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Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano |
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"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas" Augusto Monterroso -La palabra mágica-
"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?" Voltaire
"La traducción destroza el espíritu del idioma" Federico García Lorca |
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| Charles Baudelaire -Les litanies de satan- |
| dimanche, avril 23, 2006 |
Les litanies de satan Charles Baudelaire (1821-1867)
O toi, le plus savant et le plus beau des Anges, Dieu trahi par le sort et privé de louanges,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
O Prince de l'exil, à qui l'on a fait du tort, Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines, Guérisseur familier des angoisses humaines,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits, Enseignes par l'amour le goût du Paradis.
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
O toi qui de la mort, ta vieille et forte amante, Engendras l'Espérance, - une folle charmante!
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut Qui damne tout un peuple autour d'un échafaud,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi qui sais en quels coins des terres envieuses Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi dont l'œil clair connaît les profonds arsenaux Où dort enseveli le peuple des métaux,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi dont la large main cache les précipices Au somnambule errant au bord des édifices,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi qui, magiquement, assouplis les vieux os De l'ivrogne attardé foulé par les chevaux,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi qui, pour consoler l'homme frêle qui souffre, Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi qui poses ta marque, ô complice subtil, Sur le front du Crésus impitoyable et vil,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Toi qui mets dans les yeux et dans le cœur des filles Le culte de la plaie et l'amour des guenilles,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Bâton des exilés, lampe des inventeurs, Confesseur des pendus et des conspirateurs,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Père adoptif de ceux qu'en sa noire colère Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,
O Satan, prends pitié de ma longue misère!
Prière Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs De l'Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence! Fais que mon âme un jour, sous l'Arbre de Science, Près de toi se repose, à l'heure où sur ton front Comme un Temple nouveau ses rameaux s'épandront!
Baudelaire las letanías de Satán
Oh tú, el Angel más bello y asimismo el más sabio Dios privado de suerte y ayuno de alabanzas,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Príncipe del exilio, a quien perjudicaron, Y que, vencido, aún te alzas con más fuerza,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú que todo lo sabes, oh gran rey subterráneo, Familiar curandero de la angustia del hombre,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú, que incluso al leproso y a los parias más bajos Sólo por amor muestras el gusto del Edén,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Oh tú, que de la Muerte, tu vieja y firme amante, Engendras la Esperanza - ¡esa adorable loca!
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú que das al proscrito esa altiva mirada Que en torno del cadalso condena a un pueblo entero
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú sabes las guaridas donde en tierras lejanas El celoso Dios guarda toda su pedrería,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú, cuyos claros ojos, saben en qué arsenales Amortajado el pueblo duerme de los metales,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú, cuya larga mano disimula el abismo Al sonámbulo errante sobre los edificios,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú que, mágicamente, ablandas la osamenta Del borracho caído al pie de los caballos,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú, que por consolar al débil ser que sufre A mezclar nos enseñas azufre con salitre,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú que imprimes tu marca, ¡oh cómplice sutil! En la frente del Creso vil e inmisericorde
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Tú, que en el corazón de las putas enciendes El culto por las llagas y el amor a los trapos
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Báculo de exiliados, lámpara de inventores, Confidente de ahorcados y de conspiradores,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Padre adoptivo de aquellos que, en su cólera, Del paraíso terrestre arrojó Dios un día,
¡Oh Satán, ten piedad de mi larga miseria!
Oración Gloria y alabanza a Tí, Satán, en las alturas del Cielo, donde una vez reinaste y en las profundidades del Infierno, donde, vencido, sueñas en silencio! ¡Haz que mi alma un día, bajo el Árbol de la Ciencia, cerca de Tí repose, en la hora en que de tu frente como un Templo nuevo sus ramajes se extenderán!Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 4:10 PM  |
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| Charles Baudelaire -Abel et Caïn- |
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Abel et Caïn Charles Baudelaire (1821-1867)
I Race d'Abel, dors, bois et mange; Dieu te sourit complaisamment.
Race de Caïn, dans la fange Rampe et meurs misérablement.
Race d'Abel, ton sacrifice Flatte le nez du Séraphin!
Race de Caïn, ton supplice Aura-t-il jamais une fin?
Race d'Abel, vois tes semailles Et ton bétail venir à bien;
Race de Caïn, tes entrailles Hurlent la faim comme un vieux chien.
Race d'Abel, chauffe ton ventre A ton foyer patriarcal;
Race de Caïn, dans ton antre Tremble de froid, pauvre chacal!
Race d'Abel, aime et pullule! Ton or fait aussi des petits.
Race de Caïn, coeur qui brûle, Prends garde à ces grands appétits.
Race d'Abel, tu croîs et broutes Comme les punaises des bois!
Race de Caïn, sur les routes Traîne ta famille aux abois.
II Ah! race d'Abel, ta charogne Engraissera le sol fumant!
Race de Caïn, ta besogne N'est pas faite suffisamment;
Race d'Abel, voici ta honte: Le fer est vaincu par l'épieu!
Race de Caïn, au ciel monte, Et sur la terre jette Dieu!
Abel y Caín
I Raza de Abel, duerme, bebe y come; Dios te sonríe complaciente.
Raza de Caín, en el fango Arrástrate y muere miserablemente.
¡Raza de Abel, tu sacrificio Halaga la nariz de Serafín!
Raza de Caín, tu suplicio, ¿Tendrá alguna vez fin?
Raza de Abel, ve tus sembrados Y tus ganados crecer;
Raza de Caín, tus entrañas Aúllan hambrientas como un viejo can.
Raza de Abel, calienta tu vientre En el hogar patriarcal;
Raza de Caín, en tu antro Tiembla de frío, ¡pobre chacal!
¡Raza de Abel, ama y pulula! Tu oro también procrea.
Raza de Caín, corazón ardiente, Guárdate de esos grandes apetitos.
¡Raza de Abel, tú creces y paces Como las mariquitas de los bosques!
Raza de Caín, sobre los caminos Arrastra tu prole hasta acorralarla.
II ¡Ah, raza de Abel, tu carroña Abonará el suelo humeante!
Raza de Caín, tu quehacer No se cumple suficientemente;
Raza de Abel, he aquí tu vergüenza: ¡El hierro vencido por el venablo!
¡Raza de Caín, al cielo trepa, Y sobre la tierra arroja a Dios!Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 4:08 PM  |
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| Charles Baudelaire -Le reniement de Saint Pierre- |
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Le reniement de Saint Pierre Charles Baudelaire (1821-1867)
Qu'est-ce que Dieu fait donc de ce flot d'anathèmes Qui monte tous les jours vers ses chers Séraphins? Comme un tyran gorgé de viande et de vins, Il s'endort au doux bruit de nos affreux blasphèmes.
Les sanglots des martyrs et des suppliciés Sont une symphonie enivrante sans doute, Puisque, malgré le sang que leur volupté coûte, Les cieux ne s'en sont point encore rassasiés!
