Poemas en Francés





TRADUTTORE TRADITORE

Acerca de
Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano
Frases
"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas"

Augusto Monterroso

-La palabra mágica-

"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?"

Voltaire

"La traducción destroza el espíritu del idioma"

Federico Garcí­a Lorca
Archivos
Louise Labé -Tout aussitôt que je commence à prendre...-
dimanche, mai 29, 2005
Tout aussitôt que je commence à prendre...
Louise Labé (1524-1566)

Tout aussitôt que je commence à prendre
Dans le mol lit le repos désiré,
Mon triste esprit hors de moi retiré,
S'en va vers toi incontinent se rendre.

Lors m'est avis que dedans mon sein tendre
Je tiens le bien, où j'ai tant aspiré,
Et pour lequel j'ai si haut soupiré
Que de sanglots ai souvent cuidé fendre.

Ô doux sommeil, ô nuit à moi heureuse !
Plaisant repos, plein de tranquillité,
Continuez toutes les nuits mon songe :

Et si jamais ma pauvre amoureuse
Ne doit avoir de bien en vérité,
Faites au moins qu'elle en ait en mensonge.


En el instante en que me entrego...

En el instante en que me entrego,
en el blando lecho, al ansiado reposo,
mi triste espíritu me abandona
y se dirige a ti.

Y me parece entonces que en mi tierno seno
poseo el bien que tanto deseé,
y por el que tanto he suspirado
que creí muchas veces deshacerme en llanto.

¡Oh dulce sueño, oh noche para mí tan dichosa!
apacible descanso placentero,
proseguid cada noche mi sueño;

y si nunca mi pobre alma enamorada
ha de conocer de veras la dicha,
haced que la conozca al menos de mentira.

Versión de Caridad Martínez

Libellés :

posted by Alfil @ 12:28 PM   0 comments
Louise Labé -Ô beaus yeus bruns...-
Ô beaus yeus bruns...
Louise Labé (1525-1566)

Ô beaus yeus bruns, ô regars destournez,
Ô chaus soupirs, ô larmes espandues,
Ô noires nuits vainement atendues,
Ô jours luisans vainement retournez:
Ô tristes pleins, ô désirs obstinez,
Ô tems perdu, ô peines despendues,
Ô mile morts en mile rets tendues,
Ô pires maus contre moi destinez.
Ô ris, ô front, cheveus, bras, mains et doits:
Ô lut pleintif, viole, archet et vois:
Tant de flambeaus pour ardre une femmelle!
De toy me plein, que tant de feus portant,
Et tant d'endrois d'iceus mon coeur tatant,
N'en est sur toy volé quelque estincelle.


Oh bellos ojos negros...

¡Oh bellos ojos negros, oh mirar distanciado,
Oh cálidos suspiros, oh lágrimas vertidas,
Oh las oscuras noches vanamente atendidas,
Oh los días claros vanamente retornados!
¡Oh dolientes quejas, oh deseos obstinados,
Oh tiempo malgastado, oh penas prodigadas,
Oh mil muertes en mil celadas desplegadas,
Oh peores males en mi contra destinados!
¡Oh brazos, manos, dedos, cabello, risa, frente,
Oh voz, oh viola y arco, oh laúd doliente!:
¡Cuántas llamas para hacer arder a una mujer!
De ti me quejo, que tanto fuego poseyendo,
En tantos lados mi corazón fuiste encendiendo,
Sin que un solo destello pudiera en ti caer.

Versión de Sonia Mabel Yebara

Libellés :

posted by Alfil @ 11:43 AM   0 comments
Louise Labé -Baise m'encore...-
Baise m´encore...
Louise Labé (1525-1566)

Baise m´encore, rebaise moi et baise:
Donne m´en un de tes plus savoureux,
Donne m´en un de tes plus amoureux:
Je t´en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las, te plains-tu? Ça que ce mal j´apaise
En t´en donnant dix autres doucereux,
Ainsi mêlant nos baisers tant heureux
Jouissons-nous l´un de l´autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra,
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m´amour penser quelque folie:

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si, hors de moi, ne fais quelque saillie.


Bésame otra vez...

Bésame otra vez y vuélveme a besar:
Dame uno de tus besos más sabrosos,
Dame uno de tus besos amorosos,
Cual brasa ardiente cuatro te voy a dar.

¿Te quejas? Ven, que yo calme tu pesar,
Dándote, aún, diez besos deleitosos.
Y mezclando nuestros besos tan dichosos,
Del placer entrambos vamos a gozar.

Cada uno así doble vida tendrá,
Porque en sí y en su amigo vivirá.
Amor, déjame una locura sentir:

Siempre estoy mal replegada así en mi vida,
Y no consigo sentirme complacida,
Si fuera de mí no puedo yo salir.

Versión de Sonia Mabel Yebara

Libellés :

posted by Alfil @ 11:34 AM   0 comments
Jules Laforgue -Sanglot perdu-
vendredi, mai 27, 2005
Sanglot perdu
Jules Laforgue (1860-1887)

Les étoiles d'or rêvaient éternelles;
Seul, sous leurs regards, songeant, loin de tous,
Devant leur douceur tombant à genoux,
Moi je sanglotais longuement vers elles.

« Ah! pourquoi, parlez, étoiles cruelles !
La Terre et son sort? Nous sommes jaloux!
N'a-t-elle pas droit aussi bien que vous
À sa part d'amour des lois maternelles ?

« Quelqu'un veille-t-il, aux nuits solennelles ?
Qu'on parle! Est-ce oubli, hasard ou courroux?
Pourquoi notre sort? C'est à rendre fous! »...
- Les étoiles d'or rêvaient éternelles...


Sollozo perdido

Las estrellas de oro soñaban eternas;
Solo, ante sus ojos, pensando, alejado,
Ante su dulzura yo me arrodillaba:
Iba lentamente mi llanto hacia ellas.

«¡Hablad, ah! ¿Por qué, estrellas crueles?
;La Tierra y su suerte? ¡Estamos celosos!
¿Ella no reclama, igual que vosotras,
su parte de amor de leyes maternas?

»¿Hay alguien despierto, las noches solemnes?
¡Que hable! ¿Es olvido, es ira o azar?
¿Por qué nuestra suerte? ¡Es una locura!»...
—Las estrellas de oro soñaban eternas...

Versión de Margarita Gómez Sierra

Libellés :

posted by Alfil @ 6:52 AM   0 comments
Jules Laforgue -Éclair de gouffre-
Éclair de gouffre
Jules Laforgue (1860-1887)

J'étais sur une tour au milieu des étoiles !

Soudain, coup de vertige. Un éclair où, sans voiles,
Je sondais grelottant d'effarement, de peur,
L'énigme du Cosmos dans toute sa stupeur !
Tout est-il seul ? Où suis-je ? Où va ce bloc qui roule
Et m'emporte ? - Et je puis mourir ! mourir, partir,
Sans rien savoir ! Parlez ! Ô rage, et le temps coule
Sans retour ! Arrêtez ! arrêtez ! et jouir ?
Car j'ignore tout, moi ! Mon heure est là peut-être:
Je ne sais pas ! J'étais dans la nuit, puis je nais.
Pourquoi ? D'où l'univers ? Où va-t-il ? Car le prêtre
N'est qu'un homme. On ne sait rien ! Montre-toi, parais,
Dieu, témoin éternel ! Parle, pourquoi la vie ?
Tout se tait ! Oh ! l'espace est sans cœur ! Un moment !
Astres ! Je ne veux pas mourir ! J'ai du génie !
Ah ! redevenir rien irrévocablement !


Relámpago de abismo

Me hallaba en una torre en medio de los astros.

Un vértigo, de pronto. ¡En un rayo, sin velos,
Escrutaba, temblando de pánico, de espanto,
El enigma del Cosmos en todo su estupor!
¿Todo está solo? ¿Dónde estoy? ¿A dónde rueda
El bloque que me arrastra? ¡Puedo morir, partir,
Sin saber nada! ¡Hablad! ¡Oh rabia, el tiempo vuela
Sin vuelta atrás! ¡Parad, parad! ¿Y disfrutar?
¡Pues que todo lo ignoro! Llegó mi hora tal vez:
No sé. Yo me encontraba en la noche, y nací.
¿Por qué? ¿Y el universo? ¿A dónde -va? Que el cura
Es sólo un hombre. Nada sabemos. ¡Dios, asómate,
Testigo eterno, muéstrate! Habla, ¿por qué la vida?
Todo calla. El espacio no tiene alma. ¡Esperad!
¡No quiero morir, astros! ¡Soy una inteligencia!
¡Ah, volver a ser nada irremediablemente!

Versión de Margarita Gómez Sierra

Libellés :

posted by Alfil @ 6:46 AM   0 comments
Alphonse de Lamartine -Le vallon-
mercredi, mai 25, 2005
Le vallon
Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance,
N'ira plus de ses voeux importuner le sort ;
Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance,
Un asile d'un jour pour attendre la mort.

Voici l'étroit sentier de l'obscure vallée :
Du flanc de ces coteaux pendent des bois épais,
Qui, courbant sur mon front leur ombre entremêlée,
Me couvrent tout entier de silence et de paix.

Là, deux ruisseaux cachés sous des ponts de verdure
Tracent en serpentant les contours du vallon ;
Ils mêlent un moment leur onde et leur murmure,
Et non loin de leur source ils se perdent sans nom.

La source de mes jours comme eux s'est écoulée ;
Elle a passé sans bruit, sans nom et sans retour :
Mais leur onde est limpide, et mon âme troublée
N'aura pas réfléchi les clartés d'un beau jour.

La fraîcheur de leurs lits, l'ombre qui les couronne,
M'enchaînent tout le jour sur les bords des ruisseaux,
Comme un enfant bercé par un chant monotone,
Mon âme s'assoupit au murmure des eaux.

Ah ! c'est là qu'entouré d'un rempart de verdure,
D'un horizon borné qui suffit à mes yeux,
J'aime à fixer mes pas, et, seul dans la nature,
A n'entendre que l'onde, à ne voir que les cieux.

J'ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie ;
Je viens chercher vivant le calme du Léthé.
Beaux lieux, soyez pour moi ces bords où l'on oublie :
L'oubli seul désormais est ma félicité.

Mon coeur est en repos, mon âme est en silence ;
Le bruit lointain du monde expire en arrivant,
Comme un son éloigné qu'affaiblit la distance,
A l'oreille incertaine apporté par le vent.

D'ici je vois la vie, à travers un nuage,
S'évanouir pour moi dans l'ombre du passé ;
L'amour seul est resté, comme une grande image
Survit seule au réveil dans un songe effacé.

Repose-toi, mon âme, en ce dernier asile,
Ainsi qu'un voyageur qui, le coeur plein d'espoir,
S'assied, avant d'entrer, aux portes de la ville,
Et respire un moment l'air embaumé du soir.

Comme lui, de nos pieds secouons la poussière ;
L'homme par ce chemin ne repasse jamais ;
Comme lui, respirons au bout de la carrière
Ce calme avant-coureur de l'éternelle paix.

Tes jours, sombres et courts comme les jours d'automne,
Déclinent comme l'ombre au penchant des coteaux ;
L'amitié te trahit, la pitié t'abandonne,
Et seule, tu descends le sentier des tombeaux.

Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime ;
Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours
Quand tout change pour toi, la nature est la même,
Et le même soleil se lève sur tes jours.

De lumière et d'ombrage elle t'entoure encore :
Détache ton amour des faux biens que tu perds ;
Adore ici l'écho qu'adorait Pythagore,
Prête avec lui l'oreille aux célestes concerts.

Suis le jour dans le ciel, suis l'ombre sur la terre ;
Dans les plaines de l'air vole avec l'aquilon ;
Avec le doux rayon de l'astre du mystère
Glisse à travers les bois dans l'ombre du vallon.

Dieu, pour le concevoir, a fait l'intelligence :
Sous la nature enfin découvre son auteur !
Une voix à l'esprit parle dans son silence :
Qui n'a pas entendu cette voix dans son coeur ?


El valle

Hasta de la esperanza ahora se siente hastiado
mi corazón, no quiere pedir nada al destino;
oh, tú, préstame sólo, valle de mi niñez,
el asilo de un día para esperar la muerte.

Ésta es la senda estrecha de mi valle sombrío:
llenan ambas laderas unos bosques espesos
que cruzando sus sombras curvas sobre mi frente
por entero me cubren de silencio y de paz.

Dos arroyos ocultos bajo puentes verdosos
serpenteando dibujan los contornos del valle;
un instante confunden su murmullo y sus aguas,
y no lejos de aquí ya se pierden sin nombre.

Se han perdido también de mi vida las aguas,
que se fueron sin ruido, sin retorno y sin nombre;
mas la fuente es muy límpida, y mi alma enturbiada
no ha podido espejear luz de días hermosos.

El frescor de sus cauces y su manto de sombra
me encadenan por siempre cerca de estos arroyos:
como un niño mecido por un canto monótono
se adormece mi espíritu al murmullo del agua.

Allí estoy entre muros de verdor, con un corto
horizonte ante mí que ya basta a mis ojos,
sin moverme y tan solo con la naturaleza,
sin oír más que el agua, sólo viendo los cielos.

Demasiado en mi vida he sentido y amado;
aunque vivo, ahora busco del Leteo la calma.
¡Oh lugares tan bellos, dad también el olvido!
Desde ahora el olvido ya es mi única dicha.

Corazón aquietado como el alma en silencio;
oigo apenas el ruido muy lejano del mundo
como un eco remoto que se ahogó en la distancia
y que traen los vientos al oído inseguro.

La existencia la veo como en medio de brumas
deshacerse en la sombra del pasado perdido.
Sólo queda el amor, como queda una imagen
que perdura en el alba cuando un sueño se borra.

Alma mía, reposa en este último asilo
como lo hace un viajero que camina con fe,
que se sienta a las puertas de la nueva ciudad
y respira un instante el perfume del véspero.

Sacudamos como él de los pies todo el polvo;
nunca más volveremos a andar este camino;
respiremos como él al final de la senda
esta calma que anuncia una paz que no acaba.

Tan oscuros y breves como días de otoño
son tus días que menguan como sombras del monte.
La amistad te traiciona, la piedad te abandona,
solitaria desciendes donde están los sepulcros.

Mas aquí está invitándote la natura que te ama;
piérdete en sus entrañas que ella siempre te ofrece:
aunque todo es mudanza, la natura es la misma,
como el sol es el mismo que da luz a tus días.

Ella sigue envolviéndote con sus luces y sombras,
sé insensible a los falsos bienes que ya has perdido,
ven y adora aquí el eco que adoraba Pitágoras,
presta oído con él al celeste concierto.

Con la luz sé tú el cielo, sé la sombra en la tierra;
en los llanos del aire sé aquilón volador;
con los pálidos rayos misteriosos de luna
sé cual alma del bosque en la sombra del valle.

Dios nos dio inteligencia para así concebirlo:
la natura descubre en sí misma a su autor.
Una voz en silencio al espíritu ha hablado:
¿Quién no ha oído esta voz resonar en su pecho?

Libellés :

posted by Alfil @ 5:13 AM   0 comments
Alphonse de Lamartine -Le lac-
Le lac
Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

O lac! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir!

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient- il ? nous voguions en silence,
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent :
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encor
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : " Sois plus lente "; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse.,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ? passés pour jamais ? quoi! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez?

O lac! rochers muets ! grottes! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés!

Que le vent qui gémit le roseau qui soupire
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

Tout dise : " Ils ont aimé ! "


El lago

Así siempre empujados hacia nuevas orillas,
en la noche sin fin que no tiene retorno,
¿no podremos jamás en el mar de los tiempos
echar ancla algún día?

Lago, apenas el año ya concluye su curso
y muy cerca del agua donde yo le di cita,
mira, vengo a sentarme solo sobre esta piedra
donde ayer se sentaba.

Tú bramabas así bajo estas mismas rocas,
te rompías con furia en su herido costado;
así el viento arrojaba tus oleajes de espuma
a sus pies adorados.

Una tarde, ¿te acuerdas?, en silencio bogába
entre el agua y los cielos a lo lejos se oía
solamente el rumor de los remos golpeando
tu armonioso cristal.

De repente una música que ignoraba la tierra
despertó de la orilla encantada los ecos;
prestó oídos el agua y la voz tan amada
pronunció estas palabras:

«Tiempo, no vueles más. Que las horas propicias
interrumpan su curso.
¡Oh, dejadnos gozar de las breves delicias
de este día tan bello!

Todos los desdichados aquí abajo os imploran:
sed para ellos muy raudas.
Con los días quitadles el mal que les consume;
olvidad al feliz.

Mas en vano yo pido unos instantes más,
ya que el tiempo me huye.
A esta noche repito: "Sé más lenta", y la aurora
ya disipa la noche.

¡Oh, sí, amémonos, pues, y gocemos del tiempo
fugitivo, de prisa!
Para el hombre no hay puerto, no hay orillas del tiempo,
fluye mientras pasamos.»

Tiempo adusto, ¿es posible que estas horas divinas
en que amor nos ofrece sin medida la dicha
de nosotros se alejen con la misma presteza
que los días de llanto?

¿No podremos jamás conservar ni su huella?
¿Para siempre pasados? ¿Por completo perdidos?
Lo que el tiempo nos dio, lo que el tiempo ha borrado,
¿no lo va a devolver?

Libellés :

posted by Alfil @ 5:00 AM   0 comments
Alphonse de Lamartine -L'automne-
L'automne
Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.


El otoño

¡Salve, bosques que ciñen los verdores postreros!
Amarillos follajes en la hierba esparcidos;
¡salve, breve hermosura! La natura enlutada
se acomoda al dolor y me es grata a los ojos.

Ando a pasos muy lentos el desierto camino
y por última vez vuelvo a ver este sol
palidísimo y bello cuya luz expirante
ilumina a mis pies la tiniebla del bosque.

Para mí hay más encanto en la luz del otoño
cuando todo se muere a su vista empañada:
el adiós de un amigo, la sonrisa postrera
de unos labios a punto de sellarse por siempre.

Ya dispuesto a dejar la ilusión de la vida,
y llorando los sueños esfumados que tuve,
vuelvo aún la cabeza y envidioso contemplo
esos grandes tesoros de que nunca gocé.

Tierra y sol, valles, bella, mansa naturaleza,
os debía una lágrima con un pie en el sepulcro.
¡Todo el aire es perfume y la luz es tan pura!
¡Al que muere este sol le parece tan bello!

Yo quisiera apurar hasta las mismas heces
este cáliz que mezcla con el néctar la hiel;
tal vez en esta copa donde bebí la vida
pueda haber todavía una gota de miel.

El futuro quizá para mí reservaba
un retorno a la dicha de la cual nada espero.
Es posible que un alma que yo ignoro aún hubiese
comprendido mi alma, respondiendo a mis ansias...

La flor muere entregando sus perfumes al céfiro;
a la vida y al sol, éstos son mis adioses;
ahora muero y mi alma cuando expiro se exhala
como un triste sonido lleno de melodía.

Libellés :

posted by Alfil @ 4:50 AM   0 comments
Alphonse de Lamartine -Pensée des morts-
Pensée des morts
Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Voilà les feuilles sans sève
Qui tombent sur le gazon,
Voilà le vent qui s'élève
Et gémit dans le vallon,
Voilà l'errante hirondelle.
Qui rase du bout de l'aile:
L'eau dormante des marais,
Voilà l'enfant des chaumières
Qui glane sur les bruyères
Le bois tombé des forêts.

L'onde n'a plus le murmure,
Dont elle enchantait les bois ;
Sous des rameaux sans verdure.
Les oiseaux n'ont plus de voix ;
Le soir est près de l'aurore,
L'astre à peine vient d'éclore
Qu'il va terminer son tour,
Il jette par intervalle
Une heure de clarté pâle
Qu'on appelle encore un jour.

L'aube n'a plus de zéphire
Sous ses nuages dorés,
La pourpre du soir expire
Sur les flots décolorés.
La mer solitaire et vide
N'est plus qu'un désert aride
Où l'oeil cherche en vain l'esquif,
Et sur la grève plus sourde
La vague orageuse et lourde
N'a qu'un murmure plaintif.

La brebis sur les collines
Ne trouve plus le gazon,
Son agneau laisse aux épines
Les débris de sa toison,
La flûte aux accords champêtres
Ne réjouit plus les hêtres
Des airs de joie ou d'amour,
Toute herbe aux champs est glanée:
Ainsi finit une année,
Ainsi finissent nos jours!

C'est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants:
Ils tombent alors par mille,
Comme la plume inutile
Que l'aigle abandonne aux airs,
Lorsque des plumes nouvelles
Viennent réchauffer ses ailes
À l'approche des hivers.

C'est alors que ma paupière
Vous vit pâlir et mourir,
Tendres fruits qu'à la lumière
Dieu n'a pas laissé mûrir!
Quoique jeune sur la terre,
Je suis déjà solitaire
Parmi ceux de ma saison,
Et quand je dis en moi-même:
"Où sont ceux que ton coeur aime?
Je regarde le gazon."

Leur tombe est sur la colline,
Mon pied la sait ; la voilà!
Mais leur essence divine,
Mais eux, Seigneur, sont-ils là?
Jusqu'à l'indien rivage
Le ramier porte un message
Qu'il rapporte à nos climats ;
La voile passe et repasse,
Mais de son étroit espace
Leur âme ne revient pas.

Ah! quand les vents de l'automne
Sifflent dans les rameaux morts,
Quand le brin d'herbe frissonne,
Quand le pin rend ses accords,
Quand la cloche des ténèbres
Balance ses glas funèbres,
La nuit, à travers les bois,
A chaque vent qui s'élève,
A chaque flot sur la grève,
Je dis: N'es-tu pas leur voix?

Du moins si leur voix si pure
Est trop vague pour nos sens,
Leur âme en secret murmure
De plus intimes accents ;
Au fond des coeurs qui sommeillent,
Leurs souvenirs qui s'éveillent
Se pressent de tous côtés,
Comme d'arides feuillages
Que rapportent les orages
Au tronc qui les a portés!

C'est une mère ravie
A ses enfants dispersés,
Qui leur tend de l'autre vie
Ces bras qui les ont bercés ;
Des baisers sont sur sa bouche,
Sur ce sein qui fut leur couche
Son coeur les rappelle à soi ;
Des pleurs voilent son sourire,
Et son regard semble dire:
Vous aime-t-on comme moi?

C'est une jeune fiancée
Qui, le front ceint du bandeau,
N'emporta qu'une pensée
De sa jeunesse au tombeau ;
Triste, hélas! dans le ciel même,
Pour revoir celui qu'elle aime
Elle revient sur ses pas,
Et lui dit: Ma tombe est verte!
Sur cette terre déserte
Qu'attends-tu? Je n'y suis pas!

C'est un ami de l'enfance,
Qu'aux jours sombres du malheur
Nous prêta la Providence
Pour appuyer notre coeur ;
Il n'est plus ; notre âme est veuve,
Il nous suit dans notre épreuve
Et nous dit avec pitié:
Ami, si ton âme est pleine,
De ta joie ou de ta peine
Qui portera la moitié?

C'est l'ombre pâle d'un père
Qui mourut en nous nommant ;
C'est une soeur, c'est un frère,
Qui nous devance un moment ;
Sous notre heureuse demeure,
Avec celui qui les pleure,
Hélas! ils dormaient hier!
Et notre coeur doute encore,
Que le ver déjà dévore
Cette chair de notre chair !

L'enfant dont la mort cruelle
Vient de vider le berceau,
Qui tomba de la mamelle
Au lit glacé du tombeau ;
Tous ceux enfin dont la vie
Un jour ou l'autre ravie,
Emporte une part de nous,
Murmurent sous la poussière:
Vous qui voyez la lumière,
Vous souvenez-vous de nous?

Ah! vous pleurer est le bonheur suprême
Mânes chéris de quiconque a des pleurs!
Vous oublier c'est s'oublier soi-même:
N'êtes-vous pas un débris de nos coeurs?

En avançant dans notre obscur voyage,
Du doux passé l'horizon est plus beau,
En deux moitiés notre âme se partage,
Et la meilleure appartient au tombeau!

Dieu du pardon! leur Dieu! Dieu de leurs pères!
Toi que leur bouche a si souvent nommé!
Entends pour eux les larmes de leurs frères!
Prions pour eux, nous qu'ils ont tant aimé!

Ils t'ont prié pendant leur courte vie,
Ils ont souri quand tu les as frappés!
Ils ont crié: Que ta main soit bénie!
Dieu, tout espoir! les aurais-tu trompés?

Et cependant pourquoi ce long silence?
Nous auraient-ils oubliés sans retour?
N'aiment-ils plus? Ah! ce doute t'offense!
Et toi, mon Dieu, n'es-tu pas tout amour?

Mais, s'ils parlaient à l'ami qui les pleure,
S'ils nous disaient comment ils sont heureux,
De tes desseins nous devancerions l'heure,
Avant ton jour nous volerions vers eux.

Où vivent-ils? Quel astre, à leur paupière
Répand un jour plus durable et plus doux?
Vont-ils peupler ces îles de lumière?
Ou planent-ils entre le ciel et nous?

Sont-ils noyés dans l'éternelle flamme?
Ont-ils perdu ces doux noms d'ici-bas,
Ces noms de soeur et d'amante et de femme?
A ces appels ne répondront-ils pas?

Non, non, mon Dieu, si la céleste gloire
Leur eût ravi tout souvenir humain,
Tu nous aurais enlevé leur mémoire ;
Nos pleurs sur eux couleraient-ils en vain?

Ah! dans ton sein que leur âme se noie!
Mais garde-nous nos places dans leur cour ;
Eux qui jadis ont goûté notre joie,
Pouvons-nous être heureux sans leur bonheur?

Etends sur eux la main de ta clémence,
Ils ont péché; mais le ciel est un don!
Ils ont souffert; c'est une autre innocence!
Ils ont aimé; c'est le sceau du pardon!

Ils furent ce que nous sommes,
Poussière, jouet du vent!
Fragiles comme des hommes,
Faibles comme le néant!
Si leurs pieds souvent glissèrent,
Si leurs lèvres transgressèrent
Quelque lettre de ta loi,
Ô Père! ô juge suprême!
Ah! ne les vois pas eux-mêmes,
Ne regarde en eux que toi!

Si tu scrutes la poussière,
Elle s'enfuit à ta voix!
Si tu touches la lumière,
Elle ternira tes doigts!
Si ton oeil divin les sonde,
Les colonnes de ce monde
Et des cieux chancelleront:
Si tu dis à l'innocence:
Monte et plaide en ma présence!
Tes vertus se voileront.

Mais toi, Seigneur, tu possèdes
Ta propre immortalité !
Tout le bonheur que tu cèdes
Accroît ta félicité!
Tu dis au soleil d'éclore,
Et le jour ruisselle encore!
Tu dis au temps d'enfanter,
Et l'éternité docile,
Jetant les siècles par mille,
Les répand sans les compter!

Les mondes que tu répares
Devant toi vont rajeunir,
Et jamais tu ne sépares
Le passé de l'avenir ;
Tu vis! et tu vis! les âges,
Inégaux pour tes ouvrages,
Sont tous égaux sous ta main ;
Et jamais ta voix ne nomme,
Hélas! ces trois mots de l'homme:
Hier, aujourd'hui, demain!

Ô Père de la nature,
Source, abîme de tout bien,
Rien à toi ne se mesure,
Ah! ne te mesure à rien!
Mets, à divine clémence,
Mets ton poids dans la balance,
Si tu pèses le néant!
Triomphe, à vertu suprême!
En te contemplant toi-même,
Triomphe en nous pardonnant!


Meditación sobre los muertos

Ved las hojas que ya no tienen savia
y que caen encima de la hierba;
ved el viento que se alza con su voz
gemebunda, que suena por el valle;
ved también la viajera golondrina
que roza con las puntas de sus alas
el agua adormecida del pantano;
ved al niño que vive en una choza
y que va a recoger entre los brezos
esas ramas caídas de los bosques.

Ya no se oye el murmullo de las aguas
que encantaba a las fuertes arboledas;
bajo ramas que no tienen verdor
han perdido los pájaros su voz;
el crepúsculo está cerca del alba;
apenas nace el sol a nuestros ojos
cuando va a terminar su recorrido;
antes de su final aún nos depara
claridades muy pálidas y breves
a las que llamaremos todo un día.

No se siente ya el céfiro en la aurora
bajo sus nubes de color dorado;
y el rojo del crepúsculo se muere
sobre el agua incolora de la tarde.
El mar está vacío y solitario,
le vemos como un árido desierto
en el cual no hay ni sombra de un esquife;
y con sordo sonido allí en la playa
las olas borrascosas y tardías
no son más que un murmullo quejumbroso.

