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Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano |
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"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas" Augusto Monterroso -La palabra mágica-
"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?" Voltaire
"La traducción destroza el espíritu del idioma" Federico García Lorca |
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| Paul Valéry -Même Féerie- |
| mercredi, mai 26, 2004 |
Même Féerie Paul Valéry (1871-1945)
La lune mince verse une lueur sacrée, Comme une jupe d'un tissu d'argent léger, Sur les masses de marbre où marche et croit songer Quelque vierge de perle une gaze nacrée.
Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux De carènes de plume à demi lumineuse, Sa main cueille et dispense une rose neigeuse Dont les pétales font des cercles sur les eaux.
Délicieux désert, solitude pâmée, Quand le remous de l'eau par la lune lamée Compte éternellement ses échos de cristal,
Quel coeur pourrait souffir l'inexorable charme De la nuit éclatante au firmament fatal, Sans tirer de soi-même un cri pur comme une arme?
Encantamiento
Vierte la luna débil sus albores sagrados como una basquiña ,de vaporoso argento sobre moles de mármol que cruza el soñoliento paso de alguna virgen en velos nacarados.
A los cisnes sedeños que abren los juncales con su quilla de pluma donde la luz reposa les deshoja su mano la más nevada rosa, y en el agua los pétalos difunden espirales.
Soledad extasiada, dulcificante duna, cuando el agua hervorosa bruñida por la luna sus voces cristalinas sin término propaga,
-¿qué alma padeciera la magia inexorable de la rútila noche con su cielo implacable sin exhalar un grito puro como una daga?
Versión de Carlos López NarváezLibellés : Paul Valéry |
posted by Alfil @ 9:02 PM  |
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| Paul Valéry -Le bois amical- |
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Le bois amical Paul Valéry (1871-1945)
Nous avons pensé des choses pures Côte à côte, le long des chemins, Nous nous sommes tenus par les mains Sans dire... parmi les fleurs obscures;
Nous marchions comme des fiancés Seuls, dans la nuit verte des prairies; Nous partagions ce fruit de féeries La lune amicale aux incensés
Et puis, nous sommes morts sur la mousse, Très loin, tout seuls parmi l'ombre douce De ce bois intime et murmurant;
Et là-haut, dans la lumière immense, Nous nous sommes trouvés en pleurant Ô mon cher compagnon de silence
El bosque amigo
En las sendas pensamos cosas puras, uno al lado del otro, fugitivos, cogidos de la mano, y pensativos en medio de las flores más oscuras.
Íbamos solos, como enamorados, entre la verde noche del sendero, compartiendo el fugaz fruto hechicero del astro que aman los enajenados.
Después, muy lejos, en la sombra densa de aquel íntimo bosque rumoroso, morimos -solos!- sobre el césped blando.
Y arriba, en medio de la luz inmensa, ¡oh, amigo del silencio más hermoso, nos encontramos otra vez, llorando!
Versión de Andrés HolguínLibellés : Paul Valéry |
posted by Alfil @ 9:01 PM  |
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| Paul Valéry -Hélène- |
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Hélène Paul Valéry (1871-1945)
Azur! C'est moi... Je viens des grottes de la mort Entendre l'onde se rompre aux degrés sonores, Et je revois les galères dans les aurores Ressusciter de l'ombre au fil des rames d'or.
Mes solitaires mains appellent les monarques Dont la barbe de sel amusait mes doigts purs; Je pleurais. Ils chantaient leurs triomphes obscurs Et les golfes enfuis aux poupes de leurs barques.
J'entends les conques profondes et les clairons Militaires rythmer le vol des avirons; Le chant clair des rameurs enchaîne le tumulte,
Et les Dieux, à la proue héroïque exaltés Dans leur sourire antique et que l'écume insulte, Tendent vers moi leurs bras indulgents et sculptés.
¡Helena!
Azul! Soy yo. Regreso de lúgubres canteras a ver el mar lanzando sus escalas sonoras, y al filo de los remos de oro, en las auroras, zarpando de su rada nocturna las galeras.
Mis manos solitarias invocan los monarcas -yo hundía entre su barba de sal mis dedos puros-. Llorando he visto, al eco de sus himnos oscuros, huír los golfos ante la popa de sus barcas.
Oigo las caracolas hondas, los helicones marciales en las rítmicas alas de los timones; claros cantos remeros encadenan rugidos.
Y en las heroicas proas, los dioses exaltados, con sus plácidos rostros de la espuma azotados, me tienden indulgentes sus brazos esculpidos.
Versión de Carlos López NarváezLibellés : Paul Valéry |
posted by Alfil @ 8:45 PM  |
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| Paul Valéry -Les pas- |
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Les pas Paul Valéry (1871-1945)
Tes pas, enfants de mon silence, Saintement, lentement placés, Vers le lit de ma vigilance Procèdent muets et glacés.
Personne pure, ombre divine, Qu'ils sont doux, tes pas retenus !Dieux !... tous les dons que je devine Viennent à moi sur ces pieds nus !
Si, de tes lèvres avancées, Tu prépares pour l'apaiser, A l'habitant de mes pensées La nourriture d'un baiser,
Ne hâte pas cet acte tendre, Douceur d'être et de n'être pas, Car j'ai vécu de vous attendre, Et mon coeur n'était que vos pas
Los pasos
Pasos nacidos de un silencio tenue, sagradamente dados, hacia el recinto de mis sueños vienen tranquilos, apagados.
Rumores puros y divinos, todos los dones que descubro -¡oh blandos pasos reprimidos!- llegan desde tus pies desnudos.
Si en el convite de tus labios ecoge para su sosiego mi pensamiento -huésped ávido- el vivo manjar de tu beso.
Avanza con dulzura lenta, con ternura de ritmos vagos: como ha vivido de tu espera, mi corazón marcha en tus pasos.Libellés : Paul Valéry |
posted by Alfil @ 8:38 PM  |
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| Paul Valéry -Le cimetière marin- |
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Le cimetière marin Paul Valéry (1871-1945)
Ce toit tranquille, où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes; Midi le juste y compose de feux La mer, la mer, toujours recommencée O récompense après une pensée Qu'un long regard sur le calme des dieux!
Quel pur travail de fins éclairs consume Maint diamant d'imperceptible écume, Et quelle paix semble se concevoir! Quand sur l'abîme un soleil se repose, Ouvrages purs d'une éternelle cause, Le temps scintille et le songe est savoir.
Stable trésor, temple simple à Minerve, Masse de calme, et visible réserve, Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi Tant de sommeil sous une voile de flamme, O mon silence! . . . Édifice dans l'âme, Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit!
Temple du Temps, qu'un seul soupir résume, À ce point pur je monte et m'accoutume, Tout entouré de mon regard marin; Et comme aux dieux mon offrande suprême, La scintillation sereine sème Sur l'altitude un dédain souverain.
Comme le fruit se fond en jouissance, Comme en délice il change son absence Dans une bouche où sa forme se meurt, Je hume ici ma future fumée, Et le ciel chante à l'âme consumée Le changement des rives en rumeur.
Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change! Après tant d'orgueil, après tant d'étrange Oisiveté, mais pleine de pouvoir, Je m'abandonne à ce brillant espace, Sur les maisons des morts mon ombre passe Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.
L'âme exposée aux torches du solstice, Je te soutiens, admirable justice De la lumière aux armes sans pitié! Je te tends pure à ta place première, Regarde-toi! . . . Mais rendre la lumière Suppose d'ombre une morne moitié.
O pour moi seul, à moi seul, en moi-même, Auprès d'un coeur, aux sources du poème, Entre le vide et l'événement pur, J'attends l'écho de ma grandeur interne, Amère, sombre, et sonore citerne, Sonnant dans l'âme un creux toujours futur!
