Poemas en Francés





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Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano
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"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas"

Augusto Monterroso

-La palabra mágica-

"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?"

Voltaire

"La traducción destroza el espíritu del idioma"

Federico Garcí­a Lorca
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Stephane Mallarmé -Le tombeau de Charles Baudelaire-
samedi, mars 26, 2005
Le tombeau de Charles Baudelaire
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Le temple enseveli divulgue par la bouche
Sépulcrale d'égout bavant boue et rubis
Abominablement quelque idole Anubis
Tout le museau flambé comme un aboi farouche

Ou que le gaz récent torde la mèche louche
Essuyeuse on le sait des opprobres subis
Il allume hagard un immortel pubis
Dont le vol selon le réverbère découche

Quel feuillage séché dans les cités sans soir
Votif pourra bénir comme elle se rasseoir
Contre le marbre vainement de Baudelaire

Au voile qui la ceint absente avec frissons
Celle son Ombre même un poison tutélaire
Toujours à respirer si nous en périssons.


La tumba de Charles Baudelaire

El templo sepultado divulga por la boca
Sepulcral de cloaca babeando barro y rubí
Abominablemente algún ídolo Anubis
con el hocico quemado como ladrido salvaje

Donde el gas reciente tuerce la mecha turbia
Que enjuga ya se sabe los oprobios sufridos
Y alumbra huraño un inmortal pubis
Cuyo vuelo según el reverbero se alza

Cual follaje seco en las ciudades sin noche
Votivo podrá bendecir como ella volver a sentarse
contra el mármol vanamente de Baudelaire

Al velo que ciñe ausente con temblores
Esta su Sombra como un veneno tutelar
Siempre respiraremos aún si nos hace perecer.

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posted by Alfil @ 8:00 PM   3 comments
Stephane Mallarmé -Toute l’âme résumée...-
Toute l’âme résumée...
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Toute l’âme résumée
Quand lente nous l’expirons
Dans plusieurs ronds de fumée
Aboli en autres ronds

Atteste quelque cigare
Brûlant savamment pour peu
Que la cendre se sépare
De son clair baiser de feu

Ainsi le chœur des romances
A ta lèvre vole-t-il
Exclus-en si tu commences
Le réel parce que vil

Le sens trop précis rature
Ta vague littérature


Todo el alma resumida...

Toda el alma resumida
cuando lenta la consumo
entre cada rueda de humo
en otra rueda abolida.

El cigarro dice luego
por poco que arda a conciencia:
la ceniza es decadencia del claro beso de fuego.
Tal el coro de leyendas hasta tu labio aletea.

Si has de empezar suelta en prendas lo vil por real que sea.
Lo muy preciso tritura tu vaga literatura.

Versión de Alfonso Reyes


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Stephane Mallarmé -Eventail de Madame Mallarmé-
Eventail de Madame Mallarmé
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Avec comme pour langage
Rien qu'un battement aux cieux
Le futur vers se dégage
Du logis très précieux

Aile tout bas la courrière
Cet éventail si c'est lui
Le même par qui derrière
Toi quelque miroir a lui

Limpide (où va redescendre
Pourchassée en chaque grain
Un peu d'invisible cendre
Seule à me rendre chagrin)

Toujours tel il apparaisse
Entre tes mains sans paresse


El abanico de Madame Mallarmé

Como sin otra expresión
que un latir que al cielo anhela
el verso futuro vuela
de la exquisita mansión

Ala baja mensajera
es el abanico si
el mismo es que tras de ti a
sí propio espejo fuera tan

límpido (dónde cede
pues brizna a brizna la amarga
la poca ceniza vaga
sola que afligirme puede)

Siempre así palpite y siga
en tus manos sin fatiga

Versión de Alfonso Reyes

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Stephane Mallarmé -Autre eventail de Madame Mallarmé-
Autre eventail de Mademoiselle Mallarmé
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Ô rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L'horizon délicatement.

Vertige ! voici que frissonne
L'espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s'apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu'un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l'unanime pli !

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d'or, ce l'est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d'un bracelet.


Otro abanico de Madame Mallarmé

Oh soñadora: para que yo me sumerja
en la pura delicia sin camino,
sabe, por una sutil mentira,
guardar mi ala en tu mano.

Una frescura de crepúsculo
te llega a cada compás,
cuyo golpe prisionero hace retroceder
el horizonte delicadamente.