La oveja que recorre las colinas
a su paso no encuentra hierba alguna;
su cordero ha dejado entre las zarzas
las lanosas guedejas que le visten;
la flauta de la música campestre
ya nunca más alegrará el hayedo
con tonadas de júbilo o de amores;
han cortado la hierba de los campos:
ved cómo acaba un año, ved también
cómo acaba en tristeza nuestra vida.

Es ésta la estación que todo troncha
por la fuerza impetuosa de los vientos;
un aquilón que viene de la tumba
siega también a todo ser viviente;
se desploman entonces por millares
como si fueran esa pluma inútil
que el águila abandona mientras vuela
cuando otras plumas nuevas han nacido
que calientan sus alas otra vez
al acercarse el frío del invierno.

En ese tiempo fue cuando mis ojos
palidecer os vieron y morir,
¡oh tiernos frutos que no quiso Dios
dejar que madurasen a la luz!
A pesar de ser joven, en la tierra
me he convertido ya en un solitario
entre aquellos que son de mi edad misma.
Y cuantas veces llego a preguntarme:
¿Dónde están los que ha amado el corazón?
la mirada se vuelve hacia la hierba.

En aquella colina está su tumba,
bien conocen mis pies este camino;
pero, Señor, su esencia que es divina,
ellos mismos, Señor, ¿están allí?
Hasta las tierras indias tan lejanas
una paloma lleva su mensaje,
y acaba por volver hasta nosotros.
La vela cruza el mar y al fin regresa.
Mas del estrecho espacio que ahora ocupan
jamás puede volver el alma suya.

Pero, ay, cuando los vientos del otoño
silban entre el ramaje ya desnudo,
cuando tiemblan las briznas de la hierba,
cuando oímos la música del pino,
cuando el doblar de la campana oscura»
deja oír sus lamentos funerarios,
en la noche y en medio de los bosques,
a cada viento que levanta el soplo,
a cada ola que muere entre los guijos,
yo pregunto: ¿No sois su voz acaso?

Al menos, si su voz siendo tan pura
es a nuestros sentidos inaudible,
sé que su alma en secreto me murmura
más íntimos acentos todavía.
En unos corazones que dormitan
los recuerdos de antaño al despertar
se agolpan tumultuosos, en tropel,
como unas hojas secas y sin vida
que vuelven a traer esas tormentas
al tronco que las tuvo entre en sus ramas.

Es una madre que maravillada
a sus hijos dispersos para siempre
desde la otra ribera de la vida
tiende brazos que un día los mecieron;
hay besos que florecen en su boca;
sobre el pecho que un día fue su cuna
su corazón a sí vuelve a llamarlos;
hay lágrimas que empañan su sonrisa,
y les dice mil veces su mirada:
¿Es que hay alguien que os ame como yo?

O es acaso una joven desposada
con corona nupcial sobre la frente
que se llevó tan sólo un pensamiento
de lo que era ser joven a la tumba.
Y que, ay, está triste hasta en el cielo,
para volver a ver a aquel que ama,
y retorna hacia él para decirle:
¡Mi tumba está cubierta de verdor!
En esta tierra que es como un desierto,
dime, ¿qué esperas? ¡Yo no estoy contigo!

O es tal vez un amigo de la infancia
que en los días oscuros de desdicha
nos prestó la benigna Providencia
como sostén de nuestro corazón;
ya no está aquí, nuestra alma es como viuda;
sigue los pasos de tan dura prueba
y nos dice movido a compasión:
Amigo, si en tu alma ya rebosa
el júbilo o acaso la aflicción,
¿quién comparte contigo todo eso?

Es la sombra muy pálida de un padre
que murió pronunciando nuestro nombre;
o es tal vez una hermana o un hermano
que anticipan sus pasos a los nuestros.
Bajo el techo de nuestra feliz casa,
con aquel que ahora llora por su ausencia,
¡ay, parece que ayer aún dormían!
Y el corazón no sabe si creer
que el gusano devora en el sepulcro
esta carne que es carne también mía.

O el niño cuya muerte tan cruel
una cuna vacía deja pronto,
y cae de los pechos de su madre
a la helada yacija de la tumba.
Todos aquellos, pues, cuya existencia
se nos arrebató un día u otro,
llevándose una parte de nosotros,
murmuran desde el polvo que los cubre:
¡Oh vosotros que veis aún la luz!
¿os acordáis tal vez de los ausentes?

Ah, sé bien que lloraros es la dicha suprema,
espíritus amados, de quien puede llorar.
Si os olvido me olvido de mí mismo también.
¿Es que no sois acaso como un pecio de mi alma?

A medida que andamos en el viaje sombrío
es más bello el paisaje del pasado feliz.
Y partida por dos se divide nuestra alma,
y la parte mejor pertenece al sepulcro.


Dios benigno, su Dios, oh tú, Dios de tus padres,
tantas veces nombrado por su boca silente,
mira ahora las lágrimas de sus rostros fraternos,
¡oh, recemos por ellos, que nos dieron su amor!


Ellos te suplicaron en su vida tan corta,
sonreían también cuando Tú les heriste;
exclamaron: Bendita sea siempre tu mano.
Oh, Dios, toda esperanza, ¿no les vas a ser fiel?


Y no obstante, ¿por qué este largo silencio?
¿Es que acaso nos han olvidado del todo?
¿Ya no pueden amar? ¡Ah, esa duda te ofende!
¡Oh, Dios mío, Tú que eres todo amor para siempre!


Pero si ellos hablasen al mortal que les llora,
si pudieran decirnos lo dichosos que son,
viviríamos antes lo que Tú nos preparas,
volaríamos antes de tu día hacia ellos.

¿Dónde viven? Di, ¿qué astro ilumina sus ojos
con fulgores perennes y más dulces que el sol?
¿Van acaso a poblar esas islas de luz?
¿O se quedan flotando entre el cielo y nosotros?

¿Es que están anegados en el fuego eternal?
¿Han perdido los dulces nombres de nuestra tierra,
esos nombres de hermana o de amante o de esposa?
¿Por qué a nuestras llamadas no responden jamás?

No es posible, Dios mío, si la gloria celeste
les hubiese borrado los humanos recuerdos,
Tú también nos quitaras su memoria en nosotros;
¿es que en vano vertemos nuestro llanto por ellos?

¡Ah, que se pierda su alma en tu seno divino,
pero que conservemos en su pecho un lugar!
Ya que antaño gozaron de lo que es nuestro júbilo,
sin su dicha jamás vamos a ser felices.

¡Oh, sí, extiende sobre ellos esa mano clemente!
Es verdad que pecaron, pero el cielo es un don.
Y sufrieron también, y ésta es otra inocencia.
Y al amar les selló el perdón de los cielos.

Fueron lo mismo que nosotros somos,
sólo polvo y juguete de los vientos.
Frágiles como siempre son los hombres,
débiles como ha de ser la misma nada.
Si sus pies a menudo tropezaron,
si sus labios pudieron transgredir
algún punto concreto de tu ley,
¡Oh Padre, oh Juez supremo, te lo ruego,
ah, no veas en ellos cómo son,
ve solamente en ellos a ti mismo!

Si remueves el polvo de los cuerpos
el polvo será nada ante tu voz.
Y si alargas la mano hacia la luz
su falsedad te manchará los dedos.
Si tus ojos divinos sondearan
los hombres, las columnas de este mundo
y del cielo verías que retiemblan;
si dijeses un día a la inocencia:
Sube a la altura a defender tu causa,
velarían su rostro tus virtudes.

Pero, Señor, sé bien que Tú posees
una inmortalidad que es algo propio.
Toda la dicha que Tú das a otro
no hace más que aumentar tu propia dicha.
Tú dijiste al sol: brilla sobre el mundo
y la luz se derrama todavía.
Tú dijiste a los tiempos que engendraran,
y dócil a tu voz la eternidad
hizo siglos y siglos por millares,
sin tregua sucediéndose hasta hoy.

Los mundos que Tú quieres restaurar
sin fin rejuvenecen ante ti,
no separas jamás ante tus ojos
el tiempo del pasado y el futuro.
Eres la vida, vives, las edades
que para tus hechuras son distintas,
para ti son iguales, son lo mismo.
Y tus labios jamás han pronunciado
ay, estas tres palabras tan humanas:
que decimos: ayer, hoy y mañana.
¡Oh, Tú, Padre de la naturaleza,
abismo y manantial de todo bien,
nada puede medirse por ti mismo!

Más, ay, no quieras Tú medirte a nada.
¡Oh, divina clemencia, te suplico
que si pesas la nada no te olvides
de echar todo tu peso en la balanza!
¡Oh, suprema virtud, triunfa, pues,
contemplándote a ti en toda virtud,
oh, sí, triunfa al querernos perdonar!

Libellés :

posted by Alfil @ 4:30 AM   0 comments
Alphonse de Lamartine -Milly ou la Terre natale-
Milly ou la Terre natale
Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie?
Dans son brillant exil mon cour en a frémi;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.

Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?

J'ai vu des cieux d'azur, où la nuit est sans voiles,
Dorés jusqu'au matin sous les pieds des étoiles,
Arrondir sur mon front dans leur arc infini
Leur dôme de cristal qu'aucun vent n'a terni !
J'ai vu des monts voilés de citrons et d'olives
Réfléchir dans les eaux leurs ombres fugitives,
Et dans leurs frais vallons, au souffle du zéphyr,
Bercer sur l'épi mûr le cep prêt à mûrir;
Sur des bords où les mers ont à peine un murmure,
J'ai vu des flots brillants l'onduleuse ceinture
Presser et relâcher dans l'azur de ses plis
De leurs caps dentelés les contours assouplis,
S'étendre dans le golfe en nappes de lumière,
Blanchir l'écueil fumant de gerbes de poussière,
Porter dans le lointain d'un occident vermeil
Des îles qui semblaient le lit d'or du soleil,
Ou s'ouvrant devant moi sans rideau, sans limite,
Me montrer l'infini que le mystère habite !
J'ai vu ces fiers sommets, pyramides des airs,
Où l'été repliait le manteau des hivers,
Jusqu'au sein des vallons descendant par étages,
Entrecouper leurs flancs de hameaux et d'ombrages,
De pics et de rochers ici se hérisser,
En pentes de gazon plus loin fuir et glisser,
Lancer en arcs fumants, avec un bruit de foudre,
Leurs torrents en écume et leurs fleuves en poudre,
Sur leurs flancs éclairés, obscurcis tour à tour,
Former des vagues d'ombre et des îles de jour,
Creuser de frais vallons que la pensée adore,
Remonter, redescendre, et remonter encore,
Puis des derniers degrés de leurs vastes remparts,
À travers les sapins et les chênes épars
Dans le miroir des lacs qui dorment sous leur ombre
Jeter leurs reflets verts ou leur image sombre,
Et sur le tiède azur de ces limpides eaux
Faire onduler leur neige et flotter leurs coteaux !
J'ai visité ces bords et ce divin asile
Qu'a choisis pour dormir l'ombre du doux Virgile,
Ces champs que la Sibylle à ses yeux déroula,
Et Cume et l'Élysée; et mon cœur n'est pas là ! ...

Mais il est sur la terre une montagne aride
Qui ne porte en ses flancs ni bois ni flot limpide,
Dont par l'effort des ans l'humble sommet miné,
Et sous son propre poids jour par jour incliné,
Dépouillé de son sol fuyant dans les ravines,
Garde à peine un buis sec qui montre ses racines,
Et se couvre partout de rocs prêts à crouler
Que sous son pied léger le chevreau fait rouler.
Ces débris par leur chute ont formé d'âge en âge
Un coteau qui décroît et, d'étage en étage,
Porte, à l'abri des murs dont ils sont étayés,
Quelques avares champs de nos sueurs payés,
Quelques ceps dont les bras, cherchant en vain l'érable,
Serpentent sur la terre ou rampent sur le sable,
Quelques buissons de ronce, où l'enfant des hameaux
Cueille un fruit oublié qu'il dispute aux oiseaux,
Où la maigre brebis des chaumières voisines
Broute en laissant sa laine en tribut aux épines;
Lieux que ni le doux bruit des eaux pendant l'été,
Ni le frémissement du feuillage agité,
Ni l'hymne aérien du rossignol qui veille,
Ne rappellent au cœur, n'enchantent pour l'oreille;
Mais que, sous les rayons d'un ciel toujours d'airain,
La cigale assourdit de son cri souterrain.
Il est dans ces déserts un toit rustique et sombre
Que la montagne seule abrite de son ombre,
Et dont les murs, battus par la pluie et les vents,
Portent leur âge écrit sous la mousse des ans.
Sur le seuil désuni de trois marches de pierre
Le hasard a planté les racines d'un lierre
Qui, redoublant cent fois ses nœuds entrelacés,
Cache l'affront du temps sous ses bras élancés,
Et, recourbant en arc sa volute runique,
Fait le seul ornement du champêtre portique.
Un jardin qui descend au revers d'un coteau
Y présente au couchant son sable altéré d'eau;
La pierre sans ciment, que l'hiver a noircie,
En borne tristement l'enceinte rétrécie;
La terre, que la bêche ouvre à chaque saison,
Y montre à nu son sein sans ombre et sans gazon;
Ni tapis émaillés, ni cintres de verdure,
Ni ruisseau sous des bois, ni fraîcheur, ni murmure;
Seulement sept tilleuls par le soc oubliés,
Protégeant un peu d'herbe étendue à leurs pieds,
Y versent dans l'automne une ombre tiède et rare,
D'autant plus douce au front sous un ciel plus avare;
Arbres dont le sommeil et des songes si beaux
Dans mon heureuse enfance habitaient les rameaux !
Dans le champêtre enclos qui soupire après l'onde,
Un puits dans le rocher cache son eau profonde,
Où le vieillard qui puise, après de longs efforts,
Dépose en gémissant son urne sur les bords;
Une aire où le fléau sur l'argile étendue
Bat à coups cadencés la gerbe répandue,
Où la blanche colombe et l'humble passereau
Se disputent l'épi qu'oublia le râteau
Et sur la terre épars des instruments rustiques,
Des jougs rompus, des chars dormant sous les portiques,
Des essieux dont l'ornière a brisé les rayons,
Et des socs émoussés qu'ont usés les sillons.

Rien n'y console l'œil de sa prison stérile,
Ni les dômes dorés d'une superbe ville,
Ni le chemin poudreux, ni le fleuve lointain,
Ni des toits blanchissants aux clartés du matin;
Seulement, répandus de distance en distance,
De sauvages abris qu'habite l'indigence,
Le long d'étroits sentiers en désordre semés,
Montrent leur toit de chaume et leurs murs enfumés,
Où le vieillard, assis au seuil de sa demeure,
Dans son berceau de jonc endort l'enfant qui pleure;
Enfin un sol sans ombre et des cieux sans couleur,
Et des vallons sans onde ! - Et c'est là qu'est mon cœur !
Ce sont là les séjours, les sites, les rivages
Dont mon âme attendrie évoque les images,
Et dont pendant les nuits mes songes les plus beaux
Pour enchanter mes yeux composent leurs tableaux !

Là chaque heure du jour, chaque aspect des montagnes,
Chaque son qui le soir s'élève des campagnes,
Chaque mois qui revient, comme un pas des saisons,
Reverdir ou faner les bois ou les gazons,
La lune qui décroît ou s'arrondit dans l'ombre,
L'étoile qui gravit sur la colline sombre,
Les troupeaux des hauts lieux chassés par les frimas,
Des coteaux aux vallons descendant pas à pas,
Le vent, l'épine en fleurs, l'herbe verte ou flétrie,
Le soc dans le sillon, l'onde dans la prairie,
Tout m'y parle une langue aux intimes accents
Dont les mots, entendus dans l'âme et dans les sens,
Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages,
Des rochers, des torrents, et ces douces images,
Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous,
Qu'un site nous conserve et qu'il nous rend plus doux.
Là mon cœur en tout lieu se retrouve lui-même !
Tout s'y souvient de moi, tout m'y connaît, tout m'aime !
Mon œil trouve un ami dans tout cet horizon,
Chaque arbre a son histoire et chaque pierre un nom.
Qu'importe que ce nom, comme Thèbe ou Palmire,
Ne nous rappelle pas les fastes d'un empire,
Le sang humain versé pour le choix des tyrans,
Ou ces fléaux de Dieu que l'homme appelle grands ?
Ce site où la pensée a rattaché sa trame,
Ces lieux encor tout pleins des fastes de notre âme,
Sont aussi grands pour nous que ces champs du destin
Où naquit, où tomba quelque empire incertain :
Rien n'est vil ! rien n'est grand ! l'âme en est la mesure
Un cœur palpite au nom de quelque humble masure,
Et sous les monuments des héros et des dieux
Le pasteur passe et siffle en détournant les yeux !

Voilà le banc rustique où s'asseyait mon père,
La salle où résonnait sa voix mâle et sévère,
Quand les pasteurs assis sur leurs socs renversés
Lui comptaient les sillons par chaque heure tracés,
Ou qu'encor palpitant des scènes de sa gloire,
De l'échafaud des rois il nous disait l'histoire,
Et, plein du grand combat qu'il avait combattu,
En racontant sa vie enseignait la vertu !
Voilà la place vide où ma mère à toute heure
Au plus léger soupir sortait de sa demeure,
Et, nous faisant porter ou la laine ou le pain,
Vêtissait l'indigence ou nourrissait la faim;
Voilà les toits de chaume où sa main attentive
Versait sur la blessure ou le miel ou l'olive,
Ouvrait près du chevet des vieillards expirants
Ce livre où l'espérance est permise aux mourants,
Recueillait leurs soupirs sur leur bouche oppressée,
Faisait tourner vers Dieu leur dernière pensée,
Et tenant par la main les plus jeunes de nous,
À la veuve, à l'enfant, qui tombaient à genoux,
Disait, en essuyant les pleurs de leurs paupières
Je vous donne un peu d'or, rendez-leur vos prières !
Voilà le seuil, à l'ombre, où son pied nous berçait,
La branche du figuier que sa main abaissait,
Voici l'étroit sentier où, quand l'airain sonore
Dans le temple lointain vibrait avec l'aurore,
Nous montions sur sa trace à l'autel du Seigneur
Offrir deux purs encens, innocence et bonheur !
C'est ici que sa voix pieuse et solennelle
Nous expliquait un Dieu que nous sentions en elle,
Et nous montrant l'épi dans son germe enfermé,
La grappe distillant son breuvage embaumé,
La génisse en lait pur changeant le suc des plantes,
Le rocher qui s'entrouvre aux sources ruisselantes,
La laine des brebis dérobée aux rameaux
Servant à tapisser les doux nids des oiseaux,
Et le soleil exact à ses douze demeures,
Partageant aux climats les saisons et les heures,
Et ces astres des nuits que Dieu seul peut compter,
Mondes où la pensée ose à peine monter,
Nous enseignait la foi par la reconnaissance,
Et faisait admirer à notre simple enfance
Comment l'astre et l'insecte invisible à nos yeux
Avaient, ainsi que nous, leur père dans les cieux !
Ces bruyères, ces champs, ces vignes, ces prairies,
Ont tous leurs souvenirs et leurs ombres chéries.
Là, mes sœurs folâtraient, et le vent dans leurs jeux
Les suivait en jouant avec leurs blonds cheveux !
Là, guidant les bergers aux sommets des collines,
J'allumais des bûchers de bois mort et d'épines,
Et mes yeux, suspendus aux flammes du foyer,
Passaient heure après heure à les voir ondoyer.
Là, contre la fureur de l'aquilon rapide
Le saule caverneux nous prêtait son tronc vide,
Et j'écoutais siffler dans son feuillage mort
Des brises dont mon âme a retenu l'accord.
Voilà le peuplier qui, penché sur l'abîme,
Dans la saison des nids nous berçait sur sa cime,
Le ruisseau dans les prés dont les dormantes eaux
Submergeaient lentement nos barques de roseaux,
Le chêne, le rocher, le moulin monotone,
Et le mur au soleil où, dans les jours d'automne,
Je venais sur la pierre, assis près des vieillards,
Suivre le jour qui meurt de mes derniers regards !
Tout est encor debout; tout renaît à sa place :
De nos pas sur le sable on suit encor la trace;
Rien ne manque à ces lieux qu'un cœur pour en jouir,
Mais, hélas ! l'heure baisse et va s'évanouir.

La vie a dispersé, comme l'épi sur l'aire,
Loin du champ paternel les enfants et la mère,
Et ce foyer chéri ressemble aux nids déserts
D'où l'hirondelle a fui pendant de longs hivers !
Déjà l'herbe qui croît sur les dalles antiques
Efface autour des murs les sentiers domestiques,
Et le lierre, flottant comme un manteau de deuil,
Couvre à demi la porte et rampe sur le seuil;
Bientôt peut-être... ! écarte, ô mon Dieu ! ce présage ! B
ientôt un étranger, inconnu du village,
Viendra, l'or à la main, s'emparer de ces lieux
Qu'habite encor pour nous l'ombre de nos aïeux,
Et d'où nos souvenirs des berceaux et des tombes
S'enfuiront à sa voix, comme un nid de colombes
Dont la hache a fauché l'arbre dans les forêts,
Et qui ne savent plus où se poser après !

Ne permets pas, Seigneur, ce deuil et cet outrage !
Ne souffre pas, mon Dieu, que notre humble héritage
Passe de mains en mains troqué contre un vil prix,
Comme le toit du vice ou le champ des proscrits
Qu'un avide étranger vienne d'un pied superbe
Fouler l'humble sillon de nos berceaux sur l'herbe,
Dépouiller l'orphelin, grossir, compter son or
Aux lieux où l'indigence avait seule un trésor,
Et blasphémer ton nom sous ces mêmes portiques
Où ma mère à nos voix enseignait tes cantiques
Ah ! que plutôt cent fois, aux vents abandonné,
Le toit pende en lambeaux sur le mur incliné;
Que les fleurs du tombeau, les mauves, les épines,
Sur les parvis brisés germent dans les ruines !
Que le lézard dormant s'y réchauffe au soleil,
Que Philomèle y chante aux heures du sommeil,
Que l'humble passereau, les colombes fidèles,
Y rassemblent en paix leurs petits sous leurs ailes,
Et que l'oiseau du ciel vienne bâtir son nid
Aux lieux où l'innocence eut autrefois son lit !
Ah ! si le nombre écrit sous l'œil des destinées
Jusqu'aux cheveux blanchis prolonge mes années,
Puissé-je, heureux vieillard, y voir baisser mes jours
Parmi ces monuments de mes simples amours
Et quand ces toits bénis et ces tristes décombres
Ne seront plus pour moi peuplés que par des ombres,
Y retrouver au moins dans les noms, dans les lieux,
Tant d'êtres adorés disparus de mes yeux !
Et vous, qui survivrez à ma cendre glacée,
Si vous voulez charmer ma dernière pensée,
Un jour, élevez-moi... ! non ! ne m'élevez rien
Mais près des lieux où dort l'humble espoir du chrétien,
Creusez-moi dans ces champs la couche que j'envie
Et ce dernier sillon où germe une autre vie !
Étendez sur ma tête un lit d'herbes des champs
Que l'agneau du hameau broute encore au printemps,
Où l'oiseau, dont mes sœurs ont peuplé ces asiles,
Vienne aimer et chanter durant mes nuits tranquilles;
Là, pour marquer la place où vous m'allez coucher,
Rouez de la montagne un fragment de rocher;
Que nul ciseau surtout ne le taille et n'efface
La mousse des vieux jours qui brunit sa surface,
Et d'hiver en hiver incrustée à ses flancs,
Donne en lettre vivante une date à ses ans
Point de siècle ou de nom sur cette agreste page !
Devant l'éternité tout siècle est du même âge,
Et celui dont la voix réveille le trépas
Au défaut d'un vain nom ne nous oubliera pas !
Là, sous des cieux connus, sous les collines sombres,
Qui couvrirent jadis mon berceau de leurs ombres,
Plus près du sol natal, de l'air et du soleil,
D'un sommeil plus léger j'attendrai le réveil !
Là, ma cendre, mêlée à la terre qui m'aime,
Retrouvera la vie avant mon esprit même,
Verdira dans les prés, fleurira dans les fleurs,
Boira des nuits d'été les parfums et les pleurs;
Et, quand du jour sans soir la première étincelle
Viendra m'y réveiller pour l'aurore éternelle,
En ouvrant mes regards je reverrai des lieux
Adorés de mon cœur et connus de mes yeux,
Les pierres du hameau, le clocher, la montagne,
Le lit sec du torrent et l'aride campagne;
Et, rassemblant de l'œil tous les êtres chéris
Dont l'ombre près de moi dormait sous ces débris,
Avec des sœurs, un père et l'âme d'une mère,
Ne laissant plus de cendre en dépôt à la terre,
Comme le passager qui des vagues descend
Jette encore au navire un œil reconnaissant,
Nos voix diront ensemble à ces lieux pleins de charmes
L'adieu, le seul adieu qui n'aura point de larmes !


Milly o la tierra natal

¿Por qué, pues, pronunciar ese nombre de patria?
En su exilio brillante se estremece mi pecho
y resuena de lejos en el alma afligida
como lo hacen los pasos o la voz de un amigo.


¡Oh montañas veladas por la niebla de otoño,
valles que entapizaban las escarchas del alba,
sauces cuya corona deshojaba la poda,
viejas torres doradas por el sol de la tarde,

muros negros del tiempo, lomas, cuestas abruptas,
manantial donde van a beber los pastores,
gota a gota esperando aguas raras y límpidas,
con sus urnas dispuestas mientras hablan del día!

Choza que hace brillar el fulgor de la lumbre
y que amaba el viajero por humear a lo lejos,
sólo objetos, ¿o acaso tenéis alma también
que se pega a nuestra alma y a la fuerza de amar?

Yo vi cielos azules cuya noche es sin brumas,
toda de oro hasta el alba bajo un brillo de estrellas
que en su curva infinita redondeaban la cúpula
de cristal que jamás ha empañado algún viento.
Y vi montes cargados de limones y olivas
reflejar en las aguas sus inquietos perfiles;
y en sus valles profundos al impulso del céfiro
balancearse la espiga y la cepa madura;
en los mares que apenas son un leve murmullo
vi del agua luciente la ondulante cintura
aprentando y soltando en sus pliegues azules
de sus riscos mellados los contornos inciertos
extenderse en el golfo como mantos de luz,
y blanqueando el escollo con sus flores de espuma
llevar hasta lo lejos de un poniente rojizo
islas» que eran el lecho como de oro del sol;
allí abriéndose a mí me mostraban sin límite
todo un mar infinito donde habita el misterio;
vi las cumbres altivas, cual del aire pirámides,
donde estío fundía el abrigo invernal,
descendiendo en peldaños hasta el fondo de valles
con laderas pobladas por aldeas y frondas,
con picachos y rocas que se yerguen, bajando
en pendientes de hierba para huir deslizándose,
mientras curvas humeantes, con un ruido de trueno
sus torrentes de espuma y sus ríos en polvo,
en sus flancos que son ya de luz ya de sombra,
con oleadas oscuras y con islas radiantes,
se ven valles profundos caros al soñador,
ascendiendo, bajando y ascendiendo otra vez,
y allí desde la raíz de sus amplias murallas,
entre abetos y robles por la tierra esparcidos,
en los lagos o espejos que a su sombra dormitan
dar sus verdes reflejos o su imagen oscura,
y en el tibio azul claro de estas límpidas aguas
ser la nieve un temblor y algo fluido los cerros.
Visité esas orillas y ese albergue divino
que la sombra del vate eligió como tumba,
esos campos que pudo la Sibila-" mostrarle,
y el Elíseo y Cumas; y a pesar de todo eso
no está allí el corazón...