- Ah! Jésus, souviens-toi du Jardin des Olives! Dans ta simplicité tu priais à genoux Celui qui dans son ciel riait au bruit des clous Que d'ignobles bourreaux plantaient dans tes chairs vives,
Lorsque tu vis cracher sur ta divinité La crapule du corps de garde et des cuisines, Et lorsque tu sentis s'enfoncer les épines Dans ton crâne où vivait l'immense Humanité;
Quand de ton corps brisé la pesanteur horrible Allongeait tes deux bras distendus, que ton sang Et ta sueur coulaient de ton front pâlissant, Quand tu fus devant tous posé comme une cible,
Rêvais-tu de ces jours si brillants et si beaux Où tu vins pour remplir l'éternelle promesse, Où tu foulais, monté sur une douce ânesse, Des chemins tout jonchés de fleurs et de rameaux,
Où, le coeur tout gonflé d'espoir et de vaillance, Tu fouettais tous ces vils marchands à tour de bras, Où tu fus maître enfin? Le remords n'a-t-il pas Pénétré dans ton flanc plus avant que la lance?
- Certes, je sortirai, quant à moi, satisfait D'un monde où l'action n'est pas la soeur du rêve; Puissé-je user du glaive et périr par le glaive! Saint Pierre a renié Jésus... il a bien fait!
En reniego de San Pedro
¿Qué es lo que Dios hace, entonces, de esta oleada de anatemas Que sube todos los días hacia sus caros Serafines? ¿Cómo un tirano ahíto de manjares y de vinos, Se adormece al suave rumor de nuestras horrendas blasfemias?
Los sollozos de los mártires y de los ajusticiados, Son, sin duda, una embriagadora sinfonía, Puesto que, malgrado la sangre que su voluptuosidad cuesta, ¡Los cielos todavía no están saciados del todo!
-¡Ah, Jesús! ¡Recuérdate del Huerto de los Olivos! En tu candidez prosternado, rogabas A Aquel que en su cielo reía del ruido de los clavos Que innobles verdugos hundían en tus carnes vivas,
Cuando viste escupir sobre tu divinidad La crápula del cuerpo de guardia y de la servidumbre, Y cuando sentiste incrustarse las espinas, En tu cráneo donde vivía la inmensa Humanidad;
Cuando de tu cuerpo roto la pesadez horrible Alargaba tus dos brazos distendidos, que tu sangre Y tu sudor manaban de tu frente palidecida, Cuando tú fuiste ante todos colgado como un blanco.
¿Recordabas, acaso, aquellos días tan brillantes, y tan hermosos En que llegaste para cumplir la eterna promesa, Cuando atravesaste, montado sobre una mansa mula Caminos colmados de flores y de follaje,
En que el corazón henchido de esperanzas y de valentía, Azotaste sin rodeos a todos aquellos mercaderes viles? ¿Cuando fuiste tú, finalmente, el amo? El remordimiento, ¿No ha penetrado en tu flanco mucho antes que la lanza?
-Por cierto, en cuanto a mi, saldré satisfecho De un mundo donde la acción no es la hermana del ensueño; ¡Pueda yo empuñar la espada y perecer por la espada! San Pedro ha renegado de Jesús ... ¡Hizo bien!Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 4:07 PM  |
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| Charles Baudelaire -L'amour et le crâne- |
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L'amour et le crâne Charles Baudelaire (1821-1867)
Vieux cul-de-lampe
L'Amour est assis sur le crâne De l'Humanité, Et sur ce trône le profane, Au rire effronté,
Souffle gaiement des bulles rondes Qui montent dans l'air, Comme pour rejoindre les mondes Au fond de l'éther.
Le globe lumineux et frêle Prend un grand essor, Crève et crache son âme grêle Comme un songe d'or.
J'entends le crâne à chaque bulle Prier et gémir: - "Ce jeu féroce et ridicule, Quand doit-il finir?
Car ce que ta bouche cruelle Eparpille en l'air, Monstre assassin, c'est ma cervelle, Mon sang et ma chair!"
El amor y el cráneo
Viñeta antigua
El amor está sentado en el cráneo de la Humanidad, y desde este trono, el profano de risa desvergonzada,
sopla alegremente redondas pompas que suben en el aire, como para alcanzar los mundos en el corazón del éter.
El globo luminoso y frágil toma un gran impulso, estalla y exhala su alma delicada, como un sueño de oro.
Y oigo el cráneo a cada burbuja rogar y gemir: -Este juego feroz y ridículo, ¿cuándo acabará?
Pues lo que tu boca crueles parce en el aire, monstruo asesino, es mi cerebro, ¡mi sangre y mi carne!Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 4:07 PM  |
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| Charles Baudelaire -Un voyage à Cythère- |
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Un voyage à Cythère Charles Baudelaire (1821-1867)
Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux Et planait librement à l'entour des cordages; Le navire roulait sous un ciel sans nuages; Comme un ange enivré d'un soleil radieux.
Quelle est cette île triste et noire? - C'est Cythère, Nous dit-on, un pays fameux dans les chansons Eldorado banal de tous les vieux garçons. Regardez, après tout, c'est une pauvre terre.
- Ile des doux secrets et des fêtes du coeur! De l'antique Vénus le superbe fantôme Au-dessus de tes mers plane comme un arôme Et charge les esprits d'amour et de langueur.
Belle île aux myrtes verts, pleine de fleurs écloses, Vénérée à jamais par toute nation, Où les soupirs des coeurs en adoration Roulent comme l'encens sur un jardin de roses
Ou le roucoulement éternel d'un ramier! - Cythère n'était plus qu'un terrain des plus maigres, Un désert rocailleux troublé par des cris aigres. J'entrevoyais pourtant un objet singulier!
Ce n'était pas un temple aux ombres bocagères, Où la jeune prêtresse, amoureuse des fleurs, Allait, le corps brûlé de secrètes chaleurs, Entre-bâillant sa robe aux brises passagères;
Mais voilà qu'en rasant la côte d'assez près Pour troubler les oiseaux avec nos voiles blanches, Nous vîmes que c'était un gibet à trois branches, Du ciel se détachant en noir, comme un cyprès.
De féroces oiseaux perchés sur leur pâture Détruisaient avec rage un pendu déjà mûr, Chacun plantant, comme un outil, son bec impur Dans tous les coins saignants de cette pourriture;
Les yeux étaient deux trous, et du ventre effondré Les intestins pesants lui coulaient sur les cuisses, Et ses bourreaux, gorgés de hideuses délices, L'avaient à coups de bec absolument châtré.
Sous les pieds, un troupeau de jaloux quadrupèdes, Le museau relevé, tournoyait et rôdait; Une plus grande bête au milieu s'agitait Comme un exécuteur entouré de ses aides.
