Poemas en Francés





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Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano
Frases
"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas"

Augusto Monterroso

-La palabra mágica-

"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?"

Voltaire

"La traducción destroza el espíritu del idioma"

Federico Garcí­a Lorca
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Theophile Gautier -Le laurier du Généralife-
vendredi, octobre 21, 2005
Le laurier du Généralife
Theophile Gautier (1811-1872)

Dans le Généralife, il est un laurier-rose,
Gai comme la victoire, heureux comme l'amour.
Un jet d'eau, son voisin, l'enrichit et l'arrose;
Une perle reluit dans chaque fleur éclose,
Et le frais émail vert se rit des feux du jour.

Il rougit dans l'azur comme une jeune fille;
Ses fleurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair.
On dirait, à le voir sous l'onde qui scintille,
Une odalisque nue attendant qu'on l'habille,
Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair.

Ce laurier, je l'aimais d'une amour sans pareille;
Chaque soir, près de lui, j'allais me reposer;
A l'une de ses fleurs, bouche humide et vermeille,
Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille!
J'ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser...


La adelfa del Generalife

En el Generalife hay una roja adelfa.
alegre cual victoria, feliz como el amor.
Un surtidor vecino la enriquece y la riega;
una perla reluce en cada flor abierta,
y el fresco esmalte verde se ríe del calor.

Al cielo se sonroja, como una jovencita;
sus flores, casi vivas, son de piel encarnada.
Pareciera, al verla bajo la onda que vibra,
odalisca desnuda que espera a que la vistan,
los cabellos llorando sobre las aguas claras.

A esta adelfa yo amaba con amor sin pareja;
cada tarde a su lado encontraba el sosiego;
a una de sus flores, boca fresca y bermeja.,
acercaba mis labios, y a veces, ¡oh sorpresa!
sentí cómo la flor me devolvía aquel beso.

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posted by Alfil @ 9:38 PM   0 comments
Theophile Gautier -Pastel-
Pastel
Theophile Gautier (1811-1872)

J'aime à vous voir en vos cadres ovales,
Portraits jaunis des belles du vieux temps,
Tenant en main des roses un peu pâles,
Comme il convient à des fleurs de cent ans.

Le vent d'hiver, en vous touchant la joue,
A fait mourir vos oeillets et vos lis,
Vous n'avez plus que des mouches de boue
Et sur les quais vous gisez tout salis.

Il est passé, le doux règne des belles;
La Parabère avec la Pompadour
Ne trouveraient que des sujets rebelles,
Et sous leur tombe est enterré l'amour.

Vous, cependant, vieux portraits qu'on oublie,
Vous respirez vos bouquets sans parfums,
Et souriez avec mélancolie
Au souvenir de vos galants défunts.


Pastel

No me canso de veros en los marcos ovales,
amarillos retratos de beldades de antaño
en la mano unas rosas quizá ya un poco pálidas,
como es propio de flores de cien años atrás.

El invierno al rozar vuestras frescas mejillas
marchitó lo que en ellas era lirio y clavel,
ahora sólo lucís algún lunar de barro,
y aquí estáis, manchadas en los muelles.

Aquel dulce reinado de las bellas pasó;
tanto la Parabère como la Pompadour
indóciles súbditos hoy tendrían tan sólo,
y en sus mismos sepulcros yace el amor.

Pero, oh viejos retratos olvidados, aún
os conmueve aspirar vuestra flor sin perfume,
y podéis sonreír, melancólicamente
recordando a galanes hace un siglo difuntos.

Versión de Carlos Pujol

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posted by Alfil @ 7:38 PM   0 comments
Theophile Gautier -L'art-
L'art
Theophile Gautier (1811-1872)


Oui, l'oeuvre sort plus belle
D'une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses!
Mais que pour marcher droit
Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rythme commode,
Comme un soulier trop grand,
Du mode
Que tout pied quitte et prend!