Sais-tu, fausse captive des feuillages, Golfe mangeur de ces maigres grillages, Sur mes yeux clos, secrets éblouissants, Quel corps me traîne à sa fin paresseuse, Quel front l'attire à cette terre osseuse? Une étincelle y pense à mes absents.
Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière, Fragment terrestre offert à la lumière, Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux, Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres, Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres; La mer fidèle y dort sur mes tombeaux!
Chienne splendide, écarte l'idolâtre! Quand solitaire au sourire de pâtre, Je pais longtemps, moutons mystérieux, Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes, Éloignes-en les prudentes colombes, Les songes vains, les anges curieux!
Ici venu, l'avenir est paresse. L'insecte net gratte la sécheresse; Tout est brûlé, défait, reçu dans l'air A je ne sais quelle sévère essence . . . La vie est vaste, étant ivre d'absence, Et l'amertume est douce, et l'esprit clair.
Les morts cachés sont bien dans cette terre Qui les réchauffe et sèche leur mystère. Midi là-haut, Midi sans mouvement En soi se pense et convient à soi-même Tête complète et parfait diadème, Je suis en toi le secret changement.
Tu n'as que moi pour contenir tes craintes! Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes Sont le défaut de ton grand diamant! . . . Mais dans leur nuit toute lourde de marbres, Un peuple vague aux racines des arbres A pris déjà ton parti lentement.
Ils ont fondu dans une absence épaisse, L'argile rouge a bu la blanche espèce, Le don de vivre a passé dans les fleurs! Où sont des morts les phrases familières, L'art personnel, les âmes singulières? La larve file où se formaient les pleurs.
Les cris aigus des filles chatouillées, Les yeux, les dents, les paupières mouillées, Le sein charmant qui joue avec le feu, Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent, Les derniers dons, les doigts qui les défendent, Tout va sous terre et rentre dans le jeu!
Et vous, grande âme, espérez-vous un songe Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici? Chanterez-vous quand serez vaporeuse? Allez! Tout fuit! Ma présence est poreuse, La sainte impatience meurt aussi!
Maigre immortalité noire et dorée, Consolatrice affreusement laurée, Qui de la mort fais un sein maternel, Le beau mensonge et la pieuse ruse! Qui ne connaît, et qui ne les refuse, Ce crâne vide et ce rire éternel!
Pères profonds, têtes inhabitées, Qui sous le poids de tant de pelletées, Êtes la terre et confondez nos pas, Le vrai rongeur, le ver irréfutable N'est point pour vous qui dormez sous la table, Il vit de vie, il ne me quitte pas!
Amour, peut-être, ou de moi-même haine? Sa dent secrète est de moi si prochaine Que tous les noms lui peuvent convenir! Qu'importe! Il voit, il veut, il songe, il touche! Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche, À ce vivant je vis d'appartenir!
Zénon! Cruel Zénon! Zénon d'Êlée! M'as-tu percé de cette flèche ailée Qui vibre, vole, et qui ne vole pas! Le son m'enfante et la flèche me tue! Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue Pour l'âme, Achille immobile à grands pas!
Non, non! . . . Debout! Dans l'ère successive! Brisez, mon corps, cette forme pensive! Buvez, mon sein, la naissance du vent! Une fraîcheur, de la mer exhalée, Me rend mon âme . . . O puissance salée! Courons à l'onde en rejaillir vivant.
Oui! grande mer de délires douée, Peau de panthère et chlamyde trouée, De mille et mille idoles du soleil, Hydre absolue, ivre de ta chair bleue, Qui te remords l'étincelante queue Dans un tumulte au silence pareil
Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre! L'air immense ouvre et referme mon livre, La vague en poudre ose jaillir des rocs! Envolez-vous, pages tout éblouies! Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies Ce toit tranquille où picoraient des focs!
El cementerio marino
Calmo techo surcado de palomas, palpita entre los pinos y las tumbas; mediodía puntual arma sus fuegos ¡El mar, el mar siempre recomenzado! ¡Qué regalo después de un pensamiento ver moroso la calma de los dioses!
¡Qué obra pura consume de relámpagos vario diamante de invisible espuma, y cuánta paz parece concebirse! Cuando sobre el abismo un sol reposa, trabajos puros de una eterna causa, el Tiempo riela y es Sueño la ciencia.
Tesoro estable, templo de Minerva, quietud masiva y visible reserva; agua parpadeante, Ojo que en ti guardas tanto sueño bajo un velo de llamas, ¡silencio mío!... ¡Edificio en el alma, mas lleno de mil tejas de oro. Techo!
Templo del Tiempo, que un suspiro cifra, subo a ese punto puro y me acostumbro de mi mirar marino todo envuelto; tal a los dioses mi suprema ofrenda, el destellar sereno va sembrando soberano desdén sobre la altura.
Como en deleite el fruto se deslíe, como en delicia truécase su ausencia en una boca en que su forma muere, mi futura humareda aquí yo sorbo, y al alma consumida el cielo canta la mudanza en rumor de las orillas.
¡Bello cielo real, mírame que cambio! Después de tanto orgullo, y de tanto extraño ocio, mas pleno de poderes, a ese brillante espacio me abandono, sobre casas de muertos va mi sombra que a su frágil moverse me acostumbra.
A teas del solsticio expuesta el alma, sosteniéndote estoy, ¡oh admirable justicia de la luz de crudas armas! Pura te tomo a tu lugar primero: ¡mírate!... Devolver la luz supone taciturna mitad sumida en sombra.
Para mí solo, a mí solo, en mí mismo, un corazón, en fuentes del poema, entre el vacío y el suceso puro, de mi íntima grandeza el eco aguardo, cisterna amarga, oscura y resonante, ¡hueco en el alma, son siempre futuro!
Sabes, falso cautivo de follajes, golfo devorador de enjutas rejas, en mis cerrados ojos, deslumbrantes secretos, ¿qué cuerpo hálame a su término y qué frente lo gana a esta tierra ósea? Una chispa allí pienso en mis ausentes.
Sacro, pleno de un fuego sin materia; ofrecido a la luz terrestre trozo, me place este lugar alto de teas, hecho de oro, piedra, árboles oscuros, mármol temblando sobre tantas sombras; ¡allí la mar leal duerme en mis tumbas!
¡Al idólatra aparta, perra espléndida! Cuando con sonrisa de pastor, solo, apaciento carneros misteriosos, rebaño blanco de mis quietas tumbas, ¡las discretas palomas de allí aléjalas, los vanos sueños y ángeles curiosos!
Llegado aquí pereza es el futuro, rasca la sequedad nítido insecto; todo ardido, deshecho, recibido en quién sabe qué esencia rigurosa... La vida es vasta estando ebrio de ausencia, y dulce el amargor, claro el espíritu.
Los muertos se hallan bien en esta tierra cuyo misterio seca y los abriga. Encima el Mediodía reposando se piensa y a sí mismo se concilia... Testa cabal, diadema irreprochable, yo soy en tu interior secreto cambio.
¡A tus temores, sólo yo domino! Mis arrepentimientos y mis dudas, son el efecto de tu gran diamante... Pero en su noche grávida de mármoles, en la raíz del árbol, vago pueblo ha asumido tu causa lentamente.
En una densa ausencia se han disuelto, roja arcilla absorbió la blanca especie, ¡la gracia de vivir pasó a las flores! ¿Dónde del muerto frases familiares, el arte personal, el alma propia? En la fuente del llanto larvas hilan.
Agudo gritos de exaltadas jóvenes, ojos, dientes, humedecidos párpados, el hechicero seno que se arriesga, la sangre viva en labios que se rinden, los dedos que defienden dones últimos, ¡va todo bajo tierra y entra al juego!