Habitant de Cythère, enfant d'un ciel si beau, Silencieusement tu souffrais ces insultes En expiation de tes infâmes cultes Et des péchés qui t'ont interdit le tombeau.
Ridicule pendu, tes douleurs sont les miennes! Je sentis, à l'aspect de tes membres flottants, Comme un vomissement, remonter vers mes dents Le long fleuve de fiel des douleurs anciennes;
Devant toi, pauvre diable au souvenir si cher, J'ai senti tous les becs et toutes les mâchoires Des corbeaux lancinants et des panthères noires Qui jadis aimaient tant à triturer ma chair.
- Le ciel était charmant, la mer était unie; Pour moi tout était noir et sanglant désormais, Hélas! et j'avais, comme en un suaire épais, Le coeur enseveli dans cette allégorie.
Dans ton île, ô Vénus! je n'ai trouvé debout Qu'un gibet symbolique où pendait mon image... - Ah! Seigneur! donnez-moi la force et le courage De contempler mon coeur et mon corps sans dégoût!
Un viaje a Cyterea
Mi corazón, como un pájaro, revoloteaba feliz, y volaba libremente alrededor de las cuerdas; el navío corría bajo un cielo sin nubes, como ángel embriagado de un sol radiante.
¿Qué isla es ésta tan negra y triste?- Es Cyterea, nos dicen, un país famoso en las canciones, Eldorado trivial de todos los solterones. Mirad, después de todo es una pobre tierra.
-¡Isla de dulces secretos y de fiestas del corazón! De la antigua Venus el soberbio fantasma, más allá de tus mares flota como un aroma, y llena los espíritus de amor y languidez.
Bella isla de verdes mirtos, llena de capullos en flor, siempre venerada por todas las naciones, donde los suspiros de amantes corazones avanzan como el incienso por jardines de rosas
o el eterno arrullo de la paloma torcaz. -Cyterea no era más que una tierra pobre, un desierto rocoso turbado por gritos feroces. ¡Sin embargo, presentía yo allí algo singular!
Aquello no era un templo de sombras selváticas, donde la joven sacerdotisa, eterna enamorada de las flores, iba, el cuerpo ardiente por calores secretos, entreabriendo sus ropas a las brisas ligeras;
pero, he aquí que rozando la costa el bauprés, al asustar los pajáros con nuestras velas blancas, pudimos ver que era un patíbulo de tres zancas, destacado en el cielo, negro como un ciprés.
Las aves rapaces, posadas en su cumbre, destrozaban con furia a un ahorcado ya podrido: cada una hundía, como un clavo, su impuro pico en los rincones sangrientos de aquella podredumbre.
Eran los ojos agujeros, y del vientre desfondado los gruesos intestinos caían sobre los muslos; y sus verdugos, ahítos de espantosas delicias, a picotazos lo habían castrado por completo.
Bajo los pies, una manada de celosos cuadrúpedos levantado el hocico, merodeaba; una bestia más grande se agitaba en el centro, como un verdugo rodeado de auxiliares.
¡Oh habitante de Cyterea, de un cielo tan hermoso, silenciosamente sufrías estos insultos en una expiación de tus infames cultos, y los pecados que te impidieron el descanso eterno!
¡Ridículo ahorcado, tus dolores son los míos! Yo sentí, a la vista de tus miembros flotantes, como un vómito subir hasta mis dientes el largo río de hiel de mis antiguos dolores.
Ante ti, pobre diablo, tan caro de recordar, sentí todos los picos y todos los mordiscos de los cuervos fieros y de las panteras negras, que antaño tanto gozaban en machacar mi carne.
El cielo estaba embrujado, la mar en calma; para mí todo era negro y sangriento para siempre, ¡ay!, y tenía, como en un espeso sudario, el corazón amortajado en esta alegoría.
En tu isla, oh Venus, no encontré en mi viaje más que un patíbulo simbólico donde colgaba mi imagen... -¡Oh Señor! Dame la fuerza y el coraje ¡de contemplar mi cuerpo y mi alma sin asco!Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 4:05 PM  |
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| Charles Baudelaire -La Béatrice- |
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La Béatrice Charles Baudelaire (1821-1867)
Dans des terrains cendreux, calcinés, sans verdure, Comme je me plaignais un jour à la nature, Et que de ma pensée, en vaguant au hasard, J'aiguisais lentement sur mon coeur le poignard, Je vis en plein midi descendre sur ma tête Un nuage funèbre et gros d'une tempête, Qui portait un troupeau de démons vicieux, Semblables à des nains cruels et curieux.
A me considérer froidement ils se mirent, Et, comme des passants sur un fou qu'ils admirent, Je les entendis rire et chuchoter entre eux, En échangeant maint signe et maint clignement d'yeux:
- "Contemplons à loisir cette caricature Et cette ombre d'Hamlet imitant sa posture, Le regard indécis et les cheveux au vent. N'est-ce pas grand'pitié de voir ce bon vivant, Ce gueux, cet histrion en vacances, ce drôle, Parce qu'il sait jouer artistement son rôle, Vouloir intéresser au chant de ses douleurs Les aigles, les grillons, les ruisseaux et les fleurs, Et même à nous, auteurs de ces vieilles rubriques, Réciter en hurlant ses tirades publiques?"
J'aurais pu (mon orgueil aussi haut que les monts Domine la nuée et le cri des démons) Détourner simplement ma tête souveraine, Si je n'eusse pas vu parmi leur troupe obscène, Crime qui n'a pas fait chanceler le soleil! La reine de mon coeur au regard nonpareil Qui riait avec eux de ma sombre détresse Et leur versait parfois quelque sale caresse.
La Beatriz
En terrenos de ceniza, calcinados, sin verdores, mientras me lamentaba un día a Naturaleza, y mi pensamiento vagaba al azar, sintiendo en mi corazón clavarse el puñal, vi, en pleno mediodía, descender sobre mi cabeza una oscura nube grande y tempestuosa, que llevaba un rebaño de viciosos demonios, parecidos a enanos crueles y curiosos.
Pusiéronse a contemplarme fríamente y, como hablando de algún loco que pasa, les oía reír y murmurar entre sí, y cambiar más de un guiño y más de un ademán.