Pero existe también una estéril montaña
que no tiene ni bosques ni hontanares, con una
cumbre humilde minada por la acción de los años,
que por su propio peso día a día se inclina
y que pierde su tierra derramada en barrancos
conservando un boj seco de raíz descarnada,
con roquedos a punto de caer si los pisa
con su pata ligera algún chivo nervioso.
Con el tiempo esos restos al caer han formado
como un cerro que mengua y que va escalonándose
hasta muros que sirven de pared protectora
a unos campos avaros que ha regado el sudor;
unas cepas con brazos que no encuentran sus arces
por la tierra serpean o en la arena se arrastran,
y hay zarzales en donde el zagal de la aldea
coge un fruto olvidado que disputa a los pájaros;
allí ovejas escuálidas de las chozas vecinas
ramonean dejando entre espinos su lana.
Lugar donde la música de las aguas de estío
o el temblor del follaje que sacuden las brisas
o los himnos que entrega el ruiseñor a los aires,
no conmueven el pecho ni el oído seducen,
sino que bajo un cielo que es de bronce perpetuo
la cigarra ensordece con su grito escondido.
Hay en estos desiertos una rústica casa
que recibe tan sólo de este monte la sombra,
con paredes golpeadas por la lluvia y los vientos,
con los musgos antiguos ocultando su edad.
En su umbral pueden verse tres peldaños de piedra
y allí puso el azar de una yedra las raíces
que mezclando cien veces sus enredos de nudos
con sus brazos esconde las injurias del tiempo,
y curvando en un arco sus volutas agrestes
es el único adorno de aquel rústico porche.
Un jardín que desciende por el flanco de un cerro
muestra cara al poniente un sediento arenal.
No sujeta, la piedra que el invierno ha tiznado
es el triste jalón del recinto minúsculo.
Esa tierra que hieren las azadas exhibe
sus entrañas desnudas de la hierba y la sombra;
ni esmaltadas alfombras ni el verdor hecho bóveda,
ni un arroyo en los bosques, ni frescor ni murmullo;
solamente seis tilos que el arado olvidó,
con un poco de hierba extendida a sus pies
dan en tiempo de otoño sombra tibia y escasa,
que es más grata a la frente bajo un cielo tan duro;
árboles que en sus frondas, en mi infancia feliz,
albergaron los sueños más hermosos que tuve.
En aquellos lugares que suspiran por agua
hay un pozo en la roca que el frescor nos esconde,
y allí el viejo, después, de muy largos esfuerzos,
mientras gime descansa su urna sobre el brocal;
la era donde el mayal sobre tierra pisada
bate rítmicamente las dispersas gavillas,
y la blanca paloma y el humilde gorrión
se disputan la espiga que el rastrillo olvidó;
y esparcidas por tierra, herramientas del campo,
yugos rotos y carros que duermen bajo porches,
ejes ya sin los rayos que quebró la rodada,
y la reja inservible que embotaron los surcos.

Nada alivia la vista de su estéril prisión,
ni las cúpulas áureas de soberbias ciudades,
ni la senda de polvo, ni a lo lejos un no,
ni los blancos tejados a la luz de la aurora.
Solamente esparcidos de distancia en distancia
los refugios agrestes que los pobres habitan,
junto a sendas estrechas que dispuso el desorden,
con tejados de bálago y paredes ahumadas,
se ven donde el anciano que se sienta a la puerta,
en su cuna de juncos duerme al niño que llora.
¡Una tierra sin sombra, sin colores los cielos,
unos valles sin agua! ¡Y allí está el corazón!
Éstos son los lugares, los sagrados parajes
de los cuales el alma rememora la imagen,
y que forjan de noche mis ensueños más bellos
hechizando los ojos con antiguas visiones.

Allí cada momento, cada aspecto del monte,
cada ruido que se alza por la noche en los campos,
cada mes que retorna como un paso del tiempo,
y hace verdes o mustia esos bosques y prados,
y la luna que mengua o que crece en la sombra,
y la estrella que asciende por la oscura colina,
los rebaños del monte que la escarcha ha expulsado
y que vuelven al valle con su andar vacilante,
viento, espino florido, hierba verde o marchita,
y la reja en el surco y en los prados el agua,
todo me habla una lengua que resuena aquí dentro,
con palabras que entienden los sentidos y el alma:
resonancias, perfumes, tempestades y rayos,
y peñascos, torrentes, y esas dulces imágenes
y esos viejos recuerdos que en nosotros dormitan,
que un lugar nos conservan y devuelven más dulce.
Allí está el corazón que se vuelve a encontrar;
todo allí me recuerda, me conoce y me ama.

Allí abundan amigos en todo este horizonte,
en cada árbol releo una historia pasada
y también cada piedra tiene un nombre que es suyo;
«¿qué más da que este nombre, como Palmira o Tebas,»
no recuerde los fastos de un imperio grandioso
ni la sangre vertida a la voz de un tirano
o esos grandes que el hombre llama azotes de Dios?
El lugar cuya trama nos cautiva la mente,
que aún rebosa de fastos que no olvida nuestra alma,
me parece tan grande como el campo glorioso
que fue cuna o sepulcro de un imperio inseguro.
¡Nada es vil! ¡Nada es grande! Todo el alma lo mide.
Al nombrar una choza puede un pecho agitarse,
y sobre monumentos de los héroes y dioses
el pastor pasa y silba y desvía los ojos.

He aquí el banco rústico que servía a mi padre,
y la sala que oyó su voz fuerte y severa,
cuando aquí los pastores, en sus rejas sentados,
le contaban los surcos hechos en cada hora;
o tal vez palpitante de sus días de gloria
nos contaba la historia de los regios cadalsos;
y aún viviendo el combate en que había luchado,
al contarnos su vida la virtud enseñaba.
Y el vacío lugar en que siempre mi madre,
al suspiro más leve de su casa salía
para hacernos llevar o la lana o el pan,
y vestir la indigencia o dar vida al hambriento;
y aquí están las cabañas donde su mano amante
las heridas curaba con aceite y con miel,
y muy cerca del lecho del anciano expirante
no dejaba de abrir ese libro que da
todavía esperanza al que deja la vida,
recogiendo suspiros que eran casi estertores
y llevando hacia Dios su postrera ansiedad,
y cogiendo la mano del menor de nosotros,
a la viuda y al niño, de rodillas ante ella,
les decía enjugando de sus ojos las lágrimas:
«Os doy un poco de oro, devolvedlo en plegarias.»
Y el umbral a la sombra donde nos acunaba,
y la rama de higuera que curvaba su mano,
y el estrecho sendero que cuando las campanas
en el templo lejano atronaban el alba,
tras sus pasos subíamos al altar del Señor
con el fin de ofrecerle dos inciensos muy puros
que eran nuestra inocencia junto con nuestra dicha.
Y su voz aquí mismo, muy piadosa y solemne,
nos hablaba de un Dios que en la madre sentíamos,
señalando la espiga encerrada en su germen,
el racimo que daba su brebaje aromático,
la ternera" trocando plantas verdes en leche,
y la peña agrietada por manar de las fuentes,
y la lana de oveja que a las zarzas se roba
.para así tapizar dulces nidos de pájaros,
y aquel sol siempre exacto en sus doce mansiones
repartiendo en su entorno estaciones y horas,
y esos astros nocturnos salvo a Dios incontables,
mundos que el pensamiento casi no osa escalar,
enseñaba la fe hija de agradecidos,
y hacía admirar a nuestra simple infancia
que el insecto invisible a los ojos y el astro
en los cielos tenían padre igual que nosotros.
Esos brezos y campos, esos prados y viñas
tienen muchos recuerdos y sus sombras amadas.
Aquí mismo jugaban mis hermanas, y el viento
las seguía jugando con sus rubios cabellos;
allí con los pastores en la cumbre del cerro
encendía fogatas con ramaje y espinos,
y mis ojos, pendientes de las llamas del fuego
las veían ondear horas y horas enteras.
Allí contra el furor del temible aquilón
este sauce vacío nos prestaba su tronco,
y yo oía silbar en su fronda ya muerta
brisas que aún rememora como música el alma.
Y aquí el álamo está, inclinado al abismo,
que en el tiempo de nidos nos mecía en su copa,
y el arroyo en los prados cuyas aguas dormidas
lentamente inundaban nuestras barcas de caña,
y la encina, la peña, el molino monótono,
y aquel muro que al sol, en los días de otoño,
me veía sentado, cerca de los ancianos,
contemplando el crepúsculo con atenta mirada.
Todo aún sigue en pie y en su sitio renace;
aún seguimos las huellas de mi andar por la arena;
sólo un corazón falta que lo pueda gozar.
¡Ay de mí! Que la luz disminuye y se pierde.
Como espigas en la era, dispersó la existencia
lejos de la paterna heredad a los hijos,
y a la madre también, y ese hogar tan amado
se parece a los nidos de los cuales ha huido
la veloz golondrina en los largos inviernos.
Ya la hierba que crece en las losas antiguas
borra en torno a los muros los senderos domésticos,
y la hiedra, flotando como un manto de luto,
cubre a medias la puerta y hasta invade el umbral.
Tal vez pronto... ¡Oh Dios mío, oh presagio funesto!,
tal vez pronto un extraño al que nadie conoce,
con el oro en la mano del lugar se hará dueño,
oh lugares que habitan, según nuestra memoria,
tantas sombras queridas, familiares, y entonces
todos nuestros recuerdos de las cunas y tumbas,
huirán a su voz igual que las palomas
echarán a volar de su nido en el árbol
de los bosques que el hacha abatió para siempre,
y que ya no sabrán donde van a posarse.
¡No permitas, Señor, tanto llanto y ofensa!
No toleres, Dios mío, que nuestra humilde herencia
pase de mano en mano a vil precio comprada,
como el techo de gentes que vivieron del vicio,
arruinados, o el campo que fue de unos proscritos.
Que un extraño avariento venga con paso altivo
y que pise el humilde surco que años atrás
fue también nuestra cuna sobre un campo de hierba,
a expoliar a los huérfanos, a contar sus monedas
donde sólo tenía la pobreza un tesoro,
blasfemando tu nombre aquí bajo estos pórticos
donde antaño mi madre enseñaba a la voz
de sus hijos los cánticos que exaltaban tu gloria.
Ah, prefiero cien veces que entregada a los vientos
penda roto el tejado sobre el muro decrépito;
que las flores mortuorias, los espinos, las malvas,
broten entre las ruinas de los atrios deshechos.
Que el lagarto dormido allí al sol se caliente,
que en las horas del sueño Filomela allí cante,
que el humilde gorrión y las fieles palomas
allí junten en paz bajo el ala a sus crías,
y que el ave del cielo tenga allí su nidada
donde antaño durmió la inocencia en su lecho.
Ah, si el número escrito por los altos destinos
alcanzara la edad de los blancos cabellos,
ojalá, feliz viejo, allí mengüen mis días
entre tales recuerdos de mis simples amores.
Y ojalá cuando sean los benditos tejados
y estos tristes escombros para mí solamente
todo un pueblo de sombras, ojalá pueda entonces
reencontrar en los nombres, en los mismos lugares,
tantos seres amados que los ojos no ven.
Y vosotros que acaso viviréis cuando yo
sea helada ceniza, si queréis dedicarme
algo grato al recuerdo, elevadme algún día...
Pero no, no elevéis nada que me recuerde;
sólo cerca del sitio donde duerme la humilde
esperanza de aquellos que llamamos cristianos,
en los campos cavadme ese lecho que quiero,
como el último surco donde va a germinar
otra vida. Extended sobre mí un lecho herboso
que el cordero del pueblo ramonee en primavera,
donde todos los pájaros que años ha mis hermanas
consiguieron que fueran del lugar habitantes,
aquí acudan a amar y también a cantar
en mis noches tranquilas. Y para señalar
mi lugar de reposo, que despeñen rodando
de las altas montañas un fragmento de roca;
sobre todo que no haya un cincel que lo talle
ni que borre ese musgo de los días antiguos
que oscurece su cara, y que al paso de inviernos,
incrustado en la piedra, dé en sus letras vivientes
una fecha a sus años; y que no haya ni cifras
ni mi nombre grabado en tal página agreste.
Ante la eternidad toda edad se confunde,
y Aquel que con su voz a los muertos despierta,
aunque falte mi nombre sé que no va a olvidarme.
Allí bajo mis cielos, al pie de las colinas
que cubrieron antaño con sus sombras mi cuna,
junto al suelo natal, junto al aire y al sol,
con un sueño muy leve esperaré el despertar.
Mi ceniza mezclada con la tierra que me ama
volverá a tener vida incluso antes que el alma,
será verde en los prados y color en las flores,
en las noches de estío beberá los perfumes
y los llantos del aire; y al llegar de aquel día
que no tiene crepúsculo la primera centella
que podrá despertarme a la aurora sin fin,
cuando se abran los ojos volveré a ver lugares
que en mi vida adoré y que vi tantas veces,
nuestra aldea y sus piedras con el fiel campanario,
la montaña y el cauce seco de este torrente,
y los campos resecos; y juntando ante mí
con la nueva mirada tantos seres queridos,
cuya sombra dormía aquí cerca entre escombros,
mis hermanas, un padre y una madre que es alma,
no dejando cenizas que conserve la tierra,
igual que el viajero desembarca y dirige
al navío miradas en las que hay gratitud,
nuestras voces dirán al unísono entonces
a todo este lugar que rebosa delicias
nuestro único adiós ya sin mezcla de lágrimas.

Libellés :

posted by Alfil @ 3:30 AM   0 comments
Alphonse de Lamartine -Tristesse-
Tristesse
Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Ramenez-moi, disais-je, au fortuné rivage
Où Naples réfléchit dans une mer d'azur
Ses palais, ses coteaux, ses astres sans nuage,
Où l'oranger fleurit sous un ciel toujours pur.
Que tardez-vous? Partons! Je veux revoir encore
Le Vésuve enflammé sortant du sein des eaux;
Je veux de ses hauteurs voir se lever l'aurore;
Je veux, guidant les pas de celle que j'adore,
Redescendre, en rêvant, de ces riants coteaux;
Suis-moi dans les détours de ce golfe tranquille;
Retournons sur ces bords à nos pas si connus,
Aux jardins de Cinthie, au tombeau de Virgile,
Près des débris épars du temple de Vénus :
Là, sous les orangers, sous la vigne fleurie,
Dont le pampre flexible au myrte se marie,
Et tresse sur ta tête une voûte de fleurs,
Au doux bruit de la vague ou du vent qui murmure,
Seuls avec notre amour, seuls avec la nature,
La vie et la lumière auront plus de douceurs.

De mes jours pâlissants le flambeau se consume,
Il s'éteint par degrés au souffle du malheur,
Ou, s'il jette parfois une faible lueur,
C'est quand ton souvenir dans mon sein le rallume;
Je ne sais si les dieux me permettront enfin
D'achever ici-bas ma pénible journée.
Mon horizon se borne, et mon oeil incertain
Ose l'étendre à peine au-delà d'une année.
Mais s'il faut périr au matin,
S'il faut, sur une terre au bonheur destinée,
Laisser échapper de ma main
Cette coupe que le destin
Semblait avoir pour moi de roses couronnée,
Je ne demande aux dieux que de guider mes pas
Jusqu'aux bords qu'embellit ta mémoire chérie,
De saluer de loin ces fortunés climats,
Et de mourir aux lieux où j'ai goûté la vie.


Tristeza

Devuélvame, decía, a la afortunada orilla
donde Nápoles reflexiona en un mar de azul
sus palacios, sus laderas, sus astros sin nube,
donde el naranjo florece bajo un cielo siempre puro.
¿ Que tarda? ¡ Vayámonos! Todavía quiero ver de nuevo
Vesubio encendido saliente del pecho de las aguas;
quiero de sus alturas ver levantarse la aurora;
Quiero, guiando del que adoro,
volver a bajar, soñando, de estas risueñas laderas;
Soy en los rodeos de este golfo tranquilo;
regresemos sobre estos bordes a nuestros pasos tan conocidos,
a los jardines de Cintia, a la tumba de Virgilio,
cerca de los pedazos dispersos del templo de Vénus:
Allí, bajo los naranjos, bajo la vid florida,
cuyo pámpano flexible en el myrte se casa,
y trenza en tu cabeza una bóveda de flores,
al ruido dulce de la ola o del viento que murmura,
sólo con nuestro amor, sólo con la naturaleza,
la vida y la luz tendrán más dulzuras.

De mis días pasados la antorcha se consume,
se apaga por grados al soplo de la desgracia,
O, si lanza a veces una luz débil,
es cuando tu memoria en mi pecho lo vuelve a encender;
no sé si los dioses me permitirán por fin
terminar aquí abajo mi día penoso.
Mi horizonte se limita, y mi ojo incierto
atrévete a extenderlo apenas más allá de un año.
Pero si hay que perecer por la mañana,
si hace falta, sobre una tierra a la felicidad destinada,
dejar escapar de mi mano
esta copa que el destino
parecía tener para mí de rosas coronada,
les pido a los dioses sólo guiar mis pasos
hasta los bordes que embellece tu memoria querida,
de saludar de lejos estos afortunados climas,
y de morir a los lugares donde probé la vida.

Libellés :

posted by Alfil @ 3:23 AM   0 comments
Alphonse de Lamartine -L'isolement-
L'isolement
Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.
Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puîs-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !


Aislamiento

A menudo en el monte, bajo algún viejo roble,
viendo el sol que se pone tristemente me siento;
dejo que todo el llano mis miradas abarquen,
el cambiante paisaje que se extiende a mis pies.

Aquí el río con olas espumosas murmura,
serpentea y se pierde en oscuros confines;
allí inmóvil el lago es un agua dormida,
con la estrella de Venus adornando su azul.

En la cima, que bosques muy sombríos coronan,
el crepúsculo pone su fulgor postrimero;
y el brumoso carruaje que conduce las sombras
emblanquece, elevándose todo el amplio horizonte.

De la gótica flecha surge entonces un son
religioso que invade todo el aire; el viajero
se detiene y escucha la campana que mezcla
a los últimos ruidos de aquel día su canto.

Pero halagos así no conmueven mi alma,
que parece insensible, incapaz de emoción;
y contemplo la tierra como un vago fantasma:
no calienta a los muertos este sol de los vivos.

De colina en colina pongo en vano mis ojos,
desde el norte hasta el sur, de la aurora al poniente,
y me digo: «No existe ni un lugar en el mundo
donde pueda pensar que me espera la dicha».

¿Qué me importan los valles, los palacios, las chozas?
Sus encantos son vanos, para mí nada cuentan.
Ríos, montes y bosques, soledades amadas,
sólo un ser está ausente y todo es un desierto.

Miraré indiferente los caminos del sol,
qué más da si en su inicio o en su parte final;
si se pone o si nace entre nubes o azul,
¿a mí el sol qué me importa? Nada espero del día.

Si pudiera seguirle en su larga carrera
por doquier yo vería el vacío y el páramo.
Nada quiero de todo lo que el sol ilumina,
nada quiero tener del inmenso universo.

Mas tal vez más allá de su curva celeste,
donde el sol verdadero otros cielos alumbra,
si pudiera dejar mis despojos aquí
lo que tanto he soñado se mostrara a mis ojos.

Allí me embriagaría en la fuente deseada
y volviera a encontrar esperanza y amor,
ese bien ideal al que aspiran las almas
y que no tienen nombre aquí abajo en la tierra.

¡Si pudiera en el carro de la Aurora elevarme
vago fin de mis ansias, en el cielo hasta ti!
¿Por qué aún sigo atado a esta tierra de exilio?
Entre la tierra y yo nada existe en común.

Cuando la hoja del bosque cae sobre los prados,
cuando el viento nocturno la arrebata a los valles,
yo quisiera también ser esa hoja caída:
¡Arrastradme como ella, aquilones, borrascas!

Libellés :

posted by Alfil @ 3:12 AM   0 comments
Valery Larbaud -Le don de soi-même-
mardi, mai 24, 2005
Le don de soi-même
Valery Larbaud (1881-1957)

Je m'offre à chacun comme sa récompense ;
Je vous la donne même avant que vous l'ayez méritée.

Il y a quelque chose en moi,
Au fond de moi, au centre de moi,
Quelque chose d'infiniment aride
Comme le sommet des plus abruptes montagnes ;
Quelque chose de comparable au point mort de la rétine,

Et sans écho,
Et qui pourtant voit et entend ;
Un être ayant une vie propre, et qui, cependant,
Vit toute ma vie, et écoute, impassible,
Tous les bavardages de ma conscience.

Un être fait de néant, si c'est possible,
Insensible à mes souffrances physiques,
Qui ne pleure pas quand je pleure,
Qui ne rit pas quand je ris,
Qui ne rougit pas quand je commets une action honteuse,
Et qui ne gémit pas quand mon coeur est blessé ;
Qui se tient immobile et ne donne pas de conseils,
Mais semble dire éternellement :
"Je suis là, indifférent à tout".

C'est peut-être du vide comme est le vide,
Mais si grand que le Bien et le Mal ensemble
Ne le remplissent pas.
La haine y meurt d'asphyxie,
Et le plus grand amour n'y pénètre jamais.

Prenez donc tout de moi : le sens de mes poèmes,
Non ce qu'on lit, mais ce qui paraît au travers malgré moi :
Prenez, prenez, vous n'avez rien.
Et où que j'aille, dans l'univers entier,
Je rencontre toujours,
Hors de moi comme en moi,
L'irremplissable Vide,
L'inconquérable Rien.


El don de sí mismo

Me ofrezco a cada uno como su recompensa;
Se la doy incluso antes de que la hayan merecido.

Hay algo en mí,
En el fondo de mí, en el centro de mí,
Algo infinitamente árido
Como la cima de las altas montañas;
Algo comparable al punto muerto de la retina,
Y sin eco,
Y que sin embargo ve y oye;
Un ser con vida propia, el cual, sin embargo,
Vive toda mi vida y escucha, impasible,
todos los parloteos de mi conciencia.

Un ser hecho de nada, si fuese posible,
insensible a mis sufrimientos físicos,
que no llora cuando lloro,
Que no ríe cuando río,
Que no se avergüenza cuando cometo una acción vergonzosa,
Y que no gime cuando mi corazón está herido;
Que se queda inmóvil y no da consejos.
Pero parece decir eternamente:
"Estoy aquí, indiferente a todo."

Es quizás vacío como lo es el vacío,
Pero tan grande que el Bien y el Mal juntos
No lo llenan.
El odio muere ahí de asfixia,
Y ahí el amor más grande no penetra nunca.
Tomad por lo tanto todo de mí: el sentido de estos poemas,
No lo que se lee, sino lo que habla a través mío a mi pesar:
Tomad, tomad, no tenéis nada.
Y adonde vaya, en el universo entero,
Encuentro siempre,
Fuera de mí como en mí,
El irremplazable Vacío,
La inconquistable Nada.

Versión de Claire Deloupy

Libellés :

posted by Alfil @ 4:33 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Premier I
samedi, mai 21, 2005
Les Chants de Maldoror -Chant Premier I
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)

I
Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison; car, à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis: dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d'un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l'hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l'horizon, d'où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête. La grue la plus vieille et qui forme à elle seule l'avant-garde, voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable, conséquemment son bec aussi qu'elle fait claquer, et n'est pas contente (moi, non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son vieux cou, dégarni de plumes et contemporain de trois générations de grues, se remue en ondulations irritées qui présagent l'orage qui s'approche de plus en plus. Après avoir de sang-froid regardé plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment l'expérience, prudemment, la première (car, c'est elle qui a le privilége de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence), avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle, pour repousser l'ennemi commun, elle vire avec flexibilité la pointe de la figure géométrique (c'est peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans l'espace ces curieux oiseaux de passage), soit à bâbord, soit à tribord, comme un habile capitaine; et, manoeuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d'un moineau, parce qu'elle n'est pas bête, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus sûr.


Los Cantos de Maldoror -Canto Primero I

I
Ruego al cielo que el lector, animado y momentáneamente tan feroz como lo que lee, encuentre, sin desorientarse, su camino abrupto y salvaje, a través de las desoladas ciénagas de estas páginas sombrías y llenas de veneno, pues, a no ser que aporte a su lectura una lógica rigurosa y una tensión espiritual semejante al menos a su desconfianza, las emanaciones mortales de este libro impregnarán su alma lo mismo que hace el agua con el azúcar. No es bueno que todo el mundo lea las páginas que van a seguir; sólo algunos podrán saborear este fruto amargo sin peligro. En consecuencia, alma tímida, antes de que penetres más en semejantes landas inexploradas, dirige tus pasos hacia atrás y no hacia adelante, de igual manera que los ojos de un hijo se apartan respetuosamente de la augusta contemplación del rostro materno; o, mejor, como durante el invierno, en la lejanía, un ángulo de grullas friolentas y meditabundas vuela velozmente a través del silencio, con todas las velas desplegadas, hacia un punto determinado del horizonte, de donde, súbitamente, parte un viento extraño y poderoso, precursor de la tempestad. La grulla más vieja, formando ella sola la vanguardia, al ver esto mueve la cabeza, y, consecuentemente, hace restallar también el pico, como una persona razonable, que no está contenta (yo tampoco lo estaría en su lugar), mientras su viejo cuello desprovisto de plumas, contemporáneo de tres generaciones de grullas, se agita en ondulaciones coléricas que presagian la tormenta, cada vez más próxima. Después de haber mirado numerosas veces, con sangre fría, a todos los lados, con ojos que encierran la experiencia, prudentemente, la primera (pues ella tiene el privilegio de mostrar las plumas de su cola a las otras grullas, inferiores en inteligencia), con su grito vigilante de melancólico centinela que hace retroceder al enemigo común, gira con flexibilidad la punta de la figura geométrica (es tal vez un triángulo, aunque no se vea el tercer lado, lo que forman en el espacio esas curiosas aves de paso), sea a babor, sea a estribor, como un hábil capitán, y, maniobrando con alas que no parecen mayores que las de un gorrión, porque no es necia, emprende así otro camino más seguro y filosófico.

Libellés :

posted by Alfil @ 6:49 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Premier II-
Les Chants de Maldoror -Chant Premier II-
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)

II
Lecteur, c'est peut-être la haine que tu veux que j'invoque dans le commencement de cet ouvrage! Qui te dit que tu n'en renifleras pas, baigné dans d'innombrables voluptés, tant que tu voudras, avec tes narines orgueilleuses, larges et maigres, en te renversant de ventre, pareil à un requin, dans l'air beau et noir, comme si tu comprenais l'importance de cet acte et l'importance non moindre de ton appétit légitime, lentement et majestueusement, les rouges émanations? Je t'assure, elles réjouiront les deux trous informes de ton museau hideux, ô monstre, si toutefois tu t'appliques auparavant à respirer trois mille fois de suite la conscience maudite de l'Éternel! Tes narines, qui seront démesurément dilatées de contentement ineffable, d'extase immobile, ne demanderont pas quelque chose de meilleur à l'espace, devenu embaumé comme de parfums et d'encens; car, elles seront rassasiées d'un bonheur complet, comme les anges qui habitent dans la magnificence et la paix des agréables cieux.

Los Cantos de Maldoror -Canto Primero II-

II
Lector, quizás desees que invoque al odio en el comienzo de esta obra. ¿Quién te dice que no has de olfatearlo, sumergido en innumerables voluptuosidades, tanto como quieras, con tus orgullosas narices, anchas y afiladas, volviéndote de vientre, semejante a un tiburón, en el aire hermoso y negro, como si comprendieras la importancia de ese acto y la importancia no menos de tu legítimo apetito, lenta y majestuosamente, las rojas emanaciones? Te aseguro que los dos deformes agujeros de tu horroroso hocico, oh monstruo, se regocijarán, si te dispones de antemano a respirar tres mil veces seguidas la conciencia maldita de lo Eterno. Tus narices, desmesuradamente dilatadas por la inefable satisfacción, por el éxtasis inmóvil, no pedirán otra cosa al espacio, embalsamado de perfumes e incienso, pues se colmarán de una dicha completa, como los ángeles que habitan en la magnificencia y la paz de los gratos cielos.