Statuaire, repousse
L'argile que pétrit
Le pouce,
Quand flotte ailleurs l'esprit;

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur
Et rare,
Gardiens du contour pur;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement
S'accuse
Le trait fier et charmant;

D'une main délicate
Poursuis dans un filon
D'agate
Le profil d'Apollon.

Peintre, fuis l'aquarelle,
Et fixe la couleur
Trop frêle
Au four de l'émailleur.

Fais les sirènes bleues,
Tordant de cent façons
Leurs queues,
Les monstres des blasons;

Dans son nimbe trilobe
La Vierge et son Jésus,
Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe. L'art robuste
Seul a l'éternité.
Le buste
Survit à la cité.

Et la médaille austère
Que trouve un laboureur
Sous terre
Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent
Mais les vers souverains
Demeurent
Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ;
Que ton rêve flottant
Se scelle
Dans le bloc résistant !


El arte

Sí, la obra nace más bella
de una forma rebelde
al trabajo,
verso, mármol, ónix, esmalte.

¡Fuera falsas exigencias!
Pero un estrecho coturno
puedes llevar,
Musa, para ir derecha.

¡Huye del ritmo cómodo
cuál moda pasajera,
del zapato
que se prueba y deja!

Rechaza el esfuerzo
del pulgar sobre la arcilla,
escultor,
si el espíritu se aleja;

enfréntate al carrara,
al paros duro y raro,
de la pureza
del contorno guardianes;

encarga en Siracusa
el bronce que bien firme
acusa
el rasgo fiero y grácil;

y, con mano delicada,
encuentra el perfil
de Apolo
en un filón de ágata.

No practiques la acuarela,
pintor, y fija el color
desvaído
en el horno esmaltador.

Pinta azules las Sirenas
torciendo de mil formas
las colas,
monstruos de los blasones,

y, en el trébol del nimbo,
bajo la cruz que domina
el globo,
pon la Virgen con el Niño.

Todo pasa. El arte robusto
sólo tiene la eternidad.
El busto
sobrevive a la ciudad,

y la austera medalla
que halla un labrador
bajo tierra
revela un emperador.

Los dioses mismos mueren.
Pero los versos soberanos
permanecen,
más fuertes que los bronces.

Esculpe, lima, cincela;
¡que tu sueño evanescente
se selle
en el bloque resistente!

Versión de Amalia Forte Mármol

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posted by Alfil @ 7:24 PM   1 comments
Theophile Gautier -Niobe-
Niobe
Theophile Gautier (1811-1872)

Sur un quartier de roche, un fantome de marbre,
Le menton dans la main et le coude au genou,
Les pieds pris dans le sol, ainsi que des pieds d'arbre,
Pleure eternellement sans relever le cou.
Quel chagrin pese donc sur ta tete abattue?
A quel puits de douleur tes yeux puisent-ils l'eau?
Et que souffres-tu donc dans ton coeur de statue,
Pour que ton sein sculpte souleve ton manteau?
Tes larmes en tombant du coin de ta paupiere,
Goutte a goutte, sans cesse et sur le meme endroit,
Ont fait dans l'epaisseur de ta cuisse de pierre
Un creux ou le bouvreuil trempe son aile et boit.
O symbole muet de l'humaine misere,
Niobe sans enfants, mere des sept douleurs,
Assise sur l'Athos ou bien sur le Calvaire;
Quel fleuve d'Amerique est plus grand que tes pleurs?


Niobe

Sobre un trozo de peña un fantasma de mármol,
el mentón en la mano, la rodilla en el codo,
los pies fijos en tierra cual raíces de un árbol,
llanto eterno derrama sin alzar la cabeza.
¿Qué dolor dobla, pues, tu cabeza abatida?
¿De qué pozos de luto sacan agua tus ojos?
¿Qué hay en tu corazón afligido de estatua
que da un raro temblor a tu pecho esculpido?
Estas lágrimas tuyas, al caer de tus párpados,
gota a gota, incesantes y en el mismo lugar,
en tu muslo de piedra han cavado un hoyuelo
en el cual el pardillo bebe y moja sus alas.
¡Oh, tú, símbolo mudo de la humana congoja,
Níobe sin sus hijos, Dolorosa inmortal!
En el Athos o bien en el monte Calvario,
di, ¿qué río de América es mayor que tu llanto?