¡Vértigo! He aquí que se estremece
el espacio como un gran beso
que, loco de nacer para nadie
ni estalla al fin ni se apacigua.

¿Sientes el paraíso feroz,
lo mismo que una risa enterrada,
fluir del ángulo de tu boca
al fondo el pliegue unánime?

El cetro de las riberas rosas
estancado sobre las tardes de oro, éste lo es,
este blanco vuelo cerrado que tú dejas posarse
contra el fuego de un brazalete.

Versión de Alfonso Reyes

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Stephane Mallarmé -Cantique de saint Jean...-
Cantique de saint Jean
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Le soleil que sa halte
Surnaturelle exalte
Aussitôt redescend
Incandescent

je sens comme aux vertèbres
S'éployer des ténèbres
Toutes dans un frisson
A l'unisson

Et ma tête surgie
Solitaire vigie
Dans les vois triomphaux
De cette faux

Comme rupture franche
Plutôt refoule ou tranche
Les anciens désaccords
Avec le corps

Qu'elle de jeûnes ivres
S'opiniâtre à suivre
En quelque bond hagard
Son pur regard

Là-haut où la froidure
Éternelle n'endure
Que vous le surpassiez
Tous ô glaciers

Mais selon un baptême
Illuminée au même
Principe qui m'élut
Penche un salut.


Canto de San Juan

El sol que su detención
Sobrenatural exalta
Vuelve a caer prontamente
Incandescente

Siento como si en las vértebras
Tinieblas se desplegasen
Todas estremecimiento
En un momento

Y mi cabeza surgida
Solitaria vigilante
Al triunfal vuelo veloz
De esta hoz

Como ruptura sincera
Bien pronto rechaza o zanja
Con el cuerpo inarmonías
De otros días

Pues embriagada de ayunos
Ella se obstina en seguir
En brusco salto lanzada
Su pura mirada

Allá arriba donde eterna
La frialdad no soporta
Que la aventajéis ligeros
Oh ventisqueros

Pero según un bautismo
Alumbrado por el mismo
Principio que me comprende
Una salvación pende.

Versión de Rosa Chacel

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Stephane Mallarmé -Las de l'amer repos...-
Las de l'amer repos...
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Las de l'amer repos où ma paresse offense
Une gloire pour qui jadis j'ai fui l'enfance
Adorable des bois de roses sous l'azur
Naturel, et plus las sept fois du pacte dur
De creuser par veillée une fosse nouvelle
Dans le terrain avare et froid de ma cervelle,
Fossoyeur sans pitié pour la stérilité,
- Que dire à cette Aurore, ô Rêves, visité
Par les roses, quand, peur de ses roses livides,
Le vaste cimetière unira les trous vides ?

-Je veux délaisser l'Art vorace d'un pays
Cruel, et, souriant aux reproches vieillis
Que me font mes amis, le passé, le génie,
Et ma lampe qui sait pourtant mon agonie,
Imiter le Chinois au coeur limpide et fin
De qui l'extase pure est de peindre la fin
Sur ses tasses de neige à la lune ravie
D'une bizarre fleur qui parfume sa vie
Transparente, la fleur qu'il a sentie, enfant,
Au filigrane bleu de l'âme se greffant.
Et, la mort telle avec le seul rêve du sage,
Serein, je vais choisir un jeune paysage
Que je peindrais encor sur les tasses, distrait.
Une ligne d'azur mince et pâle serait
Un lac, parmi le ciel de porcelaine nue,
Un clair croissant perdu par une blanche nue
Trempe sa corne calme en la glace des eaux,
Non loin de trois grands cils d'émeraude, roseaux.


Cansado del amargo reposo...

Cansado del amargo reposo donde ofende
mi pereza una gloria por la que huí antaño
de la infancia adorable de los bosques de rosas
bajo azul natural, cansado siete veces
del exigente pacto de cavar por velada
nueva fosa en la tierra frígida y avarienta
de mi propio cerebro,
de la esterilidad cruel sepulturero.
-¿Qué decirle a esta Aurora, oh Sueños, visitado
por las rosas, con miedo de las lívidas, cuando
junte el extenso osario los vacuos agujeros?