Y tú, gran alma, ¿un sueño acaso esperas libre ya de colores del engaño que al ojo camal fingen onda y oro? ¿Cuando seas vapor tendrás el canto? ¡Ve! ¡Todo huye! Mi presencia es porosa, ¡ la sagrada impaciencia también muere!
¡Magra inmortalidad negra y dorada, consoladora de horroroso lauro que matemal seno haces de la muerte, el bello engaño y la piadosa argucia! ¡Quién no conoce, quién no los rechaza, al hueco cráneo y a la risa eterna!
Deshabitadas testas, hondos padres, que bajo el peso de tantas paladas, sois la tierra y mezcláis nuestras pisadas, el roedor gusano irrebatible para vosotros no es que bajo tablas dormís, ¡de vida vive y no me deja!
¿Amor quizás u odio de mí mismo? ¡Tan cerca tengo su secreto diente que cualquier nombre puede convenirle! ¡Qué importa! ¡Mira, quiere, piensa, toca! ¡Agrádale mi carne, aun en mi lecho, de este viviente vivo de ser suyo!
¡Zenón! ¡Cruel Zenón! ¡Zenón de Elea! ¡Me has traspasado con tu flecha alada que vibra, vuela y no obstante no vuela! ¡Su son me engendra y mátame la flecha! ¡Ah! el sol... ¡Y qué sombra de tortuga para el alma, veloz y quieto Aquiles!
¡No! ¡No!... ¡De pie! ¡En la era sucesiva! ¡Cuerpo mío, esta forma absorta quiebra! ¡Pecho mío, el naciente viento bebe! Una frescura que la mar exhala, ríndeme el alma... ¡Oh vigor salado! ¡Ganemos la onda en rebotar viviente!
¡Sí! Inmenso mar dotado de delirios, piel de pantera, clámide horadada por los mil y mil ídolos solares, hidra absoluta, ebria de carne azul, que te muerdes la cola destellante en un tumulto símil al silencio.
¡Se alza el viento!... ¡Tratemos de vivir! ¡Cierra y abre mi libro el aire inmenso, brota audaz la ola en polvo de las rocas! ¡Volad páginas todas deslumbradas! ¡Olas, romped con vuestra agua gozosa calmo techo que foques merodean!
Versión de Javier Sologuren
Libellés : Paul Valéry |
posted by Alfil @ 8:35 PM  |
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| Paul Valéry -Cantique de colonnes- |
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Cantique des colonnes Paul Valéry (1871-1945)
(...) Filles des nombres d’or, Fortes des lois du ciel Sur nous tombe et s’endort Un dieu couleur de miel.
Il dort content, le Jour, Que chaque jour offrons Sur la table d’amour Etale sur nos fronts.
Sous nos mêmes amours Plus lourdes que le monde Nous traversons les jours Comme une pierre l’onde !
Nous marchons dans le temps Et nos corps éclatants Ont des pas ineffables Qui marquent dans les fables…
Cántico de las columnas
(...) Somos hijas de la proporción, de la armonía, y somos fuertes por las leyes del cielo. Sobre nosotras desciende y duerme un dios color de miel: feliz duerme aquí el Día…
Incorruptibles hermanas, casi ardiendo, casi frescas, para bailar elegimos brisa y hojas secas y los siglos de diez en diez y los pueblos del pasado…
Caminamos en el tiempo y nuestros cuerpos radiantes avanzan a un paso que no se siente.Libellés : Paul Valéry |
posted by Alfil @ 5:59 PM  |
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| Paul Valéry -Le rameur- |
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Le rameur Paul Valéry (1871-1945)
à André Lebey
Penché contre un grand fleuve, infiniment mes rames M'arrachent à regret aux riants environs; Ame aux pesantes mains, pleines des avirons, Il faut que le ciel cède au glas des lentes lames.
Le coeur dur, l'oeil distrait des beautés que je bats, Laissant autour de moi mûrir des cercles d'onde, Je veux à larges coups rompre l'illustre monde De feuilles et de feu que je chante tout bas.
Arbres sur qui je passe, ample et naïve moire, Eau de ramages peinte, et paix de l'accompli, Déchire-les, ma barque, impose-leur un pli Qui coure du grand calme abolir la mémoire.
Jamais, charmes du jour, jamais vos grâces n'ont Tant souffert d'un rebelle essayant sa défense: Mais, comme les soleils m'ont tiré de l'enfance, Je remonte à la source où cesse même un nom.
En vain toute la nymphe énorme et continue Empêche de bras purs mes membres harassés; Je romprai lentement mille liens glacés Et les barbes d'argent de sa puissance nue.
Ce bruit secret des eaux, ce fleuve étrangement Place mes jours dorés sous un bandeau de soie; Rien plus aveuglément n'use l'antique joie Qu'un bruit de fuite égale et de nul changement.
Sous les ponts annelés, l'eau profonde me porte, Voûtes pleines de vent, de murmure et de nuit, Ils courent sur un front qu'ils écrasent d'ennui, Mais dont l'os orgueilleux est plus dur que leur porte.
Leur nuit passe longtemps. L'âme baisse sous eux Ses sensibles soleils et ses promptes paupières, Quand, par le mouvement qui me revêt de pierres, Je m'enfonce au mépris de tant d'azur oiseux.
El remero
Entregado a un gran río, mi bogar incesante Me arranca con dolor del entorno risueño: Alma de manos graves, colmadas por los remos, Debe el cielo ceder al son de lentas láminas.
Duro, lejos los ojos de las gracias que bato, Dejando en torno a mí crecer círculos de onda, Quiero con largos golpes romper el mundo ilustre De follaje y de fuego que celebro en voz baja.
Arboles que atravieso, ancho reflejo ingenuo, Agua pintada de hojas, y paz de lo cumplido, Barca mía, desgárralos, somételos a un pliegue Que del sosiego corra a abolir la memoria.
Nunca, encantos del día, nunca sufristeis tanto Por causa de un rebelde que intenta defenderse: Pero, como los soles me quitaron la infancia, Navego hacia la fuente donde hasta un nombre cesa.
Toda la ninfa, en vano, persistente y enorme, Prende con brazos puros mis miembros fatigados; Romperé poco apoco mil hzadas de hielo Y las barbas de plata de su fuerza desnuda.
Este ruido secreto del agua, extrañamente, Pone a mis días de oro una venda de seda; Nadie más ciegamente mella el antiguo gozo Que un ruido de huida igual y de nula mudanza.
Bajo puentes de anillo, me lleva el agua honda, Bóvedas llenas de aire, de murmullo y de noche, Corren sobre una frente que fulminan de tedio, Mas cuyo hueso altivo dura más que su puerta.
Es muy larga su noche. Bajo ellos cierra el alma Sus soles sensitivos y sus rápidos párpados, Cuando, a través del gesto que me viste de piedras, Me sumerjo a pesar de tanto azul ocioso.
Versión de Andrés Sánchez RobaynaLibellés : Paul Valéry |
posted by Alfil @ 5:55 PM  |
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| Paul Valéry -Poesie- |
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Poesie Paul Valéry (1871-1945)
Par la surprise saisie, Une bouche qui buvait Au sein de la Poésie En sépare son duvet:
- O ma mère Intelligence, De qui la douceur coulait, Quelle est cette négligence Qui laisse tarir son lait!
A peine sur ta poitrine, Accablé de blancs liens, Me berçait l'onde marine De ton cœur chargé de biens;
A peine, dans ton ciel sombre, Abattu sur ta beauté, Je sentais, à boire l'ombre, M'envahir une clarté!
Dieu perdu dans son essence, Et délicieusement Docile à la connaissance Du suprême apaisement,
Je touchais à la nuit pure, Je ne savais plus mourir, Car un fleuve sans coupure Me semblait me parcourir...