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posted by Alfil @ 7:17 PM   0 comments
Theophile Gautier -Ce que disent les hirondelles-
Ce que disent les hirondelles
Theophile Gautier (1811-1872)

Déjà plus d’une feuille sèche
Parsème les gazons jaunis;
Soir et matin, la brise est fraîche,
Hélas! les beaux jours sont finis!

On voit s’ouvrir les fleurs que garde
Le jardin, pour dernier trésor;
Le dahlia met sa cocarde
Et le souci sa toque d’or

La pluie au bassin fait des bulles,
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules:
Voici l’hiver, voici le froid!

Elles s’assemblent par centaines,
Se concertant pour le départ.
L’une dit: ‘Oh! que dans Athènes
Il fait bon sur le vieux rempart!

‘Tous les ans j’y vais et je niche
Aux métopes du Parthénon.
Mon nid bouche dans la corniche
Le trou d’un boulet de canon.’

L’autre: ‘J’ai ma petite chambre
A Smyrne, au plafond d’un café.
Les Hadjis comptent leurs grains d’ambre
Sur le seuil, d’un rayon chauffé.

J’entre et je sors, accoutumée
Aux blondes vapeurs des chibouchs,
Et parmi des flots de fumée
Je rase turbans et tarbouchs.’

Celle-ci: ‘J’habite un triglyphe
Au fronton d’un temple, à Balbeck.
Je m’y suspens avec ma griffe
Sur mes petits au large bec.;

Celle-là: ‘Voici mon adresse:
Rhodes, palais des Chevaliers;
Chaque hiver, ma tente s’y dresse
Au chapiteau des noirs piliers.’

La cinquième: ‘Je ferai halte,
Car l’âge m’alourdit un peu,
Aux blanches terrasses de Malte
Entre l’eau bleue et le ciel bleu.’

La sixième: ‘Qu’on est à l’aise
Au Caire, en haut des minarets!
J’empâte un ornement de glaise,
Et mes quartiers d’hiver sont prêts.’

‘A la seconde cataracte,
Fait la dernière, j’ai mon nid;
J’en ai noté la place exacte,
Dans le pschent d’un roi de granit.’

Toutes: ‘Demain combien de lieues
Auront filé sous notre essaim,
Plaines brunes, pics blancs, mers bleues
Brodant d’écume leur bassin!’

Avec cris et battements d’ailes,
Sur la moulure aux bords étroits,
Ainsi jasent les hirondelles,
Voyant venir la rouille aux bois.

Je comprends tout ce qu’elles disent,
Car le poète est un oiseau;
Mais, captif, ses élans se brisent
Contre un invisible réseau!

Des ailes! des ailes! des ailes!
Comme dans le chant de Rückert,
Pour voler là-bas avec elles
Au soleil d’or, au printemps vert!


Lo que dicen las golondrinas

Aquí y allá se ven las secas hojas
sobre campos de hierba amarillenta;
desde el alba a la noche el viento es fresco,
éste es el fin del tiempo de verano.

Veo abrirse las flores que conserva
el jardín como un último tesoro:
quiere lucir la dalia su divisa,
la maravilla su dorada toca.

La lluvia en el estanque hace burbujas;
y tienen conciliábulos extraños
las golondrinas sobre los tejados:
¡Ya ha llegado el invierno con sus fríos!

Se reúnen por cientos con el fin
de llegar a un acuerdo sobre su éxodo.
Una dice: «Qué bien se está en Atenas,
viéndolo todo desde la muralla.

Todos los años voy allí y anido en
metopas del mismo Partenón.
En los frisos mi nido disimula
el hueco de una bala de cañón.»

Otra dice: «Yo tengo mi cuartito
en Esmirna, en el techo de un café;
sus granos de ámbar cuentan los hayíes
en el umbral que recalienta el sol.