Renunciar quiero al Arte voraz de un cruel país
y sonriente para los caducos reproches
que me hacen mis amigos, el pasado y el genio, y
mi lámpara que conoce mi agonía,
imitar al sutil chino de fino y límpido
corazón cuyo albo éxtasis está en pintar el fin,
sobre tazas de nieve de una arrobada luna,
de una flor peregrina que perfuma su vida
transparente, la flor que sintió cuando niño a
la azul filigrana del alma injertándosele. Para
la muerte como solo sueño del sabio,
sereno, escogeré un juvenil paisaje
que he de pintar aún, distraído, en las tazas.
Un pálido y delgado trazo de azul sería
un lago, entre el cielo de nuda porcelana,
nítida media luna perdida en blanca nube
baña su quieto cuerno en las heladas aguas
no lejos de tres juncos, pestañas de esmeralda.

Versión de Javier Sologuren

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posted by Alfil @ 7:39 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -Quand l'ombre menaça...-
Quand l'ombre menaça...
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Quand l'ombre menaça de la fatale loi
Tel vieux Rêve, désir et mal de mes vertèbres,
Affligé de périr sous les plafonds funèbres
Il a ployé son aile indubitable en moi.

Luxe, ô salle d'ébène où, pour séduire un roi
Se tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,
Vous n'êtes qu'un orgueil menti par les ténèbres
Aux yeux du solitaire ébloui de sa foi.

Oui, je sais qu'au lointain de cette nuit, la Terre
Jette d'un grand éclat l'insolite mystère,
Sous les siècles hideux qui l'obscurcissent moins.

L'espace à soi pareil qu'il s'accroisse ou se nie
Roule dans cet ennui des feux vils pour témoins
Que s'est d'un astre en fête allumé le génie.


Cuando la sombra amenazó...

Cuando la sombra amenazó de la ley fatal
tal viejo Sueño, deseo y mal de mis vértebras;
afligido por perecer bajo los techos fúnebres,
ha doblegado su ala indubitable en mí.

Lujo, oh sala de ébano, para seducir a un rey,
se tuercen en su muerte guirnaldas célebres,
usted no es sino un orgullo mentido por tinieblas
a los ojos del solitario deslumbrado por su fe.

Sí, yo sé que en la lejanía de esta noche, la Tierra
arroja de un gran resplandor el insólito misterio
bajo los siglos horrendos que le oscurecen menos.

El espacio a sí mismo parecido, que se acreciente o se niegue,
hace rodar en este tedio fuegos viles para testigos
que de un astro en fiesta se ha encendido el genio.

Versión de Claire Deloupy

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posted by Alfil @ 7:34 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -¡Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui...-
Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui...
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.


¡El virgen, el vivaz y el hermoso hoy…

¡El virgen, el vivaz y el hermoso hoy
va acaso a desgarrarnos con un golpe de ala ebrio
este lago duro olvidado que persigue bajo la escarcha
el transparente glaciar de los vuelos que no han huido!

Un cisne de antaño se acuerda que es él,
magnífico pero sin esperanza se libera
por no haber cantado la región donde vivir
cuando del estéril invierno resplandeció el tedio.

Todo su cuello sacudirá esta blanca agonía
del espacio infligido al ave que lo niega,
mas no el horror del suelo donde el plumaje queda atrapado.

Fantasma que su puro estallido asigna a ese lugar
se inmoviliza al sueño frío de desprecio
que viste entre el exilio inútil el cisne.

Versión de Claire Deloupy

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posted by Alfil @ 7:28 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -Sonnet-
Sonnet
Stephane Mallarmé (1842-1898)

(Pour votre chère morte, son ami.)
2 novembre 1877


Sur les bois oubliés quand passe l'hiver sombre
Tu te plains, ô captif solitaire du seuil,
Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueil
Hélas! du manque seul des lourds bouquet s'encombre.

Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,
Une veille t'exalte à ne pas fermer l'oeil
Avant que dans les bras de l'ancien fauteuil
Le suprême tison n'ait éclairé mon Ombre.

Qui veut souvent avoir la Visite ne doit
Par trop de fleurs charger la pierre que mon doigt
Soulève avec l'ennui d'une force défunte.

Ame au si clair foyer tremblante de m'asseoir,
Pour revivre il suffit qu'à tes lèvres j'emprunte
Le souffle de mon nom murmuré tout un soir.


Soneto

(Para vuestra querida muerta, su amigo)
2 de noviembre de 1877

-“Sobre olvidados bosques cuando pasa el sombrío invierno
lamentas, oh solitario cautivo del umbral,
que este sepulcro de dos que hará nuestro orgullo
de la falta de pesados ramos de flores se recargue.