Dis, par quelle crainte vaine, Par quelle ombre de dépit, Cette merveilleuse veine A mes lèvres se rompit?
O rigueur, tu m'es un signe Qu'à mon âme je déplus! Le silence au vol de cygne Entre nous ne règne plus !
Immortelle, ta paupière Me refuse mes trésors, Et la chair s'est faite pierre Qui fut tendre sous mon Corps!
Des deux même tu me sèvres, Par quel injuste retour? Que seras-tu sans mes lèvres? Que serai-je sans amour? -
Mais la Source suspendue Lui répond sans dureté: - Si fort vous m'avez mordue Que mon cœur s'est arrêté !
Poesía
Con sorpresa y emoción, una boca que bebía del seno de la Poesía dijo, apartando el plumón:
¡Oh mi madre Inteligencia de quien el dulzor fluyó! ¿Cuál extraña negligencia ahora tu seno secó?
Sobre tu pecho divino apenas ponía mi sien, sentía el mecer marino de tu corazón de bien;
recién, en la obscura niebla que bajó hasta tu beldad, sentía, al beber tiniebla llenarme de claridad.
Dios diluído en tu esencia, Lleno de felicidad y dócil a la conciencia De la gran tranquilidad,
Alcancé la noche pura y olvidéme del no ser, pues, un río de ventura por mí parecía correr...
¿Qué escrúpulo temeroso, qué despecho te asaltó, que tu fluir milagroso en mis labios se cortó?
¡Oh rigor! Yo bien recelo que tu alma se ofendió el silencio, cisne en vuelo, ya no reina entre tú y yo.
¡Oh Inmortal! Ya no me informa de tesoros tu mirar y se hizo piedra la forma que yo sentí palpitar
Me han privado tus agravios hasta del cielo el claror. ¿Qué serás tú sin mis labios? ¿Qué seré yo sin tu amor?
Pero la fuente ya inerte Le respondió sin pasión: -¡Ay, me has mordido muy fuerte! No late mi corazón.
Versión de Edmundo BianchiLibellés : Paul Valéry |
posted by Alfil @ 5:47 PM  |
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| Paul Verlaine -Balanide- |
| dimanche, mai 16, 2004 |
Balanide Paul Verlaine (1844-1896)
I C'est un plus petit cœur Avec la pointe en l'air; Symbole doux et fier C'est un plus tendre cœur.
Il verse ah! que de pleurs Corrosifs plus que feu Prolongés mieux qu'adieu, Blancs comme blanches fleurs! (...)
II Gland, point suprême de l'être De mon maître, De mon amant adoré Qu'accueille avec joie et crainte, Ton étreinte Mon heureux cul, perforé
Tant et tant par ce gros membre Qui se cambre, Se gonfle et, tout glorieux De ses hauts faits et prouesses, Dans les fesses Fonce en élans furieux.-
Nourricier de ma fressure, Source sûre Où ma bouche aussi suça, Gland, ma grande friandise, Quoi qu'en dise Quelque fausse honte, or, çà,
Gland, mes délices, viens, dresse Ta caresse De chaud satin violet Qui dans ma main se harnache En panache Soudain d'opale et de lait
Ce n'est que pour une douce Sur le pouce Que je t'invoque aujourd'hui Mais quoi ton ardeur se fâche… O moi lâche! Va, tout à toi, tout à lui,
Ton caprice, règle unique Je rapplique Pour la bouche et pour le cu Les voici tout prêts, en selle, D'humeur telle Qui te faut, maître invaincu.
Puis, gland, nectar et dictame De mon âme, Rentre en ton prépuce, lent Comme un dieu dans son nuage, Mon hommage T'y suit, fidèle - et galant.
Balánida
I Es un corazón pequeño, la punta al aire: símbolo orgulloso y dulce del corazón más tierno.
Lágrimas derrama corrosivas como brasas en prolongados adioses de flores blancas. (...)
II Glande, punto supremo del ser del amado. Con temor, con alegría reciba tu acometida mi trasero perforado
por tu macizo instrumento que se inflama victorioso de sus hechos y proezas y entre redondeces se hunde con sus ímpetus alevosos.
Nodrizo de mis entrañas, fuente segura donde mi boca se abreva, glande, mi golosina o bien sin falsos pudores,
glande delicioso ven revestido de cálido satín violeta que mi mano se enjaeza con un súbito penacho de ópalo y leche.
Es sólo para una paja apresurada que hoy te invoco. Pero, ¿qué pasa? ¿Tu ardor se impacienta? ¡Oh, flojo de mí!
A tu capricho, regla única respondo por la boca o por el culo, ambos listos y ensillados y a tu disposición maestro invicto.
Después, néctar y pócima de mi alma, ¡oh glande!, vuelve a tu prepucio, lento como un dios a su nube. Mi homenaje te acompaña fiel y galante.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 11:20 AM  |
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| Paul Verlaine -Il bacio- |
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Il bacio Paul Verlaine (1844-1896)
Baiser ! rose trémière au jardin des caresses ! Vif accompagnement sur le clavier des dents Des doux refrains qu'Amour chante en les cœurs ardents Avec sa voix d'archange aux langueurs charmeresses !
Sonore et gracieux Baiser, divin Baiser ! Volupté nonpareille, ivresse inénarrable ! Salut ! l'homme, penché sur ta coupe adorable, S'y grise d'un bonheur qu'il ne sait épuiser.
Comme le vin du Rhin et comme la musique, Tu consoles et tu berces, et le chagrin Expire avec la moue en ton pli purpurin... Qu'un plus grand, Goethe ou Will, te dresse un vers classique.
Moi, je ne puis, chétif trouvère de Paris, T'offrir que ce bouquet de strophes enfantines : Sois bénin et, pour prix, sur les lèvres mutines D'Une que je connais, Baiser, descends, et ris.
Il bacio
¡Beso! ¡malvarrosa del jardín de las caricias, vivo acompañamiento en el teclado de los dientes, dulces canciones que Amor entona en los corazones ardientes con su voz de arcángel de languideces encantadoras!
¡Sonoro y gracioso Beso, divino Beso! ¡Voluptuosidad sin rival, embriaguez inenarrable! ¡Salud! El hombre inclinado sobre tu copa adorable, se embriaga de una dicha que no sabe agotar.
Como el vino del Rhin, y como la música, Tú consuelas y meces, y la pena Expira con el gesto en tu pliegue purpurino... Que otro más grande, Goethe o Will, te dirija un verso clásico.
Yo no puedo, mezquino trovador de París, Ofrecerte más que este ramillete de infantiles estrofas: Sé benigno y, como premio, sobre los labios amotinados De Una que conozco, Beso, desciende y ríe.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 11:17 AM  |
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| Paul Verlaine -Le faune- |
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Le faune Paul Verlaine (1844-1896)
Un vieux faune de terre cuite Rit au centre des boulingrins, Présageant sans doute une suite Mauvaise à ces instants sereins
Qui m'ont conduit et t'ont conduite, Mélancoliques pèlerins, Jusqu'à cette heure dont la fuite Tournoie au son des tambourins.
El fauno
Un viejo fauno de terracota Ríe en medio del parterre, Presagiando sin duda una continuación Mala a estos instantes serenos
que me han llevado y te han llevado -melancólicos peregrinos-, hasta esta hora que se fuga girando al son de los tamborilesLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 11:15 AM  |
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| Paul Verlaine -Nuit du Walpurgis clásica- |
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Nuit du Walpurgis classique Paul Verlaine (1844-1896)
C’est plutôt le sabbat du second Faust que l’autre. Un rhythmique sabbat, rhythmique, extrêmement Rhythmique.—Imaginez un jardin de Lenôtre, Correct, ridicule et charmant.