Entro y salgo, avezada como estoy
a los rubios vapores de las pipas,
y entre mares humosos rozo siempre
los turbanes y feces al pasar.»

Ésta dice: «Yo habito en un triglifo,
en el frontón de un templo, allá en Baalbek;
allí me poso y me sujeto, encima
de mis crías de pico puntiagudo.»

Otra dice: «Sabed mi dirección:
Rodas, palacio de los caballeros;
cada invierno mi tienda se alza allí
en capiteles de negros pilares.»

Y la quinta: «Yo voy a descansar,
pues la edad no permite largos vuelos,
en las blancas terrazas que hay en Malta,
entre el azul del agua y el del cielo.»

La sexta: «¡Hay que ver qué bien se está
en El Cairo y sus altos minaretes!
Recubro con el barro un ornamento
y mi cuartel de invierno ya está listo.»

«Pues yo tengo mi nido», dice la última
«donde está la segunda catarata;
el exacto lugar está indicado
en el psen de un monarca de granito».

«Mañana cuántas leguas», dicen todas,
«nuestra bandada habrá dejado atrás,
pardas llanuras, picos blancos, mares
azules con bordados espumosos».

Entre tanto chillido y aleteo,
sobre estrechas cornisas de la altura,
conversan entre sí las golondrinas
viendo cómo la herrumbre invade el bosque.

Comprendo las palabras que se dicen
porque al fin el poeta es como un pájaro;
pero, ay, está cautivo, y sus impulsos
se rompen contra redes invisibles.

¡Alas quiero tener, dadme unas alas!,
como dice aquel cántico de Rückert,
para volar con ellas hacia el oro del sol,
hacia la primavera verde.

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posted by Alfil @ 7:14 PM   0 comments
Theophile Gautier -Fumée-
Fumée
Theophile Gautier (1811-1872)

Là-bas, sous les arbres s'abrite
Une chaumière au dos bossu ;
Le toit penche, le mur s'effrite,
Le seuil de la porte est moussu.

La fenêtre, un volet la bouche ;
Mais du taudis, comme au temps froid
La tiède haleine d'une bouche,
La respiration se voit.

Un tire-bouchon de fumée,
Tournant son mince filet bleu,
De l'âme en ce bouge enfermée
Porte des nouvelles à Dieu.


Humo

Bajo los árboles hay
una choza corcovada;
con el tejado vencido,
rotas paredes y musgo

en el umbral de la puerta.
Ciega está por sus postigos
la ventana, pero igual
que cuando hace mucho frío
se ve como un tibio aliento
de la casa que respira.

Un tirabuzón de humo
gira en hilillos azules
y así del alma encerrada
en aquel tugurio lleva
noticias frescas a Dios.

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posted by Alfil @ 7:11 PM   0 comments
Theophile Gautier -Tristesse en mer-
Tristesse en mer
Theophile Gautier (1811-1872)

Les mouettes volent et jouent ;
Et les blancs coursiers de la mer,
Cabrés sur les vagues, secouent
Leurs crins échevelés dans l'air.

Le jour tombe ; une fine pluie
Éteint les fournaises du soir,
Et le steam-boat crachant la suie
Rabat son long panache noir.

Plus pâle que le ciel livide
Je vais au pays du charbon,
Du brouillard et du suicide ;
- Pour se tuer le temps est bon.

Mon désir avide se noie
Dans le gouffre amers qui blanchit
Le vaisseau danse, l'eau tournoie,
Le vent de plus en plus fraîchit.

Oh ! Je me sens l'âme navrée ;
L'Océan gonfle, en soupirant,
Sa poitrine désespérée,
Comme un ami qui me comprend.

Allons, peines d'amour perdues,
Espoirs lassés, illusions
Du socle idéal descendues,
Un saut dans les moites sillons !

A la mer, souffrances passées,
Qui revenez toujours, pressant
Vos blessures cicatrisées
Pour leur faire pleurer du sang !