Sin escuchar Medianoche que arrojó su número vano,
te exalta una vigilia a no cerrar los ojos,
antes que en los brazos del antiguo sillón
el supremo tizón mi Sombra haya alumbrado.

Quien quiere a menudo la Visita, no debe
con demasiadas flores cargar la piedra que mi dedo
levanta con el tedio de una fuerza difunta.

Alma ante la clara lumbre temblorosa de sentarme,
para revivir basta que de tus labios tome prestado
el soplo de mi nombre susurrado toda una noche.

Versión de Claire Deloupy

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posted by Alfil @ 7:20 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -Angoisse-
Angoisse
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :
Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.
Car le Vice, rongeant ma native noblesse
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité
Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.


Angustia

Hoy no vengo a vencer tu cuerpo, oh bestia llena
de todos los pecados de un pueblo que te ama,
ni a alzar tormentas tristes en tu impura melena
bajo el tedio incurable que mi labio derrama.
Pido a tu lecho el sueño sin sueños ni tormentos
con que duermes después de tu engaño, extenuada,
tras el telón ignoto de los remordimientos,
tú que, más que los muertos, sabes lo que es la nada.
Porque el Vicio, royendo mi majestad innata,
con su esterilidad como a ti me ha marcado;
pero mientras tu seno sin compasión recata
un corazón que nada turba, yo huyo, deshecho,
pálido, por el lúgubre sudario obsesionado,
¡con terror de morir cuando voy solo al lecho!

Versión de Andrés Holguín

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posted by Alfil @ 6:01 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -Sainte-
Sainte
Stephane Mallarmé (1842-1898)

A la fenêtre recélant
Le santal vieux qui se dédore
De sa viole étincelant
Jadis avec flûte ou mandore,
Est la Sainte pâle, étalant
Le livre vieux qui se déplie
Du Magnificat ruisselant
Jadis selon vêpre et complie:
A ce vitrage d'ostensoir
Que frôle une harpe par l'Ange
Formée avec son vol du soir
Pour la délicate phalange
Du doigt, que, sans le vieux santal
Ni le vieux livre, elle balance
Sur le plumage instrumental,
Musicienne du silence.


Santa

¡En la ventana está ocultando
desdorados sándalos viejos
de su viola resplandeciente
-flauta o laúd en otro tiempo-,
la pálida Santa que extiende
el libro viejo que prodiga
el Magnificat deslumbrante
según las completas y vísperas.
Roza el vitral de ese ostensorio
el arpa alada de algún Ángel
creada en el vuelo vespertino
para el primor de su falange.
Y deja el sándalo y el libro,
y acariciante pasa el dedo
sobre el plumaje instrumental
la tañedora del silencio.

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posted by Alfil @ 5:57 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -Tristesse d'été-
Tristesse d'été
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.
De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie
T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux"
Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l'antique désert et les palmiers heureux!
"Mais la chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l'âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.
Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s'il sait donner au coeur que tu frappas
L'insensibilité de l'azur et des pierres.


Tristeza de verano

El sol, sobre la arena, luchadora dormida,
En tus cabellos de oro caldea un baño lánguido
Y, consumiendo incienso en tu enemigo pómulo,
Entremezcla a los llantos un brebaje amoroso.
Del blanco llamear la calma inamovible
Te hizo, triste, decir, oh mis besos miedosos,
"No seremos los dos nunca una sola momia
Bajo el desierto antiguo y las palmas dichosas."
Pero tu cabellera es como un río tibio
Donde ahogar sin temblores la obsesión de nuestra alma
Y encontrar esa Nada que no conoces tú.
Probaré los afeites llorados por tus párpados,
A ver si saben dar al corazón que heriste
La insensibilidad del cielo y de las piedras.

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posted by Alfil @ 5:53 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -Salut-
Salut
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Rien, cette écume, vierge vers
A ne désigner que la coupe ;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l'envers.

Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l'avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d'hivers ;

Une ivresse belle m'engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut

Solitude, récif, étoile
A n'importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile


Saludo

Nada, esta espuma, virgen es
el verso que sólo a la copa
designa. Así lejos, en tropa,
sirenas húndense al revés.

Navegamos. Mi sitio es,
oh diversos amigos, la popa
y es el vuestro la proa que copa
rayos e inviernos. Embriaguez

gozosa ahora me convida
(su cabeceo no intimida)
a hacer de pie el saludo mío,

soledad, estrella arrecife,
a cuanto valga en este esquife
de nuestra vela el blanco brío.