Des ronds-points; au milieu, des jets d’eau; des allées Toutes droites; sylvains de marbre; dieux marins De bronze; çà et là, des Vénus étalées; Des quinconces, des boulingrins;
Des châtaigniers; des plants de fleurs formant la dune; Ici, des rosiers nains qu’un goût docte effila; Plus loin, des ifs taillés en triangles. La lune D’un soir d’été sur tout cela.
Minuit sonne, et réveille au fond du parc aulique Un air mélancolique, un sourd, lent et doux air De chasse: tel, doux, lent, sourd et mélancolique, L’air de chasse de Tannhauser.
Des chants voilés de cors lointains où la tendresse Des sens étreint l’effroi de l’âme en des accords Harmonieusement dissonnants dans l’ivresse; Et voici qu’à l’appel des cors
S’entrelacent soudain des formes toutes blanches, Diaphanes, et que le clair de lune fait Opalines parmi l’ombre verte des branches, —Un Watteau rêvé par Raffet!—
S’entrelacent parmi l’ombre verte des arbres D’un geste alangui, plein d’un désespoir profond; Puis, autour des massifs, des bronzes et des marbres Très lentement dansent en rond.
—Ces spectres agités, sont-ce donc la pensée Du poète ivre, ou son regret, ou son remords, Ces spectres agités en tourbe cadencée, Ou bien tout simplement des morts?
Sont-ce donc ton remords, ô rèvasseur qu’invite L’horreur, ou ton regret, ou ta pensée,—hein?—tous Ces spectres qu’un vertige irrésistible agite, Ou bien des morts qui seraient fous?—
N’importe! ils vont toujours, les fébriles fantômes, Menant leur ronde vaste et morne et tressautant Comme dans un rayon de soleil des atomes, Et s’évaporent à l’instant
Humide et blême où l’aube éteint l’un après l’autre Les cors, en sorte qu’il ne reste absolument Plus rien—absolument—qu’un jardin de Lenôtre, Correct, ridicule et charmant.
Noche de Walpurgis clásica
Era más bien el sabbat del segundo Fausto, Un rítmico sabbat, rítmico, extremadamente Rítmico. Imaginaos un jardín de Lenôtre, Correcto, ridículo y encantador.
Unas rotondas; en el centro, los surtidores; unas avenidas Muy rectas, silvanos de mármol, dioses marinos De bronce, aquí y allá, unas Venus expuestas; Unos tres bolillos, unos arriates;
Castaños, plantíos de flores formando dunas; Aquí, unos rosales enanos que un docto gusto alinea; Más allá, unos tejos tallados en triángulos. La luna De una noche de verano sobre todo esto.
Suena la medianoche y despierta en el fondo del parque áulico Una aire melancólico, un sordo, lento y dulce aire De caza, tan dulce, lento, sordo y melancólico Como el aire de caza de Tannhauser
Cantos velados de lejanos cuernos de caza, donde la ternura De los sentidos abraza el espanto del alma de los acordes Armoniosamente disonantes de la embriaguez; Y ya la llamada de las trompas
se entrelaza de repente a unas formas muy blancas, diáfanas, y que el claro de luna las hace opalinas entre la sombra verde de las ramas: -¡Un Watteau soñado por Raffet!-
Se entrelazan entre las sombras verdes de los árboles Con un gesto de decaído, lleno de profunda desesperación; Luego, alrededor de los macizos, de los bronces y de los mármoles, Muy lentamente bailan un corro.
Estos espectros agitados, ¿son pues el pensamiento Del poeta ebrio o son su lamento, o su remordimiento, Esos espectros agitados en turba cadencia, O, simplemente, no son más que muertos?
¿Son tus remordimientos, oh desvarío que invita al horror, son tu lamento o tu pensamiento, todos esos espectros que un vértigo irresistible agita, o son sólo muertos que estuvieron locos?
¡No importa van siempre, los febriles fantasmas, llevando su ronda grande y triste, a trompicones, como en un rayo de sol los átomos, y evaporándose al instante.
Húmeda y pálida, el alba silencia una tras otra Las trompas, de tal modo que no queda absolutamente Nada –absolutamente – más que un jardín de Lenôtre, Correcto, ridículo y encantadorLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 11:12 AM  |
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| Paul Verlaine -Mille et tre- |
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Mille et tre Paul Verlaine (1844-1896)
Mes amants n'appartiennent pas aux classes riches : Ce sont des ouvriers faubouriens ou ruraux, Leurs quinze, leurs vingt ans sans apprêts sont mal chiches De force assez brutale et de procédés gros.
Je les goûte en habits de travail, cotte et veste ; Cuisses, âmes, mains, tout mon être pêle-mêle, Mémoire, pieds, coeur, dos et l'oreille et le nez Et la fressure, tout, gueule une ritournelle,
Et trépigne un chahut dans leurs bras forcenés. Un chahut, une ritournelle, fol et folle, Et plutôt divins qu'infernals, plus infernals Que divins, à m'y perdre, et j'y nage et j'y vole,
Dans leur sueur et leur haleine, dans ces bals Mes deux Charles: l'un, jeune tigre aux yeux de chatte, Sorte d'enfant de choeur grandissant en soudard ; L'autre, fier gaillard, bel effronté que n'épate
Que ma pente vertigineuse vers son dard. Odilon, un gamin, mais monté comme un homme, Ses pieds aiment les miens épris de ses orteils Mieux encor, mais pas plus que de son reste en somme
Adorable drûment, mais ses pieds sans pareils ! Caresseurs, satin frais, délicates phalanges Sous les plantes, autour des chevilles et sur La cambrure veineuse et ces baisers étranges
Si doux, de quatre pieds ayant une âme, sûr ! Antoine, encor proverbial quant à la queue, Lui, mon roi triomphal et mon suprême Dieu, Taraudant tout mon coeur de sa prunelle bleue,
Et tout mon cul de son épouvantable épieu ; Paul, un athlète blond aux pectoraux superbes, Poitrine blanche aux durs boutons sucés ainsi Que le bon bout. Francois. souple comme des gerbes :
ses jambes de danseur, et beau, son chibre aussi ! Auguste qui se fait de jour en jour plus mâle (Il était bien joli quand ça nous arriva) ; Jules, un peu putain avec sa beauté pâle ; Henri, miraculeux conscrit qui, las ! s'en va ;
Et vous tous, à la file ou confondus, en bande Ou seuls, vision si nette des jours passés, Passions du présent, futur qui croît et bande, Chéris sans nombre qui n'êtes jamais assez !
Mille et tre
Mis amantes no pertenecen a las clases ricas, son obreros de barrio o peones de campo; nada afectados, sus quince o sus veinte años traslucen a menudo fuerza brutal y tosquedad.
Me gusta verlos en ropa de trabajo, delantal o camisa. No huelen a rosas, pero florecen de salud pura y simple. Torpes de movimientos, caminan sin embargo de prisa, con juvenil y grave elasticidad.
Sus ojos francos y astutos crepitan de malicia cordial, y frases ingenuamente pícaras, a veces sazonadas de palabrotas, salen de sus bocas dispuestas a los sólidos besos.
Sus sexos vigorosos y sus nalgas joviales regocijan la noche y mi verga y mi culo, a la tenue luz del alba sus cuerpos resucitan mi cansado deseo, jamás vencido.
Muslos, alma, manos, todo mi ser entremezclado, memoria, pies, corazón, espalda y las orejas, y la nariz y las entrañas, todo me aturde y gira: confusa algarabía entre sus brazos apasionados.
Un ritornelo, una algarabía, loco y loca, más bien divino que infernal, más infernal que divino para mi perdición, y allí nado y vuelo en sus sudores y sus alientos como en un baile.