«Contemplemos a gusto esta caricatura, esta sombra de Hamlet que imita su gesto, la mirada indecisa y los cabellos al viento, ¿no da pena ver a ese vividor, ese vago, ese histrión sin teatro, ese gracioso, que porque sabe representar con arte su papel, quiere interesar con sus cantos de dolor a las águilas, grillos, arroyos y flores, e incluso a nosotros, autores de estas viejas rimas, y recitarnos a gritos sus públicas parrafadas? »
Hubiera podido (mi orgullo, alto como el monte, domina la nube y el clamor de los demonios) volver simplemente mi cabeza serena, si no hubiese entre su tropa obscena, ¡crimen que no hizo tambalear al sol!, la reina de mi corazón, de mirada sin igual, que se reía con ellos de mi sombría tristeza y les hacía, a veces, alguna sucia caricia.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 3:57 PM  |
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| Charles Baudelaire -Allégorie- |
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Allégorie Charles Baudelaire (1821-1867)
C'est une femme belle et de riche encolure, Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure. Les griffes de l'amour, les poisons du tripot, Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau. Elle rit à la Mort et nargue la Débauche, Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche, Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane; Elle a dans le plaisir la foi mahométane, Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins, Elle appelle des yeux la race des humains. Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde Et pourtant nécessaire à la marche du monde, Que la beauté du corps est un sublime don Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire, Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire Elle regardera la face de la Mort, Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remords.
Alegoría
Es hermosa mujer, de buena figura, que arrastra en el vino su cabellera. Las garras del amor, los venenos del garito, todo resbala y se embota en su piel de granito. Se ríe de la Muerte y desprecia la Lujuria, y ambas, que todo inmolan a su ferocidad, han respetado siempre en su juego salvaje, de ese cuerpo firme y derecho la ruda majestad.
Anda como una diosa y reposa como una sultana; tiene por el placer una fe mahometana, y en sus brazos abiertos que llenan sus senos atrae con la mirada a toda la raza humana. Ella cree, ella sabe, ¡doncella infecunda!, necesaria no obstante a la marcha del mundo, que la belleza del cuerpo es sublime don, que de toda infamia asegura el perdón.
Ignora el infierno igual que el purgatorio, y cuando llegue la hora de entrar en la noche negra, mirará de la Muerte el rostro, como un recién nacido, sin odio ni remordimientoLibellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 3:53 PM  |
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| Charles Baudelaire -La fontaine de sang- |
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La fontaine de sang Charles Baudelaire (1821-1867)
Il me semble parfois que mon sang coule à flots, Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots. Je l'entends bien qui coule avec un long murmure, Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
A travers la cité, comme dans un champ clos, Il s'en va, transformant les pavés en îlots, Désaltérant la soif de chaque créature, Et partout colorant en rouge la nature.
J'ai demandé souvent à des vins captieux D'endormir pour un jour la terreur qui me mine; Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine!
J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux; Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles Fait pour donner à boire à ces cruelles filles!
La fuente de sangre
A veces siento mi sangre correr en oleadas, lo mismo que una fuente de rítmicos sollozos; la oigo correr en largos murmullos, pero en vano me palpo para encontrar la herida.
A través de la ciudad, como un campo cerrado, va transformando las piedras en islotes, saciando la sed de cada criatura, y coloreando en rojo toda la natura.
A menudo he pedido a estos vinos aplacar por un solo día el terror que me roe; el vino torna el mirar más claro y el oído más fino.
He buscado en el amor un sueño de olvido; pero el amor no es para mí sino un colchón de alfileres, hecho para dar de beber a esas crueles mujeres.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 3:49 PM  |
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| Charles Baudelaire -Les deux bonnes soeurs- |
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Les deux bonnes soeurs Charles Baudelaire (1821-1867)
La Débauche et la Mort sont deux aimables filles, Prodigues de baisers et riches de santé, Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles Sous l'éternel labeur n'a jamais enfanté.
Au poète sinistre, ennemi des familles, Favori de l'enfer, courtisan mal renté, Tombeaux et lupanars montrent sous leurs charmilles Un lit que le remords n'a jamais fréquenté.
Et la bière et l'alcôve en blasphèmes fécondes Nous offrent tour à tour, comme deux bonnes soeurs, De terribles plaisirs et d'affreuses douceurs.
Quand veux-tu m'enterrer, Débauche aux bras immondes? O Mort, quand viendras-tu, sa rivale en attraits, Sur ses myrtes infects enter tes noirs cyprès?
Las dos buenas hermanas
La Licencia y la Muerte son dos buenas muchachas, pródigas de sus besos y ricas en salud; su flanco siempre virgen y cubierto de hilachas, con la eterna labor jamás ha dado a luz.
Al poeta siniestro, enemigo del hogar, favorito del infierno, cortesano sin más, tumbas y lupanares le muestran tras su vallado un lecho que el remordimiento no frecuenta jamás.
Y el ataúd y la alcoba con grandes blasfemias nos ofrecen alternando como buenas hermanas terribles placeres y horribles deleites.
¿Cuándo quieres enterrarme, Vicio de brazos inmundos? Muerte, su rival en atractivos, ¿cuándo vendrás a plantar tus negros cipreses sobre sus mirtos fétidos?Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 3:46 PM  |
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| Charles Baudelaire -Femmes damnées- |
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Femmes damnées Charles Baudelaire (1821-1867)
Comme un bétail pensif sur le sable couchées, Elles tournent leurs yeux vers l'horizon des mers, Et leurs pieds se cherchent et leurs mains rapprochées Ont de douces langueurs et des frissons amers.
Les unes, coeurs épris des longues confidences, Dans le fond des bosquets où jasent les ruisseaux, Vont épelant l'amour des craintives enfances Et creusent le bois vert des jeunes arbrisseaux;
D'autres, comme des soeurs, marchent lentes et graves A travers les rochers pleins d'apparitions, Où saint Antoine a vu surgir comme des laves Les seins nus et pourprés de ses tentations;
II en est, aux lueurs des résines croulantes, Qui dans le creux muet des vieux antres païens T'appellent au secours de leurs fièvres hurlantes, O Bacchus, endormeur des remords anciens!
Et d'autres, dont la gorge aime les scapulaires, Qui, recélant un fouet sous leurs longs vêtements, Mêlent, dans le bois sombre et les nuits solitaires, L'écume du plaisir aux larmes des tourments.
O vierges, ô démons, ô monstres, ô martyres, De la réalité grands esprits contempteurs, Chercheuses d'infini dévotes et satyres, Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs,
Vous que dans votre enfer mon âme a poursuivies, Pauvres soeurs, je vous aime autant que je vous plains, Pour vos mornes douleurs, vos soifs inassouvies, Et les urnes d'amour dont vos grands coeurs sont pleins
Mujeres condenadas
Como un rebaño pensativo sobre la arena acostadas, entornan los ojos hacia el horizonte marino, y sus pies que se buscan y sus manos enlazadas tienen dulces languideces, amargos escalofríos.
Unas, corazones que aman las largas confidencias, en el corazón de los bosques y junto a los arroyos, deletrean el amor de las tímidas infancias y marcan en el tronco los jóvenes arbolillos;
otras, como hermanas, andan lentas, graves, a través de las rocas llenas de apariciones, donde san Antonio vio surgir como lavas, desnudo el seno, a sus purpúreas tentaciones.
Las hay que a la lumbre de resinas goteantes, en el hueco mudo de los viejos antros paganos, te llaman en socorro de sus fiebres aullantes, ¡oh Baco, adormecedor de viejos remordimientos!