Libellés :

posted by Alfil @ 5:49 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -Une négresse-
Une négresse
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leur robe trouée
Cette goinfre s'apprête à de rusés travaux:
À son ventre compare heureuse deux tétines
Et, si haut que la main ne le saura saisir,
Elle darde le choc obscur de ses bottines
Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir
Contre la nudité peureuse de gazelle
Qui tremble, sur le dos tel un fol éléphant
Renversée elle attend et s'admire avec zèle,
En riant de ses dents naïves à l'enfant;
Et, dans ses jambes où la victime se couche,
Levant une peau noire ouverte sous le crin,
Avance le palais de cette étrange bouche
Pâle et rose comme un coquillage marin.


Una negra

Una negra por el demonio sacudida
Quiso en un niño triste gustar de nuevos frutos
Y criminales bajo su veste agujereada.
Esta voraz prepara sus trabajos astutos:
Con su vientre compara dos airosos pezones
Y allá donde la mano no consigue ascender
Eleva el golpeteo sordo de sus tacones
Como una rara lengua torpe para el placer.
Contra la desnudez miedosa de gacela
Que tiembla, sobre el dorso, como un gran elefante
Enajenada aguarda y se admira y encela
Y ríe con sus dientes ingenuos al infante.
Y entre sus piernas donde su víctima se acuesta,
Bajo la crin la negra piel abierta al azar,
La extraña boca su paladar manifiesta
Pálido y rosa como un caracol de mar.

Libellés :

posted by Alfil @ 5:44 PM   0 comments
Stephane Mallarmé -Le tombeau d'Edgar Poe-
Le tombeau d'Edgar Poe
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change
Le Poëte suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu
Que la Mort triomphait dans cette voix étrange!

Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu,
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief!
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne,

Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur,
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du blasphème épars dans le futur.


La tumba de Edgar Allan Poe

Tal como al fin el tiempo lo transforma en sí mismo,
el poeta despierta con su desnuda espada
a su edad que no supo descubrir, espantada,
que la muerte inundaba su extraña voz de abismo.

Vió la hidra del vulgo, con un vil paroxismo,
que en él la antigua lengua nació purificada,
creyendo que él bebía esa magia encantada
en la onda vergonzosa de un oscuro exorcismo.

Si, hostiles alas nubes y al suelo que lo roe,
bajo-relieve suyo no esculpe nuestra mente
para adornar la tumba deslumbrante de Poe,

que, como bloque intacto de un cataclismo oscuro,
este granito al menos detenga eternamente
los negros vuelos que alce el Blasfemo futuro.

Versión de Andrés Holguín

Libellés :

posted by Alfil @ 8:30 AM   0 comments
Stephane Mallarmé -Don du Poëme-
Don du Poëme
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Je t'apporte l'enfant d'une nuit d'Idumée !
Noire,à l'aile saignante et pâle,déplumée,
Par le verre brûlé d'aromates et d'or,
Par les carreaux glacés,hélas ! mornes encor,
L'aurore se jeta sur la lampe angélique.
Palmes ! et quand elle a montré cette relique
A ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.
O la berceuse,avec ta fille et l'innocence
De vos pieds froids,accueille une horrible naissance :
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour les lèvres que l'air du vierge azur affame ?


Don del Poema

Te traigo aquí a la hija de una noche idumea!
Negra, de ala sangrienta y pálida e implume,
por el vidrio que incendian los aromas y el oro,
por heladas ventanas opacas todavía,
la aurora se arrojó sobre el candil angélico,
¡palmas! y cuando ya mostraba esa reliquia
al padre que enemiga sonrisa aventuraba,
la estéril soledad azul se estremecía.
¡Oh arrulladora, con tu niña y la inocencia
de tus helados pies el nacimiento horrible
acoge, y con tu voz que viola y clave evoca!
¿Oprimirán tus dedos marchitos ese pecho
del que mana en blancura sibilina la hembra
hacia labios que el aire del azul virgen tienta?

Libellés :

posted by Alfil @ 8:18 AM   0 comments
Stephane Mallarmé -Brise marine-
Brise Marine
Stephane Mallarmé (1842-1898)


La chair est triste,hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien,ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et,peut-être,les mâts,invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus,sans mâts,sans mâts,ni fertiles îlots ...
Mais ,ô mon coeur, entends le chant des matelots !