Mis dos Carlos; el uno, joven tigre de ojos de gata, suerte de monaguillo que al crecer se embrutece. El otro, galán recio con cara de enojado, me asusta sólo cuando me precipita hacia su dardo.
Odilón, casi un niño y armado como un hombre, sus pies aman los míos enamorados de sus dedos mucho más, aunque no tanto del resto suyo vivamente adorable... pero sus pies sin parangón,
frescura satinada, tiernas falanges, suavidad acariciadora bajo las plantas, alrededor de los tobillos y sobre la curvatura del empeine venoso, y esos besos extraños y tan dulces: ¡cuatro pies y una sola alma, lo aseguro!
Armando, todavía proverbial por su pija, él solo mi monarca triunfal, mi dios supremo estremeciéndose el corazón con sus claras pupilas y todo mi culo con su pavoroso barreno.
Pablo, un rubio atleta de pectorales poderosos, pecho blanco y duras tetillas tan chupadas como lo de abajo; Francisco, liviano cual gavilla, piernas de bailarín y buen florín también.
Augusto, que se vuelve cada día más macho (era bastante chico cuando empezó lo nuestro), Julio, con su belleza pálida de puta, Enrique que me cae perfecto y que pronto, ¡ay! se incorpora al ejército.
Vosotros todos, en fila o en bandada, o solos, sois la diáfana imagen de mis días pasados, pasiones del presente y futuro en plenitud erguido: incontables amantes ¡nunca sois demasiados!Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 10:47 AM  |
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| Paul Verlaine -Monte sur moi...- |
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Monte sur moi... Paul Verlaine (1844-1896)
Monte sur moi comme une femme Que je baiserais en gamin Là, c’est cela. T’es à ma main? Tandis que mon vit t’entre, lame
Dans du beurre, du moins ainsi Je puis te baiser sur la bouche, Te faire une langue farouche Et cochonne et si douce, aussi!
Je vois tes yeux auxquels je plonge Les miens jusqu’au fond de ton coeur D’où mon désir revient vainqueur Dans une luxure de songe.
Je caresse le dos nerveux, Les flancs ardents et frais, la nuque, La double mignonne perruque Des aisselles et les cheveux !
Ton cul à cheval sur mes cuisses Les pénètre de son doux poids Pendant que s’ébat mon lourdois Aux fins que tu te réjouisses,
Et tu te réjouis, petit, Car voici que ta belle gourde Jalouse aussi d’avoir son rôle, Vite, vite, gonfle, grandit,
Raidit... Ciel ! la goutte, la perle Avant-courrière vient briller Au méat rose : l’avaler, Moi, je le dois, puisque déferle
Le mien de flux, or c’est mon lot De faire tôt d’avoir aux lèvres Ton gland chéri tout lourd de fièvres Qu’il décharge en un royal flot.
Lait suprême, divin phosphore Sentant bon la fleur d’amandier, Où vient l’âpre soif mendier, La soif de toi qui me dévore
Mais il va, riche et généreux, Le don de ton adolescence, Communiant de ton essence, Tout mon être ivre d’être heureux.
Monta sobre mí...
Monta sobre mí como una mujer, lo haremos a "la jineta". Bien: ¿estás cómodo?... Así mientras te penetro -daga
en la manteca- al menos puedo besarte en la boca, darte salvajes besos de lengua sucios y a la vez tan dulces.
Veo tus ojos en los que sumerjo los míos hasta el fondo de tu corazón: allí renace mi deseo vencedor en su lujuria de sueños.
Acaricio la espalda nerviosa, los flancos ardientes y frescos, la doble y graciosa peluquita de los sobacos, y los cabellos.
Tu culo sobre mis muslos lo penetran con su dulce peso mientras mi potro se desboca para que alcances el goce.
Y tú disfrutas, chiquito, pues veo que tu picha entumecida, celosa por jugar su papel apurada, apurada se infla, crece,
se endurece. ¡Cielo!, la gota, la perla anticipadora acaba de brillar en el orificio rosa: tragarla, debo hacerlo pues ya estalla
a la par de mi propio flujo. Es mi precio poner cuanto antes tu glande pesado y febril entre mis labios, y que descargue allí su real marea.
Leche suprema, fosfórica y divina, fragante flor de almendros donde una ácida sed mendiga esa otra sed de ti que me devora.
Rico y generoso, prodigas el don de tu adolescencia, y comulgando con tu esencia mi ser se embriaga de felicidad.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 10:39 AM  |
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| Paul Verlaine -Le foyer, la lueur étroite de la lampe...- |
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Le foyer, la lueur étroite de la lampe...
Le foyer, la lueur étroite de la lampe ; La rêverie avec le doigt contre la tempe Et les yeux se perdant parmi les yeux aimés ; L'heure du thé fumant et des livres fermés ; La douceur de sentir la fin de la soirée ; La fatigue charmante et l'attente adorée ; De l'ombre nuptiale et de la douce nuit, Oh ! tout cela, mon rêve attendri le poursuit Sans relâche, à travers toutes remises vaines, Impatient mes mois, furieux des semaines !
El hogar y la lámpara de resplandor pequeño...
El hogar y la lámpara de resplandor pequeño; la frente entre las manos en busca del ensueño; y los ojos perdidos en los ojos amados; la hora del té humeante y los libros cerrados; el dulzor de sentir fenecer la velada, la adorable fatiga y la espera adorada de la sombra nupcial y el ensueño amoroso. ¡Oh! ¡Todo esto, mi ensueño lo ha perseguido ansioso, sin descanso, a través de mil demoras vanas, impaciente de meses, furioso de semanas!
Versión de Luis GarnierLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 10:37 AM  |
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| Paul Verlaine -Tu crois au marc de café...- |
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Tu crois au marc de café... Paul Verlaine (1844-1896)
Tu crois au marc de café, Aux présages, aux grands jeux : Moi je ne crois qu'en tes grands yeux.
Tu crois aux contes de fées, Aux jours néfastes, aux songes. Moi je ne crois qu'en tes mensonges.
Tu crois en un vague Dieu, En quelque saint spécial, En tel Ave contre tel mal.
Je ne crois qu'aux heures bleues Et roses que tu m'épanches Dans la volupté des nuits blanches !
Et si profonde est ma foi Envers tout ce que je crois Que je ne vis plus que pour toi.
Tú crees en el ron del café...
Tú crees en el ron del café, en los presagios, y crees en el juego; yo no creo más que en tus ojos azulados.
Tú crees en los cuentos de hadas, en los díasnefastos y en los sueños; yo creo solamente en tus bellas mentiras.
Tú crees en un vago y quimérico Dios, o en un santo especial, y, para curar males, en alguna oración.
Mas yo creo en las horas azules y rosadasque tú a mí me procuras y en voluptuosidades de hermosas noches blancas.
Y tan profunda es mi fe y tanto eres para mí, que yo no vivo más que para ti.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:43 AM  |
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| Paul Verlaine -Résignation- |
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Résignation Paul Verlaine (1844-1896)
Tout enfant, j'allais rêvant Ko-Hinnor, Somptuosité persane et papale Héliogabale et Sardanapale !
Mon désir créait sous des toits en or, Parmi les parfums, au son des musiques, Des harems sans fin, paradis physiques !
Aujourd'hui, plus calme et non moins ardent, Mais sachant la vie et qu'il faut qu'on plie, J'ai dû refréner ma belle folie, Sans me résigner par trop cependant.
Soit ! le grandiose échappe à ma dent, Mais, fi de l'aimable et fi de la lie ! Et je hais toujours la femme jolie, La rime assonante et l'ami prudent.
Resignación
¡Muy niño iba soñando en Ko-Hinnor, Suntuosidad persa y papal, Heliogábalo Y Sardanápalo!
