Acerca de |
Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano |
Frases |
"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas" Augusto Monterroso -La palabra mágica-
"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?" Voltaire
"La traducción destroza el espíritu del idioma" Federico García Lorca |
Archivos |
|
|
Paul Claudel -Phrases pour éventails- |
mardi, mars 07, 2006 |
Phrases pour éventails Paul Claudel (1868-1955)
1 Tu m'appelles la Rose dit la Rose mais si tu savais mon vrai nom je m'effeuillerais aussitôt
2 Au cœur de la pivoine blanche ce n'est pas une couleur mais le souvenir d'une couleur ce n'est pas une odeur mais le souvenir d'une odeu r
3 Glycines il n'y aura jamais assez de fleurs pour nous empê chez de comprendre ce solides nœuds de s erpents
4 Je suis venu du bout du monde pour savoir ce qui s ecache de rose au fond des pivoines blanches de Hasédéra
5 Voyageur! approche et respire enfin cette odeu r qui guérit de tout mouvement
6 La rose n'est que la forme un instant tout haut de ce que le coeur tout bas appelle ses délices
7 Une rose d'un rouge si fort qu'elle tache l' â me comme du vin
8 La neige sur toute la terre pour la neige étend un tapis de neige
9 Comment vous parler de l' automne quand j'ai encore dans l'oreille cette aigre flûte du printemps qui me remplit la bouche d'eau
10 L' encen s comme ce vers que j'écris moitié cendre et moitié f umé e
11 Ah le monde est si beau qu'il fait poster ici que lqu'un qui du matin au soir soit capable de ne pas remue r
12 Pas mes épines qui me défendent dit la Rose c'est mon parfu m
13 Le vieux poète sent peu à peu un vers qui le gagne comme un éternuement
14 L' étoffe du monde depuis le temps qu' elle sert comme c'est curieux qu'il n'y ait pas de trou
15 Chut! si nous faisons du bruit le tempsva recommencer
Frases para abanicos
1 Tú me llamas la Rosa dice la Rosa mas si supieses mi verdadero nombre me deshojaría de inmediato
2 En el corazón de la peonia blanca no hay un color sino el recuerdo de un color no hay una fragancia sino el recuerdo de una fraganci a
3 Glicinas no habrá jamás bastantes flores para impe dirnos comprender ese sólido nudo de s erpientes
4 Yo he venido desde el fin del mundo para saber lo que se esconde de rosa en el fondo de las peonias blancas de Hacedera
5 ¡Viajero! acércate y respira por fin este olo r que cura de todo movimiento
6 La rosa no es más que la forma por un instante en alto de lo que el corazón llama por lo bajo sus delicias
7 Una rosa de un rojo tan intenso que mancha el al ma como el vino
8 La nieve en toda la tierra para la nieve extiende un tapiz de nieve
9 Cómo hablaros del otoño cuando tengo todavía en el oído esa agria flauta de la primavera que me llena la boca de agua
10 El incien so como este verso que escribo mitad ceniza y mitad h u mo
11 Ay es tan hermoso el mundo que hay que apostar aquí a alguien que de la mañana a la noche sea capaz de no movers e
12 No son mis espinas las que me defienden dice la Rosa es mi perfum e
13 El viejo poeta siente poco a poco que un verso se apodera de él como un estornudo
14 La tela del mundo con tanto tiempo que hace que se usa quéc urioso que no tenga agujeros
15 Shhhh si hacemos ruido el tiempo volverá a empezar
16 Alrededor del poema otros pequeños poemas a medio nacer de los que no salió más que un adjetivo o una m ayúscula
17 Comprende esta palabra en el oído de tu alma que sólo resuena porque ha cesado
Versión de Carlos Cámara y Miguel Ángel FrontánLibellés : Paul Claudel |
posted by Alfil @ 1:59 AM  |
|
1 Comments: |
-
AU FEU LES PLUMES SOMBRES !
J'ai en horreur les auteurs austères, les penseurs poussiéreux, les âmes de plomb qui se prennent pour des oiseaux de haut vol ! Péguy, Claudel, Bernanos, voilà des pointures pontifiantes de nos bibliothèques pétrifiées, des monstres de la pesante pensée, des astiqueurs d'airain, des immensités littéraires aux lourdeurs de marécages, des océans de glaciales sévérités générant des vagues d'un fracassant ennui... Quelles mornes boursouflures ils incarnent sur cette Terre ! Ces montgolfières de gravité lestées de deuil et incapables d'humour peuvent crever dans leur ciel de pierre ! Nous n'appartenons pas au même monde eux et moi. Ces grands hommes solennels, véritables dindons-ballons gonflés d'obscures fumées et panthéonisés par de doctes imbéciles, traînent en réalité du sable dans leurs semelles, tandis que mes pieds d'ange ne sont qu'une joyeuse paire d'ailes. Eux les marcheurs de chemins boueux, moi la plume de l'azur. A ces chantres des brumes intérieures et adeptes des enfers cérébraux, vrais masochistes se complaisant dans leur folie névrotique, j’oppose le lumineux Daudet et le délicieux Maupassant. Voilà de beaux songeurs simples, des troubadours de la littérature et non pas de poisseuses bouses de vaches ! Oui, j’ose le clamer : les bardes raides et leur verbe alambiqué m’emmerdent. Les vérités d'ascètes sclérosés qu'ils essaient de nous asséner ne tiennent nullement la route face à mon essor de pinson ! Un seul de mes gais sifflements suffit à pulvériser les rochers mentaux de ces intellectuels à l’esprit torturé. Leurs montagnes de certitudes aux cimes graves s'effondrent devant mon roseau chantant. De ces héros d'un siècle de morosités, je ne fais qu'une becquetée ! Alors qu'ils