Brisa marina

Leí todos los libros y es, ¡ay! , la carne triste.
¡huir, huir muy lejos! Ebrias aves se alejan
entre el cielo y la espuma. Nada de lo que existe,
ni los viejos jardines que los ojos reflejan,
ni la madre que, amante, da leche a su criatura,
ni la luz que en la noche mi lámpara difunde
sobre el papel en blanco que defiende su albura
retendrá al corazón que ya en el mar se hunde.
¡Yo partiré! ¡Oh, nave, tu velamen despliega
y leva al fin las anclas hacia incógnitos cielos!

Un tedio, desolado por la esperanza ciega,
confía en el supremo adiós de los pañuelos.
Y tal vez, son tus mástiles de los que el viento lanza
sobre perdidos náufragos que no encuentran maderos,
sin mástiles, sin mástiles, ni islote en lontananza...
Corazón, oye cómo cantan los marineros!

Versión de Andrés Holguín

Libellés :

posted by Alfil @ 8:13 AM   0 comments
Stephane Mallarmé -La chevelure-
La Chevelure...
Stephane Mallarmé (1842-1898)


La chevelure vol d'une flamme à l'extrême
Occident de désirs pour la tout déployer
Se pose ( je dirais mourir un diadème )
Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vive nue
L'ignition du feu toujours intérieur
Originellement la seule continue
Dans le joyau de l'oeil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame
Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt
Rien qu'à simplifier avec gloire la femme
Accomplit par son chef fulgurante l'exploit

De semer de rubis le doute qu'elle écorche
Ainsi qu'une joyeuse et tutélaire torche.


La cabellera

La cabellera vuelo de una llama al extremo
Occidente de anhelos por desplegarla toda
Reposa (yo diría morir una diadema)
sobre la coronada frente su antiguo lar

mas suspirar sin oro esta nube viviente
cuán originalmente prosigue solitaria
el incendio del fuego para siempre interior
en la gema del ojo verídico o riente

una desnudez de héroe delicado difama
a la que no mueve astros ni fuegos en el dedo
y sólo simplifica con gloria a la mujer
realizada la hazaña por su testa fulgente

de sembrar con rubíes la duda que desuella
igual a una jocunda y tutelar antorcha.

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posted by Alfil @ 8:09 AM   0 comments
Stephane Mallarmé -Mysticis Umbraculis-
Mysticis Umbraculis
Stephane Mallarmé (1842-1898)

Elle dormait : son doigt tremblait, sans améthyste
Et nu, sous sa chemise, après un soupir triste
Il s'arrêta, levant au nombril la batiste

Et son ventre sembla de la neige où serait
Cependant qu'un rayon redore la forêt
Tombé le nid moussu d'un gai chardonneret


Mysticis Umbraculis

Ella dormía: su dedo tembloroso, sin amatista
Y desnudo, bajo su camisa, después de un suspiro triste
Se detuvo, levantó hasta el ombligo la batista.

Y su vientre pareció nieve donde estuviese,
Mientras tanto un rayo a dorar el bosque,
tumbado el nido musgoso de un alegre jilguero.

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posted by Alfil @ 7:49 AM   0 comments
Stephane Mallarmé -Apparition-
Apparition
Stephane Mallarmé (1842-1898)

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant,l'archet aux doigts,dans le calme des fleurs
Vaporeuses,tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.

- C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc,l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux,dans la rue
Et dans le soir,tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait,laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.


Aparición

La luna se entristecía. Serafines llorando
sueñan, el arquillo en los dedos, en la calma de las flores
vaporosas, sacaban de las lánguidas violas
blancos sollozos resbalando por el azul de las corolas,

Era el día bendito de tu primer beso.
Mi ensueño que se complace en martirizarme
se embriagaba sabiamente con el perfume de tristeza
Que incluso sin pena y sin disgusto deja
el recoger de su sueño al corazón que lo ha acogido.

Vagaba, pues, con la mirada fija en el viejo enlosado,
cuando con el sol en los cabellos, en la calle
y en la tarde, tú te me apareciste sonriente,
y yo creí ver el hada del brillante sombrero,
que otrora aparecía en mis sueños de niño
mimado, dejando siempre, de sus manos mal cerradas,
cien blancos ramilletes de estrellas perfumadas.

Versión de L. S.

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posted by Alfil @ 7:49 AM   0 comments
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