vendredi, septembre 02, 2005

Victor Hugo -Les contemplations- 1.24 Heureux l'homme...-

Les contemplations
Victor Hugo (1802 -1885)

1.24 Heureux l'homme...

Heureux l'homme, occupé de l'éternel destin,
Qui, tel qu'un voyageur qui part de grand matin,
Se réveille, l'esprit rempli de rêverie,
Et, dès l'aube du jour, se met à lire et prie !
À mesure qu'il lit, le jour vient lentement
Et se fait dans son âme ainsi qu'au firmament.
Il voit distinctement, à cette clarté blême,
Des choses dans sa chambre et d'autres en lui-même ;
Tout dort dans la maison ; il est seul, il le croit ;
Et, cependant, fermant leur bouche de leur doigt,
Derrière lui, tandis que l'extase l'enivre,
Les anges souriants se penchent sur son livre.


Las contemplaciones

1.24 Feliz es quien...

Feliz es quien se ocupa del eterno destino
y, viajero que parte con las luces del alba,
se despierta, aún el alma pululante de sueños
y ya desde la aurora reza y lee. Nace el día
lentamente, a medida que adelanta en las páginas,
y amanece en el cielo y en su mente a la vez.
Claramente distingue en aquella luz pálida
lo que existe en su alcoba, lo que existe en sí mismo;
todo duerme en la casa , él supone estar solo
y no obstante , sellando con un dedo sus labios,
a su espalda, y al tiempo que él se embriaga con éxtasis
sobre el libro se inclinan sonrientes los ángeles.

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