Libellés :

posted by Alfil @ 6:39 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Premier V-
PLes Chants de Maldoror -Chant Premier V-
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)

V
J'ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions: la gloire. En voyant ces spectacles, j'ai voulu rire comme les autres; mais, cela, étrange imitation, était impossible. J'ai pris un canif dont la lame avait un tranchant acéré, et me suis fendu les chairs aux endroits où se réunissent les lèvres. Un instant je crus mon but atteint. Je regardai dans un miroir cette bouche meurtrie par ma propre volonté! C'était une erreur! Le sang qui coulait avec abondance des deux blessures empêchait d'ailleurs de distinguer si c'était là vraiment le rire des autres. Mais, après quelques instants de comparaison, je vis bien que mon rire ne ressemblait pas à celui des humains, c'est-à-dire que je ne riais pas. J'ai vu les hommes, à la tête laide et aux yeux terribles enfoncés dans l'orbite obscur, surpasser la dureté du roc, la rigidité de l'acier fondu, la cruauté du requin, l'insolence de la jeunesse, la fureur insensée des criminels, les trahisons de l'hypocrite, les comédiens les plus extraordinaires, la puissance de caractère des prêtres, et les êtres les plus cachés au dehors, les plus froids des mondes et du ciel; lasser les moralistes à découvrir leur coeur, et faire retomber sur eux la colère implacable d'en haut. Je les ai vus tous à la fois, tantôt, le poing le plus robuste dirigé vers le ciel, comme celui d'un enfant déjà pervers contre sa mère, probablement excités par quelque esprit de l'enfer, les yeux chargés d'un remords cuisant en même temps que haineux, dans un silence glacial, n'oser émettre les méditations vastes et ingrates que recélait leur sein, tant elles étaient pleines d'injustice et d'horreur, et attrister de compassion le Dieu de miséricorde; tantôt, à chaque moment du jour, depuis le commencement de l'enfance jusqu'à la fin de la vieillesse, en répandant des anathèmes incroyables, qui n'avaient pas le sens commun, contre tout ce qui respire, contre eux-mêmes et contre la Providence, prostituer les femmes et les enfants, et déshonorer ainsi les parties du corps consacrées à la pudeur. Alors, les mers soulèvent leurs eaux, engloutissent dans leurs abîmes les planches; les ouragans, les tremblements de terre renversent les maisons; la peste, les maladies diverses déciment les familles priantes. Mais, les hommes ne s'en aperçoivent pas. Je les ai vus aussi rougissant, pâlissant de honte pour leur conduite sur cette terre; rarement. Tempêtes, soeurs des ouragans; firmament bleuâtre, dont je n'admets pas la beauté; mer hypocrite, image de mon coeur; terre, au sein mystérieux; habitants des sphères; univers entier; Dieu, qui l'as créé avec magnificence, c'est toi que j'invoque: montre-moi un homme qui soit bon!... Mais, que ta grâce décuple mes forces naturelles; car, au spectacle de ce monstre, je puis mourir d'étonnement: on meurt à moins.


Los Cantos de Maldoror -Canto Primero V-

V
He visto, durante toda mi vida, sin una sola excepción, a los hombres de hombros estrechos realizar numerosos actos estúpidos, embrutecer a sus semejantes, y pervertir a las almas por todos los medios. A los motivos de su acción le llaman: la gloria. A todos a la vez los he visto, unas veces con el puño más robusto dirigido hacia el cielo, como el de un niño ya perverso contra su madre, probablemente excitados por algún espíritu del infierno, con los ojos recargados de un remordimiento punzante y al mismo tiempo lleno de odio, en un silencio glacial, sin atreverse a manifestar las vastas e ingratas meditaciones que encubría su seno –tan llenas estaban de injusticia y horror-, y entristecer así de compasión al Dios misericordioso; otras veces, a cada momento del día, desde el comienzo de la infancia hasta el fin de la vejez, diseminando increíbles anatemas, que no tenían el sentido común, contra todo lo que respira, contra ellos mismos y contra la Providencia, prostituir a las mujeres y a los niños, y deshonrar así las partes del cuerpo consagradas al pudor. Entonces los mares levantan sus aguas, sumergen en sus abismos los maderos; los huracanes y los terremotos derriban las casas; la peste y las diversas enfermedades diezman a las familias rezantes. Pero los hombres no se dan cuenta. También los he visto enrojecer o palidecer de vergüenza por su conducta en esta tierra; raramente. Tempestades hermanas de los huracanes, firmamento azulado cuya belleza no admito, mar hipócrita, imagen de mi corazón, tierra de seno misterioso, habitantes de las esferas, universo eterno, Dios que los has creado con magnificencia, a ti te invoco: ¡muéstrame a un hombre bueno! Pero, que tu gracia decuplique mis fuerzas naturales, pues ante el espectáculo de ese monstruo, yo puedo morir de asombro: se muere por mucho menos.

Libellés :

posted by Alfil @ 6:34 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Premier IX-
Les Chants de Maldoror -Chant Premier IX-
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)

IX
(...)
Vieil océan, ta forme harmonieusement sphérique, qui réjouit la face grave de la géométrie, ne me rappelle que trop les petits yeux de l'homme, pareils à ceux du sanglier pour la petitesse, et à ceux des oiseaux de nuit pour la perfection circulaire du contour. Cependant, l'homme s'est cru beau dans tous les siècles. Moi, je suppose plutôt que l'homme ne croit à sa beauté que par amour-propre; mais, qu'il n'est pas beau réellement et qu'il s'en doute; car, pourquoi regarde-t-il la figure de son semblable avec tant de mépris? Je te salue, vieil océan! Vieil océan, tu es le symbole de l'identité: toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d'une manière essentielle, et, si tes vagues sont quelque part en furie, plus loin, dans quelque autre zone, elles sont dans le calme le plus complet. Tu n'es pas comme l'homme, qui s'arrête dans la rue, pour voir deux boule-dogues s'empoigner au cou, mais, qui ne s'arrête pas, quand un enterrement passe; qui est ce matin accessible et ce soir de mauvaise humeur; qui rit aujourd'hui et pleure demain. Je te salue, vieil océan! Vieil océan, il n'y aurait rien d'impossible à ce que tu caches dans ton sein de futures utilités pour l'homme. Tu lui as déjà donné la baleine. Tu ne laisses pas facilement deviner aux yeux avides des sciences naturelles les mille secrets de ton intime organisation: tu es modeste. L'homme se vante sans cesse, et pour des minuties. Je te salue, vieil océan!
(...)

Los Cantos de Maldoror -Canto Primero IX-

IX
(...)
Viejo océano, tu forma armoniosamente esférica, que alegra la cara grave de la geometría, me recuerda demasiado los pequeños ojos del hombre, similares por su pequeñez a los del jabalí, y a los de las aves nocturnas por la perfección circular de su contorno. Sin embargo, el hombre se ha creído hermoso en todos los siglos. Pero yo supongo, más bien, que el hombre sólo cree en su belleza por amor propio, pues en realidad no es bello y él lo sospecha; si no, ¿por qué mira el rostro de su semejante con tanto desprecio? ¡Te saludo, viejo océano! Viejo océano, eres el símbolo de la identidad: siempre igual a ti mismo. Nunca cambias de una manera esencial, y, si tus olas están en alguna parte furiosas, más lejos, en alguna otra zona, se hallan en la más completa calma. No eres como el hombre, que se detiene en la calle para ver cómo se atenazan por el cuello dos dogos y no se detiene cuando pasa un entierro, que por la mañana es asequible y por la tarde está de mal humor, que ríe hoy y mañana llora. ¡Te saludo, viejo océano! Viejo océano, no sería nada imposible que escondieras en tu seno futuras utilidades para el hombre. Ya le has dado la ballena. No dejas adivinar fácilmente a los ojos ávidos de las ciencias naturales los mil secretos de tu íntima organización: eres modesto. El hombre se vanagloria de continuo, y por minucias. ¡Te saludo, viejo océano!
(...)

Libellés :

posted by Alfil @ 6:29 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Deuxième II-
Les Chants de Maldoror -Chant Deuxième II-
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)
II
Je saisis la plume qui va construire le deuxième chant... instrument arraché aux ailes de quelque pygargue roux! Mais... qu'ont-ils donc mes doigts? Les articulations demeurent paralysées, dès que je commence mon travail. Cependant, j'ai besoin d'écrire... C'est impossible ! Eh bien, je répète que j'ai besoin d'écrire ma pensée: j'ai le droit, comme un autre, de me soumettre à cette loi naturelle... Mais non, mais non, la plume reste inerte!... Tenez, voyez, à travers les campagnes, l'éclair qui brille au loin. L'orage parcourt l'espace. Il pleut... Il pleut toujours... Comme il pleut!... La foudre a éclaté... elle s'est abattue sur ma fenêtre entr'ouverte, et m'a étendu sur le carreau, frappé au front. Pauvre jeune homme! ton visage était déjà assez maquillé par les rides précoces et la difformité de naissance, pour ne pas avoir besoin, en outre, de cette longue cicatrice sulfureuse! (Je viens de supposer que la blessure est guérie, ce qui n'arrivera pas de sitôt.) Pourquoi cet orage, et pourquoi la paralysie de mes doigts? Est-ce un avertissement d'en haut pour m'empêcher d'écrire, et de mieux considérer ce à quoi je m'expose, en distillant la bave de ma bouche carrée? Mais, cet orage ne m'a pas causé la crainte. Que m'importerait une légion d'orages! Ces agents de la police céleste accomplissent avec zèle leur pénible devoir, si j'en juge sommairement par mon front blessé. Je n'ai pas à remercier le Tout-Puissant de son adresse remarquable; il a envoyé la foudre de manière à couper précisément mon visage en deux, à partir du front, endroit où la blessure a été le plus dangereuse: qu'un autre le félicite! Mais, les orages attaquent quelqu'un de plus fort qu'eux. Ainsi donc, horrible Éternel, à la figure de vipère, il a fallu que, non content d'avoir placé mon âme entre les frontières de la folie et les pensées de fureur qui tuent d'une manière lente, tu aies cru, en outre, convenable à ta majesté, après un mûr examen, de faire sortir de mon front une coupe de sang !... Mais, enfin, qui te dit quelque chose? Tu sais que je ne t'aime pas, et qu'au contraire je te hais: pourquoi insistes-tu? Quand ta conduite voudra-t-elle cesser de s'envelopper des apparences de la bizarrerie? Parle-moi franchement, comme à un ami: est-ce que tu ne te doutes pas, enfin, que tu montres, dans ta persécution odieuse, un empressement naïf, dont aucun de tes séraphins n'oserait faire ressortir le complet ridicule? Quelle colère te prend? Sache que, si tu me laissais vivre à l'abri de tes poursuites, ma reconnaissance t'appartiendrait... Allons, Sultan, avec ta langue, débarrasse-moi de ce sang qui salit le parquet. Le bandage est fini: mon front étanché a été lavé avec de l'eau salée, et j'ai croisé des bandelettes à travers mon visage. Le résultat n'est pas infini: quatre chemises, pleines de sang et deux mouchoirs. On ne croirait pas, au premier abord, que Maldoror contînt tant de sang dans ses artères; car, sur sa figure, ne brillent que les reflets du cadavre. Mais, enfin, c'est comme ça. Peut-être que c'est à peu près tout le sang que pût contenir son corps, et il est probable qu'il n'y en reste pas beaucoup. Assez, assez, chien avide; laisse le parquet tel qu'il est; tu as le ventre rempli. Il ne faut pas continuer de boire; car, tu ne tarderais pas à vomir. Tu es convenablement repu, va te coucher dans le chenil; estime-toi nager dans le bonheur; car, tu ne penseras pas à la faim, pendant trois jours immenses, grâce aux globules que tu as descendues dans ton gosier, avec une satisfaction solennellement visible. Toi, Léman, prends un balai; je voudrais aussi en prendre un, mais je n'en ai pas la force. Tu comprends, n'est-ce pas, que je n'en ai pas la force? Remets tes pleurs dans leur fourreau; sinon, je croirais que tu n'as pas le courage de contempler, avec sang-froid, la grande balafre, occasionnée par un supplice déjà perdu pour moi dans la nuit des temps passés. Tu iras chercher à la fontaine deux seaux d'eau. Une fois le parquet lavé, tu mettras ces linges dans la chambre voisine. Si la blanchisseuse revient ce soir, comme elle doit le faire, tu les lui remettras; mais, comme il a plu beaucoup depuis une heure, et qu'il continue de pleuvoir, je ne crois pas qu'elle sorte de chez elle; alors, elle viendra demain matin. Si elle te demande d'où vient tout ce sang, tu n'es pas obligé de lui répondre. Oh! que je suis faible! N'importe; j'aurai cependant la force de soulever le porte-plume, et le courage de creuser ma pensée. Qu'a-t-il rapporté au Créateur de me tracasser, comme si j'étais un enfant, par un orage qui porte la foudre? Je n'en persiste pas moins dans ma résolution d'écrire. Ces bandelettes m'embêtent, et l'atmosphère de ma chambre respire le sang...

Los Cantos de Maldoror -Canto Segundo II-

II
Tomo la pluma que va a construir el segundo canto... instrumento arrancado de las alas de algún pigargo rojo. Pero... ¿qué pasa con mis dedos? Las articulaciones quedan paralizadas en el momento en que empiezo a trabajar. Sin embargo, necesito escribir... ¡Es imposible! Pues bien, repito que necesito escribir mi pensamiento; tengo derecho, como cualquier otro, de someterme a esa ley natural... Pero ¡no, no, la pluma sigue inerte!... Mirad a través de los campos el relámpago que brilla a lo lejos. La tormenta recorre el espacio. Llueve... Sigue lloviendo... ¡Cómo llueve!... El rayo ha estallado... ha caído sobre mi ventana entreabierta y me ha tendido en el piso de un golpe en la frente. ¡Pobre joven! Tu rostro estaba ya bastante maquillado por las arrugas precoces y la deformidad de nacimiento, para necesitar el agregado de esa larga cicatriz sulfurosa. (Acabo de suponer que la herida está curada, y eso no sucederá tan pronto.) ¿Por qué esta tormenta, y por qué la parálisis de mis dedos? ¿Es una advertencia de arriba para impedirme escribir y para considerar mejor a qué me expongo destilando la baba de mi boca cuadrada? Pero esta tormenta no me ha causado temor. ¡Qué me importaría una legión de tormentas! Esos agentes de la policía celeste cumplen con celo su penoso deber, a juzgar someramente por mi frente herida. No tengo por qué agradecer al Todopoderoso su notable destreza; ha enviado el rayo justamente para cortar mi cara en dos a partir de la frente, sitio donde la herida ha sido más peligrosa: ¡que lo felicite otro! Pero las tormentas atacan a alguien más fuerte que ellas. Así, pues, horrible Eterno con cara de víbora, ¡ha sido necesario que, no contento de haber colocado mi alma entre las fronteras de la locura y los pensamientos de furor que mata de una manera lenta, hayas creído además conveniente para tu majestad, después de un maduro examen, hacer manar de mi frente una copa de sangre!... Pero, en fin ¿Quién te dice algo? Sabes que no te amo, y que, por el contrario, te detesto: ¿por qué insistes? ¿Cuándo tu conducta decidirá no tomar más las apariencias de la extravagancia? Háblame con franqueza como a un amigo: ¿No dudes, en fin, que muestras en tu persecución odiosa un cuidado ingenuo del cual ninguno de tus serafines se atrevería a destacar el completo ridículo? ¿Qué clase de ira se apodera de ti? Quiero que sepas que si me dejases vivir al abrigo de tus persecuciones, tendrías mi eterna gratitud... Vamos, Sultán, líbrame con tu lengua de esa sangre que mancha el parqué. El vendaje está terminado: mi frente ha sido lavada con agua salada y he cruzado vendas alrededor de mi rostro. El resultado no es infinito: cuatro camisas empapadas en sangre, y dos pañuelos. A primera vista no se sospecharía que Maldoror tuviera tanta sangre en las arterias, pues su rostro luce sólo resplandores cadavéricos. Pero, en fin, así son las cosas. Quizá se trate de casi toda la sangre que pudo contener su cuerpo, y es probable que no le quede mucha. Basta, basta, perro voraz; deja el parqué como está; tienes el vientre lleno. No debes continuar bebiendo pues no tardarías en vomitar. Ya estás bastante saciado, ve a acostarte en la perrera, haz de cuenta que nadas en felicidad, pues no tendrás que pensar en el hambre por tres inmensos días, gracias a los glóbulos que has hecho descender por tu gaznate con una satisfacción solemnemente visible. Tú, Leman, toma una escoba, yo también quisiera usar una, pero no tengo fuerzas. ¿Entiendes, no es cierto, que no tenga fuerzas? Vuelve tus lágrimas a su vaina, o creeré que no tienes el valor de contemplar con sangre fría la gran cuchillada, resultado de un suplicio que se pierde ya para mí en la noche del pasado. Tú irás a la fuente a buscar dos cubos de agua. Una vez lavado el parqué, pondrás esa ropa blanca en el cuarto vecino. Si la lavandera viene esta noche, como tiene que hacerlo, se la entregarás; pero como ha llovido mucho desde hace una hora, y sigue lloviendo, no creo que salga de su casa, entonces vendrá mañana temprano. Si te pregunta de dónde procede toda esta sangre no estás obligado a responder. ¡Qué débil estoy! No importa; tendré la fuerza de levantar la pluma y el valor de cavar en mi pensamiento. ¿Qué le ha reportado al Creador atormentarme, como si yo fuera un niño, con una tormenta portadora de rayos? No por eso dejo de persistir en mi resolución de escribir. Estas vendas me molestan, y la atmósfera de mi cuerpo respira sangre.

Libellés :

posted by Alfil @ 6:23 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Deuxième XV
Les Chants de Maldoror -Chant Deuxième -XV-
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)


XV
Il y a des heures dans la vie où l'homme, à la chevelure pouilleuse, jette, l'oeil fixe, des regards fauves sur les membranes vertes de l'espace; car, il lui semble entendre, devant lui, les ironiques huées d'un fantôme. Il chancelle et courbe la tête: ce qu'il a entendu, c'est la voix de la conscience. Alors, il s'élance de la maison, avec la vitesse d'un fou, prend la première direction qui s'offre à sa stupeur, et dévore les plaines rugueuses de la campagne. Mais, le fantôme jaune ne le perd pas de vue, et le poursuit avec une égale vitesse. Quelquefois, dans une nuit d'orage, pendant que des légions de poulpes ailés, ressemblant de loin à des corbeaux, planent au-dessus des nuages, en se dirigeant d'une rame raide vers les cités des humains, avec la mission de les avertir de changer de conduite, le caillou, à l'oeil sombre voit deux êtres passer à la lueur de l'éclair, l'un derrière l'autre; et, essuyant une furtive larme de compassion, qui coule de sa paupière glacée, il s'écrie: "Certes, il le mérite; et ce n'est que justice." Après avoir dit cela, il se replace dans son attitude farouche, et continue de regarder, avec un tremblement nerveux, la chasse à l'homme, et les grandes lèvres du vagin d'ombre, d'où découlent, sans cesse, comme un fleuve, d'immenses spermatozoïdes ténébreux qui prennent leur essor dans l'éther lugubre, en cachant, avec le vaste déploiement de leurs ailes de chauve-souris, la nature entière, et les légions solitaires de poulpes, devenues mornes à l'aspect de ces fulgurations sourdes et inexprimables.


Los Cantos de Maldoror -Canto Segundo -XV-

XV
Hay horas en la vida en que el hombre de melena piojosa lanza, con los ojos fijos, miradas salvajes a las membranas verdes del espacio, pues le parece oír delante de sí, el irónico huchear de un fantasma. El menea la cabeza y la baja; ha oído la voz de la conciencia. Entonces sale precipitadamente de la casa con la velocidad de un loco, toma la primera dirección que se ofrece a su estupor, y devora las planicies rugosas de la campiña. Pero el fantasma amarillo no lo pierde de vista y lo persigue con similar rapidez. A veces, en noches de tormenta, cuando legiones de pulpos alados, que de lejos parecen cuervos, se ciernen por encima de las nubes, dirigiéndose con firmes bogadas hacia las ciudades de los humanos, con la misión de prevenirles que deben cambiar de conducta, el guijarro de ojo sombrío ve pasar, uno tras otro, dos seres a la claridad de un relámpago, y, enjugando una furtiva lágrima de compasión que se desliza desde su párpado helado, exclama: Por cierto que lo merece; no es más que un acto de justicia. Después de haber dicho esto, recobra su actitud huraña, y sigue observando, con un temblor nervioso, la caza de un hombre, y los grandes labios de la vagina de sombra, de donde se desprenden incesantemente, como un río, inmensos espermatozoides tenebrosos que toman impulso en el éter lúgubre, escondiendo en el vasto despliegue de sus alas de murciélago, la naturaleza entera, y las legiones de pulpos que se han vuelto taciturnos ante el aspecto de esas fulguraciones sordas e inexpresables.

Libellés :

posted by Alfil @ 6:18 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Troisième I
Les Chants de Maldoror -Chant Troisième I
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)


I
Rappelons les noms de ces êtres imaginaires, à la nature d'ange, que ma plume, pendant le deuxième chant, a tirés d'un cerveau, brillant d'une lueur émanée d'eux-mêmes. Ils meurent, dès leur naissance, comme ces étincelles dont l'oeil a de la peine à suivre l'effacement rapide, sur du papier brûlé. Léman!... Lohengrin!... Lombano!... Holzer!... un instant, vous apparûtes, recouverts des insignes de la jeunesse, à mon horizon charmé; mais, je vous ai laissés retomber dans le chaos, comme des cloches de plongeur. Vous n'en sortirez plus. Il me suffit que j'aie gardé votre souvenir; vous devez céder la place à d'autres substances, peut-être moins belles, qu'enfantera le débordement orageux d'un amour qui a résolu de ne pas apaiser sa soif auprès de la race humaine. Amour affamé, qui se dévorerait lui-même, s'il ne cherchait sa nourriture dans les fictions célestes: créant, à la longue, une pyramide de séraphins, plus nombreux que les insectes qui fourmillent dans une goutte d'eau, il les entrelacera dans une ellipse qu'il fera tourbillonner autour de lui. Pendant ce temps, le voyageur, arrêté contre l'aspect d'une cataracte, s'il relève le visage, verra, dans le lointain, un être humain, emporté vers la cave de l'enfer par une guirlande de camélias vivants!
(…)

Los Cantos de Maldoror -Canto Tercero I

I
Recordemos los nombres de esos seres imaginarios, de naturaleza angelical, que mi pluma, durante el segundo canto, ha extraído de un cerebro que brilla con un fulgor emanado de ellos mismos. Mueren, desde su nacimiento, como esas chispas que, por su rápida desaparición, el ojo apenas puede seguir sobre el papel ardiendo. ¡Leman!... ¡Lohengrin!... ¡Lombano!... ¡Hozer!... Aparecisteis un momento, recubiertos por las insignias de la juventud, en mi horizonte encantado, pero os dejé caer en el caos, como campanas de buzo. No saldréis más. Me basta con haber conservado vuestro recuerdo, pero tenéis que dejar el sitio a otras sustancias, acaso menos bellas, que dará a luz el desbordamiento tormentoso de un amor que ha resuelto no calmar su sed junto a la raza humana. Amor hambriento, que se devoraría a sí mismo si no buscara su alimento en ficciones celestiales: creando, a la larga, una pirámide de serafines, más numerosos que los insectos que hormiguean en una gota de agua, para entrelazarlos en una elipse que hará arremolinar a su alrededor. Durante ese tiempo, el viajero, detenido frente al espectáculo de una catarata, si alza el rostro, verá en la lejanía, a un ser humano arrastrado hacia la caverna del infierno por una guirnalda de camelias vivas.
(...)

Libellés :

posted by Alfil @ 6:15 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Quatrième I
Les Chants de Maldoror -Chant Quatrième -I-
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)
I
C'est un homme ou une pierre ou un arbre qui va commencer le quatrième chant. Quand le pied glisse sur une grenouille, l'on sent une sensation de dégoût; mais, quand on effleure, à peine, le corps humain avec la main, la peau des doigts se fend, comme les écailles d'un bloc de mica qu'on brise à coup de marteau; et, de même que le coeur d'un requin, mort depuis une heure, palpite encore, sur le pont, avec une vitalité tenace, ainsi nos entrailles se remuent de fond en comble, longtemps après l'attouchement. Tant l'homme inspire de l'horreur à son propre semblable! Peut-être que, lorsque j'avance cela, je me trompe; mais, peut-être qu'aussi je dis vrai. Je connais, je conçois une maladie plus terrible que les yeux gonflés par les longues méditations sur le caractère étrange de l'homme: mais, je la cherche encore... et je n'ai pas pu la trouver! Je ne me crois pas moins intelligent qu'un autre, et, cependant, qui oserait affirmer que j'ai réussi dans mes investigations? Quel mensonge sortirait de sa bouche!
(…)

Los Cantos de Maldoror -Canto Cuarto -I-
I
Es un hombre o una piedra o un árbol el que va a comenzar el cuarto canto. Cuando el pie resbala sobre una rana, se tiene una sensación de repugnancia, pero cuando se roza apenas el cuerpo humano con la mano, la piel de los dedos se agrieta, como las escamas de un bloque de mica que se rompe a martillazos; y lo mismo que el corazón de un tiburón que ha muerto hace una hora palpita todavía con tenaz vitalidad sobre el puente, lo mismo nuestras entrañas se agitan en su totalidad mucho tiempo después del contacto. ¡Tanto horror le inspira el hombre a su propio semejante! Puede ser que al decir esto me equivoque, pero puede ser también que diga la verdad. Conozco, concibo una enfermedad más terrible que los ojos hinchados por largas meditaciones sobre el extraño carácter del hombre, pero aunque la busco todavía... ¡no he podido encontrarla! No me creo menos inteligente que otros, y sin embargo, ¿quién se atrevería a afirmar que he acertado en mis investigaciones? ¡Que mentira saldría de su boca!
(...)

Libellés :

posted by Alfil @ 6:11 AM   0 comments
Lautreamont -Les Chants de Maldoror- Chant Quatrième VI
Les Chants de Maldoror -Chant Quatrième -VI-
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)

VI
(...)
Je rêvais que j'étais entré dans le corps d'un pourceau, qu'il ne m'était pas facile d'en sortir, et que je vautrais mes poils dans les marécages les plus fangeux. Était-ce comme une récompense? Objet de mes voeux, je n'appartenais plus à l'humanité ! Pourmoi, j'entendis l'interprétation ainsi, et j'en éprouvai une joie plus que profonde. Cependant, je recherchais activement quel acte de vertu j'avais accompli pour mériter, de la part de la Providence, cette insigne faveur. Maintenant que j'ai repassé dans mamémoire les diverses phases de cet aplatissement épouvantable contre le ventre du granit, pendant lequel la marée, sans que je m'en aperçusse, passa, deux fois, sur ce mélange irréductible de matière morte et de chair vivante, il n'est peut-être pas sansutilité de proclamer que cette dégradation n'était probablement qu'une punition, réalisée sur moi par la justice divine. Mais, qui connaît ses besoins intimes ou la cause de ses joies pestilentielles ? La métamorphose ne parut jamais à mes yeux que comme le haut et magnanime retentissement d'un bonheur parfait, que j'attendais depuis longtemps. Il était enfin venu, le jour où je fus un pourceau ! J'essayais mes dents sur l'écorce des arbres; mon groin, je le contemplais avec délice. Il ne restait plus la moindre parcelle de divinité : je sus élever mon âme jusqu'à l'excessive hauteur de cette volupté ineffable.
(...)

Los Cantos de Maldoror -Canto Cuarto -VI-
VI
(...)
Soñé que había entrado en el cuerpo de un puerco, que no me era fácil salir, y que enlodaba mis cerdas en los pantanos más fangosos. ¿Era ello como una recompensa? Objeto de mis deseos: ¡no pertenecía más a la humanidad! Así interpretaba yo, experimentando una más que profunda alegría. Sin embargo, rebuscaba activamente qué acto de virtud había realizado, para merecer de parte de la providencia este insigne favor. Más ¿quién conoce sus necesidades íntimas, o la causa de sus goces pestilenciales? La metamorfosis no pareció jamás a mis ojos, sino como la alta y magnífica repercusión de una felicidad perfecta que esperaba desde hacia largo tiempo. ¡Por fin había llegado el día en que yo me convirtiese en un puerco! Ensayaba mis dientes sobre la corteza de los árboles; mi hocico, lo contemplaba con delicia. No quedaba en mí la menor partícula de divinidad: supe elevar mi alma hasta la excesiva altura de esta voluptuosidad inefable.
(...)