Y otras, cuya garganta gusta de escapularios, que, ocultando un látigo bajo sus largos vestidos, mezclan en la noche oscura y los bosques solitarios espuma del placer y lágrimas de la tortura.
¡Oh vírgenes, oh demonios, oh monstruos, oh mártires!, grandes espíritus negadores de la realidad, buscadores de lo infinito, devotos y sátiros, ora llenos de furor, ora llenos de llanto,
vosotras, a las que en vuestro infierno mi alma os [ha seguido, pobres hermanas, os amo tanto como os compadezco por vuestras dolorosas tristezas, vuestra sed no saciada, y las urnas de amor que llenan vuestro corazón.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 3:40 PM  |
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| Charles Baudelaire -Une martyre- |
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Une martyre Charles Baudelaire (1821-1867)
Dessin d'un Maître inconnu
Au milieu des flacons, des étoffes lamées Et des meubles voluptueux, Des marbres, des tableaux, des robes parfumées Qui traînent à plis somptueux,
Dans une chambre tiède où, comme en une serre, L'air est dangereux et fatal, Où des bouquets mourants dans leurs cercueils de verre Exhalent leur soupir final,
Un cadavre sans tête épanche, comme un fleuve, Sur l'oreiller désaltéré Un sang rouge et vivant, dont la toile s'abreuve Avec l'avidité d'un pré.
Semblable aux visions pâles qu'enfante l'ombre Et qui nous enchaînent les yeux, La tête, avec l'amas de sa crinière sombre Et de ses bijoux précieux,
Sur la table de nuit, comme une renoncule, Repose; et, vide de pensers, Un regard vague et blanc comme le crépuscule S'échappe des yeux révulsés.
Sur le lit, le tronc nu sans scrupules étale Dans le plus complet abandon La secrète splendeur et la beauté fatale Dont la nature lui fit don;
Un bas rosâtre, orné de coins d'or, à la jambe, Comme un souvenir est resté; La jarretière, ainsi qu'un oeil secret qui flambe, Darde un regard diamanté.
Le singulier aspect de cette solitude Et d'un grand portrait langoureux, Aux yeux provocateurs comme son attitude, Révèle un amour ténébreux,
Une coupable joie et des fêtes étranges Pleines de baisers infernaux, Dont se réjouissait l'essaim des mauvais anges Nageant dans les plis des rideaux;
Et cependant, à voir la maigreur élégante De l'épaule au contour heurté, La hanche un peu pointue et la taille fringante Ainsi qu'un reptile irrité,
Elle est bien jeune encor! - Son âme exaspérée Et ses sens par l'ennui mordus S'étaient-ils entr'ouverts à la meute altérée Des désirs errants et perdus?
L'homme vindicatif que tu n'as pu, vivante, Malgré tant d'amour, assouvir, Combla-t-il sur ta chair inerte et complaisante L'immensité de son désir?
Réponds, cadavre impur! et par tes tresses roides Te soulevant d'un bras fiévreux, Dis-moi, tête effrayante, a-t-il sur tes dents froides Collé les suprêmes adieux?
- Loin du monde railleur, loin de la foule impure, Loin des magistrats curieux, Dors en paix, dors en paix, étrange créature, Dans ton tombeau mystérieux;
Ton époux court le monde, et ta forme immortelle Veille près de lui quand il dort; Autant que toi sans doute il te sera fidèle, Et constant jusques à la mort.
Una mártir
Dibujo de un maestro desconocido
En medio de frascos, telas sedosas, y muebles voluptuosos, de mármoles, pinturas, ropas perfumadas, que arrastran los pliegues suntuosos,
en una alcoba tibia como en un invernadero, donde el aire es peligroso y fatal, dónde lánguidas flores en sus ataúdes de cristal exhalan su suspiro postrero,
un cadáver sin cabeza derrama, como un río,en la almohada empapada, una sangre roja y viva, que la tela bebe con la misma avidez que un prado.
Parecida a las tétricas visiones que engendra la oscuridad y que nos encadenan los ojos, la cabeza, con la masa de su crin sombreada, y de sus joyas preciosas,
en la mesilla de noche, como una planta acuática, reposa, y, vacía de pensamientos, una mirada vaga y blanca como el crepúsculo escapa de sus ojos extraviados.
En el lecho, el tronco desnudo, sin pudor, en el más completo abandono, muestra el secreto esplendor y la belleza fatal que la naturaleza le donó.
Una media rosada, adornada con hilo de oro, en la piernaha quedado cual recuerdo. La liga, al igual que un ojo secreto que llamea, lanza una mirada diamantina.
El singular aspecto de esta soledad y de un gran retrato voluptuoso, de ojos provocativos como su actitud revela un amor tenebroso,
una culpable alegría y fiestas extrañas, llenas de besos infernales, que regocijarán a los ángeles malos nadando entre cortinas y chales.
Sin embargo, al ver la esbeltez elegante del hombro y su trazo quebrado, la cadera levemente afilada, y la cintura ágillo mismo que un reptil irritado, se advierte
que ella es joven aún. -Su alma exasperada y sus sentidos mordidos por el tedio, ¿se habían entregado a la jauría enfurecida de deseos errantes y perdidos?
El hombre vengativo al que no pudiste, viviendo, a pesar de tanto amor, aplacar, ¿sació en tu carne, inerte y complaciente, toda la inmensidad de su deseo?
¡Responde, cádaver impuro! ¿Por tus rígidas trenzas te levantó con brazo febril? Dime, cabeza horrible, ¿en tus fríos dientes hay aún sus últimos adioses?
-Lejos del mundo burlón, lejos de la multitud impura, lejos del magistrado curioso, duerme en paz, duerme en paz, extraña criatura, en tu sepulcro misterioso;
tu esposo corre el mundo, y tu forma inmortal vela junto a él cuando duerme; lo mismo que tú sin duda te será fiel y constante hasta la muerte.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 3:27 PM  |
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| Charles Baudelaire -La destruction- |
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La Destruction Charles Baudelaire (1821-1867)
Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon; Il nage autour de moi comme un air impalpable; Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.
Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art, La forme de la plus séduisante des femmes, Et, sous de spécieux prétextes de cafard, Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.
Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu, Haletant et brisé de fatigue, au milieu Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,
Et jette dans mes yeux pleins de confusion Des vêtements souillés, des blessures ouvertes, Et l'appareil sanglant de la Destruction!
La destrucción
El demonio se agita a mi lado sin cesar; flota a mi alrededor cual aire impalpable; lo respiro, siento como quema mi pulmón y lo llena de un deseo eterno y culpable.
A veces toma, conocedor de mi amor al arte, la forma de la más seductora mujer, y bajo especiales pretextos hipócritas acostumbra mi gusto a nefandos placeres.