A la mer, spectres de mes rêves,
Regrets aux mortelles pâleurs
Dans un cœur rouge ayant sept glaives,
Comme la Mère des douleurs.

Chaque fantôme plonge et lutte
Quelques instants avec le flot
Qui sur lui ferme sa volute
Et l'engloutit dans un sanglot.

Lest de l'âme, pesant bagage,
Trésors misérables et chers,
Sombrez, et dans votre naufrage
Je vais vous suivre au fond des mers !

Bleuâtre, enflé, méconnaissable,
Bercé par le flot qui bruit,
Sur l'humide oreiller du sable
Je dormirai bien cette nuit !

... Mais une femme dans sa mante
Sur le pont assise à l'écart,
Une femme jeune et charmante
Lève vers moi son long regard.

Dans ce regard, à ma détresse
La Sympathie aux bras ouverts
Parle et sourit, sueur ou maîtresse.
Salut, yeux bleus ! bonsoir, flots verts !

Les mouettes volent et jouent ;
Et les blancs coursiers de la mer,
Cabrés sur les vagues, secouent
Leurs crins échevelés dans l'airs.


Tristeza en mar

Vuelan como jugando las gaviotas;
y los blancos corceles de la mar,
encabritados sobre el oleaje,
sus despeinadas crines dan al aire.

Cae la tarde y una fina lluvia
apaga las hogueras de la noche;
a su paso el vapor escupe hollín
y abate su penacho largo y negro.

Más pálido que el cielo sin color,
me dirijo a la tierra del carbón,
donde reinan la niebla y el suicidio;
—Hace un tiempo ideal para matarse.

Siento ahogarse mis ávidos deseos
en el abismo amargo que blanquea;
se arremolina el agua, danza el barco,
el viento cada vez se hace más fresco.

¡Está tan dolorida el alma mía!
El océano se hincha, suspirando,
y su desesperado pecho me parece
como un amigo fiel que me comprende.

¡Penas de amor perdidas, adelante,
esperanzas truncadas, ilusiones
apeadas de alturas ideales,
podéis saltar hasta los surcos húmedos!

¡Id al mar, sufrimientos del pasado
que volvéis nuevamente para hurgar
en vuestras cicatrices mal cerradas
intentando otra vez que lloren sangre!

Id al mar los fantasmas de mis sueños,
congojas de mortales palideces
en este corazón con siete espadas
como lleva la Madre dolorosa.

Cada fantasma se sumerge y lucha
durante unos momentos con el agua
que lo cubre al final de su voluta
y lo engulle lanzando un gran sollozo.

¡Oh, pesado equipaje, lastre de alma,
tesoros miserables y queridos
hundíos y después de este naufragio
yo mismo os seguiré al fondo del mar!

Lívido, hinchado e irreconocible,
mecido por las olas que susurran
en la húmeda almohada de la arena
sé que voy a dormir bien esta noche.

... Pero hay una mujer que con su capa,
en el puente sentada y solitaria,
una mujer encantadora y joven,
de repente me mira desde lejos.

En su mirada, a mi desolación
la Simpatía de brazos abiertos
habla y sonríe, hermana o bien amante.
¡Qué ojos azules! ¡Agua verde, adiós!

Vuelan como jugando las gaviotas
y los blancos corceles de la mar,
encabritados sobre el oleaje,
sus despeinadas crines dan al viento.

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posted by Alfil @ 7:05 PM   0 comments
Theophile Gautier -L'hippopotame-
L'hippopotame
Theophile Gautier (1811-1872)

L'hippopotame au large ventre
Habite aux jungles de Java,
Où grondent, au fond de chaque antre,
Plus de monstres qu'on n'en rêva.

Le boa se déroule et siffle,
Le tigre fait son hurlement,
Le buffle en colère renifle;
Lui, dort ou paït tranquillement.

Il ne craint ne kriss ni sagaies,
Il regarde l'homme sans fuir,
Il rit des balles des cipayes
Qui rebondissent sur son cuir.