Libellés :

posted by Alfil @ 6:02 AM   0 comments
Lautreamont -Poésie-
Poésie
Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse) (Uruguay, 1846-1870)

Les gémissements poétiques de ce siècle ne sont que des sophismes.
Les premiers principes doivent être hors de discussion.
J'accepte Euripide et Sophocle; mais je n'accepte pas Eschyle.
Ne faites pas preuve de manque des convenances les plus élémentaires et de mauvais goût envers le créateur.
Repoussez l'incrédulité: vous me ferez plaisir.
Il n'existe pas deux genres de poésies; il n'en est qu'une.
Il existe une convention peu tacite entre l'auteur et le lecteur, par laquelle le premier s'intitule malade, et accepte le second comme garde-malade. C'est le poète qui console l'humanité! Les rôles sont intervertis arbitrairement.
Je ne veux pas être flétri de la qualification de poseur.
Je ne laisserai pas des Mémoires.
La poésie n'est pas la tempête, pas plus que le cyclone. C'est un fleuve majestueux et fertile.
Ce n'est qu'en admettant la nuit physiquement, qu'on est parvenu à la faire passer moralement. O Nuits d'Young! vous m'avez causé beaucoup de migraines!
On ne rêve que lorsque l'on dort. Ce sont des mots comme celui de rêve, néant de la vie, passage terrestre, la préposition peut-être, le trépied désordonné, qui ont infiltré dans vos âmes cette poésie moite des langueurs, pareille à de la pourriture. Passer des mots aux idées, il n'y a qu'un pas.
Les perturbations, les anxiétés, les dépravations, la mort, les exceptions dans l'ordre physique ou moral, l'esprit de négation, les abrutissements, les hallucinations servies par la volonté, les tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités, les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est inattendu, ce qu'il ne faut pas faire, les singularités chimiques de vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités à carapace de punaise, la monomanie terrible de l'orgueil, l'inoculation des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons, les tyrannies, les impiétés, les irritations, les acrimonies, les incartades agressives, la démence, le splëen, lesépouvantements raisonnés, les inquiétudes étranges, que le lecteur préférerait ne pas éprouver, les grimaces, les névroses, les filières sanglantes par lesquelles on fait passer la logique aux abois, les exagérations, l'absence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours d'assises, les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité, la raison impunément sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements, les grenouilles, les poulpes, les requins, le simoun des déserts, ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère, noctambule, visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire, spasmodique, aphrodisiaque, anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, pédéraste, phénomène d'aquarium et femme à barbe, les heures soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés, les monstres, les syllogismes démoralisateurs, les ordures, ce qui ne réfléchit pas comme l'enfant, la désolation, ce mancenillier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses aux camélias, la culpabilité d'un écrivain qui roule sur la pente du néant et se méprise lui-même avec des cris joyeux, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous broient dans leurs engrenages imperceptibles, les crachats sérieux sur les axiômes sacrés, la vermine et ses chatouillements insinuants, les préfaces insensées, comme celles de Cromwell, de Mlle de Maupin et de Dumas fils, les caducités, les impuissances, les blasphêmes, les asphyxies, les étouffements, les rages, – devant ces charniers immondes, que je rougis de nommer, il est temps de réagir enfin contre ce qui nous choque et nous courbe si souverainement.
Votre esprit est entraîné perpétuellement hors de ses gonds, et surpris dans le piége de ténèbres construit avec un art grossier par l'égoïsme et l'amour-propre.
(...)


Poesía

Los lamentos poéticos de este siglo son sólo sofismas.
Los primeros principios deben estar fuera de discusión.
Acepto a Eurípides y a Sófocles; pero no acepto a Esquilo.
No deis muestra de carecer del más elemental decoro ni de mal gusto hacia el creador.
Rechazad la incredulidad: será para mí un placer.
No existen dos géneros de poesía; sólo hay uno.
Existe una convención poco tácita entre el autor y el lector, por lo cual el primero se llama enfermo y acepta al segundo como enfermero. ¡El poeta es el que consuela a la humanidad! Los papeles se han invertido arbitrariamente.
No quiero ser difamado con el calificativo de fanfarrón.
No dejaré Memorias.
La poesía no es la tempestad, como tampoco el ciclón. Es un río majestuoso y fértil.
Sólo admitiendo físicamente la noche, se ha llegado a hacerla admitir moralmente. ¡Oh Noches de Young! ¡Cuántas jaquecas me habéis ocasionado!
No se sueña sino durmiendo. Palabras como sueño, nada de la vida, pasó por la tierra, el adverbio quizás, el trípode desordenado, han infiltrado en vuestras almas esa poesía húmeda de languideces similar a la podredumbre. Sólo hay un paso de las palabras a las ideas.
Las perturbaciones, las ansiedades, las depravaciones, la muerte, las excepciones en el orden físico o moral, el espíritu de negación, los embrutecimientos, las alucinaciones favorecidas por la voluntad, los tormentos, la destrucción, las lágrimas, las insaciabilidades, las servidumbres, las imaginaciones penetrantes, las novelas, lo inesperado, lo que no debe hacerse, las peculiaridades químicas del buitre misterioso que acecha la carroña de alguna ilusión muerta, las experiencias precoces y abortadas, las oscuridades con caparazón de chinche, la terrible monomanía del orgullo, la inoculación de los estupores profundos, las oraciones fúnebres, las envidias, las traiciones, las tiranías, las impiedades, las irritaciones, los despropósitos agresivos, la demencia, el soleen, los terrores razonados, las inquietudes extrañas que el lector preferiría no sentir, las muecas, las neurosis, las hileras ensangrentadas por las que se hace pasar la lógica que no tiene salida, las exageraciones, la falta de sinceridad, los parloteos, las vulgaridades, lo sombrío, lo lúgubre, los partos peores que los asesinatos, las pasiones, el clan de los novelistas de tribunales, las tragedias, las odas, los melodramas, los extremos presentados perpetuamente, la razón silbada impunemente, los olores de gallina mojada, las insipideces, las ranas, los pulpos, los tiburones, el simún de los desiertos, todo aquello que es sonámbulo, turbio, nocturno, somnífero, noctámbulo, viscoso, foca parlante, equívoco, tuberculoso, espasmódico, afrodisíaco, anémico, tuerto, hermafrodita, bastardo, , albino, pederasta, fenómeno de acuario y mujer barbuda, las horas repletas de desaliento taciturno, las fantasías, las acritudes, los monstruos, los silogismos desmoralizadores, las basuras, lo que es irreflexivo como el niño, la desolación, ese manzanillo intelectual, los chancros perfumados, los muslos con camelias, la culpabilidad de un escritor que rueda por la pendiente de la nada y se desprecia a si mismo con gritos jubilosos, los remordimientos, las hipocresías, las perspectivas imprecisas que os trituran con sus engranajes imperceptibles, los severos escupitajos sobre los axiomas sagrados, , la piojería y sus cosquilleos insinuantes, los prefacios insensatos como los de Cromwell, de la señorita de Maupin y de Dumas hijo, las caducidades, las impotencias, las blasfemias, las asfixias, las sofocaciones, las rabias; frente a esos inmundos osarios que con sólo nombrarlos enrojezco, es hora de reaccionar contra lo que nos ofende y nos doblega autoritariamente.
Vuestro espíritu es arrastrado perpetuamente fuera de quicio y sorprendido en la trampa de tinieblas construida con grosero artificio por el egoísmo y el amor propio.
(...)

Libellés :

posted by Alfil @ 2:51 AM   0 comments
Charles-Marie Leconte de Lisle -La mort du soleil-
dimanche, mai 15, 2005
La mort du soleil
Charles-Marie Leconte de Lisle (France, 1818-1894)

Le vent d'automne, aux bruits lointains des mers pareil,
Plein d'adieux solennels, de plaintes inconnues,
Balance tristement le long des avenues
Les lourds massifs rougis de ton sang, ô soleil !

La feuille en tourbillons s'envole par les nues ;
Et l'on voit osciller, dans un fleuve vermeil,
Aux approches du soir inclinés au sommeil,
De grands nids teints de pourpre au bout des branches nues.

Tombe, Astre glorieux, source et flambeau du jour !
Ta gloire en nappes d'or coule de ta blessure,
Comme d'un sein puissant tombe un suprême amour.

Meurs donc, tu renaîtras ! L'espérance en est sûre.
Mais qui rendra la vie et la flamme et la voix
Au coeur qui s'est brisé pour la dernière fois ?


La muerte del sol

El viento de otoño, los ruidos lejanos de los mares igual,
llena de despedida solemne, de quejas desconocidas,
equilibrio tristemente a lo largo de las avenidas
¡Los macizos pesados enrojecidos de tu sangre, oh sol!

Las hojas en remolinos despega los desnudos;
y vemos oscilar, en un río bermejo,
a las aproximaciones de tarde inclinados al sueño,
de grandes nidos teñidos de púrpura al cabo de las ramas desnudas.

¡Cae, Astro glorioso, fuente y antorcha de día!
Tu gloria en manteles de oro que fluye de tu herida,
Así como de un pecho poderoso cae un amor supremo.

¡Muere pues, renacerás! La esperanza está segura de eso.
Pero quien reanimará la llama y la voz
¿Al corazón quién se estrelló por última vez?

Versión de Charles-Marie Leconte de Lisle

Libellés :

posted by Alfil @ 2:30 PM   0 comments
Charles-Marie Leconte de Lisle -A un poète mort-
A un poète mort
Charles-Marie Leconte de Lisle (France, 1818-1894)

Toi dont les yeux erraient, altérés de lumière,
De la couleur divine au contour immortel
Et de la chair vivante à la splendeur du ciel,
Dors en paix dans la nuit qui scelle ta paupière.

Voir, entendre, sentir ? Vent, fumée et poussière.
Aimer ? La coupe d'or ne contient que du fiel.
Comme un Dieu plein d'ennui qui déserte l'autel,
Rentre et disperse-toi dans l'immense matière.

Sur ton muet sépulcre et tes os consumés
Qu'un autre verse ou non les pleurs accoutumés,
Que ton siècle banal t'oublie ou te renomme ;

Moi, je t'envie, au fond du tombeau calme et noir,
D'être affranchi de vivre et de ne plus savoir
La honte de penser et l'horreur d'être un homme !


A un poeta muerto

Tus ojos erraban, alterados por luz,
del color divino al contorno inmortal
y de carne viva al esplendor del cielo,
duerme en paz en la noche que sella tu párpado.

¿Ver, entender, oler? Viento, humo y polvo.
¿Gustar? La copa de oro contiene sólo la hiel.
Así como un Dios lleno de aburrimiento que deja el altar,
vuelve y dispérsate en la materia inmensa.

Sobre tu mudo sepulcro y tus huesos consumidos
qué otro vuelque o no las lágrimas acostumbradas,
qué tu siglo común te olvide o te renombre;

Te envidio, en el fondo de la tumba tranquila y negra,
de ser liberado de vivir y no saber más,
de la vergüenza de pensar y el horror de ser un hombre.

Libellés :

posted by Alfil @ 2:20 PM   0 comments
Pierre Louys -Bilitis-
jeudi, mai 05, 2005
Bilitis
Pierre Louys (1870-1925)

Une femme s'enveloppe de laine blanche. Une autre se vêt de soie et d'or. Une autre se couvre de fleurs, de feuilles vertes et de raisins.

Moi, je ne saurais vivre que nue. Mon amant, prends-moi comme je suis: sans robe ni bijoux ni sandales, voici Bilitis toute seule.

Mes cheveux sont noirs de leur noir et mes lèvres rouges de leur rouge. Mes boucles flottent autour de moi libres et rondes comme des plumes.

Prends-moi telle que ma mère m'a faite dans une nuit d'amour lointaine, et si je te plais ainsi, n'oublie pas de me le dire.


Bilitis

De lana viste la vecina ruda; hay mujeres que lucen sedas, oro; otras, con hojas cubren su decoro; otra, las flores con primor anuda.

Yo no quiero vivir sino desnuda. Tómame, amante, como voy. Adoro de joyas y damascos el tesoro, mas, no a Bilitis una gasa escuda.

Son mis labios de un rojo sin ardides; es negro mi cabello, sin tocado, flota libre en mi frente un solo rizo.

Una noche de amor así me hizo mi madre. Tómame cual soy, amado: mas, si te gusto, dímelo... no olvides.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:42 PM   0 comments
Pierre Louys -L'arbre-
L'arbre
Pierre Louys (1870-1925)

Je me suis devetue pour monter a un arbre; mes cuisses nues embrassaient l'ecorce lisse et humide; mes sandales marchaient sur les branches.

Tout en haut, mais encore sous les feuilles et a l'ombre de la chaleur, je me suis mise a cheval sur une fourche ecartee en balancant mes pieds dans le vide.

Il avait plu. Des gouttes d'eau tombaient et coulaient sur ma peau. Mes mains etaient tachees de mousse, et mes orteils etaient rouges, a cause des fleurs ecrasees.

Je sentais le bel arbre vivre quand le vent passait au travers; alors je serrais mes jambes davantage et j'appliquais mes levres ouvertes sur la nuque chevelue d'un rameau.


El árbol

A un árbol, desnuda, subí cierta vez: la lisa corteza mis muslos asían, en húmedo musgo fincaba los pies.

Tan alto que, apenas, las hojas mojadas del sol me cubrían con sombra discreta, me puse a horcajadas en cómoda horqueta y balanceaba feliz, al desgaire, los pies en el aire.


De lluvia temprana, besando mi piel las gotas rodaban del fresco dosel; de zumo de flores bermejas tenía las plantas, y el musgo mis brazos cubría.

Y al soplo impetuoso del viento -al empuje de fuerzas internas- el árbol hermoso tremaba de vida... Lo sentí de pronto, toda estremecida, y apreté las piernas y posé, entreabiertos, los labios en llama sobre la vellosa nuca de la rama.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:40 PM   0 comments
Pierre Louys -Le desir-
Le desir
Pierre Louys (1870-1925)

Elle entra, et passionnement, les yeux fermes a demi, elle unit ses levres aux miennes et nos langues se connurent... Jamais il n'y eut dans ma vie un baiser comme celui-la.

Elle etait debout contre moi, toute en amour et consentante. Un de mes genoux, peu a peu, montait entre ses cuisses chaudes qui cedaient comme pour un amant.

Ma main rampante sur sa tunique cherchait a deviner le corps derobe, qui tour a tour onduleux se pliait, ou cambre se raidissait avec des fremissements de la peau.

De ses yeux en delire elle designait le lit; mais nous n'avions pas le droit d'aimer avant la ceremonie des noces, et nous nous separames brusquement.


El deseo

Ella entró, y apasionadamente, los ojos cerrados, unió sus labios a los míos y nuestras lenguas se conocieron... Nunca hubo en mi vida un beso como aquél.

Ella estaba de pie contra mí, toda amorosa y complaciente. Una de mis rodillas, poco a poco, se colocó entre sus muslos cálidos, que cedieron como para un amante.

Mi mano deslizándose sobre su túnica, buscaba adivinar el cuerpo desnudo que curva a curva ondulante se plegaba, donde se combaba, se atiesaba con los roces de la piel.

Con sus ojos en delirio, designaba el lecho, pero no teníamos el derecho de amarnos antes de la ceremonia de nupcias y nos separamos bruscamente.

Versión de L.S

Libellés :

posted by Alfil @ 2:38 PM   1 comments
Pierre Louys -L'amie mariee-
L'amie mariee
Pierre Louys (1870-1925)

Nos meres etaient grosses en meme temps et ce soir elle s'est mariee, Melissa, ma plus chere amie. Les roses sont encore sur la route; les torches n'ont pas fini de bruler.

Et je reviens par le meme chemin, avec maman, et je songe. Ainsi, ce qu'elle est aujourd'hui, moi aussi j'aurais pu l'etre. Suis-je deja si grande fille?

Le cortege, les flutes, le chant nuptial et le char fleuri de l'epoux, toutes ces fetes, un autre soir, se derouleront autour de moi, parmi les branches d'olivier.

Comme a cette heure-meme Melissa, je me devoilerai devant un homme, je connaitrai l'amour dans la nuit, et plus tard des petits enfants se nourriront a mes seins gonfles...


La amiga recién casada

Esta tarde casó Melisa, mi mejor amiga. Era propicio el signo: nuestras madres se hallaban encintas. En la ruta del cortejo no se han marchitado aún las rosas; brilla aún en las antorchas la llama nupcial.

Deshago el camino con mi madre, y sueño, sueño... Tal como ella fue hoy, pudiera serlo yo. ¿Acaso no florece mi infancia en pubertad?

Ese mismo fastuoso cortejo, las flautas, los aires nupciales y el carro florido del esposo, la pompa y la fiesta -una tarde- será todo para mí, por mí, entre los gajos de olivo.

Y así como a esta hora Melisa se muestra desnuda ante un hombre, yo dejaré caer mis velos, y habré de saber, en la noche perfumada y atónita, qué es el amor. Y más tarde, quizá, ansiosos pequeñines mamarán de mis pródigos senos.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:36 PM   0 comments
Pierre Louys -Les confidences-
Les confidences
Pierre Louys (1870-1925)

Le lendemain, je suis allée chez elle, et nous avons rougi dès que nous nous sommes vues. Elle m'a fait entrer dans sa chambre pour que nous fussions toutes seules.

J'avais beaucoup de choses à lui dire; mais en la voyant j'oubliai. Je n'osais pas même me jeter à son cou, je regardais sa ceinture haute.

Je m'étonnais que rien n'eût changé sur son visage, qu'elle semblât encore mon amie et que cependant, depuis la veille, elle eût appris tant de choses qui m'effarouchaient.

Soudain je m'assis sur ses genoux, je la pris dans mes bras, je lui parlai à l'oreille vivement, anxieusement. Alors elle mit sa contre la mienne, et me dit tout.


Las confidencias

A la siguiente mañana fui a su casa. Tímidas amapolas, las mejillas en brasa. Y para estar a solas me hizo entrar a su alcoba, muy ufana.

¡Tenía por preguntarle tantas cosas! Pero al mirar su cíngulo ceñido a la altura de las nuevas esposas, ¡por las diosas! sufrí total olvido y no osé ni abrazar su cuello erguido.

No ver cambio indiscreto en su rostro me llenaba de asombro. Todavía era mi amiga fiel, me parecía. Pero desde la víspera nupcial, ese secreto que me llenaba de susto reprimido, mi amiga habría aprendido.

Súbito, me senté en su regazo; en redor de su cuello puse el brazo, y murmuré a su oído como vivaz epodo, las preguntas ansiosas. Entonces ella, con las mejillas juntas, ruborosas, entonces ella me lo dijo todo.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:34 PM   0 comments
Pierre Louys -La chevelure-
La chevelure
Pierre Louys (1870-1925)

Il m'a dit: "Cette nuit, j'ai rêvé. J'avais ta chevelure autour de mon cou. J'avais tes cheveux comme un collier noir Autour de ma nuque et sur ma poitrine."

"Je les caressais, et c'étaient les miens; Et nous étions liés pour toujours ainsi, Par la même chevelure, la bouche sur la bouche, Ainsi que deux lauriers n'ont souvent qu'une racine."

"Et peu à peu, il m'a semblé. Tant nos membres étaient confondus, Que je devenais toi-même, Ou que tu entrais en moi comme mon songe."

Quand il eut achevé, Il mit doucement ses mains sur mes épaules, Et il me regarda d'un regard si tendre, Que je baissai les yeux avec un frisson.


La cabellera

Me dijo: "Anoche tuve un sueño... sentía alrededor de mi cuello tus cabellos como un negro collar sobre mi pecho".

"Los acariciaba... eran los míos. Y estábamos ligados para siempre así, por una misma cabellera; con las bocas unidas, tal como dos laureles, a menudo, sólo una raíz tienen."

"Me parecía que, lentamente,los miembros de tal modo confundidos, yo era tú misma, que tú estabas en mí; ése fue el sueño."

Cuando el relato terminó, las manos suavemente posó sobre mis hombros. Me miraba, tiernos los ojos, con amor tan hondo, que yo bajé los míos estremecida.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:32 PM   0 comments
Pierre Louys -La lettre perdue-
La lettre perdue
Pierre Louys (1870-1925)

Helas sur moi! j'ai perdu sa lettre. Je l'avais mise entre ma peau et mon strophion, sous la chaleur de mon sein. J'ai couru, elle sera tombee.

Je vais retourner sur mes pas: si quelqu'un la trouvait, on le dirait a ma mere et je serais fouettee devant mes soeurs moqueuses.

Si c'est un homme qui l'a trouvee il me la rendra; ou meme, s'il veut me parler en secret je sais le moyen de la lui ravir.

Si c'est une femme qui l'a lue, o Dzeus Gardien, protege-moi! car elle le dira a tout le monde, ou elle me prendra mon amant.


La carta perdida

¡Ay de mí! He perdido su carta. La había puesto entre el estrofión y la piel, al calor del seno. Pero, he corrido y ha debido perdérseme.

Desandaré el camino para buscarla, pues si alguien la encontrase, la llevaría a mi madre, y ésta me azotaría ante la burla de mis hermanas.

Si la hallase un hombre, me la devolvería, y tal vez intentaría hablarme en secreto. En ese caso, creo saber la manera de arrebatársela.

Pero, si es una mujer quien la ha leído, ¡oh, Zeus guardián, protégeme! Porque lo contará a todo el mundo, o me birlará a mi amante.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:30 PM   0 comments
Pierre Louys -La coupe-
La coupe
Pierre Louys (1870-1925)

Lykas m'a vue arriver, seulement vetue d'une exomis succincte, car les journees sont accablantes; il a voulu mouler mon sein qui restait a decouvert.

Il a pris de l'argile fine, petrie dans l'eau fraiche et legere. Quand il l'a serree sur ma peau, j'ai pense defaillir tant cette terre etait froide.

De mon sein moule, il a fait une coupe, arrondie et ombiliquee. Il l'a mise secher au soleil et l'a peinte de pourpre et d'ocre en pressant des fleurs tout autour.

Puis nous sommes alles jusqu'a la fontaine qui est consacree aux nymphes, et nous avons jete la coupe dans le courant, avec des tiges de giroflees.


La copa

Lykas me vio llegara campo abierto,vestida con una exómida de esclavaque me dejaba un seno descubierto. Luego él quiso mi seno moldear.

Hiñó en cercana fuente cristalina un puñado de arcilla suave y fina y lo aplicó a mi piel, que acariciaba la arcilla dúctil; mas, tan fría estaba... Me sentí desmayar.

Una copa redonda, umbilicada,con forma de mi carne moldeada puso a secar al sol. La decoró después en un diseño de púrpuras y de ocres, con beleño y con rojo ababol.

Fuimos luego a la fuente que surge por ahí, a las ninfas campestres consagrada, y en su clara corriente arrojamos la copa, ya colmada con flores de alelí.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:28 PM   0 comments
Pierre Louys -La nuit-
La nuit
Pierre Louys (1870-1925)

C'est moi maintenant qui le recherche. Chaque nuit, tres doucement, je quitte la maison, et je vais par une longue route, jusqu'a sa prairie, le regarder dormir.

Quelquefois je reste longtemps sans parler, heureuse de le voir seulement, et j'approche mes levres des siennes, pour ne baiser que son haleine.

Puis tout a coup je m'etends sur lui. Il se reveille dans mes bras, et il ne peut plus se relever car je lutte! Il renonce, et rit, et m'etreint. Ainsi nous jouons dans la nuit.

Premiere aube, o clarte mechante, toi deja! En quel antre toujours nocturne, sur quelle prairie souterraine pourrons-nous si longtemps aimer, que nous perdions ton souvenir...


La noche

Ahora soy yo quien lo busca. Todas las noches, en sigilo, salgo de casa, y por la fasca senda voy al campo tranquilo para contemplarlo dormir.

Sin una palabra decirme quedo allí por largo instante, dichosa al poder acercar mis labios hasta su semblante, por sólo su aliento besar.

Me extiendo sobre él, de pronto; despierta en mis brazos el tonto; y al no poderse levantar, renuncia a la lid; y cual gamos toda la noche así jugamos.

¡Ah, malvada claridad diurna!, aurora cruel, ¿ya has llegado? ¿En qué gruta siempre nocturna, o en algún subterráneo prado, puede Amor haber olvidado tu remembranza taciturna?

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:26 PM   0 comments
Pierre Louys -Le tombeau des Naiades-
Le tombeau des Naiades
Pierre Louys (1870-1925)

Le long du bois couvert de givre, je marchais; mes cheveux devant ma bouche se fleurissaient de petits glacons, et mes sandales etaient lourdes de neige fangeuse et tassee.

Il me dit: "Que cherches-tu? --Je suis la trace du satyre. Ses petits pas fourchus alternent comme des trous dans un manteau blanc." Il me dit: "Les satyres sont morts."

"Les satyres et les nymphes aussi. Depuis trente ans il n'a pas fait un hiver aussi terrible. La trace que tu vois est celle d'un bouc. Mais restons ici, ou est leur tombeau."

Et avec le fer de sa houe il cassa la glace de la source ou jadis riaient les naiades. Il prenait de grands morceaux froids, et, les soulevant vers le ciel pale, il regardait au travers.


La tumba de las Náyades

Caminaba por el bosque arropado de escarcha. Mis cabellos, sobre la boca, florecían de carámbanos diminutos. Casi no podía levantar las sandalias por el peso de la nieve fangosa que se les adhería.

Él me dijo: "¿Qué buscas?" Voy siguiendo -le contesté- la pista de un sátiro. Las huellas de sus pequeños cascos hendidos van alternándose como huecos en el níveo manto". Él me dijo: "Los sátiros han muerto.

"Ya murieron los sátiros, y las ninfas también. Hace más de treinta añosque no hacía un invierno tan crudo. Las huellas que ves son las de un macho cabrío. Quedémosnos aquí. Junto está la tumba".

Con su azada quebró el hielo del manantial en donde, en otro tiempo, reían las náyades. Cogió luego grandes pedazos de hielo y, alzándolos a los ojos, miraba... miraba al trasluz el cielo pálido.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:24 PM   0 comments
Pierre Louys -Les seins de Mnasidika-
Les seins de Mnasidika
Pierre Louys (1870-1925)

Avec soin, elle ouvrit d'une main sa tuniqueet me tendit ses seins tiedes et doux, ainsi qu'on offre a la deesse une paire de tourterelles vivantes.

"Aime-les bien", me dit-elle; je les aime tant! Ce sont des cheris, des petits enfants. Je m'occupe d'eux quand je suis seule. Je joue avec eux; je leur fais plaisir.

Je les lave avec du lait. Je les poudreavec des fleurs. Mes cheveux fins qui lesessuient sont chers a leurs petits bouts. Je les caresse en frissonnant. Je les couche dans de la laine.

"Puisque je n'aurai jamais d'enfants, sois leur nourrisson, mon amour; et, puisqu'ils sont si loin de ma bouche,donne-leur des baisers de ma part."


Los senos de Mnasidika

Dulce, blandamente la túnica abrió; y como se llevan al ara de un dios vívidas palomas de terso plumón, con su mano leve los senos me dió.

-Ámalos -me dijo-con igual pasión con que yo los amo: son niños en flor. A ellos me entrego cuando sóla estoy; arrullos y mimos sé para los dos.

Con leche los bañoy rayos de sol; y son mis cabellos el lino mejor que calca y enjuaga su rojo botón. Entre finas lanas triunfa su primor; yo los acaricio con trémula voz.

"Como en mis entrañas nunca habrá un dolor, sé tú el pequeñuelo, busca su pezón. Y como besarlos jamás podré yo, dáles en mi nombre mil besos de amor."

Versión de Carlos López Narváez

Libellés :

posted by Alfil @ 2:22 PM   1 comments
Pierre Louys -Les trois amants-
Les trois amants
Pierre Louys (1870-1925)

Le premier me donna un collier, un collier de perles qui vaut une ville, avec les palais et les temples, et les trésors et les esclaves.

Le second fit pour moi des vers. Il disait que mes cheveux sont noirs comme ceux de la nuit et mes yeux bleus comme ceux du matin.

Le troisième était si beau que sa mère ne l'embrassait pas sans rougir. Il mit ses mains sur mes genoux, et ses lèvres sur mon pied nu.

Toi, tu ne m'as rien dit. Tu ne m'as rien donné, car tu est pauvre. Et tu n'est pas beau, mais c'est toi que j'aime.


Los tres amantes

El primer amante me ciñó un collar de perlas nacidas en ignoto mar; con él, un palacio y esclavas sin par y un templo y un trono pudiera comprar.

El segundo amante dijo en mi loor: -Si de tus cabellos el negro esplendor desatas, la noche se esparce en redor; y de tus azules ojos al fulgor la mañana enciende su primer albor.

El tercer amante -lo tuve hasta ayer- de toda hermosura tenía en su ser; tan solo mirarlo era ya un placer que aún a su madre hacía estremecer... Su frente, su boca -tibio rosicler- sobre mis rodillas venía a poner.

Tú, nada me dices; tú, nada me das: ni joyas, ni versos, ni es bella tu faz; nunca fina clámide ceñiste quizás... Sin embargo, túya siempre me verás cual los tres amantes me vieran jamás.

Versión de Carlos López Narváez

Libellés :

posted by Alfil @ 2:20 PM   0 comments
Pierre Louys -Paroles maternelles-
Paroles maternelles
Pierre Louys (1870-1925)

Ma mere me baigne dans l'obscurite, elle m'habille au grand soleil et me coiffe dans la lumiere; mais si je sors au clair de lune, elle serre ma ceinture et fait un double noeud.

Elle me dit: "Joue avec les vierges, danse avec les petits enfants; ne regarde pas par la fenetre; fuis la parole des jeunes hommes et redoute le conseil des veuves.

"Un soir, quelqu'un, comme pour toutes, te viendra prendre sur le seuil au milieu d'un grand cortege de tympanons sonores et de flutes amoureuses."

