vendredi, septembre 02, 2005

Victor Hugo -Les contemplations- 2.7 Nous allions au verger cueillir des bigarreaux...-

Les contemplations
Victor Hugo (1802 -1885)

2.7 Nous allions au verger cueillir des bigarreaux...


Nous allions au verger cueillir des bigarreaux.
Avec ses beaux bras blancs en marbre de Paros,
Elle montait dans l'arbre et courbait une branche;
Les feuilles frissonnaient au vent; sa gorge blanche,
O Virgile, ondoyait dans l'ombre et le soleil;
Ses petits doigts allaient chercher le fruit vermeil,
Semblable au feu qu'on voit dans le buisson qui flambe.
Je montais derrière elle; elle montrait sa jambe,
Et disait: «Taisez-vous!» à mes regards ardents;
Et chantait. Par moments, entre ses belles dents,
Pareille, aux chansons près, à Diane farouche,
Penchée, elle m'offrait la cerise à sa bouche;
Et ma bouche riait, et venait s'y poser,
Et laissait la cerise et prenait le baiser.


Las contemplaciones

2.7 Por cerezas garrafales íbamos juntos al huerto...


Por cerezas garrafales
íbamos juntos al huerto.

Con sus brazos de alabastro
escalaba los cerezos,
y montábase en las ramas,
que se doblaban al peso.

Yo subía detrás de ella
y mis ojos indiscretos
su blanca pierna seguían,
y ella cantando y riendo,
les decía con sus ojos
a los míos: ¡Estaos quietos!

Luego hacia mí se inclinaba,
en los dientes ya trayendo
suspendida una cereza;
y yo mi boca de fuego
sobre su boca posaba;
y ella, siempre sonriendo,
me dejaba la cereza
y se llevaba mi beso.

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