Je suis comme l'hippopotame;
De ma conviction couvert,
Fort armure que rien n'entame,
Je vais sans peur par le désert.


El hipopótamo

El hipopótamo de vientre enorme
suele vivir en selvas como Java,
y allí en el fondo de las cuevas hay
monstruos que no se pueden ni soñar.

La boa que se agita entre silbidos,
el tigre que tan bien sabe rugir,
el búfalo enfadado que resopla;
él sólo duerme o pace siempre en calma.

El kris y la azagaya no le asustan,
contempla al hombre sin darse a la huida,
se ríe del cipayo y de sus balas
que no hieren su piel y que rebotan.

Por eso yo soy como el hipopótamo;
me protege mi fuerte convicción,
armadura que me hace invulnerable,
y así por el desierto ando sin miedo.

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posted by Alfil @ 7:04 PM   0 comments
Theophile Gautier -Le pin des landes-
Le pin des landes
Theophile Gautier (1811-1872)

On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes
D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc ;

Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L'homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu'aux dépens de ce qu'il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;
Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu'il ait au cœur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d'or !


El pino de las landas

Sólo veo al pasar por las Landas desiertas,
un Sahara francés, mar de arena muy blanca,
entre hierbas resecas y verdosos charcales,
estos pinos que llevan una herida en su flanco,

pues, queriendo sus lágrimas de resina robarle,
ese avaro verdugo de las cosas, el hombre,
que no sabe vivir más que a costa del crimen,
en su tronco doliente abre un surco profundo.

Sin llorar por su sangre gota a gota vertida,
da su bálsamo el pino con la savia que hierve,
y le vemos erguido cual si fuera un soldado
que aunque herido quisiera ver la muerte de pie.

El poeta es lo mismo en las landas del mundo;
si no tiene una herida su tesoro conserva.
Necesita llevar en el pecho una muesca
para darnos sus versos como lágrimas de oro.

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posted by Alfil @ 7:00 PM   0 comments
Theophile Gautier -Point de vue-
Point de vue
Theophile Gautier (1811-1872)

Au premier plan, un orme au tronc couvert de mousse
Dans la brume hochant sa tête chauve et rousse,
Une mare d’eau sale où plongent les canards,
Assourdissant l’écho de leurs cris nasillards ;
Quelques rares buissons où pendent des fruits aigres,
Comme un pauvre la main, tendant leurs branches maigres,
Une vieille maison, dont les murs mal fardés
Bâillent de toutes parts largement lézardés.
Et découpant en noir leurs linéaments frêles
Comme un fil d’araignée à l’horizon brumeux ;
Puis, tout au fond Paris, Paris sombre et fumeux,
Où déjà, points brillants au fond des maison ternes,
Luisent comme des yeux des milliers de lanternes ;
Paris avec ses toits déchiquetés, ses tours
Qui ressemblent de loin à des cous de vautours,
Et ses clochers aigus à flèche dentelée,
Comme un peigne mordant la nue échevelée.


Punto de vista

En primer plano un olmo de corteza musgosa
sacudiendo en la bruma su rojiza cabeza,
una charca muy sucia donde nadan los patos
asordando los ecos con sus gritos nasales;
matorrales escasos con los frutos aún verdes,
como un pobre la mano tienden flacos ramajes;
una casa viejísima, desconchada, con grietas
que abren en las paredes prolongados bostezos.
En segundo, molinos que levantan sus alas
y recortan en negro sus perfiles tan frágiles,
como una telaraña en el cielo brumoso.
Luego, al fondo, París, lleno de humo y sombrío,
donde ya como brillos en las casas oscuras,
un sinfín de faroles igual que ojos fulguran;
con tejados hendidos y esas torres que son,
o parecen de lejos, como cuellos de buitres;
campanarios agudos con la flecha dentada
como un peine que muerde de las nubes las greñas.

