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Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano |
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"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas" Augusto Monterroso -La palabra mágica-
"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?" Voltaire
"La traducción destroza el espíritu del idioma" Federico García Lorca |
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| Adrienne Monnier -Les Vertus- Voici que ton fils est grand...- |
| dimanche, mars 06, 2005 |
Les Vertus. Voici que ton fils est grand… Adrienne Monnier (1892-1955)
(...)Voici que ton fils est grand, Marie, il te regarde à présent avec des yeux étrangers. Tu sais tout de lui, mais comment pourrait-il te connaître ? Avant qu'il te haïsse, retire-toi. Il faut le laisser agir seul et qu'il croie t'oublier, comme le cœur de sa poitrine. Il faut qu'il te domine si tu veux qu'il t'égale. Laisse-le créer un Dieu à son image pour qu'il sache le goût du néant où tu n'es pas, et qu'il te retrouve un jour dans le déchirement de l'esprit, comme tu le fis dans le déchirement de la chair. Sois une femme entre les femmes, fonds tes paroles au bruit des vagues, remonte au ciel, Étoile de la Mer…
Notre-Dame, Cœur des Villes, au cœur sept fois transpercé, le ciel entier te couronne, le monde bat sous tes pieds. L'Église est ton lourd manteau, sous le couvert de ses plis, tu tiens secret les reproches et parfais en indulgence les doctrinaux de ton Fils. Ton seul petit doigt levé donne vacance à l'enfer, le sourire de tes yeux change la mort en lumière.
La lait de Marie coulait dans les paroles du Christ, mais il maudit le figuier qui ne portait pas de figues, il insulta les Pharisiens et chassa les marchands du Temple. — Ce n'étaient pas de bons exemples. — Il prit les péchés du monde, mais le chargea de sa croix.
Le Fils nous met dans la gêne, nous épouserons sa misère, nous souffrirons avec lui, nous essuierons son visage et par notre économie nous lui garderons un feu jusqu'au plus noir de la peine. C'est en voulant nous toucher qu'il s'est traversé lui-même, ses bras tendus et cloués s'ouvrent vers nous, Inhumaines ! Nous serons son humble mère d'infinie consolation. Nous feindrons l'obéissance, tant qu'il soit las de son règne, il nous croira ses sujettes, il nous fera ses vertus, sans voir nos profondeurs vertes (...)
Las Virtudes. He aquí que tu hijo ha crecido...
(...)He aquí que tu hijo ha crecido, María, y que ahora te mira con ojos extraños. De él lo sabes todo, pero, ¿cómo podría él conocerte? Vete antes de que te odie. Hay que dejarlo actuar solo y que crea olvidarte, como el corazón en su pecho. Es necesario que te domine si quieres que te iguale. Déjalo crear un dios a su imagen para que conozca el gusto de la nada en la que tú no estás, y para que un día vuelva a encontrarte en el desgarramiento del alma, como tú lo hiciste en el desgarramiento de la carne. Sé una mujer entre las mujeres, funde tus palabras en el ruido de las olas, sube al cielo, Estrella de la Mar...
Nuestra Señora, Corazón de las Ciudades, de corazón siete veces atravesado, el cielo por entero te corona, el mundo palpita bajo tus pies. La Iglesia es tu pesado manto, al abrigo de sus pliegues, guardas en secreto los reproches y llevas a la perfección de la indulgencia los doctrinales de tu Hijo. Basta con que levantes tu meñique para que el infierno se aleje, la sonrisa de tus ojos transforma en luz la muerte.
La leche de María fluia en las palabras de Cristo, pero él maldijo la higuera que no daba higos, insultó a los fariseos y echó a los mercaderes del Templo. — No eran buenos ejemplos. — Tomó los pecados del mundo, pero lo cargó con su cruz.
El Hijo nos incomoda, abrazaremos su miseria, sufriremos con él, enjugaremos su rostro y con nuestras economías conservaremos para él un fuego hasta lo más obscuro de la pena. Fue al querer tocarnos que se atravesó a sí mismo, sus brazos extendidos y clavados se abren hacia nosotras, ¡Inhumanas! Seremos su humilde madre de infinito consuelo. Fingiremos obedecerle, mientras esté cansado de su reino, nos creerá sus súbditas, hará de nosotras sus virtudes, sin ver nuestras verdes profundidades (...)
Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel FrontánLibellés : Adrienne Monnier |
posted by Alfil @ 3:10 PM  |
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| Adrienne Monnier -A Sylvia Beach- |
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A Sylvia Beach Adrienne Monnier (1892-1955)
Je te salue, ma Sœur née par-delà les mers ! Voici que mon étoile a retrouvé la tienne, Non pas fondue au feu du soleil primitif, Mais vive, exacte et neuve en sa grâce étrangère, Prodigue des trésors amassés en son cours.
Je chantais solitaire, attentive aux promesses Que notre Mère écrit dans le regard des hommes, L'éclat des diamants et l'orient des perles. Je cachais en mon sein, comme un oiseau fragile, Le bel espoir craintif qui se nourrit des miels. Je vouais aux pudeurs, linges blancs et croisés, La naissante pensée qu'on baptise de pleurs. Je me sauve, à présent, oh ! ma Sœur, par tes soins, De ces tourments, de ces regrets, de ces faiblesses ! La force me revient, et si j'aime la Nuit, Si j'interroge encor ses dernières terreurs, C'est pour mûrir la paix d'un jour définitif.