"Ce soir-la, quand tu t'en iras, Bilito, tu me laisseras trois gourdes de fiel: une pour le matin, une pour le midi, et la troisieme, la plus amere, la troisieme pour les jours de fete."


Palabras maternales

Me baña mi madre en la oscuridad, me viste a cielo abierto y me peina al sol. Mas, si voy a salir en noches claras de luna, me ciñe más el cíngulo y le hace doble nudo.

Y me ha dicho: "Juega con las vírgenes; danza con los niños; mas no te asomes nunca a la ventana, ni escuches requiebros de mancebos; y duda, duda mucho de consejos de viudas".

"Una tarde, pequeña, como a todas, alguno vendrá a llevarte en medio de fastuoso cortejo, de timbales sonoros y de amorosas flautas".

"Esa tarde, cuando te vayas, Bilitis mía, me dejarás tres odrezuelos de hiel: uno para la mañana, otro para el mediodía; y el tercero, el de más amargo sabor, el tercero será para los días de fiesta".

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:18 PM   0 comments
Pierre Louys -Les remords-
Les remords
Pierre Louys (1870-1925)

D'abord je n'ai pas repondu, et j'avais la honte sur les joues, et les battements de mon coeur faisaient mal a mes seins.

Puis j'ai resiste, j'ai dit: "Non. Non." J'ai tourne la tete en arriere et le baiser n'a pas franchi mes levres, ni l'amour mes genoux serres.

Alors il m'a demande pardon, il m'a embrasse les cheveux, j'ai senti son haleine brulante, et il est parti... Maintenant je suis seule.

Je regarde la place vide, le bois desert, la terre foulee. Et je mords mes poings jusqu'au sang et j'etouffe mes cris dans l'herbe.


Remordimiento

Me quedé muda, en mi delirio; mi corazón latía convulso; y el batir loco de mi pulso era en mis senos un martirio,vivo rubor en mis mejillas.

Gemía "no, no", al resistir. No pudieron lograr el beso sus labios, ni su amor obseso franqueó con rudo insistir la barrera de mis rodillas.

Perdón, después, él me ha pedido. Besó mis cabellos; su aliento quemaba mi rostro encendido. Y luego partió... Sólo el viento suaviza mi aflicción acerba. Vacío contemplo el sendero.

La selva, sin vida, desierta; la hollada pradera está yerta... Y en sangre mis puños lacero y ahogo mi llanto en la hierba.

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:16 PM   0 comments
Pierre Louys -Roses du soir-
Roses du soir
Pierre Louys (1870-1925)

Dès que la nuit monte au ciel, le monde est à nous, et aux dieux. Nous allons des champs à la source, des bois obscurs aux clairières, où nous mènent nos pieds nus.

Les petites étoiles brillent assez pour les petites ombres que nous sommes. Quelquefois, sous les branches basses, nous trouvons des biches endormies.

Mais plus charmant la nuit que toute autre chose, il est un lieu connu de nous seuls et qui nous attire à travers la forêt : un buisson de roses mystérieuses.

Car rien n'est divin sur la terre à l'égal du parfum des roses dans la nuit. Comment se fait-il qu'au temps où j'étais seule je ne m'en sentais pas enivrée.


Rosas en la noche

Cuando la noche va cubriendo el cielo, el mundo es nuestro... y de los dioses. Él y yo erramos de las campiñas a la fuente, de la umbrosa arboleda a los sitios abiertos, dondequiera nos conducen nuestros desnudos pies.

Las estrellas, pequeñitas, dan claridad suficiente para columbrar las esfumadas, breves sombras que somos. A veces, en el sigilo de la fronda baja, logramos sorprender una cierva dormida.

Más lleno de encanto, en la noche, que otro lugar o cosa alguna, es un sitio sólo por nosotros conocido, que irresistiblemente nos atrae a través de la selva: un misterioso matorral, florecido de rosas.

Nada iguala en la tierra al perfume de las rosas en la noche. Antes, cuando vagaba sola, ¿por qué no me exaltaría?

Versión de Enrique Uribe White

Libellés :

posted by Alfil @ 2:14 PM   0 comments
Pierre Louys -Le dernier amant-
Le dernier amant
Pierre Louys (1870-1925)

Enfant, ne passe pas sans m'avoir aimee. Je suis encore belle, dans la nuit; tu verras combien mon automne est plus chaud que le printemps d'une autre.

Ne cherche pas l'amour des vierges. L'amour est un art difficile ou les jeunes filles sont peu versees. Je l'ai appris toute ma vie pour le donner a mon dernier amant.

Mon dernier amant, ce sera toi, je le sais. Voici ma bouche, pour laquelle un peuple a pali de desir. Voici mes cheveux, les memes cheveux que Psappha la Grande a chantes.

Je recueillerai en ta faveur tout ce qu'il m'est reste de ma jeunesse perdue. Je brulerai les souvenirs eux-memes. Je te donnerai la flute de Lykas, la ceinture de Mnasidika.


Último amante

Mancebo, no pases de largo sin gustar mi amor:desnuda en la noche, mi carne recobra esplendor; más sabio y feliz que cualquiera frágil primavera, mi otoño te entrega su ardor.

No esperes placer de las vírgenes: ese arte sutillo ignoran ingenuas doncellas, no es cosa de abril. Viviendo su rlto constante, al último amantedar quiero la esencia febril.

Mi último amante ha llegado: eres tú, doncel.Toma, pues, mis labios -cisterna de ansioso tropel, y toma también mis cabellos que aún guardan ellosde Safo divina la miel.

Tendrás de mis cálidas vides el jugo mejor;aún los más hondos recuerdos quemaré en tu honor. Serán tuyas mis joyas más ricas, la flauta de Lykasy de Nasdyka el ceñidor.

Versión de Carlos López Narváez

Libellés :

posted by Alfil @ 2:12 PM   0 comments
Pierre Louys -Au vaisseau-
Au vaisseau
Pierre Louys (1870-1925)

Beau navire qui m'as menee ici, le long des cotes de l'Ionie, je t'abandonne aux flots brillants, et d'un pied leger je saute sur la greve.

Tu vas retourner au pays ou la vierge est l'amie des nymphes. N'oublie pas de remercier les conseilleres invisibles, et porte-leur en offrande ce rameau cueilli par mes mains.

Tu fus pin, et sur les montagnes, le vaste Notos enflamme agitait tes branches epineuses, tes ecureuils et tes oiseaux.

Que le Boreus maintenant te guide, et te pousse mollement vers le port, nef noire escortee des dauphins au gre de la mer bienveillante.


Al navío

Bello navío que hasta aquí me has traído, a través de las costas de Jonia, yo te he abandono a las olas radiantes y con ligero pie brinco a la playa.

Tu regresaras al país donde la virgen es amiga de las ninfas. No olvides agradecer a los invisibles consejeros y llévale en señal de ofrenda este ramo cogido por mis manos.

Tu que pino fuiste, y sobre las montañas, el inmenso Notos enardecido sacudía tus ramas espinosas, tus ardillas y tus avecillas.

Que el Boreas te conduzca ahora, y te impulse suavemente, suavemente hacia el puerto, nave negra de delfines escoltada, al capricho de la mar favorecedora.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 2:10 PM   0 comments
Pierre Louys -Psappha-
Psappha
Pierre Louys (1870-1925)

Je me frotte les yeux... Il fait deja jour, je crois. Ah! qui est aupres de moi?... une femme?... Par la Paphia, j'avais oublie... O Charites! que je suis honteuse.

Dans quel pays suis-je venue, et quelle est cette ile-ci ou l'on entend ainsi l'amour? Si je n'etais pas ainsi lassee, je croirais a quelque reve... Est-il possible que ce soit la Psappha!

Elle dort... Elle est certainement belle, bien que ses cheveux soient coupes comme ceux d'un athlete. Mais cet etrange visage, cette poitrine virile et ces hanches etroites...

Je veux m'en aller avant qu'elle ne s'eveille. Helas! je suis du cote du mur. Il me faudra l'enjamber. J'ai peur de froler sa hanche et qu'elle ne me reprenne au passage.


Psafa

Yo los ojos me refriego...hace ya tiempo que es de día, yo creo. Ah! ¿Quién está a mi lado? ¿Una mujer?...Por la Psafa, lo había olvidado... ¡Oh gracias!, que tímida soy.

¿A que pueblo he llegado yo, y que isla es ésta en donde el amor así se concibe? Si yo no estuviera tan fatigada, yo juzgaría que esto es un sueño ¡Es posible que ella sea la Psafa!

Ella sigue envuelta en sueños...es en verdad hermosa, aunque sus cabellos esté cortados como los de un atleta, mas este desconocido rostro, este pecho viril, estas caderas estrechas...

Yo quiero marcharme antes de que ella se despierte, ¡ay de mí! estoy del lado de la pared. Me será forzoso pasar por arriba. Tengo miedo de lastimar su cadera y que ella no me reprenda al pasar.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 2:08 PM   0 comments
Pierre Louys -La danse de Glotis et de Kyse-
La danse de Glotis et de Kyse
Pierre Louys (1870-1925)

Deux petites filles m'ont emmenee chez elles, et des que la porte fut fermee, elles allumerent au feu la meche de la lampe et voulurent danser pour moi.

Leurs joues n'etaient pas fardees, aussi brunes que leurs petits ventres. Elles se tiraient par les bras et parlaient en meme temps, dans une agonie de gaiete.

Assises sur leur matelas que portaient deux treteaux eleves, Glottis chantait a voix aigue et frappait en mesure ses petites mains sonores.

Kyse dansait par saccades, puis s'arretait, essoufflee par le rire, et, prenant sa soeur par les seins, la mordait a l'epaule et la renversait, comme une chevre qui veut jouer.


La danza de Glotis y Kise

Dos muchachas me han llevado a su morada, y desde que la puerta se cerró iluminaron el cuarto, con el fuego de la lámpara y pretendieron bailar conmigo.

Sus mejillas no estaban maquilladas, tan oscuras como sus pequeños vientres eran. Se apresaban por los brazos y simultáneamente conversaban, en una agonía de gozo.

Sentada en un colchón, Glotis con voz suave cantaba y chocaba, rítmicamente sus menudas manos sonoras.

Kyse danzaba agitada, pronto se detenía sofocada por la risa y tomaba a su hermana por los pechos, le mordía la espalda y al reverso la tornaba, como una cabra que quisiera retozar.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 2:06 PM   0 comments
Pierre Louys -L'incertitude-
Les conseils
Pierre Louys (1870-1925)

Alors Syllikhmas est entree, et nous voyant si familieres, elle s'est assise sur le banc. Elle a pris Glottis sur son genou, Kyse sur l'autre et elle a dit:

"Viens ici, petite." Mais je restais loin. Elle reprit: "As-tu peur de nous?" Approche-toi: ces enfants t'aiment. Elles t'apprendront ce que tu ignores: le miel des caresses de la femme.

"L'homme est violent et paresseux. Tu le connais, sans doute. Hais-le. Il a la poitrine plate, la peau rude, les cheveux ras, les bras velus. Mais les femmes sont toutes belles."

"Les femmes seules savent aimer; reste avec nous, Bilitis, reste. Et si tu as une ame ardente, tu verras ta beaute comme dans un miroir sur le corps de tes amoureuses."


Los consejos

A la sazón Sylikmas ha entrado, y al vernos, tan familiares a nosotras, se ha sentado sobre un banco. Ha sentado a Glotis sobre una de sus rodillas, y a Kyse sobre la otra y ha dicho:

"Ven aquí pequeña" mas yo no me acercaba, ella continuó: "¡tienes tu miedo de nosotras!" acércate: estas chiquillas te aman. Te instruirán en aquello que tu desconoces: la miel de las caricias de una mujer.

"El varón es violento y holgazán, sin duda tu le conoces. Míralo, tiene el pecho plano, áspera la piel, cortos los cabellos, velludos los brazos. Y las mujeres son todas hermosas.

"Las mujeres solas saben amar; permanece con nosotras. Bilitis quédate. Y si tu tienes un alma fogosa, tu verás tu belleza como en un espejo sobre el cuerpo de tu enamorada"

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 2:04 PM   0 comments
Pierre Louys -L'incertitude-
L'incertitude
Pierre Louys (1870-1925)

De Glottis ou de Kyse je ne sais qui j'epouserai. Comme elles ne se ressemblent pas, l'une ne me consolerait pas de l'autre et j'ai peur de mal choisir.

Chacune d'elles a l'une de mes mains, l'une de mes mamelles aussi. Mais a qui donnerai-je ma bouche? a qui donnerai-je mon coeur et tout ce qu'on ne peut partager?

Nous ne pouvons rester ainsi toutes les trois dans la meme maison. On en parle dans Mytilene. Hier, devant le temple d'Ares, une femme ne m'a pas dit: "Salut!"

C'est Glottis que je prefere; mais je ne puis repudier Kyse. Que deviendrait-elle toute seule? Les laisserai-je ensemble comme elles etaient et prendrai-je une autre amie?


La duda

Entre Glotis y Kysè no sé a cuál elegiría. Como no se parecen, una no me consolaría de la otra y tengo el temor de escoger mal.

Cada una de ellas puede tomar una de mis manos uno de mis senos. ¿Pero a cuál de ellas daría mi boca? ¿A cuál mi corazón y todo aquello que no se puede dividir?

Es vergonzoso que continuemos las tres en la misma casa. Ya se habla de ello en Mitilena. Ayer, ante el templo de Ares, una mujer que pasaba me negó el saludo.

Prefiero a Glotis., pero no puedo repudiar a Kysè. ¿Qué sería de ella completamente sola? Las dejaré como están y buscaré otra amiga.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 2:02 PM   0 comments
Pierre Louys -La rencontre-
La rencontre
Pierre Louys (1870-1925)

Je l'ai trouvee comme un tresor, dans un champ, sous un buisson de myrte, enveloppee de la gorge aux pieds dans un peplos jaune brode de bleu.

"Je n'ai pas d'amie", m'a-t-elle dit; car la ville la plus proche est a quarante stades d'ici. Je vis seule avec ma mere qui est veuve et toujours triste. Si tu veux, je te suivrai.

"Je te suivrai jusqu'a ta maison, fut-elle de l'autre cote de l'ile et je vivrai chez toi jusqu'a ce que tu me renvoies. Ta main est tendre, tes yeux sont bleus."

"Partons. Je n'emporte rien avec moi, que la petite Aphrodite qui est pendue a mon collier. Nous la mettrons pres de la tienne, et nous leur donnerons des roses en recompense de chaque nuit."


El encuentro

Semejante a un tesoro, la encontré en la campiña bajo una cerca de mirtos, envuelta desde el cuello hasta los pies, con una túnica amarilla, de azul, bordada.

"No tengo amiga", me dijo, "puesto que el pueblo más cercano, a cuarenta millas está. Vivo sola, con mi madre viuda y eternamente triste. Si deseas, te seguiré.

Te seguiré aún hasta tu propia morada, aunque esté al otro lado de la isla, y yo viviré bajo tu techo hasta que de regreso tu me envíes. Tu mano es tierna, y tus ojos azules.

Vayamos juntas! Yo no traigo nada conmigo, sólo esta pequeña Astarté desnuda que llevo en mi lazo. La colocaremos cerca de la tuya y le pondremos rosas por cada noche de recompensa.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 2:00 PM   0 comments
Pierre Louys -La petite Aphrodite de terre cuite-
La petite Aphrodite de terre cuite
Pierre Louys (1870-1925)

La petite Aphrodite gardienne qui protege Mnasidika fut modelee a Camiros par un potier fort habile. Elle est grande comme le pouce, et de terre fine et jaune.

Ses cheveux retombent et s'arrondissent sur ses epaules etroites. Ses yeux sont longuement fendus et sa bouche est toute petite. Car elle est la Tres-Belle.

De la main droite, elle designe sa divinite, qui est criblee de petits trous sur le bas-ventre et le long des aines. Car elle est la Tres-Amoureuse.

Du bras gauche elle soutient ses mamelles pesantes et rondes. Entre ses hanches elargies se gonfle un ventre feconde. Car elle est la Mere-de-toutes-choses.


La pequeña Astarte de tierra cocida

La minúscula Astarte, vigilante que resguarda a Mnsasidika, fue moldeada en Camiros por un diestro artesano. Es grande como el pulgar, y de exquisita tierra dorada.

Sus cabellos caen y se encrespan. Sobre su estrecha espalda. Sus ojos son amplios y su boca es diminuta. Pues ella es la Muy Hermosa.

Con la mano derecha, se proyecta su triángulo, que está acribillado de pequeños orificios. Sobre el vientre y a lo largo de las ingles. Pues ella es la Muy Amorosa.

Son el brazo izquierdo, sostiene sus pechos redondos graves y encima de sus caderas vastas. Se hincha un vientre fecundo. Pues ella la Madre de Todas las Cosas.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:58 PM   0 comments
Pierre Louys -Les noces-
Les noces
Pierre Louys (1870-1925)

Le matin, on fit le repas de noces, dans la maison d'Acalanthis qu'elle avait adoptee pour mere. Mnasidika portait le voile blanc et moi la tunique virile.

Et ensuite, au milieu de vingt femmes, elle a mis ses robes de fete. On l'a parfumee de bakkaris, on l'a poudree de poudre d'or, on lui a ote ses bijoux.

Dans sa chambre pleine de feuillages, elle m'a attendue comme un epoux. Et je l'ai emmenee sur un char entre moi et la nymphagogue, et les passants nous acclamaient. On a chant

e le chant nuptial; les flutes ont chante aussi. J'ai emporte Mnasidika sous les epaules et sous les genoux, et nous avons passe le seuil couvert de roses.


Las bodas

Por la mañana, celebramos la comida de bodas en casa de Acalanthis, a la que ella había adoptado como madrina. Mnasidika llevaba blanco velo y yo la túnica viril.

Después, rodeada de veinte mujeres se puso su traje de fiesta. Perfumada con bakkaris, empolvada con oro, su piel fresca y nerviosa atraía manos furtivas.

Me esperó, como se espera a un esposo, en su cámara adornada de ramajes. Yo la llevé hasta el carro, colocándola entre mí y la sacerdotisa. Uno de sus pechitos ardía en mi mano.

Se han entonado los cantos nupciales. Han sonado las flautas. Pasando mis brazos bajo sus hombros y rodillas traspusimos el umbral cubierto de rosas.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:56 PM   0 comments
Pierre Louys -Le passe qui survit-
Le passe qui survit
Pierre Louys (1870-1925)

Je laisserai le lit comme elle l'a laisse, defait et rompu, les draps meles, afin que la forme de son corps reste empreinte a cote du mien.

Jusqu'a demain je n'irai pas au bain, je ne porterai pas de vetements et je ne peignerai pas mes cheveux, de peur d'effacer les caresses.

Ce matin, je ne mangerai pas, ni ce soir, et sur mes levres je ne mettrai ni rouge ni poudre, afin que son baiser demeure.

Je laisserai les volets clos et je n'ouvrirai pas la porte, de peur que le souvenir reste ne s'en aille avec le vent.


¡Que no se borre el recuerdo!

Dejaré el lecho como ella lo ha dejado, deshecho, hundido, con las ropas revueltas, para que la forma de su cuerpo quede impresa junto a la del mío.

Hasta mañana no iré al baño, no me vestiré ni peinaré mis cabellos, por no borrar sus caricias.

Hoy no comeré, ni mañana ni tarde, ni pondré sobre mis labios carmín de polvos, para que en ellos permanezcan sus besos.

Dejaré las ventanas cerradas y no abriré la puerta por temor a que el viento arrastre los recuerdos guardados.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:54 PM   0 comments
Pierre Louys -La metamorphose-
La metamorphose
Pierre Louys (1870-1925)

Je fus jadis amoureuse de la beaute des jeunes hommes, et le souvenir de leurs paroles, jadis, me tint eveillee.

Je me souviens d'avoir grave un nom dans l'ecorce d'un platane. Je me souviens d'avoir laisse un morceau de ma tunique dans un chemin ou passait quelqu'un.

Je me souviens d'avoir aime... O Pannychis, mon enfant, en quelles mains t'ai-je laissee? comment, o malheureuse, t'ai-je abandonnee?

Aujourd'hui Mnasidika seule, et pour toujours, me possede. Qu'elle recoive en sacrifice le bonheur de ceux que j'ai quittes pour elle.


La metamorfosis

En otro tiempo fui cautivada por la belleza de los jóvenes y la evocación de sus palabras. En otro tiempo me mantuvo en vilo.

Recuerdo alguna vez haber grabado un nombre en la corteza de un plátano. Recuerdo haber dejado un pedazo de mi vestidura en un camino donde alguien transitaba

Recuerdo haber amado...¡oh Pannychis. Mi hijo!, ¿en que manos te abandoné? ¿Cómo oh maldición yo te he abandonado?

Hoy Mnasidika sola y para siempre me ha poseído. Que recoja pues ella en sacrificio la felicidad de aquellos que yo he dejado por ella.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:52 PM   0 comments
Pierre Louys -Le tombeau sans nom-
Le tombeau sans nom
Pierre Louys (1870-1925)

Mnasidika m'ayant prise par la main me mena hors des portes de la ville, jusqu'a un petit champ inculte ou il y avait une stele de marbre. Et elle me dit: "Celle-ci fut l'amie de ma mere."

Alors je sentis un grand frisson, et sans cesser de lui tenir la main, je me penchai sur son epaule, afin de lire les quatre vers entre la coupe creuse et le serpent:

"Ce n'est pas la mort qui m'a enlevee, mais les Nymphes des fontaines. Je repose ici sous une terre legere avec la chevelure coupee de Xantho. Qu'elle seule me pleure. Je ne dis pas mon nom."

Longtemps nous sommes restees debout, et nous n'avons pas verse la libation. Car comment appeler une ame inconnue d'entre les foules de l'Hades?


La tumba sin nombre

Mnasidika me ha tomado de la mano, me ha llevado hasta un pequeño campo yermo fuera de las puertas de la ciudad, allí había el rastro de mármol de una lápida. Y ella me ha dicho: "Aquí está la amiga de mi madre."

Entonces he sentido un gran estremecimiento y sin dejar de tomar su mano, me he prendido a su espalda para leer los cuatro versos que allí se veían, entre la tumba cavada y la serpiente:

"No es la muerte que me ha llevado, sino las ninfas de las fuentes. Descanso aquí bajo tierra leve, junto la cabellera cortada de Xanto. Ella sola me llora. Yo no digo mi nombre."

Largo tiempo hemos permanecido de pie, en el lugar. Y no hemos derramado la libación. Pues... ¿Cómo llamar a un alma anónima de entre las multitudes del Hades?

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:50 PM   0 comments
Pierre Louys -Les trois beautes de Mnasidika-
Les trois beautes de Mnasidika
Pierre Louys (1870-1925)

Pour que Mnasidika soit protegee des dieux, j'ai sacrifie a l'Aphrodita-qui-aime-les-sourires, deux lievres males et deux colombes.

Et j'ai sacrifie a l'Ares deux coqs armes pour la lutte et a la sinistre Hekata deux chiens qui hurlaient sous le couteau.

Et ce n'est pas sans raison que j'ai implore ces trois Immortels, car Mnasidika porte sur son visage le reflet de leur triple divinite:

Ses levres sont rouges comme le cuivre, ses cheveux bleuatres comme le fer, et ses yeux noirs, comme l'argent.


Las tres bellezas de Mnasidika

Para que Mnasidika sea de los dioses preferida, yo he inmolado a Afrodita, amante de las sonrisas, dos liebres macho y dos palomas.

Y he inmolado a Ares dos gallos dotados para la lucha, y a la siniestra de Hécate, dos perros que aullaban bajo el afilado cuchillo.

Y no es sin motivo que yo he suplicado a estos tres inmortales, pues Mnasidika lleva sobre su rostro de su triple divinidad el reflejo:

sus labios son rojos como el cobre, sus cabellos azulados como el acero, y sus ojos, negros como la plata.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:48 PM   0 comments
Pierre Louys -L'antre des nymphes-
L'antre des nymphes
Pierre Louys (1870-1925)

Tes pieds sont plus delicats que ceux de Thetis argentine. Entre tes bras croises tu reunis tes seins, et tu les berces mollement comme deux beaux corps de colombes.

Sous tes cheveux tu dissimules tes yeux mouilles, ta bouche tremblante et les fleurs rouges de tes oreilles; mais rien n'arretera mon regard ni le souffle chaud du baiser.

Car, dans le secret de ton corps, c'est toi, Mnasidika aimee, qui receles l'antre des nymphes dont parle le vieil Homeros, le lieu ou les naiades tissent des linges de pourpre.

Le lieu ou coulent, goutte a goutte, des sources intarissables, et d'ou la porte du Nord laisse descendre les hommes et ou la porte du Sud laisse entrer les Immortels.


El antro de las ninfas

Tus pies son más delicados que los de la cristalina Tétis. juntas pechos tus entre tus brazos cruzados, y tiernamente les arrullas cual si fueran dos bellos cuerpos de palomas.

Escondes bajo tus cabellos, tus ojos humedecidos, tu boca palpitante y las rojas flores de tus orejas; pero nada detendrá mi mirada, ni el cálido aliento del beso.

Pues en el secreto de tu cuerpo estás tu, amada Mnasidika, que atesoras el antro de las ninfas del que habla el viejo Homero, el lugar donde las náyades tejen las túnicas de púrpura.

El lugar donde gota a gota se precipitan las fuentes inagotables y donde la puerta del Norte, deja descender los hombres y donde la puerta del sur, deja entrar a los inmortales.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:46 PM   0 comments
Pierre Louys -La poupee-
La poupee
Pierre Louys (1870-1925)

Je lui ai donne une poupee, une poupee de cire aux joues roses. Ses bras sont attaches par de petites chevilles, et ses jambes elles-memes se plient.

Quand nous sommes ensemble elle la couche entre nous et c'est notre enfant. Le soir elle la berce et lui donne le sein avant de l'endormir.

Elle lui a tisse trois petites tuniques, et nous lui donnons des bijoux le jour des Aphrodisies, des bijoux et des fleurs aussi.

Elle a soin de sa vertu et ne la laisse pas sortir sans elle; pas au soleil, surtout, car la petite poupee fondrait en gouttes de cire.


La muñeca

Yo le he dado una muñeca, una muñeca de cera con las mejillas rosas. Sus brazos se acoplan por dos pequeñas clavijas y sus piernas, ellas mismas se pliegan.

Cuando estamos juntas, la acuesta entre nosotras y es nuestro hija. Por la tarde la acuna y antes de dormir le da el pecho.

Le ha tejido tres pequeñas prendas y le dimos juguetes el día de las Afroditas, juguetes y flores también.

Ella cela su virtud y no le permite salir sola; nada de sol sobre todo, pues la pequeña muñeca se derretiría en gotas de cera

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:44 PM   0 comments
Pierre Louys -Tendresses-
Tendresses
Pierre Louys (1870-1925)

Ferme doucement tes bras, comme une ceinture, sur moi. O touche, o touche ma peau ainsi! Ni l'eau ni la brise de midi ne sont plus douces que ta main.

Aujourd'hui cheris-moi, petite soeur, c'est ton tour. Souviens-toi des tendresses que je t'ai apprises la nuit derniere, et pres de moi qui suis lasse agenouille-toi sans parler.

Tes levres descendent de mes levres. Tous tes cheveux defaits les suivent, comme la caresse suit le baiser. Ils glissent sur mon sein gauche; ils me cachent tes yeux.

Donne-moi ta main. Qu'elle est chaude! Serre la mienne, ne la quitte pas. Les mains mieux que les bouches s'unissent, et leur passion ne s'egale a rien.


Caricias

Rodea dulcemente tus brazos, como un cinturón alrededor de mí.¡Oh Acaricia!, ¡Oh acaricia mi piel así!. Nada ni el agua ni la brisa del mediodía, son mas dulces que tu mano.

Hoy, querida , pequeña hermana, es tu turno. Evoca las caricias que la noche anterior yo te he enseñado acércate a mí, que estoy fatigada y silenciosamente arrodíllate.

Tus labios descienden de mis labios. Tus cabellos deshechos les siguen, como la caricia sigue al beso. Se deslizan sobre mí pecho derecho; ellos me ocultan tus ojos.

Dame tu mano, es cálida! Aprieta la mía, no la abandones. Las manos mejor que las bocas se unen, y su pasión no se asimila a nada.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:42 PM   0 comments
Pierre Louys -Jeux-
Jeux
Pierre Louys (1870-1925)

Plus que ses balles ou sa poupee, je suis pour elle un jouet. De toutes les parties de mon corps elle s'amuse comme une enfant, pendant de longues heures, sans parler.