¡Mi deseo creaba bajo los techos de oro, entre los perfumes, al son de las músicas, Uno harenes sin fin, paraísos físicos!
Hoy, más sosegado y no menos ardiente, Pero conociendo la vida y la necesidad de doblegarse He debido refrenar mi bella locura, Sin resignarme demasiado, sin embargo,
¡Sea! lo grandioso escapa a mis dientes, pero, ¡quita allá lo amable y quita las heces! Siempre he odiado a la mujer bonita, A la rima asonante y al amigo prudente.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:40 AM  |
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| Paul Verlaine -Soleils couchants- |
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Soleils couchants Paul Verlaine (1844-1896)
Une aube affaiblie Verse par les champs La mélancolie Des soleils couchants. La mélancolie Berce de doux chants Mon cœur qui s'oublie Aux soleils couchants. Et d'étranges rêves, Comme des soleils Couchants sur les grèves, Fantômes vermeils, Défilent sans trêves, Défilent, pareils À des grands soleils Couchants sur les grèves.
Soles ponientes
Un alba debilitada Derramada por los campos La melancolía De los soles ponientes. La melancolía Acuna con dulces cantos Mi corazón que se olvida De los soles ponientes. Y los extraños sueños, Como unos soles Ponientes sobre las playas, Fantasmas encarnados, Desfilan sin tregua, Desfilan, semejantes, A los grandes soles, Ponientes sobre las playas.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:37 AM  |
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| Paul Verlaine -Même quand tu ne bandes pas- |
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Même quand tu ne bandes pas... Paul Verlaine (1844-1896)
Même quand tu ne bandes pas, Ta queue encor fait mes délices Qui pend, blanc d'or entre tes cuisses, Sur tes roustons, sombres appas.
- Couilles de mon amant, sœur fières A la riche peau de chagrin D'un brun et rose et purpurin, Couilles farceuses et guerrières,
Et dont la gauche balle un peu, Tout petit peu plus que l'autre D'un air roublard et bon apôtre A quelles donc fins, nom de Dieu?-
Elle est dodue, ta quéquette Et velouté, du pubis Au prépuce fermant le pis, Aux trois quarts d'une rose crête.
Elle se renfle un brin au bout Et dessine sous la peau douce Le gland gros comme un demi-pouce Montrant ses lèvres justes au bout
Après que je l'aurai baisée En tout amour reconnaissant, Laisse ma main la caressant, La saisir d'une prise osée,
Pour soudain la décalotter, En sorte que, violet tendre, Le gland joyeux, sans plus attendre, Splendidement vient éclater;
Et puis elle, en bonne bougresse Accélère le mouvement Et Jean-nu-tête en un moment De se remettre à la redresse.
Tu bandes! c'est ce que voulaient Ma bouche et mon cul!/con Une simple douce, peut-être? C'est ce que mes dix doigts voulaient.
Cependant le vit, mon idole, Tend pour le rite et pour le cul -Te, à mes mains, ma bouche et mon cul Sa forme adorable d'idole.
Aunque no esté parada...
Aunque no esté parada lo mismo me deleita tu pija que cuelga -oro pálido- entre tus muslos y sobre tus huevos, esplendores sombríos,
semejantes a fieles hermanos de piel áspera, matizada de marrón, rosado y purpurino: tus mellizos burlones y aguerridos
de los cuales el izquierdo, algo suelto, es más pequeño que el otro, y adopta un aire simulador, nunca sabré por qué motivo.
Es gorda tu picha y aterciopelada del pubis al prepucio que en su prisión encierra la mayor parte de su cresta rosada.
Si se infla levemente, en su extremo grueso como medio pulgar el glande se dibuja bajo la delicada piel, y allí muestra sus labios. Una vez que la haya besado con amoroso reconocimiento, deja mi mano acariciarla, sujetarla, y de pronto
con osada premura descabezarla para que de ese modo -tierna violeta- el lujoso glande, sin esperar ya más, resplandezca magnífico;
y que luego, descontrolada, la mano acelere el movimiento hasta que al fin el "peladito" se incorpore muy rígido.
Ya está erguido, eso anhelaba ¿mi culo o concha? Elige dueño mío. ¿Quizás una simple paja? Eso era lo que mis dedos querían...
Sin embargo, la sacrosanta pija dispone de mis manos, mi boca y mi culo para el ritual y el culto a su forma adorable de ídolo.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:31 AM  |
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| Paul Verlaine -Autant certes la femme gagne...- |
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Autant certes la femme gagne... Paul Verlaine (1844-1896)
Autant certes la femme gagne A faire l'amour en chemise, Autant alors cette compagne Est-elle seulement de mise
A la condition expresse D'un voile, court, délinéant Cuisse et mollet, téton et fesse Et leur truc un peu trop géant.
Ne s'écartant de sorte nette, Qu'en faveur du con, seul divin, Pour le coup et pour la minette, Et tout le reste, en elle est vain
A bien considérer les choses, Ce manque de proportions, Ces effets trop blancs et trop roses… Faudrait que nous en convinssions,
Autant le jeune homme profite Dans l'intérêt de sa beauté, Prêtre d'Eros ou néophyte D'aimer en toute nudité.
Admirons cette chair splendide, Comme intelligente, vibrant, Intrépide et comme timide Et, par un privilège grand
Sur toute chair, la féminine Et la bestiale - vrai beau!- Cette grâce qui fascine D'être multiple sous la peau
Jeu de muscles et du squelette, Pulpe ferme, souple tissu, Elle interprète, elle complète Tout sentiment soudain conçu.
Elle se bande en la colère, Et raide et molle tour à tour, Souci de se plaire et de plaire, Se tend et détend dans l'amour.
Et quand la mort la frappera Cette chair qui me fut un dieu, Comme auguste, elle fixera Ses éléments, en marbre bleu!
Por cierto la mujer gana
Por cierto la mujer gana haciendo el amor semidesnuda, y mucho más si el camisón que lleva por único atuendo
tiene la expresa función de un velo corto, insinuando muslo y pantorrilla, teta y nalga y la vulva, un tanto gigantesca.
Gana sin descubrirse del todo, salvo la concha, lo único divino para el coito o la mineta, y lo demás en ella es vano.
Considerando así la cosa, esa falta de proporciones, esos blancos y rosas excesivos podrían llegar a convencernos.
En cambio, un hombre joven, sacerdote de Eros o neófito, se ve favorecido en su belleza cuando ama totalmente desnudo.
Admiremos esa carne espléndida que se diría inteligente, vibrante, intrépida y también tímida y, por un gran privilegio
sobre toda carne –femenina o bestial- la verdadera belleza, la fascinante gracia de ser múltiple bajo la piel,
juego de músculo y de huesos, pulpa apretada, suave tejido, ella interpreta y hasta completa toda ocurrencia sentimental.
Colérica, se excita, y alternativamente dura y blanda, preocupada en gozar hacer gozar se tensa y distiende en el amor.
Y cuando sea tocada por la muerte, esa carne que yo endiosé habrá de fijar augusta sus elementos en mármol azul.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:24 AM  |
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| Paul Verlaine -Puisque l'aube grandit...- |
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Puisque l'aube grandit... Paul Verlaine (1844-1896)
Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore, Puisque, après m'avoir fuit longtemps, l'espoir veut bien Revoler devers moi qui l'appelle et l'implore, Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien.
C'en est fait à présent des funestes pensées, C'en est fait des mauvais rêves, ah! c'en est fait Surtout de l'ironie et des lèvres pincées Et des mots où l'esprit sans l'âme triomphait.
Arrière ausi les poings crispés et la colère A propos des méchants et des sots rencontrés; Arrière la rancune abominable! arrière L'oubli qu'on cherche en des breuvages exécrés!