Déjà, Midi nous voit , l'une en face de l'autre, Debout devant nos seuils, au niveau de la rue, Doux fleuve de soleil qui porte sur ses bords Nos librairies. Midi lève nos mains, déliées du service, Pour l'appel des repas, pour le temps des silences, Et fait étinceler, sous le jeu de leur signe, La flamme encor cachée au cœur de nos pays.
A Sylvia Beach
¡Te saludo, oh mi hermana nacida allende el mar! He aquí que mi estrella se juntó con la tuya, No fundida en el fuego del primitivo sol, Mas viva, exacta y nueva en su gracia extranjera, Pródiga de tesoros que recogió en su curso.
Atenta a las promesas que en los ojos del hombre Escribe nuestra Madre, cantaba, solitaria, El brillo y el oriente de diamantes y perlas. Ocultaba en mi pecho como un pájaro frágil, La esperanza medrosa que se nutre de mieles. Consagraba al pudor, cruzados lienzos blancos, La conciencia naciente bautizada con llantos. ¡Gracias a ti, oh hermana, puedo escapar, ahora, A esos tormentos, a esas miserias y pesares !Recobro ya mis fuerzas, y si amo la Noche, Si escruto todavía sus últimos terrores Es para madurar la paz de un día postrero.
Ya nos ve Mediodía una frente a la otra De pie en nuestros umbrales, al borde de la calle, Suave río de sol que tiene en sus riberas Nuestras dos Librerías. Tras la labor levanta Mediodía tus manos Y las mías, es hora de almuerzo y de silencios, Y aviva los destellos, en las señas que hacen, De la llama que esconden aún nuestros países. Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel FrontánLibellés : Adrienne Monnier |
posted by Alfil @ 3:06 PM  |
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| Adrienne Monnier -A Paul Claudel- |
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A Paul Claudel Adrienne Monnier (1892-1955)
Ta puissante prière vient troubler mon sommeil, Elle assiège ma nuit par la peur et le feu. J'implore malgré moi la force de ton Dieu, Je sais qu'il peut chasser la troupe qui tourmente En moi la fille née de ceux qui le servaient. Le matin me verra pleurant de ma faiblesse, Levant dans le soleil mes mains comme des feuilles. Mais puisque tu le veux, oh ! Père, en cette nuit Où frémit l'aile obscure et qui porte ton ordre, Je te rencontrerai. Puisse donc ton exil Contenir en son cœur ma tendre obéissance ! Oui, je suis avec toi, je courbe sous ta voix Comme une flamme vacillante, Je dis ce Nom qui fait la joie Et la louange de ta bouche, Mais dont la croix blesse mon front.
A Paul Claudel
Tu potente plegaria viene a turbar mi sueño, Pone sitio a mi noche con el miedo y el fuego. A mi pesar imploro la fuerza de tu Dios, Sé que puede ahuyentar el tropel que en mí misma Atormenta a la hija de quienes lo sirvieron. Me verá la mañana llorando por ser débil, Elevando hacia el sol mis manos como hojas. Pero ya que lo quieres, ¡oh Padre!, en esta noche Que nos trae tu orden y en la que el ala obscura Tiembla, te encontraré. ¡Oh, que tu exilio pueda Contener en su seno mi tierna sumisión! Estoy contigo, sí, bajo tu voz me inclino Como una llama vacilante, Digo ese nombre que es la dicha Y la alabanza de tu boca, Mas cuya cruz hiere mi frente.
Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel FrontánLibellés : Adrienne Monnier |
posted by Alfil @ 3:03 PM  |
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| Adrienne Monnier -Comme la religieuse ancienne- |
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Comme la religieuse ancienne Adrienne Monnier (1892-1955)
À Simone Guye
Comme la religieuse ancienne Qui trouvait en elle sa règle Et qui, aidée par ses compagnes, Établissait une maison Moitié ferme et moitié couvent, J'ai fait ainsi ma Librairie. Mais moi, je n'ai pas de Dieu ! Ce nom m'offense, me blesse Jusqu'au cœur de mes racines, Il m'ôte le goût de vivre, Il arrache le bandeau Qui recouvre cette plaie Dont rien n'a pu nous guérir. Quelques-uns de mes frères Ont un pouvoir sur moi, Leurs ordres me rassurent, Je travaille pour eux, J'oublie alors ma peine, Je les console aussi. Le voyageur perdu C'est moi qui le ramène, Je me réchauffe au feu Que j'allume pour lui, Je mêle à ses prières Ma voix pleine de nuit.
Como la monja antigua
A Simone Guye
Como la monja antigua Que en sí misma encontraba La regla, y que ponía, Con sus hermanas, casa Entre granja y convento, Abrí mi Librería. ¡Pero yo Dios no tengo! Ese nombre me hiere Muy hondo en mis raíces, Las ganas de vivir Me arranca, y el vendaje Que recubre esta llaga Que nada nos curó. Ciertos hermanos míos Ejercen sobre mí un poder, Me sosiegan sus órdenes, Para ellos trabajo, Y olvido así mis penas, Y también los consuelo. Soy yo la que conduce Al viajero perdido, Y me caliento al fuego Que enciendo para él, Uniendo a sus plegarias Mi voz llena de noche.
Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel FrontánLibellés : Adrienne Monnier |
posted by Alfil @ 2:56 PM  |
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