Elle defait ma chevelure et la reforme selon son caprice, tantot nouee sous le menton comme une etoffe epaisse, ou tordue en chignon ou tressee jusqu'au bout.

Elle regarde avec etonnement la couleur de mes cils, le pli de mon coude. Parfois elle me fait mettre a genoux et poser les mains sur les draps;

Alors (et c'est un de ses jeux) elle glisse sa petite tete par-dessous et imite le chevreau tremblant qui s'allaite au ventre de sa mere.


Juegos

Para ella soy mas que sus pelotas o su muñeca, un juguete. Con todas las partes de mi cuerpo, ella se recrea como un chiquillo, largas horas, sin hablar.

Ella deshace mi cabellera y la transforma según su deseo, luego la enlaza bajo el mentón a modo de una espesa tela, o tuerce en moño o trenza hasta el principio.

Con fascinación ella observa el color de mis pestañas, el pliegue de mi codo. A veces, me hace poner de rodillas y colocar las manos sobre las sábanas;

Entonces (y este es uno de sus juegos) escurre su cabecita por debajo y simula ser una cabritilla temblando que se halla en el vientre de su madre.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:40 PM   0 comments
Pierre Louys -Penombre-
Penombre
Pierre Louys (1870-1925)

Sous le drap de laine transparent nous nous sommes glissees, elle et moi. Meme nos tetes etaient blotties, et la lampe eclairait l'etoffe au-dessus de nous.

Ainsi je voyais son corps cheri dans une mysterieuse lumiere. Nous etions plus pres l'une de l'autre, plus libres, plus intimes, plus nues. "Dans la meme chemise", disait-elle.

Nous etions restees coiffees pour etre encore plus decouvertes, et dans l'air etroit du lit, deux odeurs de femmes montaient, des deux cassolettes naturelles.

Rien au monde, pas meme la lampe, ne nous a vues cette nuit-la. Laquelle de nous fut aimee, elle seule et moi le pourrions dire. Mais les hommes n'en sauront rien.


Penumbra

Bajo sábanas de lana transparente ella y yo nos deslizábamos. Incluso nuestras cabezas estaban hundidas la lámpara iluminaba la tela sobre nosotras.

De ese modo yo vislumbraba su cuerpo en misteriosa luz. Estábamos cercanas, la una a la otra, íntimas, desnudas. "En la misma túnica", dijo ella.

Permanecimos así, nuestros cabellos en orden para estar más descubiertas, y el bálsamo de dos mujeres se elevó de su naturales incensarios en el estrecho espacio del lecho.

Nadie en este mundo, ni siquiera la lámpara nos vio esa noche. Quien de nosotras era amante solo ella o yo lo podríamos decir. Pero los hombres nunca sabrán nada sobre eso.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:38 PM   0 comments
Pierre Louys -La dormeuse-
La dormeuse
Louise Labé (1525-1566)

Elle dort dans ses cheveux defaits, les mains melees derriere la nuque. Reve-t-elle? Sa bouche est ouverte; elle respire doucement.

Avec un peu de cygne blanc, j'essuie, mais sans l'eveiller, la sueur de ses bras, la fievre de ses joues. Ses paupieres fermees sont deux fleurs bleues.

Tout doucement je vais me lever; j'irai puiser l'eau, traire la vache et demander du feu aux voisins. Je veux etre frisee et vetue quand elle ouvrira les yeux.

Sommeil, demeure encore longtemps entre ses beaux cils recourbes et continue la nuit heureuse par un songe de bon augure.


La durmiente

Ella duerme sus cabellos desbaratados, las manos juntas detrás de la nuca. ¿Sueña ella? Su boca abierta, respirando dulcemente.

Con una pluma blanca yo seco, sin despertarla, la humedad de sus brazos, la fiebre de sus mejillas. Sus párpados cerrados son dos flores azules.

Seguidamente, suavemente, me levanto. Iré a sacar agua, ordeñaré la vaca, y pediré lumbre a los vecinos. Quiero estar peinada y vestida cuando ella despierte.

Entre sus bellas pestañas curvas Morfeo habita aún largo tiempo y la noche se alarga sublime para un sueño de buen augurio.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:36 PM   0 comments
Pierre Louys -Le baiser-
Le baiser
Pierre Louys (1870-1925)

Je baiserai d'un bout a l'autre les longues ailes noires de ta nuque, o doux oiseau, colombe prise dont le coeur bondit sous ma main.

Je prendrai ta bouche dans ma bouche comme un enfant prend le sein de sa mere. Frissonne!... car le baiser penetre profondement et suffirait a l'amour.

Je promenerai mes levres comme du feu, sur tes bras, autour de ton cou, et je ferai tourner sur tes cotes chatouilleuses la caresse etirante des ongles.

Ecoute bruire en ton oreille toute la rumeur de la mer... Mnasidika! ton regard m'importune. J'enfermerai dans mon baiser tes paupieres freles et brulantes.


El beso

¡Besaré de un extremo a otro las largas alas negras de tu nuca, ¡Oh dulce avecilla, paloma presa cuyo corazón salta bajo mi mano!

Tomaré tu boca con mi boca, como un niño toma el seno de su madre. ¡Estremécete!... Que el beso penetra profundamente y bastará el amor.

Pasearé mi lengua ligera sobre tus brazos, en torno a tu cuello, y haré rodar sobre tus costados nerviosos la tensa caricia de mis uñas.

Escucha sonar en tu oído todo el rumor del mar... ¡Mnasidika! Tu mirada me hace daño. Encerraré en mi beso tus pupilas quemantes como labios

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:34 PM   0 comments
Pierre Louys -Les soins jaloux-
Les soins jaloux
Pierre Louys (1870-1925)

Il ne faut pas que tu te coiffes, de peur que le fer trop chaud ne brule ta nuque ou tes cheveux. Tu les laisseras sur tes epaules et repandus le long de tes bras.

Il ne faut pas que tu t'habilles, de peur qu'une ceinture ne rougisse les plis effiles de ta hanche. Tu resteras nue comme une petite fille.

Meme il ne faut pas que tu te leves, de peur que tes pieds fragiles ne s'endolorissent en marchant. Tu reposeras au lit, o victime d'Eros, et je panserai ta pauvre plaie.

Car je ne veux voir sur ton corps d'autres marques, Mnasidika, que la tache d'un baiser trop long, l'egratignure d'un ongle aigu, ou la barre pourpree de mon etreinte.


Los cuidados celosos

No es necesario que te cubras por miedo de que el hierro candente queme tu nuca o tus cabellos. Déjalos caer sobre tus espaldas y esparcidos a lo largo de tus brazos.

No es necesario que te vistas por miedo de que un cinturón enrojezca los pliegues enervados de tu cadera. Tu permanecerás desnuda como una niña.

No es preciso que te levantes por miedo que tus frágiles pies adolezcan con la marcha tu descansarás en la cama, de Eros víctima y yo te curaré tu pobre herida.

Pues yo no quiero ver sobre tu cuerpo otras marcas, Mnasidika, que la huella de un beso, o el rasguño de una aguda uña o la marca púrpura de mi abrazo

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:32 PM   0 comments
Pierre Louys -L'etreinte eperdue-
L'etreinte eperdue
Pierre Louys (1870-1925)

Aime-moi, non pas avec des sourires, des flutes ou des fleurs tressees, mais avec ton coeur et tes larmes, comme je t'aime avec ma poitrine et avec mes gemissements.

Quand tes seins s'alternent a mes seins, quand je sens ta vie contre ma vie, quand tes genoux se dressent derriere moi, alors ma bouche haletante ne sait meme plus trouver la tienne.

Etreins-moi comme je t'etreins! Vois, la lampe vient de mourir, nous roulons dans la nuit; mais je presse ton corps brulant et j'entends ta plainte perpetuelle...

Gemis! gemis! gemis! o femme! Eros nous traine dans la douleur. Tu souffrirais moins sur ce lit pour mettre un enfant au monde que pour accoucher de ton amour.


El abrazo loco

Ámame, no con las sonrisas de las flautas o las flores entrelazadas, sino con tu corazón y tus lágrimas, como yo te amo con mi pecho y mis gemidos.

Cuando tus pechos con los míos alternativamente se acarician, cuando siento tu vida toca mi vida, cuando tus piernas me rodean, entonces mi boca jadeante lo único que sabe es pegarse a la tuya.

¡Abrázame como yo te abrazo! Mira la lámpara acaba de extinguirse, la noche transcurre; pero yo tomo tu cuerpo que se mueve y percibo tus perpetuos...

¡Gemidos! ¡gemidos! ¡gemidos! ¡oh mujer! Eros nos estrecha en el dolor. Tu sufrirás menos en este lecho para traer un hijo al mundo que por alumbrar este amor.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:30 PM   0 comments
Pierre Louys -Le coeur-
Le coeur
Pierre Louys (1870-1925)

Haletante, je lui pris la main et je l'appliquai fortement sous la peau moite de mon sein gauche. Et je tournais la tete ici et la et je remuais les levres sans parler.

Mon coeur affole, brusque et dur, battait et battait ma poitrine, comme un satyre emprisonne heurterait, ploye dans une outre. Elle me dit: "Ton coeur te fait mal..."

"O Mnasidika," repondis-je, le coeur des femmes n'est pas la. Celui-ci est un pauvre oiseau, une colombe qui remue ses ailes faibles. Le coeur des femmes est plus terrible.

"Semblable a une petite baie de myrte, il brule dans la flamme rouge et sous une ecume abondante. C'est la que je me sens mordue par la vorace Aphrodite."


El corazón

Deseosa, la he tomado de la mano y fuertemente la he puesto bajo la piel húmeda de mi pecho izquierdo. He corrido la cabeza de un lado a otro y he movido los labios sin hablar.

Mi corazón enloquece, violento y duro, golpea y golpea mi pecho, como un sátiro cautivo si se tropezara con otro. Ella me ha dicho: "tu corazón me hace daño..."

"Oh Mnasidika", he respondido yo, el corazón de las mujeres no está aquí. Este es un pobre pájaro, una paloma que agita sus débiles alas el corazón de las mujeres es más terrible.

"parecido a una baya de mirto, arde en la llama roja y bajo una despojo exuberante. Es aquí donde yo me siento mordida por la insaciable Afrodita"

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:28 PM   0 comments
Pierre Louys -Paroles dans la nuit-
Paroles dans la nuit
Pierre Louys (1870-1925)

Nous reposons, les yeux fermes; le silence est grand autour de notre couche. Nuits ineffables de l'ete! Mais elle, qui me croit endormie, pose sa main chaude sur mon bras.

Elle murmure: "Bilitis, tu dors?" Le coeur me bat, mais sans repondre, je respire regulierement comme une femme couchee dans les reves. Alors elle commence a parler:

"Puisque tu ne m'entends pas, dit-elle, ah! que je t'aime!" Et elle repete mon nom. "Bilitis... Bilitis..." Et elle m'effleure du bout de ses doigts tremblants:

"C'est a moi, cette bouche! a moi seule! Y en a-t-il une plus belle au monde? Ah! mon bonheur, mon bonheur! C'est a moi ces bras nus, cette nuque et ces cheveux..."


Palabras en la noche

Nosotras nos quedamos con los ojos cerrados; el silencio es amplio en nuestra habitación. ¡Noches inexplicables de verano! ella me cree dormida pone su mano cálida sobre mi brazo.

Y susurra: "Bilitis ¿Duermes?". El corazón me palpita, pero sin respuesta, yo respiro regularmente como una mujer dormida en los recuerdos. Entonces comienza a hablar:

"Puesto que tu no me escuchas, dice ella ¡ah!, ¡cuánto te amo!" y repite mi nombre: "Bilitis...Bilitis...", me toca apenas con la punta de su dedos palpitantes:

"¡Es para mi sola esta boca! ¿Y hay alguna más sublime en el mundo? Ah! ¡Mi felicidad!, ¡mi felicidad! Son para mi estos brazos desnudos, esta nuca y estos cabellos..."

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:26 PM   0 comments
Pierre Louys -L'absence-
L'absence
Pierre Louys (1870-1925)

Elle est sortie, elle est loin, mais je la vois, car tout est plein d'elle dans cette chambre, tout lui appartient, et moi comme le reste.

Ce lit encore tiede ou je laisse errer ma bouche, est foule a la mesure de son corps. Dans ce coussin tendre a dormi sa petite tete enveloppee de cheveux.

Ce bassin est celui ou elle s'est lavee; ce peigne a penetre les noeuds de sa chevelure emmelee. Ces pantoufles prirent ses pieds nus. Ces poches de gaze continrent ses seins.

Mais ce que je n'ose toucher du doigt, c'est ce miroir ou elle a vu ses meurtrissures toutes chaudes, et ou subsiste peut-etre encore le reflet de ses levres mouillees.


La ausencia


Ella está afuera, está lejos, pero yo la veo, pues todo está lleno de ella en esta habitación todo le pertenece y yo también como todo lo demás.

Este lecho todavía tibio donde mi boca vaga tiene la huella medida de su cuerpo. En este muelle almohadón su cabeza ha soñado rodeada de cabellos.

Esta cubeta es donde ella se ha lavado; este peine ha deshecho los nudos de su enmarañada cabellera estas pantuflas cobijaron sus pies desnudos estos vestidos han dado cabida a sus pechos.

Pero lo que no se atreven a tocar mis dedos, es este espejo donde ella se ha visto sus magulladuras todas cálidas y donde quizá aún perdura el reflejo de sus labios mojados.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:24 PM   0 comments
Pierre Louys -L'amour-
L'amour
Pierre Louys (1870-1925)

Helas, si je pense a elle, ma gorge se desseche, ma tete retombe, mes seins durcissent et me font mal, je frissonne et je pleure en marchant.

Si je la vois, mon coeur s'arrete, mes mains tremblent, mes pieds se glacent, une rougeur de feu monte a mes joues, mes tempes battent douloureusement.

Si je la touche, je deviens folle, mes bras se raidissent, mes genoux defaillent. Je tombe devant elle, et je me couche comme une femme qui va mourir.

De tout ce qu'elle me dit je me sens blessee. Son amour est une torture et les passants entendent mes plaintes... Helas! Comment puis-je l'appeler Bien-Aimee?


El amor

¡Ay de mí! Si pienso en ella la garganta se me seca, la cabeza me da vueltas, los senos se me endurecen hasta dolerme, me estremezco y aún andando lloro.

Si la veo se me para el corazón, las manos me tiemblan, se me hielan los pies, un rubor de fuego asciende a mis mejillas y me laten las sienes dolorosamente.

Si la toco me vuelvo loca, se me paralizan los brazos y mis rodillas desfallecen. Caigo ante ella y me tiendo como una mujer moribunda.

Me siento herida por todo lo que me dice. Su amor es una tortura y los que pasan ante nuestra casa pueden escuchar mis quejas... ¡Ay de mí! ¿Cómo podré llamarla Bienamada?

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:22 PM   0 comments
Pierre Louys -La purification-
La purification
Pierre Louys (1870-1925)

Te voila! defais tes bandelettes, et tes agrafes et ta tunique. Ote jusqu'a tes sandales, jusqu'aux rubans de tes jambes, jusqu'a la bande de ta poitrine.

Lave le noir de tes sourcils, et le rouge de tes levres. Efface le blanc de tes epaules et defrise tes cheveux dans l'eau.

Car je veux t'avoir toute pure, telle que tu naquis sur le lit, aux pieds de ta mere feconde et devant ton pere glorieux,

Si chaste que ma main dans ta main te fera rougir jusqu'a la bouche, et qu'un mot de moi sous ton oreille affolera tes yeux tournoyants.


La purificación

Pronto deshazte tus cintillas, tus prendedores y tu túnica. Quítate hasta tus sandalias, hasta las cintas de tus piernas hasta la banda de tu pecho.

Lávate el negro de tus cejas, y el carmín de tus labios. Sácate todo tu maquillaje y alisa tus cabellos con agua.

Pues yo quiero tenerte toda pura, de tal forma como naciste sobre el lecho de tu madre y delante de tu glorioso padre.

Tan casta que mi mano te hará enrojecer hasta la boca y que una palabra mía en tus oídos, enloquecerán tus ojos movedizos.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:20 PM   0 comments
Pierre Louys -La berceuse de Mnasidika-
La berceuse de Mnasidika
Pierre Louys (1870-1925)

Ma petite enfant, si peu d'annees que j'aie de plus que toi-meme, je t'aime, non pas comme une amante, mais comme si tu etais sortie de mes entrailles laborieuses.

Lorsque etendue sur mes genoux, tes deux bras freles autour de moi, tu cherches mon sein, la bouche tendue, et me tettes avec lenteur entre tes levres palpitantes.

Alors je reve qu'autrefois, j'ai allaite reellement cette bouche douillette, souple et baignee, ce vase myrrhin couleur de pourpre ou le bonheur de Bilitis est mysterieusement enferme.

Dors. Je te bercerai d'une main sur mon genou qui se leve et s'abaisse. Dors ainsi. Je chanterai pour toi les petites chansons lamentables qui endorment les nouveaux-nes...


La acunadora de Mnasidika

Mi pequeña niña, si yo tengo unos años mas que tu, yo te amo no como una amante, sino cual si hubieras sido por mi procreada.

Aunque extendida sobre mis rodillas, tus dos brazos frágiles alrededor de mí, tu buscas mis pechos, la boca tensa tus labios palpitantes y lentos.

Entonces yo sueño que en otro tiempo, he dado mi leche a esa boca delicada, adorada y bañada, ese vaso púrpura donde la felicidad de Bilitis está misteriosamente guardada.

Duerme. Yo te cuidaré y te meceré suavemente entre mis brazos. Duerme así. Yo cantare para tí canciones de cuna lamentables que dormirán a los recién nacidos.

Libellés :

posted by Alfil @ 1:18 PM   0 comments
Pierre Louys -Promenade au bord de la mer-
Promenade au bord de la mer
Pierre Louys (1870-1925)

Comme nous marchions sur la plage, sans parler, et enveloppees jusqu'au menton dans nos robes de laine sombre, des jeunes filles joyeuses ont passe.

"Ah! c'est Bilitis et Mnasidika! Voyez, le beau petit ecureuil que nous avons pris: il est doux comme un oiseau et effare comme un lapin."

"Chez Lyde nous le mettrons en cage et nous lui donnerons beaucoup de lait avec des feuilles de salade. C'est une femelle, elle vivra longtemps."

Et les folles sont parties en courant. Pour nous, sans parler nous nous sommes assises, moi sur une roche, elle sur le sable, et nous avons regarde la mer.


Paseo a la orilla del mar
Pierre Louys (1870-1925)

Cuando nosotras marchábamos sobre la playa, calladas y cubiertas hasta el mentón con nuestros vestidos oscuros, han pasado otras muchachas.

"Ah! ¡Son Bilitis y Mnasidika! Mirad que hermosa ardillita hemos cogido es dulce como un pájaro y asustadiza como un conejo

En casa de Lyde la pondremos en una caja y le daremos mucha leche y comida, es una mujer, vivirá largo tiempo"

Y las locuelas partieron luego corriendo. En cuanto nosotras nos hemos sentado. Yo sobre una roca, ella sobre la arena, calladas las dos. Y hemos contemplado el mar.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:16 PM   0 comments
Pierre Louys -L'objet-
L'objet
Pierre Louys (1870-1925)

--Salut, Bilitis, Mnasidika, salut.
-- Assieds-toi. Comment va ton mari?
-- Trop bien. Ne lui dites pas que vous m'avez vue. Il me tuerait s'il me savait ici.
-- Sois sans crainte.

-- Et voila votre chambre? et voila votre lit? Pardonne-moi. Je suis curieuse.
-- Tu connais cependant le lit de Myrrhine.
-- Si peu.
-- On la dit jolie.
-- Et lascive, o ma chere! mais taisons-nous.

-- Que voulais-tu de moi?
-- Que tu me pretes...
-- Parle.
-- Je n'ose nommer l'objet.
-- Nous n'en avons pas.
-- Vraiment?
-- Mnasidika est vierge.
-- Alors, ou en acheter?
-- Chez le cordonnier Drakhon.

-- Dis aussi: qui te vend ton fil a broder? Le mien se casse des qu'on le regarde.
-- Je le fais moi-meme, mais Nais en vend d'excellent.
-- A quel prix?
-- Trois oboles.
-- C'est cher. Et l'objet?
-- Deux drachmes
-- Adieu.


El objeto

- Salud Bilitis, Mnasidika salud.
-Siéntate.
¿Cómo está tu marido?.
- Muy bien. No le digáis que he venido aquí. Me mataría si supiera eso.
- Quédate sin temor.

- ¿Esta es vuestra habitación? ¿Es ese vuestro lecho? Perdonadme soy curiosa.
- Tú conoces también el lecho de Myrriné.
- Si un poco.
- Se dice que es alegre. Lasciva, oh, querida mía pero callémonos.

- ¿Que querías tú de mi?
- Que tu me prestases...
- Habla...yo no me atrevo a nombrarlo por su nombre. Nosotras no lo tenemos.
- De verdad?
- Mnasidika es virgen.
- ¿Entonces donde se puede comprar?
- En casa de Drakón

- Dime también donde compras tu hilo de bordar. El mío se rompe fácilmente.
- Yo me lo hago yo misma, pero Nais los tiene de gran calidad.
- ¿A que precio?
- Tres óbolos.
- Es caro
- ¿Y el objeto?
- Dos dracmas
- Adiós

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:14 PM   0 comments
Pierre Louys -Soir pres du feu-
Soir pres du feu
Pierre Louys (1870-1925)

L'hiver est dur, Mnasidika. Tout est froid, hors notre lit. Leve-toi, cependant, viens avec moi, car j'ai allume un grand feu avec des souches mortes et du bois fendu.

Nous nous chaufferons accroupies, toutes nues, nos cheveux sur le dos, et nous boirons du lait dans la meme coupe et nous mangerons des gateaux au miel.

Comme la flamme est sonore et gaie! N'es-tu pas trop pres? Ta peau devient rouge. Laisse-moi la baiser partout ou le feu l'a faite brulante.

Au milieu des tisons ardents je vais chauffer le fer et te coiffer ici. Avec les charbons eteints j'ecrirai ton nom sur le mur.


Tarde cerca del fuego

El invierno es duro, Mnasidika. Todo esta frío afuera de nuestro lecho. Levántate, sin embargo, ven conmigo pues yo he encendido un gran fuego con troncos muertos provenientes del bosque.

Juntas nos entraremos en calor, acurrucando nuestros cuerpos desnudos, nuestros cabellos sueltos y beberemos de la misma copa esa dulce leche y comeremos pasteles de miel.

Cuán sonora y alegre es la llama. ¿No estás demasiado cerca? Tu piel se sonroja, deja que la bese en aquellos lugares donde el calor de esta lumbre la ha puesto ardiente.

En medio de tizones fogosos, yo voy a calentar las pinzas y te peinaré aquí. Y escribiré sobre la pared con los encendidos carbones tu nombre en la pared.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:12 PM   0 comments
Pierre Louys -Prieres-
Prieres
Pierre Louys (1870-1925)

Que veux-tu? dis-le. S'il le faut, je vendrai mes derniers bijoux pour qu'une esclave attentive guette le desir de tes yeux, la soif quelconque de tes levres.

Si le lait de nos chevres te semble fade, je louerai pour toi, comme pour un enfant, une nourrice aux mamelles gonflees qui chaque matin t'allaitera.

Si notre lit te semble rude, j'acheterai tous les coussins mous, toutes les couvertures de soie, tous les draps fourres de plumes des marchandes amathusiennes.

Tout. Mais il faut que je te suffise, et si nous dormions sur la terre, il faut que la terre te soit plus douce que le lit chaud d'une etrangere.


Plegarias

¿Qué es lo que tu deseas?, le inquirí. Si fuera necesario yo venderé mis últimas joyas, para que una solícita esclava aceche el deseo de tu mirada no importa cual sea la ambición de tus labios.

Si la leche de nuestras cabras te parece desabrida yo alquilaré solo para ti, una nodriza con sus pechos rebosantes para que cada mañana te amamante.

Si nuestro lecho te resulta tosco yo compraré los almohadones mas blandos de seda forrados. Todas las sábanas de pluma forradas, que traen los mercaderes de Amatonta.

Todo. Pero es necesario que yo sea suficiente para ti, y si en el suelo durmiéramos, es preciso que esa dura tierra, te resulte más dulce que el cálido lecho de otra mujer.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:10 PM   0 comments
Pierre Louys -Les yeux-
Les yeux
Pierre Louys (1870-1925)

Larges yeux de Mnasidika, combien vous me rendez heureuse quand l'amour noircit vos paupieres et vous anime et vous noie sous les larmes;

Mais combien folle, quand vous vous detournez ailleurs, distraits par une femme qui passe ou par un souvenir qui n'est pas le mien.

Alors mes joues se creusent, mes mains tremblent et je souffre... Il me semble que de toutes parts, et devant vous ma vie s'en va.

Larges yeux de Mnasidika, ne cessez pas de me regarder! ou je vous trouerai avec mon aiguille et vous ne verrez plus que la nuit terrible.


Los ojos

Mnasidika, cuan feliz me hacen tus ojos, cuando el amor sombrea tus párpados y os anima y a la vez entristece con las lágrimas.

Pero como me perturban cuando tu mirada se dirige hacia otra mujer que pasa, o destella recuerdos que no es el mío.

Entonces mis manos se estremecen, mis mejillas se hunde y sufro. Siento que mi vida se me escapa por todos lados, frente a ti.

Mnasidika no permitas que tus ojos dejen de mirarme o los cegaré con alguna aguja y no veréis más que la negra oscuridad de la noche.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:08 PM   0 comments
Pierre Louys -Les fards-
Les fards
Pierre Louys (1870-1925)

Tout, et ma vie, et le monde, et les hommes, tout ce qui n'est pas elle n'est rien. Tout ce qui n'est pas elle, je te le donne, passant.

Sait-elle que de travaux j'accomplis pour etre belle a ses yeux, par ma coiffure et par mes fards, par mes robes et mes parfums?

Aussi longtemps je tournerais la meule, je ferais plonger la rame ou je becherais la terre, s'il fallait a ce prix la retenir ici.

Mais faites qu'elle ne l'apprenne jamais, Deesses qui veillez sur nous! Le jour ou elle saura que je l'aime elle cherchera une autre femme.


Adornos

Nada de mi vida, el mundo, los hombres, me importan si ella no es parte de mi vida. Todo lo que no es ella, te lo obsequio viajero.

Conoce ella cuanto trabajo me tomo para verme bella ante ella, mi peinado
mis vestidos, mis adornos, mis perfumes.

Si fuera necesario movería largo tiempo la rueda del molino, llevaría los remos o cavaría la tierra, a cualquier precio procuraría retenerla.

Pero presiento que ella no lo sabrá jamás Diosas que nos resguardáis, el día que ella conozca cuanto la amo, buscará refugio en los brazos de otra mujer

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:06 PM   0 comments
Pierre Louys -Le silence de Mnasidika-
Le silence de Mnasidika
Pierre Louys (1870-1925)

Elle avait ri toute la journee, et meme elle s'etait un peu moquee de moi. Elle avait refuse de m'obeir, devant plusieurs femmes etrangeres.

Quand nous sommes rentrees, j'ai affecte de ne pas lui parler, et comme elle se jetait a mon cou, en disant: "Tu es fachee?" je lui ai dit:

"Ah! tu n'es plus comme autrefois, tu n'es plus comme le premier jour. Je ne te reconnais plus, Mnasidika." Elle ne m'a rien repondu;

Mais elle a mis tous ses bijoux qu'elle ne portait plus depuis longtemps, et la meme robe jaune brodee de bleu que le jour de notre rencontre.


El silencio de Mnasidika

Ella había estado todo el día risueña. Aún mas se había burlado un poco de mí y negado a obedecerme delante de otras mujeres.

Cuando volvimos, yo estuve tentado de no querer responderla, en tanto ella abrazándose a mi cuello me preguntó: ¿Estás irritada?" Entonces yo le respondí.

"Ah! No eres la misma de antes, ya no eres como la del primer día. No te reconozco, Mnasidika." Ella nada respondió

Pero se vistió con todas las joyas que poseía y no usaba desde mucho tiempo, y la misma túnica de azul bordada que usaba el día de nuestro primer encuentro.

Libellés :

posted by Alfil @ 1:04 PM   0 comments
Pierre Louys -Scene-
Scene
Pierre Louys (1870-1925)

-- Ou etais-tu?
-- Chez la marchande de fleurs. J'ai achete des iris tres beaux. Les voici, je te les apporte.
-- Pendant si longtemps tu as achete quatre fleurs?
-- La marchande m'a retenue.