Así me conduce, lejos de la mirada de Dios, jadeante y destrozado de fatiga, al centro de las llanuras del hastío, profundas y desiertas,
y lanza a mis ojos, llenos de confusión, sucias vestiduras, heridas abiertas, ¡y el aderezo sangriento de la destrucción!Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 3:23 PM  |
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| Charles Baudelaire -Le vin des amants- |
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Le vin des amants Charles Baudelaire (1821-1867)
Aujourd'hui l'espace est splendide! Sans mors, sans éperons, sans bride, Partons à cheval sur le vin Pour un ciel féerique et divin!
Comme deux anges que torture Une implacable calenture Dans le bleu cristal du matin Suivons le mirage lointain!
Mollement balancés sur l'aile Du tourbillon intelligent, Dans un délire parallèle,
Ma soeur, côte à côte nageant, Nous fuirons sans repos ni trêves Vers le paradis de mes rêves!
El vino de los amantes
¡Hoy es espléndido el espacio! Sin freno, ni espuelas, ni brida, Partamos a lomos del vino Hacia un cielo divino y mágico.
Cual dos ángeles torturados Por implacable calentura En el cristal azul del alba Sigamos tras el espejismo.
Balanceándonos sobre el ala Del torbellino inteligente, En un delirio paralelo,
Hermana, navegando juntos, Huiremos sin reposo o tregua Al paraíso de mis sueños.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 3:18 PM  |
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| Charles Baudelaire -Le vin du solitaire- |
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Le vin du solitaire Charles Baudelaire (1821-1867)
Le regard singulier d'une femme galante Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant, Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante;
Le dernier sac d'écus dans les doigts d'un joueur; Un baiser libertin de la maigre Adeline; Les sons d'une musique énervante et câline, Semblable au cri lointain de l'humaine douleur,
Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde, Les baumes pénétrants que ta panse féconde Garde au coeur altéré du poète pieux;
Tu lui verses l'espoir, la jeunesse et la vie, - Et l'orgueil, ce trésor de toute gueuserie, Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux!
El vino del solitario
La mirada singular de una mujer galante que se dirige hacia nosotros como el rayo blanco que la luna ondulante envía al lago estremecido, cuando ella allí quiere bañar su belleza fascinante;
la última bolsa de escudos en los dedosde un jugador un beso libertino de la delgada Adelina; los sones de una música enervadora y minosa, semejante al grito de un humano dolor,
todo esto no vale, oh, botella profunda, los bálsamos penetrantes que tu panza fecunda guarda para para el corazón alterado del poeta piadoso;
tú le viertes la esperanza, la juventud y la vida, -¡ y el orgullo, este tesoro de toda miseria, que nos hace triunfantes y semejantes a los dioses!.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 10:54 AM  |
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| Charles Baudelaire -Le vin de l'assassin- |
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Le vin de l'assassin Charles Baudelaire (1821-1867)
Ma femme est morte, je suis libre! Je puis donc boire tout mon soûl. Lorsque je rentrais sans un sou, Ses cris me déchiraient la fibre.
Autant qu'un roi je suis heureux; L'air est pur, le ciel admirable... Nous avions un été semblable Lorsque j'en devins amoureux!
L'horrible soif qui me déchire Aurait besoin pour s'assouvir D'autant de vin qu'en peut tenir Son tombeau; - ce n'est pas peu dire:
Je l'ai jetée au fond d'un puits, Et j'ai même poussé sur elle Tous les pavés de la margelle. - Je l'oublierai si je le puis!
Au nom des serments de tendresse, Dont rien ne peut nous délier, Et pour nous réconcilier Comme au beau temps de notre ivresse,
J'implorai d'elle un rendez-vous, Le soir, sur une route obscure. Elle y vint - folle créature! Nous sommes tous plus ou moins fous!
Elle était encore jolie, Quoique bien fatiguée! et moi, Je l'aimais trop! voilà pourquoi Je lui dis: Sors de cette vie!
Nul ne peut me comprendre. Un seulParmi ces ivrognes stupides Songea-t-il dans ses nuits morbides A faire du vin un linceul?
Cette crapule invulnérable Comme les machines de fer Jamais, ni l'été ni l'hiver, N'a connu l'amour véritable,
Avec ses noirs enchantements, Son cortège infernal d'alarmes, Ses fioles de poison, ses larmes, Ses bruits de chaîne et d'ossements!
- Me voilà libre et solitaire! Je serai ce soir ivre mort; Alors, sans peur et sans remords, Je me coucherai sur la terre,
Et je dormirai comme un chien! Le chariot aux lourdes roues Chargé de pierres et de boues, Le wagon enragé peut bien
Ecraser ma tête coupable Ou me couper par le milieu, Je m'en moque comme de Dieu, Du Diable ou de la Sainte Table!
El vino del asesino
¡ Mi mujer ha muerto soy libre! Puedo, pues, beber hasta saciarme. Cuando regresaba sin un duro, sus gritos me desgarraban las entrañas.
Lo mismo que un rey soy dichoso; el aire es puro, el cielo admirable... Teníamos un verano semejante cuando de ella me enamoré.
La horrible sed que me desgarra tendría necesidad para aplacarse de tanto vino como pueda tenersu tumba; - esto no es poco decir;
Le he arrojado al fondo de un pozo, y yo mismo he puesto encima de ella todos los guijarros del brocal. -¡ La olvidaré si puedo !
En nombre de los juramentos de ternura, de los que nada no nos puede deshacer, y para reconciliarnos como en el bello tiempo de nuestra embriaguez
le imploré una visita, de noche en una ruto obscura: ¡ Ella vino, -loca criatura! Estamos todos más o menos locos!
Ella era todavía hermosa, aunque muy fatigada, y yo, yo la amaba demasiado; he aqui por que le dije: ¡Sal de esta vida!
Nadie me puede comprender. ¿Uno solode entre estos borrachos estúpidos sueña en sus noches morbidas en hacer del vino un sudario?
Esta crápula invulnerable como las máquinas de hierronunca, ni el verano ni el invierno, han conocido el amor verdadero
con sus negros encantamientos su cortejo infernal de inquietudes, sus redomas de veneno, sus lágrimas, sus ruidos de cadena y de osamenta.
-¡ Vedme libre y solitario! Seré esta noche borracho muerto; entonces, sin miedo y sin remordimiento, me acostaré en la tierra,
y dormiré como un perro. El carromato de pesadas ruedas cargado de piedras y de lodos, el vagon violento puede bien
aplastar mi cabeza culpable o partirme por la mitad, me burlo como de Dios, del Diablo o de la Santa Mesa!Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 10:42 AM  |
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| Charles Baudelaire -Le vin de chiffonniers- |
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Le vin de chiffonniers Charles Baudelaire (1821-1867)
Souvent à la clarté rouge d'un réverbère Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre, Au coeur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux Où l'humanité grouille en ferments orageux,
On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête, Butant, et se cognant aux murs comme un poète, Et, sans prendre souci des mouchards, ses sujets, Epanche tout son coeur en glorieux projets.
