. Je te donnerai la flute de Lykas, la ceinture de Mnasidika.


Último amante

Mancebo, no pases de largo sin gustar mi amor:desnuda en la noche, mi carne recobra esplendor; más sabio y feliz que cualquiera frágil primavera, mi otoño te entrega su ardor.

No esperes placer de las vírgenes: ese arte sutillo ignoran ingenuas doncellas, no es cosa de abril. Viviendo su rlto constante, al último amantedar quiero la esencia febril.

Mi último amante ha llegado: eres tú, doncel.Toma, pues, mis labios -cisterna de ansioso tropel, y toma también mis cabellos que aún guardan ellosde Safo divina la miel.

Tendrás de mis cálidas vides el jugo mejor;aún los más hondos recuerdos quemaré en tu honor. Serán tuyas mis joyas más ricas, la flauta de Lykasy de Nasdyka el ceñidor.

Versión de Carlos López Narváez

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Pierre Louys -Au vaisseau-
Au vaisseau
Pierre Louys (1870-1925)

Beau navire qui m'as menee ici, le long des cotes de l'Ionie, je t'abandonne aux flots brillants, et d'un pied leger je saute sur la greve.

Tu vas retourner au pays ou la vierge est l'amie des nymphes. N'oublie pas de remercier les conseilleres invisibles, et porte-leur en offrande ce rameau cueilli par mes mains.

Tu fus pin, et sur les montagnes, le vaste Notos enflamme agitait tes branches epineuses, tes ecureuils et tes oiseaux.

Que le Boreus maintenant te guide, et te pousse mollement vers le port, nef noire escortee des dauphins au gre de la mer bienveillante.


Al navío

Bello navío que hasta aquí me has traído, a través de las costas de Jonia, yo te he abandono a las olas radiantes y con ligero pie brinco a la playa.

Tu regresaras al país donde la virgen es amiga de las ninfas. No olvides agradecer a los invisibles consejeros y llévale en señal de ofrenda este ramo cogido por mis manos.

Tu que pino fuiste, y sobre las montañas, el inmenso Notos enardecido sacudía tus ramas espinosas, tus ardillas y tus avecillas.

Que el Boreas te conduzca ahora, y te impulse suavemente, suavemente hacia el puerto, nave negra de delfines escoltada, al capricho de la mar favorecedora.

Versión de Virginia

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Pierre Louys -Psappha-
Psappha
Pierre Louys (1870-1925)

Je me frotte les yeux... Il fait deja jour, je crois. Ah! qui est aupres de moi?... une femme?... Par la Paphia, j'avais oublie... O Charites! que je suis honteuse.

Dans quel pays suis-je venue, et quelle est cette ile-ci ou l'on entend ainsi l'amour? Si je n'etais pas ainsi lassee, je croirais a quelque reve... Est-il possible que ce soit la Psappha!

Elle dort... Elle est certainement belle, bien que ses cheveux soient coupes comme ceux d'un athlete. Mais cet etrange visage, cette poitrine virile et ces hanches etroites...

Je veux m'en aller avant qu'elle ne s'eveille. Helas! je suis du cote du mur. Il me faudra l'enjamber. J'ai peur de froler sa hanche et qu'elle ne me reprenne au passage.


Psafa

Yo los ojos me refriego...hace ya tiempo que es de día, yo creo. Ah! ¿Quién está a mi lado? ¿Una mujer?...Por la Psafa, lo había olvidado... ¡Oh gracias!, que tímida soy.

¿A que pueblo he llegado yo, y que isla es ésta en donde el amor así se concibe? Si yo no estuviera tan fatigada, yo juzgaría que esto es un sueño ¡Es posible que ella sea la Psafa!

Ella sigue envuelta en sueños...es en verdad hermosa, aunque sus cabellos esté cortados como los de un atleta, mas este desconocido rostro, este pecho viril, estas caderas estrechas...

Yo quiero marcharme antes de que ella se despierte, ¡ay de mí! estoy del lado de la pared. Me será forzoso pasar por arriba. Tengo miedo de lastimar su cadera y que ella no me reprenda al pasar.

Versión de Virginia

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Pierre Louys -La danse de Glotis et de Kyse-
La danse de Glotis et de Kyse
Pierre Louys (1870-1925)

Deux petites filles m'ont emmenee chez elles, et des que la porte fut fermee, elles allumerent au feu la meche de la lampe et voulurent danser pour moi.

Leurs joues n'etaient pas fardees, aussi brunes que leurs petits ventres. Elles se tiraient par les bras et parlaient en meme temps, dans une agonie de gaiete.

Assises sur leur matelas que portaient deux treteaux eleves, Glottis chantait a voix aigue et frappait en mesure ses petites mains sonores.

Kyse dansait par saccades, puis s'arretait, essoufflee par le rire, et, prenant sa soeur par les seins, la mordait a l'epaule et la renversait, comme une chevre qui veut jouer.


La danza de Glotis y Kise

Dos muchachas me han llevado a su morada, y desde que la puerta se cerró iluminaron el cuarto, con el fuego de la lámpara y pretendieron bailar conmigo.

Sus mejillas no estaban maquilladas, tan oscuras como sus pequeños vientres eran. Se apresaban por los brazos y simultáneamente conversaban, en una agonía de gozo.

Sentada en un colchón, Glotis con voz suave cantaba y chocaba, rítmicamente sus menudas manos sonoras.

Kyse danzaba agitada, pronto se detenía sofocada por la risa y tomaba a su hermana por los pechos, le mordía la espalda y al reverso la tornaba, como una cabra que quisiera retozar.

Versión de Virginia

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Pierre Louys -L'incertitude-
Les conseils
Pierre Louys (1870-1925)

Alors Syllikhmas est entree, et nous voyant si familieres, elle s'est assise sur le banc. Elle a pris Glottis sur son genou, Kyse sur l'autre et elle a dit:

"Viens ici, petite." Mais je restais loin. Elle reprit: "As-tu peur de nous?" Approche-toi: ces enfants t'aiment. Elles t'apprendront ce que tu ignores: le miel des caresses de la femme.

"L'homme est violent et paresseux. Tu le connais, sans doute. Hais-le. Il a la poitrine plate, la peau rude, les cheveux ras, les bras velus. Mais les femmes sont toutes belles."

"Les femmes seules savent aimer; reste avec nous, Bilitis, reste. Et si tu as une ame ardente, tu verras ta beaute comme dans un miroir sur le corps de tes amoureuses."


Los consejos

A la sazón Sylikmas ha entrado, y al vernos, tan familiares a nosotras, se ha sentado sobre un banco. Ha sentado a Glotis sobre una de sus rodillas, y a Kyse sobre la otra y ha dicho:

"Ven aquí pequeña" mas yo no me acercaba, ella continuó: "¡tienes tu miedo de nosotras!" acércate: estas chiquillas te aman. Te instruirán en aquello que tu desconoces: la miel de las caricias de una mujer.

"El varón es violento y holgazán, sin duda tu le conoces. Míralo, tiene el pecho plano, áspera la piel, cortos los cabellos, velludos los brazos. Y las mujeres son todas hermosas.

"Las mujeres solas saben amar; permanece con nosotras. Bilitis quédate. Y si tu tienes un alma fogosa, tu verás tu belleza como en un espejo sobre el cuerpo de tu enamorada"

Versión de Virginia

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