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posted by Alfil @ 6:54 PM   0 comments
Theophile Gautier -Les colombes-
Les colombes
Theophile Gautier (1811-1872)

Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,
Un beau palmier, comme un panache vert,
Dresse sa tête, où le soir les colombes
Viennent nicher et se mettre à couvert.

Mais le matin elles quittent les branches ;
Comme un collier qui s'égrène, on les voit
S'éparpiller dans l'air bleu, toutes blanches,
Et se poser plus loin sur quelque toit.

Mon âme est l'arbre où tous les soirs, comme elles,
De blancs essaims de folles visions
Tombent des cieux en palpitant des ailes,
Pour s'envoler dès les premiers rayons.


Las palomas

En el collado aquel de los sepulcros
una palmera y su penacho verde
se yerguen donde acuden las palomas
a anidar por la noche y guarecerse.

Con el alba desertan de las ramas:
como un collar que se desgrana, vemos
-blancas, dispersas, en el aire azul-
que algún tejado buscan aún más lejos.

Todas las noches es un árbol mi alma
donde se posan con las alas trémulas
enjambres blancos de visiones locas
para echar a volar cuando clarea.

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posted by Alfil @ 6:50 PM   0 comments
Theophile Gautier -Lied-
Lied
Theophile Gautier (1811-1872)

Au mois d'avril, la terre est rose
Comme la jeunesse et l'amour;
Pucelle encore, à peine elle ose
Payer le Printemps de retour.

Au mois de juin, déjà plus pâle
Et le cœur de désir troublé,
Avec l'Eté tout brun de hâle
Elle se cache dans le blé.

Au mois d'août, bacchante enivrée,
Elle offre à l'Automne son sein,
Et, roulant sur la peau tigrée,
Fait jaillir le sang du raisin.

En décembre, petite vieille,
Par les frimas poudrée à blanc,
Dans ses rêves elle réveille
L'Hiver auprès d'elle ronflant.


Lied

Es rosada la tierra en el abril,
como la juventud, como el amor;
y casi no se atreve, siendo virgen,
a enamorarse de la Primavera.

En junio, con un pálido semblante
y el corazón turbado de deseos,
con el Verano de tostada piel
se apresura a ocultarse en los trigales.

En agosto, bacante color cobre,
al Otoño le ofrece sus dos pechos,
con su piel atigrada se revuelca
y hace brotar la sangre de las vides.

En diciembre es la anciana que se encorva,
empolvada de blanco por la escarcha;
en sus sueños quisiera despertar
al Invierno que ronca junto a ella.

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posted by Alfil @ 6:40 PM   0 comments
Theophile Gautier -Dernier voeu-
Dernier voeu
Theophile Gautier (1811-1872)

Voilà longtemps que je vous aime
- L'aveu remonte à dix-huit ans ! -
Vous êtes rose, je suis blême ;
J'ai les hivers, vous les printemps.

Des lilas blancs de cimetière
Près de mes tempes ont fleuri ;
J'aurai bientôt la touffe entière
Pour ombrager mon front flétri.

Mon soleil pâli qui décline
Va disparaître à l'horizon,
Et sur la funèbre colline
Je vois ma dernière maison.

Oh ! que de votre lèvre il tombe
Sur ma lèvre un tardif baiser,
Pour que je puisse dans ma tombe,
Le cœur tranquille, reposer !


Ultimo deseo


Hace ya tanto tiempo que te adoro,
dieciocho años atrás son muchos días...
eres de color rosa, yo soy pálido,
yo soy invierno y tú la primavera.

Lilas blancas como en un camposanto
en torno de mis sienes florecieron,
y pronto invadirán todo el cabello
enmarcando la frente ya marchita.

Mi sol descolorido que declina
al fin se perderá en el horizonte,
y en la colina fúnebre, a lo lejos,
contemplo la morada que me espera.

Deja al menos que caiga de tus labios
sobre mis labios un tardío beso,
para que así una vez esté en mi tumba,
en paz el corazón pueda dormir.