Il prête des serments, dicte des lois sublimes, Terrasse les méchants, relève les victimes, Et sous le firmament comme un dais suspendu S'enivre des splendeurs de sa propre vertu.
Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage Moulus par le travail et tourmentés par l'âge Ereintés et pliant sous un tas de débris, Vomissement confus de l'énorme Paris,
Reviennent, parfumés d'une odeur de futailles, Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles, Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux. Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux
Se dressent devant eux, solennelle magie! Et dans l'étourdissante et lumineuse orgie Des clairons, du soleil, des cris et du tambour, Ils apportent la gloire au peuple ivre d'amour!
C'est ainsi qu'à travers l'Humanité frivole Le vin roule de l'or, éblouissant Pactole; Par le gosier de l'homme il chante ses exploits Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois.
Pour noyer la rancoeur et bercer l'indolence De tous ces vieux maudits qui meurent en silence, Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil; L'Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil!
El vino de los traperos
Frecuentemente, al claro fulgor de un reverbero Del cual bate el viento la llama y atormenta el vidrio, En el corazón de un antiguo arrabal, laberinto fangoso Donde la humanidad bulle en fermentos tempestuosos,
Se ve un trapero que llega, meneando la cabeza, Tropezando, y arrimándose a los muros como un poeta, Y, sin cuidarse de los polizontes, sus sombras negras Expande todo su corazón en gloriosos proyectos.
Formula juramentos, dicta leyes sublimes, Aterra los malvados, redime las víctimas, Y bajo el firmamento cual un dosel suspendido, Se embriaga con los esplendores de su propia virtud.
Sí, esta gente hostigada por miserias domésticas, Molidos por el trabajo y atormentados por la edad, Derrengados y doblándose bajo un montón de basuras, Vómitos confusos del enorme París,
Retornan, perfumados de un olor de toneles, Seguidos de compañeros, encanecidos en las batallas, Cuyos mostachos penden como las viejas banderas. Los pendones, las flores y los arcos triunfales
Iérguense ante ellos, ¡solemne sortilegio! ¡Y en la ensordecedora y luminosa orgía Clarines, sol, aclamaciones y tambores, Tráenle la gloria al pueblo ebrio de amor!
Es así como a través de la Humanidad frívola El vino arrastra el oro, deslumbrante Pactolo; Por la garganta del hombre canta sus proezas Y reina por sus dones así como los verdaderos reyes.
Para ahogar el rencor y acunar la indolencia De todos estos viejos malditos que mueren en silencio, Dios, tocado por los remordimientos, había hecho el sueño; ¡El hombre agregó el Vino, hijo sagrado del Sol!Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 10:37 AM  |
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| Charles Baudelaire -L' ame du vin- |
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L'ame du vin Charles Baudelaire (1821-1867)
Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles: "Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité, Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles, Un chant plein de lumière et de fraternité!
Je sais combien il faut, sur la colline en flamme, De peine, de sueur et de soleil cuisant Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme; Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,
Car j'éprouve une joie immense quand je tombe Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux, Et sa chaude poitrine est une douce tombe Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.
Entends-tu retentir les refrains des dimanches Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant? Les coudes sur la table et retroussant tes manches, Tu me glorifieras et tu seras content;
J'allumerai les yeux de ta femme ravie; A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs Et serai pour ce frêle athlète de la vie L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.
En toi je tomberai, végétale ambroisie, Grain précieux jeté par l'éternel Semeur, Pour que de notre amour naisse la poésie Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur!"
El alma del vino
Una noche el alma del vino cantaba en las botellas: hombre, oh querido desheredado, hacia dirijo desde mi prisión de vidrio y mis lacres bermejos, un canto lleno de luz y fraternidad.
Sé bien que es preciso, sobre la colina ardiente, sufrir y sudar bajo el sol abrasador, para engendrar mi vida y para darme el alma; pero no seré ingrato o malhechor.
Pues siento una alegría inmensa cuando caigo en la boca de un hombre cansado por su faena y su pecho caliente es un dulce sepulcro donde me siento más a gusto que en mi fría bodega.
¿Oyes cómo suenan los cantos del domingo y la esperanza que susurra en mi seno palpitante? Los codos sobre la mesa y alzando las mangas me glorificarás y estarás contento
Encenderé los ojos de tu mujer querida; a tus hijos devolveré la fuerza y los colores y para éste débil atleta de la vida seré el aceite que fortalece los brazos de los luchadores.
Y he de caer en ti, vegetal ambrosía, grano precioso arrojado por el eterno sembrador, para que de nuestro amor nazca la poesía que se elevará hacia Dios como una extraña flor.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 10:36 AM  |
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| Charles Baudelaire -Le Crépuscule du Matin- |
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Le Crépuscule du Matin Charles Baudelaire (1821-1867)
La diane chantait dans les cours des casernes, Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.
C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents; Où, comme un oeil sanglant qui palpite et qui bouge, La lampe sur le jour fait une tache rouge; Où l'âme, sous le poids du corps revêche et lourd, Imite les combats de la lampe et du jour. Comme un visage en pleurs que les brises essuient, L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient, Et l'homme est las d'écrire et la femme d'aimer.
Les maisons çà et là commençaient à fumer. Les femmes de plaisir, la paupière livide, Bouche ouverte, dormaient de leur sommeil stupide; Les pauvresses, traînant leurs seins maigres et froids, Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts. C'était l'heure où parmi le froid et la lésine S'aggravent les douleurs des femmes en gésine; Comme un sanglot coupé par un sang écumeux Le chant du coq au loin déchirait l'air brumeux Une mer de brouillards baignait les édifices, Et les agonisants dans le fond des hospices Poussaient leur dernier râle en hoquets inégaux. Les débauchés rentraient, brisés par leurs travaux.
L'aurore grelottante en robe rose et verte S'avançait lentement sur la Seine déserte, Et le sombre Paris, en se frottant les yeux Empoignait ses outils, vieillard laborieux.
El crepúsculo matutino
La diana cantaba en los patios de los cuarteles, Y el viento de la mañana soplaba sobre las linternas.
Era la hora en que el enjambre de los sueños malignos Tuerce sobre sus almohadas los atezados adolescentes; Cuando, cual un ojo sangriento que palpita y se menea, La lámpara en el amanecer es una mancha roja; Cuando el alma, bajo el peso del cuerpo rudo y pesado, Imita los combates de la lámpara y del día. Como un rostro en llanto que las brisas enjugan, El aire está lleno del escalofrío de las cosas que se fugan, Y el hombre está fatigado de escribir y la mujer de amar,
Las casas, aquí y allá, comienzan a humear, Las hembras de placer, el párpado lívido, Boca abierta, dormían con su sueño estúpido; Las pordioseras, arrastrando sus senos fláccidos y fríos, Soplaban sobre sus tizones y soplaban sobre sus dedos. Era la hora en que, entre el frío y la roñería Se agravan los dolores de las mujeres yacientes; Cual un sollozo cortado por un vómito espumoso El canto del gallo, a lo lejos, rasgaba el aire brumoso; Un mar de nieblas bañaba los edificios, Y los agonizantes en el fondo de los hospicios Exhalaban su postrer estertor en hipos desiguales. Los libertinos regresaban, destrozados por sus esfuerzos.
