vendredi, septembre 02, 2005

Victor Hugo -Les enfants pauvres-

Les enfants pauvres
Victor Hugo (1802 -1885)

Prenez garde à ce petit être ;
Il est bien grand, il contient Dieu.
Les enfants sont, avant de naître,
Des lumières dans le ciel bleu.

Dieu nous les offre en sa largesse ;
Ils viennent ; Dieu nous en fait don ;
Dans leur rire il met sa sagesse
Et dans leur baiser son pardon.

Leur douce clarté nous effleure.
Hélas, le bonheur est leur droit.
S'ils ont faim, le paradis pleure.
Et le ciel tremble, s'ils ont froid.

La misère de l'innocence.
Accuse l'homme vicieux.
L'homme tient l'ange en sa puissance.
Oh ! quel tonnerre au fond des cieux,

Quand Dieu, cherchant ces êtres frêles
Que dans l'ombre où nous sommeillons
Il nous envoie avec des ailes,
Les retrouve avec des haillons !


Los niños pobres

Son luces del infinito
que Dios nos presta, bendito,
las criaturas al nacer.
¡Hija, cuida al pobrecito,
que en él á Dios puedes ver!

Son de su bondad largueza,
de su gloria rico don;
hay en los niños grandeza,
en sus lágrimas riqueza,
y en su sonrisa perdón.

Es su dote la alegría;
dióles Dios felicidad.
Si tienen hambre, sombría
se ve su luz. Temblaría
con su frío la Caridad.

La miseria en la inocencia
hace al hombre criminal:
el niño es ángel, esencia
pura, y horrible demencia
es abandonarlo al mal.

Si Dios nos envía con alas
sus ángeles por amor,
¿cómo ofrecerles por galas
los harapos y las malas
tentaciones del dolor ?

Versión de Medardo Rivas

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