pourraient s'abreuver de légèretés et répandre de l'allégresse tels de clairs papillons, ils infectent et infestent les maisons d'édition de leurs productions morbides ! Ces amers cafards contaminent et pourrissent les fleurs autour deux, propageant dans des collections de prestige la grisaille logée dans leur tête. Ces adversaires de la fraîcheur n'ont pas l'air d'aimer la vie, trop tourmentés qu’ils sont par leurs mots rances pleins de prétentions. Ils ont une attirance tellement prononcée pour les salades immangeables et les saloperies de chardons qu'ils aimeraient en faire bouffer à tous les lecteurs ! Moi je ne goûte guère au pain sec de leur ciboulot d'anti-rigolos. Leurs livres sont des enclumes de chagrin sur les étagères, des poids d'un écrasant métal de tristesse. Illustres mais taciturnes, augustes mais déprimants, sérieux mais mortels... Je vomis sans remords ces indigestes producteurs de patates pas cuites ! Je voue leurs démoralisants ouvrages au bûcher ! Avec jubilation je regarde se consumer dans mon âtre leurs pavés de pure sinistrose. J'alimente ainsi fructueusement mon foyer de leurs pages inutiles. De leurs plus noires idées je fais un feu de joie ! Je transforme leurs écrits indélébiles en une divine flamme éphémère. Et la lumière vengeresse qui résulte de cette incinération apporte la paix des lettres sous mon toit. Volume après volume, leurs rêves sombres se volatilisent et deviennent cendre sous mes yeux... Ces flamboiements illuminent mes soirées. Sachez-le, ces écrivains dont je brûle les oeuvres sans le moindre scrupule ne sont dignes que de mon mépris destructeur. Et une fois ma cheminée nettoyée de ces saletés, ils ne méritent plus que l'éternel oubli des coeurs demeurés vivants.
Raphaël Zacharie de IZARRA
|
|
<< Home |
|
|
|
|
|
AU FEU LES PLUMES SOMBRES !
J'ai en horreur les auteurs austères, les penseurs poussiéreux, les âmes de plomb qui se prennent pour des oiseaux de haut vol !
Péguy, Claudel, Bernanos, voilà des pointures pontifiantes de nos bibliothèques pétrifiées, des monstres de la pesante pensée, des astiqueurs d'airain, des immensités littéraires aux lourdeurs de marécages, des océans de glaciales sévérités générant des vagues d'un fracassant ennui...
Quelles mornes boursouflures ils incarnent sur cette Terre !
Ces montgolfières de gravité lestées de deuil et incapables d'humour peuvent crever dans leur ciel de pierre !
Nous n'appartenons pas au même monde eux et moi. Ces grands hommes solennels, véritables dindons-ballons gonflés d'obscures fumées et panthéonisés par de doctes imbéciles, traînent en réalité du sable dans leurs semelles, tandis que mes pieds d'ange ne sont qu'une joyeuse paire d'ailes.
Eux les marcheurs de chemins boueux, moi la plume de l'azur.
A ces chantres des brumes intérieures et adeptes des enfers cérébraux, vrais masochistes se complaisant dans leur folie névrotique, j’oppose le lumineux Daudet et le délicieux Maupassant. Voilà de beaux songeurs simples, des troubadours de la littérature et non pas de poisseuses bouses de vaches !
Oui, j’ose le clamer : les bardes raides et leur verbe alambiqué m’emmerdent.
Les vérités d'ascètes sclérosés qu'ils essaient de nous asséner ne tiennent nullement la route face à mon essor de pinson ! Un seul de mes gais sifflements suffit à pulvériser les rochers mentaux de ces intellectuels à l’esprit torturé. Leurs montagnes de certitudes aux cimes graves s'effondrent devant mon roseau chantant.
De ces héros d'un siècle de morosités, je ne fais qu'une becquetée !
Alors qu'ils pourraient s'abreuver de légèretés et répandre de l'allégresse tels de clairs papillons, ils infectent et infestent les maisons d'édition de leurs productions morbides ! Ces amers cafards contaminent et pourrissent les fleurs autour deux, propageant dans des collections de prestige la grisaille logée dans leur tête. Ces adversaires de la fraîcheur n'ont pas l'air d'aimer la vie, trop tourmentés qu’ils sont par leurs mots rances pleins de prétentions. Ils ont une attirance tellement prononcée pour les salades immangeables et les saloperies de chardons qu'ils aimeraient en faire bouffer à tous les lecteurs ! Moi je ne goûte guère au pain sec de leur ciboulot d'anti-rigolos.
Leurs livres sont des enclumes de chagrin sur les étagères, des poids d'un écrasant métal de tristesse. Illustres mais taciturnes, augustes mais déprimants, sérieux mais mortels... Je vomis sans remords ces indigestes producteurs de patates pas cuites !
Je voue leurs démoralisants ouvrages au bûcher ! Avec jubilation je regarde se consumer dans mon âtre leurs pavés de pure sinistrose. J'alimente ainsi fructueusement mon foyer de leurs pages inutiles.
De leurs plus noires idées je fais un feu de joie !
Je transforme leurs écrits indélébiles en une divine flamme éphémère. Et la lumière vengeresse qui résulte de cette incinération apporte la paix des lettres sous mon toit. Volume après volume, leurs rêves sombres se volatilisent et deviennent cendre sous mes yeux...
Ces flamboiements illuminent mes soirées.
Sachez-le, ces écrivains dont je brûle les oeuvres sans le moindre scrupule ne sont dignes que de mon mépris destructeur.
Et une fois ma cheminée nettoyée de ces saletés, ils ne méritent plus que l'éternel oubli des coeurs demeurés vivants.
Raphaël Zacharie de IZARRA