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posted by Alfil @ 6:33 PM   0 comments
Theophile Gautier -Une jeune italienne-
Une jeune italienne
Theophile Gautier (1811-1872)

Février grelottait blanc de givre et de neige ;
La pluie, à flots soudains, fouettait l'angle des toits ;
Et déjà tu disais : — Ô mon Dieu ! quand pourrai-je
Aller cueillir enfin la violette au bois ?
Notre ciel est pleureur, et le printemps de France,
Frileux comme l'hiver, s'assied près des tisons ;
Paris est dans la boue au beau mois où Florence
Égrène ses trésors sous l'émail des gazons.
Vois, les arbres noircis contournent leurs squelettes ;
Ton âme s'est trompée à sa douce chaleur :
Tes yeux bleus sont encor les seules violettes,
Et le printemps ne rit que sur ta joue en fleur !


A una joven italiana

Aquel mes de febrero tiritaba en su albura
de la escarcha y la nieve; azotaba la lluvia
con sus rachas el ángulo de los negros tejados;
tú decías: ¡Dios mío! ¿Cuándo voy a poder
encontrar en los bosques las violetas que quiero?
Nuestro cielo es llorón, en las tierras de Francia
la estación es friolera como si aún fuera invierno,
y se sienta a la lumbre; París vive entre fango
cuando en tan bellos meses ya Florencia desgrana
sus tesoros que adorna un esmalte de hierba.
Mira, el árbol negruzco su esqueleto perfila;
se engañó tu alma cálida con su dulce calor;
no hay violetas excepto en tus ojos azules,
y no hay más primavera que tu rostro encendido.

Versión de Carlos Pujol

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posted by Alfil @ 6:27 PM   0 comments
Theophile Gautier -Le pot de fleurs-
Le pot de fleurs
Theophile Gautier (1811-1872)

Parfois un enfant trouve une petite graine
Et tout d'abord, charmé de ses vives couleurs,
Pour la planter il prend un pot de porcelaine
Orné de dragons bleus et de bizarres fleurs.

Il s'en va. La racine en couleuvres s'allonge,
Sort de terre, fleurit et devient arbrisseau ;
Chaque jour, plus avant, son pied chevelu plonge,
Tant qu'il fasse éclater le ventre du vaisseau.

L'enfant revient ; surpris, il voit la plante grasse
Sur les débris du pot brandir ses verts poignards ;
Il la veut arracher, mais la tige est tenace ;
Il s'obstine, et ses doigts s'ensanglantent aux dards.

Ainsi germa l'amour dans mon âme surprise ;
Je croyais ne semer qu'une fleur de printemps :
C'est un grand aloès dont la racine brise
Le pot de porcelaine aux dessins éclatants.


La maceta

Cuando una semillita encuentra el niño,
sus colores tan vivos le deslumbran,
y la planta en un tiesto, porcelana
con flores raras y un dragón azul.

Se alarga la raíz como culebras,
asoma y echa flor, se hace arbolillo;
día a día sus pies vellosos hunde
hasta hacer estallar el recipiente.

Vuelve el niño y contempla el estropicio,
con la planta que yergue verdes dagas;
va a arrancarla, pero el tallo es tenaz,
se ensangrienta los dedos con los dardos.

Germinó por sorpresa en mí el amor;
yo creía sembrar una flor pasajera,
y es un áloe cuya raíz rompe
la porcelana de color magnífico.

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posted by Alfil @ 4:00 PM   0 comments
Theophile Gautier
lundi, octobre 21, 2002
Theophile Gautier (1811-1872)

Poemas
Theophile Gautier -Le laurier du Généralife-
Theophile Gautier -Pastel-
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Theophile Gautier -Ce que disent les hirondelles-
Theophile Gautier -Fumée-
Theophile Gautier -Tristesse en mer-
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Theophile Gautier -Le pin des landes-
Theophile Gautier -Point de vue-
Theophile Gautier -Les colombes-
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Theophile Gautier -Le pot de fleurs-

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posted by Alfil @ 7:42 PM   0 comments
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