-- Tu as les joues pales et les yeux brillants.
-- C'est la fatigue de la route.
-- Tes cheveux sont mouilles et meles.
-- C'est la chaleur et c'est le vent qui m'ont toute decoiffee.

-- On a denoue ta ceinture. J'avais fait le noeud moi-meme, plus lache que celui-ci.
-- Si lache qu'elle s'est defaite; un esclave qui passait me l'a renouee.

-- Il y a une trace a ta robe.
-- C'est l'eau des fleurs qui est tombee.
-- Mnasidika, ma petite ame, tes iris sont les plus beaux qu'il y ait dans tout Mytilene.
-- Je le sais bien, je le sais bien. “


Escena

- ¿Dónde has estado?
- En casa de una vendedora de flores, he comprado tres preciosos lirios aquí te los traigo.
- ¿Tanto has demorado para comprar tan pocas flores?.
- La vendedora me ha demorado

- Tienes las mejillas pálidas y los ojos brillantes
- Es la fatiga del camino
- Tus cabellos están mojados y revueltos
- Es el calor y el viento que me deshecho el peinado.

- Se te ha desatado el cinturón. Yo misma había hecho el nudo menos apretado que este.
- Tan suelto que se me ha desatado, un hombre me los ha atado de vuelta.

- Tu vestido trae una mancha.
- Es el agua de las flores
- Mnasidika, mi querida, tus ojos son los mas bellos en todo Mitilene.
- Yo lo sé bien, lo sé bien

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:02 PM   0 comments
Pierre Louys -Attente-
Attente
Pierre Louys (1870-1925)

Le soleil a passe toute la nuit chez les morts depuis que je l'attends, assise sur mon lit, lasse d'avoir veille. La meche de la lampe epuisee a brule jusqu'a la fin.

Elle ne reviendra plus: voici la derniere etoile. Je sais bien qu'elle ne viendra plus. Je sais meme le nom que je hais. Et cependant j'attends encore.

Qu'elle vienne maintenant! oui, qu'elle vienne, la chevelure defaite et sans roses, la robe souillee, tachee, froissee, la langue seche et les paupieres noires!

Des qu'elle ouvrira la porte, je lui dirai... mais la voici... C'est sa robe que je touche, ses mains, ses cheveux, sa peau. Je l'embrasse d'une bouche eperdue, et je pleure.


Espera

El sol se ha escondido toda la noche tras los velos de la oscuridad. Y yo espero sentada luego del transcurso de esta noche cansada sobre mi lecho. La llama en la lámpara se ha extinguido al llegar a su fin.

Ella no aparecerá, ahí partió la última estrella. Ella no vendrá jamás. Sé aún el nombre que me la quitó. De igual modo aún la espero.

Pero ahí llega, si ella quien se aproxima. sus cabellos en desorden y sin rosas, la ropa sucia manchada, y rota, la boca seca, ojerosos los ojos.

Cuando ella traspase el umbral, le diré...! Pero ya está aquí...y entonces es su vestido lo que toco, sus manos, sus cabellos, su piel! Y la beso frenéticamente y lloro.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 1:00 PM   0 comments
Pierre Louys -La solitude-
La solitude
Pierre Louys (1870-1925)

Pour qui maintenant farderais-je mes levres? Pour qui polirais-je mes ongles? Pour qui parfumerais-je mes cheveux?

Pour qui mes seins poudres de rouge, s'ils ne doivent plus la tenter? Pour qui mes bras laves de lait s'ils ne doivent plus jamais l'etreindre?

Comment pourrais-je dormir? Comment pourrais-je me coucher? Ce soir ma main, dans tout mon lit, n'a pas trouve sa main chaude.

Je n'ose plus rentrer chez moi, dans la chambre affreusement vide. Je n'ose plus rouvrir la porte. Je n'ose meme plus rouvrir les yeux.


La soledad

¿Para quién me pinto los labios? ¿Para quién cuido mis uñas? ¿Para quién mi cabello perfumo?

¿Para quién son mis pechos sonrojadospor el polvo rojo? Para quién mis brazos en leche bañados si no hay nadie a quien abrazar...

¿Cómo conciliaré mi sueño? ¿Cómo me podré acostar? Mi mano no ha podido encontrar en el lecho su cálida mano.

Y no me atrevo a entrar en mi hogar, en esa habitación horrorosamente vacía. No me atrevo a abrir la puerta. Ni siquiera me atrevo a abrir los ojos.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:58 PM   0 comments
Pierre Louys -Lettre-
Lettre
Pierre Louys (1870-1925)

Cela est impossible, impossible. Je t'en supplie a genoux, avec larmes, toutes les larmes que j'ai pleurees sur cette horrible lettre, ne m'abandonne pas ainsi.

Songes-tu combien c'est affreux de te reperdre a jamais pour la seconde fois, apres avoir eu l'immense joie d'esperer te reconquerir. Ah! mes amours! ne sentez-vous donc pas a quel point je vous aime!

Ecoute-moi. Consens a me revoir encore une fois. Veux-tu etre demain, au soleil couchant, devant ta porte? Demain, ou le jour suivant. Je viendrai te prendre. Ne me refuse pas cela.

La derniere fois peut-etre, soit, mais encore cette fois, encore cette fois! Je te le demande, je te le crie, et songe que de ta reponse depend le reste de ma vie.


Carta

Esto es imposible, imposible. Con lágrimas y de rodillas te imploro, con todas las lágrimas que he vertido por tu carta. No me dejes así.

Entiendes acaso cuán terrible es perderte esta segunda vez, después de haber tenido la esperanza de volver a conquistarte. Ah! ¡mis amores! No sabes hasta que punto yo te amo

Escúchame. Consiente en recibirme aún una vez más. ¿Me esperarías mañana al atardecer delante de tu puerta? Mañana. No me niegues eso.

Quizá sea la última ocasión, pero aún esta vez, aún esta vez! Te lo pido, te lo suplico y piensa que de esa respuesta pende mi existencia.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:56 PM   0 comments
Pierre Louys -La tentative-
La tentative
Pierre Louys (1870-1925)

Tu etais jalouse de nous, Gyrinno, fille trop ardente. Que de bouquets as-tu fait suspendre au marteau de notre porte! Tu nous attendais au passage et tu nous suivais dans la rue.

Maintenant tu es selon tes voeux, etendue a la place aimee, et la tete sur ce coussin ou flotte une autre odeur de femme. Tu es plus grande qu'elle n'etait. Ton corps different m'etonne.

Regarde, je t'ai enfin cede. Oui, c'est moi. Tu peux jouer avec mes seins, caresser ma hanche, ouvrir mes genoux. Mon corps tout entier s'est livre a tes levres infatigables, -- helas!

Ah! Gyrinno! avec l'amour mes larmes aussi debordent! Essuie-les avec tes cheveux, ne les baise pas, ma cherie; et enlace moi de plus pres encore pour maitriser mes tremblements.


La tentativa

Tu sientes celos de nosotras Gyrinno, Joven y ardiente. Cuantos ramos has colgado en nuestra puerta. Tu aguardabas por nosotras en la calle y luego nos seguías en el camino.

Ahora estas donde has deseado, acostada en el lecho amado, y la cabeza sobre la almohada que despide el perfume de otra mujer. Tu eres mayor que lo que ella era. Tu cuerpo distinto me asombra.

Ves, finalmente he consentido. Si, soy yo. Puedes divertirte con mis pechos, acariciar mi vientre Abrir mis piernas. Mi cuerpo entero se entrega a tus incansables labios. Ay!

Ay! Gyrinno, en este amor, mis ojos se inundan con lágrimas. Enjúgalas con tus cabellos, no las beses. Mi querida: y abrázame mas estrecho aún, para dominar mis estremecimientos.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:54 PM   0 comments
Pierre Louys -L'effort-
L'effort
Pierre Louys (1870-1925)

Encore! assez de soupirs et de bras etires! Recommence! Penses-tu donc que l'amour soit un delassement? Gyrinno, c'est une tache, et de toutes la plus rude.

Reveille-toi! Il ne faut pas que tu dormes! Que m'importent tes paupieres bleues et la barre de douleur qui brule tes jambes maigres. Astarte bouillonne dans mes reins.

Nous nous sommes couchees avant le crepuscule. Voici deja la mauvaise aurore; mais je ne suis pas lasse pour si peu. Je ne dormirai pas avant le second soir.

Je ne dormirai pas: il ne faut pas que tu dormes. Oh! comme la saveur du matin est amere! Gyrinno, appprecie-la. Les baisers sont plus difficiles, mais plus etranges, et plus lents.


El esfuerzo

Otra vez! Basta de suspiros y de brazos extendidos. Vuelve a empezar.
¿Piensas que el amor es un tregua? Gyrinno es una equivocación, la mas grosera de todas.

¡Despiértate!. No hace falta que sigas durmiendo. No me importan tus ojos azules y el dolor que arde en tus delgadas piernas. Astarté hierve en mis entrañas.

Nos hemos acostado antes del crepúsculo, el alba malvada aparece, pero yo estoy cansada por tan poco. No dormiré hasta que llegue la segunda noche.

No dormiré, no es preciso que tu duermas. Cuan amargo es el sabor de las lágrimas! Estímalo Gyrinno. Los besos son mas difíciles, pero mas desarraigados y mas calmos.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:52 PM   0 comments
Pierre Louys -A Gyrinno-
A Gyrinno
Pierre Louys (1870-1925)

Ne crois pas que je t'aie aimee. Je t'ai mangee comme une figue mure, je t'ai bue comme une eau ardente, je t'ai portee autour de moi comme une ceinture de peau.

Je me suis amusee de ton corps, parce que tu as les cheveux courts, les seins en pointe sur ton corps maigre, et les mamelons noirs comme deux petites dattes.

Comme il faut de l'eau et des fruits, une femme aussi est necessaire, mais deja je ne sais plus ton nom, toi qui as passe dans mes bras comme l'ombre d'une autre adoree.

Entre ta chair et la mienne, un reve brulant m'a possedee. Je te serrais sur moi comme sur une blessure et je criais: Mnasidika! Mnasidika! Mnasidika!


A Gyrinno

No creas que yo te he amado. Yo te he comido como una fruta madura, te he bebido como agua ardiente, te he llevado alrededor de mi como un vestido de piel.

He gozado de tu cuerpo, porque tienes cortos los cabellos y los pechos erguidos sobre tu cuerpo delgado, y las puntas negras como dos diminutos dátiles.

del mismo modo en que son precisas el agua y los frutos una mujer también es necesaria, pero ya te he olvidado, tu que has yacido en mi abrazo como sombra de otra amada.

Entre tu piel y la mia un apasionado sueño me ha poseído. Te apretaba contra mí y como sobre una herida gritaba: Mnasidika, Mnasidika, Mnasidika!

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:50 PM   0 comments
Pierre Louys -Le dernier essai-
Le dernier essai
Pierre Louys (1870-1925)

“ Que veux-tu, vieille?
-- Te consoler. C'est peine perdue. On m'a dit que depuis ta rupture, tu allais d'amour en amour sans trouver l'oubli ni la paix. Je viens te proposer quelqu'un.

-- Parle.
-- C'est une jeune esclave nee a Sardes. Elle n'a pas sa pareille au monde, car elle est a la fois homme et femme, bien que sa poitrine et ses longs cheveux et sa voix claire fassent illusion.

-- Son age?
-- Seize ans.
-- Sa taille?
-- Grande. Elle n'a connu personne ici, hors Psappha qui en est eperdument amoureuse et a voulu me l'acheter vingt mines.
Si tu la loues, elle est a toi.
-- Et qu'en ferai-je?

Voici vingt-deux nuits que j'essaye en vain d'echapper au souvenir... Soit, je prendrai celle-ci encore, mais previens la pauvre petite, pour qu'elle ne s'effraye point si je sanglote dans ses bras. “


El último instante

- "¿Qué quieres vicio?
- Consolarte. Me han dicho que después de tu ruptura, tu has ido de amor en amor sin encontrar ni olvido, ni paz.

- Habla.
- Se trata de una joven esclava proveniente de Sardes. Ella no tiene
pareja en el mundo, pues al mismo mujer y hombre es, sus pechos, sus
largos cabellos y su clara voz crean este espejismo.

- ¿Su edad?
- Dieciséis años.
- ¿Su talla?
- Grande. Ella no ha conocido a nadie aquí a excepción de Psafa quien ha quedado irremediablemente enamorada y me la ha querido comprar por veinte minas.
Si tu la alquilas, ella permanecerá en tu hogar.
- ¿Y que haré yo?

Heme aquí veintidós noches. Han transcurrido intentando en vano. Escapar al recuerdo... Tomaré a la pequeña entonces, pero prevenla, que no tema nada si sollozo en sus brazos

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:48 PM   0 comments
Pierre Louys -Le souvenir dechirant-
Le souvenir dechirant
Pierre Louys (1870-1925)

Je me souviens... (a quelle heure du jour ne l'ai-je pas devant mes yeux?) je me souviens de la facon dont Elle soulevait ses cheveux avec ses faibles doigts si pales.

Je me souviens d'une nuit qu'elle passa, la joue sur mon sein, si doucement, que le bonheur me tint eveillee, et le lendemain elle avait au visage la marque de la papille ronde.

Je la vois tenant sa tasse de lait et me regardant de cote, avec un sourire. Je la vois, poudree et coiffee, ouvrant ses grands yeux devant son miroir, et retouchant du doigt le rouge de ses levres.

Et surtout, si mon desespoir est une perpetuelle torture, c'est que je sais, instant par instant, comment elle defaille dans les bras de l'autre, et ce qu'elle lui demande et ce qu'elle lui donne.


El recuerdo agonizante

Recuerdo....(¿A qué hora del día no la tengo presente?) Recuerdo el modo en que se arreglaba el cabello con sus pálidos y débiles dedos.

Recuerdo una noche que transcurrió tan suavemente con su mejilla en mi seno, la felicidad me mantuvo despierta, y en la mañana su rostro mostraba la marca redonda de mi pecho.

La veo asiendo un vaso de leche y de reojo, mirándome con una sonrisa. La distingo embellecida, con su cabello levantado, abriendo sus enormes ojos frente al espejo, retocando con sus dedos el carmín de sus labios.

Y más que todo, mi desesperación es una tortura constante porque minuto tras minutos, yo se que se sumerge en los brazos de otra, y conozco lo que pide y sé lo que da.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:46 PM   0 comments
Pierre Louys -A la poupee de cire-
A la poupee de cire
Pierre Louys (1870-1925)

Poupee de cire, jouet cheri qu'elle appelait son enfant, elle t'a laissee toi aussi et elle t'oublie comme moi, qui fus avec elle ton pere ou ta mere, je ne sais.

La pression de ses levres avaient deteint tes petites joues; et a ta main gauche voici ce doigt casse qui la fit tant pleurer. Cette petite cyclas que tu portes, c'est elle qui te l'a brodee.

A l'entendre, tu savais deja lire. Pourtant tu n'etais pas sevree, et le soir, penchee sur toi, elle ouvrait sa tunique et te donnait le sein, “ afin que tu ne pleures pas “, disait-elle.

Poupee, si je voulais la revoir, je te donnerais a l'Aphrodite, comme le plus cher de mes cadeaux. Mais je veux penser qu'elle est tout a fait morte.


La muñeca de cera

Muñeca de cera, juguete amado que ella llamaba su hija, te ha abandonado a ti también y al igual que a mi te olvida, quien con ella fui madre y padre yo no sé.

La presión que con sus labios ejercía había reblandecido tus mejillas, y aquí en tu mano diestra el dedo roto que tanto la hizo llorar. Esta pequeña túnica que llevas fue ella con sus dedos quien la bordó.

Tal vez ya habías aprendido a leer. De todos modos, aún eras amamantada y por la tarde ella abría su túnica y te ofrecía sus pechos para que "no lloraras", decía ella

Muñeca si quisieras volver a verla, yo te daría a Afrodita como mi joya mas cara pero yo prefiero pensar que ella ya está muerta.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:44 PM   0 comments
Pierre Louys -Chant funebre-
Chant funebre
Pierre Louys (1870-1925)

Chantez un chant funebre, muses Mytileniennes, chantez! La terre est sombre comme un vetement de deuil et les arbres jaunes frissonnent comme des chevelures coupees.

Heraios! o mois triste et doux! les feuilles tombent doucement comme la neige; le soleil est plus penetrant dans la foret plus eclaircie. Je n'entends plus rien que le silence.

Voici qu'on a porte au tombeau Pittakos charge d'annees. Beaucoup sont morts, que j'ai connus. Et celle qui vit est pour moi comme si elle n'etait plus.

Celui-ci est le dixieme automne que j'ai vu mourir sur cette plaine. Il est temps aussi que je disparaisse. Pleurez avec moi, muses Mytileniennes, pleurez sur mes pas!


El canto funebre

Cantad un cántico fúnebre, musas Mitilienses, cantad! La tierra está sombría como un traje de luto y los árboles jóvenes tiemblan como cortas cabelleras

Heraios, oh mes triste y dulce. Las hojas caen dulcemente al igual que la nieve, el sol es mas penetrante en el bosque emblanquecido... Yo sólo entiendo el silencio.

alguien ha transportado a la hipogeo a Pitakkos anciano ya muchos son los muertos que yo he conocido. Y ella, que vive, está en mi como si nunca hubiera existido.

Este es el décimo otoño que yo he visto morir. Es hora ya de que yo emule al otoño. Llorad conmigo, musas Mitilienses, llorad sobre mis pasos

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:42 PM   0 comments
Pierre Louys -Hymne a la nuit-
Hymne a la nuit
Pierre Louys (1870-1925)

Les masses noires des arbres ne bougent pas plus que des montagnes. Les etoiles emplissent un ciel immense. Un air chaud comme un souffle humain caresse mes yeux et mes joues.

O Nuit qui enfantas les Dieux! comme tu es douce sur mes levres! comme tu es chaude dans mes cheveux! comme tu entres en moi ce soir, et comme je me sens grosse de tout ton printemps!

Les fleurs qui vont fleurir vont toutes naitre de moi. Le vent qui respire est mon haleine. Le parfum qui passe est mon desir. Toutes les etoiles sont dans mes yeux.

Ta voix, est-ce le bruit de la mer, est-ce le silence de la plaine? Ta voix, je ne la comprends pas, mais elle me jette la tete aux pieds et mes larmes lavent mes deux mains.


Himno a la noche

Las grandes sombras negras de los árboles están inmóviles en las montañas. Las estrellas inundan el enorme cielo y el soplo cálido del viento cual humano aliento acaricia mis ojos y mis mejillas.

¡Oh noche que a los dioses alumbras!¡Cuan dulce mis labios te sienten!¡Cuán cálida en mis cabellos te percibo! ¡De que forma me invades esta tarde y cuan colmada me siento de tu esplendor!

Las flores que de mi quieren brotar, todas ellas quieren nacer de mi. El viento que sopla es mi aliento. El perfume que pasa es mi deseo. Todas las estrellas habitan en mis ojos.

Tu voz es el eco del mar...¿es el silencio de las planicies? Tu mensaje, yo no lo entiendo, pero me incita a inclinar la cabeza, y mis lágrimas lavan mis dos manos.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:40 PM   0 comments
Pierre Louys -Les pretresses de l'Astarte-
Les pretresses de l'Astarte
Pierre Louys (1870-1925)

Les pretresses de l'Astarte font l'amour au lever de la lune; puis elles se relevent et se baignent dans un bassin vaste aux margelles d'argent.

De leurs doigts recourbes, elles peignent leurs chevelures, et leurs mains teintes de pourpre, melees a leurs boucles noires, semblent des branches de corail dans une mer sombre et flottante.

Elles ne s'epilent jamais, pour que le triangle de la deesse marque leur ventre comme un temple; mais elles se teignent au pinceau et se parfument profondement.

Les pretresses de l'Astarte font l'amour au coucher de la lune; puis dans une salle de tapis ou brule une haute lampe d'or, elles se couchent au hasard.


Las sacerdotisas de Astarte

Las sacerdotisas de Astarte hacen el amor cuando emerge la luna, luego ellas se levantan y se bañan en un extenso estanque con bordes de plata.

Con sus arqueados dedos, sus cabellos peinan y sus manos pintadas de púrpura, entremezcladas con sus negros bucles se asemejan a ramas de coral en un mar oscuro y vaporoso.

Nunca se depilan, para que el triángulo de la diosa marque sus vientre al igual que un santuario. Pero se pintan con pincel y se perfuman profundamente.

Las sacerdotisas de Astarte hacen el amor cuando emerge la luna; después en una sala guarnecida donde una linterna de oro arde ellas al azar se duermen.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:37 PM   0 comments
Pierre Louys -Les parfums-
Les parfums
Pierre Louys (1870-1925)

Je me parfumerai toute la peau pour attirer les amants. Sur mes belles jambes, dans un bassin d'argent, je verserai du nard de Tarsos et du metopion d'Aigypte.

Sous mes bras, de la menthe crepue; sur mes cils et sur mes yeux, de la marjolaine de Kos. Esclave, defais ma chevelure et emplis-la de fumee d'encens.

Voici l'oinanthe des montagnes de Kypre; je la ferai couler entre mes seins; la liqueur de rose qui vient de Phaselis embaumera ma nuque et mes joues.

Et maintenant, repands sur mes reins la bakkaris irresistible. Il vaut mieux, pour une courtisane, connaitre les parfums de Lydie que les moeurs du Peloponnese.


Los perfúmenes

Me perfumaré toda la piel para cautivar a las amantes por sobre mis preciosas piernas en un recipiente de plata derramaré el nardo de Tarsos y el metopion de Egipto.

Por debajo de mis brazos, la menta ensortijada; sobre mis cejas y mis ojos, la mejorana de Kos Esclavo desbarata mi peinado y perfuma mis cabellos con el aroma del incienso!

Aquí está la viña de las montañas de Chipre entre mis pechos yo la exprimiría y ese licor rosa que de Faselis viene perfumará mi nuca y mis mejillas

En tanto esparce sobre mi vientre la bakkaris irresistible, que es mejor para una cortesana conocer los bálsamos de Lidia, antes que las tradiciones de Peloponesio.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:35 PM   0 comments
Pierre Louys -Volupte-
Volupte
Pierre Louys (1870-1925)

Sur une terrasse blanche, la nuit, ils nous laisserent evanouies dans les roses. La sueur chaude coulait comme des larmes, de nos aisselles sur nos seins. Une volupte accablante empourprait nos tetes renversees.

Quatre colombes captives, baignees dans quatre parfums, voleterent au dessus de nous en silence. De leurs ailes, sur les femmes nues, ruisselaient des gouttes de senteur. Je fus inondee d'essence d'iris.

O lassitude! je reposai ma joue sur le ventre d'une jeune fille qui s'enveloppa de fraicheur avec ma chevelure humide. L'odeur de sa peau safranee enivrait ma bouche ouverte. Elle ferma sa cuisse sur ma nuque.

Je dormis, mais un reve epuisant m'eveilla: l'iynx, oiseau des desirs nocturnes, chantait eperdument au loin. Je toussai avec un frisson. Un bras languissant comme une fleur s'elevait peu a peu vers la lune, dans l'air.



Voluptuosidad

En la noche, sobre una blanca terraza, nos quedamos desvanecidas entre el perfume de las rosas. Una cálida humedad resbalaba como las lágrimas por nuestros brazos hacia los pechos. Una abrumadora voluptuosidad inundaba nuestros pechos purpúreos.

Cuatro palomas cautivas, en cuatro bálsamos bañadas, por encima de nosotras, en silencio volaron con sus alas sobre las mujeres desnudas gotas de perfume esparcieron, yo fui bañada de perfume de iris.

Oh desfallecimiento! Mi mejilla reposaba en el vientre de una muchacha, que se cubría de frescor con mi cabellera húmeda. Su piel olía a azafrán y embelesaba mi boca abierta ella apoyó uno de sus muslos sobre mi nuca.

Yo que en profundo sueño dormitaba, desperté; el pájaro de los deseos nocturnos, cantaba locamente a lo lejos. Yo tosía con congoja mientras un brazo languideciente como una flor, mansamente se elevaba hacia la luna en el aire, semejante a una flor.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:31 PM   0 comments
Pierre Louys -Le souvenir de Mnasidika-
Le souvenir de Mnasidika
Pierre Louys (1870-1925)

Elles dansaient l'une devant l'autre, d'un mouvement rapide et fuyant; elles semblaient toujours vouloir s'enlacer, et pourtant ne se touchaient point, si ce n'est du bout des levres.

Quand elles tournaient le dos en dansant, elles se regardaient, la tete sur l'epaule, et la sueur brillait sous leurs bras leves, et leurs chevelures fines passaient devant leurs seins.

La langueur de leurs yeux, le feu de leurs joues, la gravite de leurs visages, etaient trois chansons ardentes. Elles se frolaient furtivement, elles pliaient leurs corps sur les hanches.

Et tout a coup, elles sont tombees, pour achever a terre la danse molle... Souvenir de Mnasidika, c'est alors que tu m'apparus, et tout, hors ta chere image, me fut importun.



El recuerdo de Mnasidika

Ellas danzaban una delante de la otra a manera de un movimiento apresurado y escurridizo, parecían querer abrazarse no obstante, solo se tocaban el inicio de los labios.

Cuando se volvían de espaldas, se miraban los rostros sobre la espalda y la brillante transpiraciónse escurría bajo sus alzados brazos y sus finos cabellos, delante de sus pechos.

La languidez de sus ojos, el ardor en sus mejillas, la gravedad de sus rostros, eran tres canciones apasionadas. En tanto disimuladamente enredaban sus cuerpos sobre sus caderas.

Y de golpe, cayeron en el suelo, para finalizar ahí su voluptuosa danza. Es entonces que tu te me has aparecido Mnasidika, y tu imagen ha sido inoportuna.

Versión de Virginia

Libellés :

posted by Alfil @ 12:13 PM   0 comments
Pierre Louys -L'amie complaisante-
L'amie complaisante
Pierre Louys (1870-1925)

L'orage a dure toute la nuit. Selenis aux beaux cheveux etait venue filer avec moi. Elle est restee de peur de la boue. Nous avons entendu les prieres et serrees l'une contre l'autre nous avons empli mon petit lit.

Quand les filles couchent a deux, le sommeil reste a la porte. “Bilitis, dis-moi, dis-moi, qui tu aimes." Elle faisait glisser sa jambe sur la mienne pour me caresser doucement.

Et elle a dit, devant ma bouche: “Je sais, Bilitis, qui tu aimes. Ferme les yeux, je suis Lykas." Je repondis en la touchant: “Ne vois-je pas bien que tu es fille? Tu plaisantes mal a propos."

Mais elle reprit: "En verite, je suis Lykas, si tu fermes les paupieres. Voila ses bras, voila ses mains..." Et tendrement, dans le silence, elle enchanta ma reverie d'une illusion singuliere.


La amiga complaciente

La tormenta duró toda la noche, Selenis con su entrañable cabello vino para estar conmigo. Permaneció a mi lado por miedo a la tempestad y rellenamos mi pequeña cama, en un abrazo estrecho la una con la otra.

Cuando dos muchachas van juntas al lecho, el sueño se detiene en el portal. "Bilitis dime, dime a quien amas? Ella deslizaba su pierna sobre la mía para acariciarme suavemente.

Y ella a dicho, delante de mi boca: "Yo soy Bilitis, quien tu amas. Cierra tus ojos Soy Lycas" Yo respondí acariciándola: " Puedo acaso dejar de ver que eres una muchacha? Tu burla esta fuera de lugar".

Pero ella replicó: "Soy realmente Lycas, si cierras tus pestañas. Aquí están sus brazos, y aquí están sus manos..." y en el silencio, tiernamente ella encantó mi sueño, con una maravillosa visión.

Libellés :

posted by Alfil @ 11:46 AM   0 comments
Sobre el autor
  • Para localizar un poema determinado utilizar la secuencia Ctrl+F y escribir la palabra correspondiente.
  • Para ponerse en contacto con el autor del Blog
  • Los poemas de este blog pueden aumentar con tu colaboración, si tienes alguna traducción de algún poema de lengua francesa que te guste y quieres enviárnosla, será bienvenida.
Autores
Otros
Entradas Anteriores
Blogs que visito
Blogs amigos
Buscadores
    Google
    Google Aquí­
Recursos

Directorio Web - Directorio de Páginas Webs

blogs

Blogarama

BlogCatalog

Directory of Poetry Blogs

Voter pour mon blog

Literature Blogs - Blog Top Sites

Unión de Bloggers Hispanos Blogs Directory Blog Directory Référencement Annuaire-NORD-FRANCE All Blog .com : Annuaire de Blogs eXTReMe Tracker