La aurora tiritante, vestida de rosa y verde, Avanzaba lentamente sobre el Sena desierto, Y la sombra de París, frotándose los ojos, Empuñaba sus herramientas, anciano laborioso.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 10:32 AM  |
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| Charles Baudelaire -Rêve parisien- |
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Rêve parisien Charles Baudelaire (1821-1867)
à Constantin Guys
I De ce terrible paysage, Tel que jamais mortel n'en vit, Ce matin encore l'image, Vague et lointaine, me ravit.
Le sommeil est plein de miracles! Par un caprice singulier J'avais banni de ces spectacles Le végétal irrégulier,
Et, peintre fier de mon génie, Je savourais dans mon tableau L'enivrante monotonie Du métal, du marbre et de l'eau.
Babel d'escaliers et d'arcades, C'était un palais infini Plein de bassins et de cascades Tombant dans l'or mat ou bruni;
Et des cataractes pesantes, Comme des rideaux de cristal Se suspendaient, éblouissantes, A des murailles de métal.
Non d'arbres, mais de colonnades Les étangs dormants s'entouraient Où de gigantesques naïades, Comme des femmes, se miraient.
Des nappes d'eau s'épanchaient, bleues, Entre des quais roses et verts, Pendant des millions de lieues, Vers les confins de l'univers:
C'étaient des pierres inouïes Et des flots magiques, c'étaient D'immenses glaces éblouies Par tout ce qu'elles reflétaient!
Insouciants et taciturnes, Des Ganges, dans le firmament, Versaient le trésor de leurs urnes Dans des gouffres de diamant.
Architecte de mes féeries, Je faisais, à ma volonté, Sous un tunnel de pierreries Passer un océan dompté;
Et tout, même la couleur noire, Semblait fourbi, clair, irisé; Le liquide enchâssait sa gloire Dans le rayon cristallisé.
Nul astre d'ailleurs, nuls vestiges De soleil, même au bas du ciel, Pour illuminer ces prodiges, Qui brillaient d'un feu personnel!
Et sur ces mouvantes merveilles Planait (terrible nouveauté! Tout pour l'oeil, rien pour les oreilles!) Un silence d'éternité.
II En rouvrant mes yeux pleins de flamme J'ai vu l'horreur de mon taudis, Et senti, rentrant dans mon âme, La pointe des soucis maudits;
La pendule aux accents funèbres Sonnait brutalement midi, Et le ciel versait des ténèbres Sur le triste monde engourdi.
Sueño Parisiense
a Constantin Guys
I De aquel terrible paisaje, Tal que jamás un mortal vio, Esta mañana todavía la imagen, Vaga y lejana, me arrebataba.
¡El sueño estaba lleno de milagros! Por un capricho singular Yo había desterrado del espectáculo El vegetal singular,
Y, pintor orgulloso de mi genio, saboreaba en mi cuadro La embriagante monotonía Del metal, del mármol y del agua.
Babel de escaleras y de arcadas, Era un palacio infinito, Lleno de fuentes y cascadas Volcando el oro mate o bruñido;
Y cataratas pesadas, Como cortinas de cristal, Pendían, deslumbrantes, De las murallas de metal.
No de árboles, sino de columnatas, Los dormidos estanques nos rodeaban, Donde gigantescas náyades, Como mujeres, se contemplaban.
Napas de agua derramábanse, azules Entre malecones rosados y verdes, A lo largo de millones de leguas, Hacia el confín del universo;
¡Eran piedras inauditas Y oleadas mágicas; eran Inmensos espejos deslumbrantes Por todo cuanto ellos reflejaban!
Indolentes y taciturnos, Los Ganges, en el firmamento, Volcaban el tesoro de sus urnas En abismos de diamante.
Arquitecto de mis hechizos, Yo hacía, a mi capricho, Bajo un túnel de pedrerías Pasar un océano domado;
Y todo, aun el color negro, Parecía límpido, claro, irisado; El líquido engastaba su gloria En el destello cristalizado.
¡Ningún astro, desde luego, nada de vestigios De sol, ni siquiera en lo bajo del cielo, Para iluminar estos prodigios, Que brillaban con su propio fuego!
Y sobre estas movientes maravillas Cerníase (¡terrible novedad! ¡Todo para la vista, nada para los oídos!) Un silencio de eternidad.
II Al reabrir mis ojos llameantes He visto el horror de mi rincón, Y sentí, penetrando en mi alma, La punta de las preocupaciones malditas;
El péndulo de los acentos fúnebres Sonaba brutalmente el mediodía, Y el cielo volcaba tinieblas Sobre el triste mundo adormilado.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 10:31 AM  |
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| Charles Baudelaire -Brumes et pluies- |
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Brumes et pluies Charles Baudelaire (1821-1867)
O fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue, Endormeuses saisons! je vous aime et vous loue D'envelopper ainsi mon coeur et mon cerveau D'un linceul vaporeux et d'un vague tombeau.
Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue, Où par les longues nuits la girouette s'enroue, Mon âme mieux qu'au temps du tiède renouveau Ouvrira largement ses ailes de corbeau.
Rien n'est plus doux au coeur plein de choses funèbres, Et sur qui dès longtemps descendent les frimas, O blafardes saisons, reines de nos climats,
Que l'aspect permanent de vos pâles ténèbres, - Si ce n'est, par un soir sans lune, deux à deux, D'endormir la douleur sur un lit hasardeux.
Brumas y lluvias
¡Oh, finales de otoño, inviernos, primaveras cubiertas de lodo, Adormecedoras estaciones! yo os amo y os elogio Por envolver así mí corazón y mi cerebro Con una mortaja vaporosa y en una tumba baldía.
En esta inmensa llanura donde el austro frío sopla, Donde en las interminables noches la veleta enronquece, Mi alma mejor que en la época del tibio reverdecer Desplegará ampliamente sus alas de cuervo.
Nada es más dulce para el corazón lleno de cosas fúnebres, Y sobre el cual desde hace tiempo desciende la escarcha, ¡Oh, blanquecinas estaciones, reinas de nuestros climas!,
Que el aspecto permanente de vuestras pálidas tinieblas, -Si no es en una noche sin luna, uno junto al otro, El dolor adormecido sobre un lecho cualquiera.Libellés : Charles Baudelaire |
posted by Alfil @ 10:30 AM  |
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