Car je veux, maintenat qu'un Être de lumière A dans ma nuit profonde émis cette clarté D'une amour à la fois immortelle et première, De par la grâce, le sourire et la bonté,
Je veux, guidé par vous, beaux yeux aux flammes douces, Par toi conduit, ô main où tremblera ma main, Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin;
Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie, Vers le but où le sort dirigera mes pas, Sans violence, sans remords et sans envie: Ce sera le devoir heureux aux gais combats.
Et comme, pour bercer les lenteurs de la route Je chanterai des airs ingénus, je me dis Qu'elle m'écoutera sans déplaisir sans doute; Et vraiment je ne veux pas d'autre Paradis.
Ya que el alba crece...
Ya que el alba crece, ya que está aquí la aurora, Puesto que, después de haberme rehuido tanto tiempo, la esperanza quiere bien Volar de nuevo hacia mí que la llamo y la imploro, Puesto que toda esta felicidad quiere de veras ser la mía,
Se hacen ahora funestos pensamientos, Se hacen malos sueños, ay, y se hacen Sobre todo ironía y labios afectados Y unas palabras donde el espíritu sin alma triunfa.
Atrás también los puños crispados y la cólera Contra los malvados y los tontos encontrados; Atrás el rencor abominable, ¡Atrás El olvido que se busca en unos brebajes execrados!
Porque yo quiero ahora que un Ser de luz Ha emitido en mi noche profunda esta claridad De un amor a la vez inmortal y primero, Por gracia de la sonrisa y la belleza,
Quiero, guiado, por vos, bellos ojos de llamas dulces, Por ti conducido, oh mano donde temblará mi mano, Marchar recto, ya sea por senderos de musgos O entre rocas y guijarros entorpeciendo el camino;
Sí, quiero marchar derecho y calmo en la Vida, Hacia el objeto donde la suerte lleve mis pasos, Sin violencia, sin remordimientos y sin envidia: Éste será el deber feliz de los alegres combates.
Y como, para acunar las lentitudes del camino Cantaré unos aires ingenuos, me digo Que ella me escuchará sin desagrado, sin duda. Verdaderamente, no quiero otro Paraíso.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:20 AM  |
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| Paul Verlaine -Les indolentes- |
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Les indolents Paul Verlaine (1844-1896)
Bah ! malgré les destins jaloux, Mourons ensemble, voulez-vous ? - La proposition est rare.
- Le rare est le bon. Donc mourons Comme dans les Décamérons. - Hi ! hi ! hi ! quel amant bizarre !
- Bizarre, je ne sais. Amant Irréprochable, assurément. Si vous voulez, mourons ensemble ?
- Monsieur, vous raillez mieux encor Que vous n'aimez, et parlez d'or; Mais taisons-nous, si bon vous semble !
Si bien que ce soir-là Tircis Et Dorimène, à deux assis Non loin de deux sylvains hilares,
Eurent l'inexpiable tort D'ajourner une exquise mort. Hi! hi! hi! les amants bizarres !
Los indolentes
¡Bah! pese a los destinos celosos, muramos juntos, ¿Quiere usted? -La proposición es rara.
-Lo raro es lo bueno. Así, pues, muramos como en los Decamerones. -Ja, ja, ja. ¡qué extraño amante!
-Extraño, no lo sé. Amante irreprochable, seguramente ¿No quiere usted que muramos juntos?
-Señor usted bromea mejor todavía de lo que usted me ama, hablando en plata; pero callémonos, si le parece bien.
Tan bien que esta tarde, Tircis Y Dorimena, las dos sentadas No lejos de los silvanos rientes,
cometieron el inexplicable error de añadir una exquisita muerte. ¡Ja, Ja, Ja, los extraños amantes!Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:17 AM  |
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| Paul Verlaine -Effet de nuit- |
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Effet de nuit Paul Verlaine (1844-1896)
La nuit. La pluie. Un ciel blafard que déchiquette De flèches et de tours à jour la silhouette D'une ville gothique éteinte au lointain gris. La plaine. Un gibet plein de pendus rabougris Secoués par le bec avide des corneilles Et dansant dans l'air noir des gigues nonpareilles, Tandis que leurs pieds sont la pâture des loups. Quelques buissons d'épine épars, et quelques houx Dressant l'horreur de leur feuillage à droite, à gauche, Sur le fuligineux fouillis d'un fond d'ébauche. Et puis, autour de trois livides prisonniers Qui vont pieds nus, un gros de hauts pertuisanier En marche, et leurs fers droits, comme des fers de her Luisent à contre-sens des lances de l'averse.
Efecto nocturno
La noche. La lluvia. Un cielo incoloro que desgarra De flechas y de torres a plena luz la silueta De una ciudad gótica apagada en la gris lejanía. La llanura. Un patíbulo lleno de flacos ahorcados Sacudidos por el pico ávido de las cornejas Guiñotean en el aire danzas desiguales Mientras que sus pies son pastos de los lobos. Algunos matorrales espinos os dispersos y algunos acebos Alzan el horror de su follaje a derecha, a izquierda Sobre el tiznado barullo de un fondo de boceto. Y luego, alrededor de tres lívidos prisioneros Que andan descalzos, el grueso de los altivos guardianes, Camina, erguida sus armas, como rejas de rastrillo, Brillando a contra luz las lanzas del aguacero.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:05 AM  |
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| Paul Verlaine -Voeu- |
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Voeu Paul Verlaine (1844-1896)
Ah! les oaristys! les premières maîtresses! L'or des cheveux, l'azur des yeux, la fleur des chairs, Et puis, parmi l'odeur des corps jeunes et chers, La spontanéité craintive des caresses!
Sont-elles assez loin, toutes ces allégresses Et toutes ces candeurs! Hélas! toutes devers Le Printemps des regrets ont fui les noirs hivers De mes ennuis, de mes dégoûts, de mes détresses!
Si que me voilà seul à présent, morne et seul, Morne et désespéré, plus glacé qu'un aïeul, Et tel qu'un orphelin pauvre sans soeur aînée.
O la femme à l'amour câlin et réchauffant, Douce, pensive et brune, et jamais étonnée, Et qui parfois vous baise au front, comme un enfant!
Deseo
¡Ah, las bucólicas, las primeras queridas! El oro de los cabellos, el azul de los ojos, la flor de las carnes, Y luego, entre el olor de los cuerpos jóvenes y amados, ¡La temerosa espontaneidad de las caricias!
Se han ido lejos todas aquellas alegrías Y todos aquellos candores. ¡Ay! Todos, hacia La Primavera de los pesares, han huido los negros inviernos De mis enojos, de mis ascos, de mis angustias.
Heme aquí solo ahora, mustio y solo, Mustio y desesperado, más yerto que un antepasado, Igual que un huérfano pobre sin su hermana mayor.
¡Oh la mujer de amor mimoso y cálido, dulce, meditabunda y morena, jamás asombrada, y que a veces os besa en la frente, como a un niño!Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:04 AM  |
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| Paul Verlaine -A une femme- |
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A une femme Paul Verlaine (1844-1896)
A vous ces vers de par la grâce consolante De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux, De par votre âme pure et toute bonne, à vous Ces vers du fond de ma détresse violente.
C'est qu'hélas! le hideux cauchemar qui me hante N'a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux, Se multipliant comme un cortège de loups Et se pendant après mon sort qu'il ensanglante!
Oh! je souffre, je souffre affreusement, si bien Que le gémissement premier du premier homme Chassé d'Eden n'est qu'une églogue au prix du mien!
Et les soucis que vous pouvez avoir sont comme Des hirondelles sur un ciel d'après-midi, - Chère, - par un beau jour de septembre attiédi.
A una mujer
A usted, estos versos, por la consoladora gracia De sus ojos grandes donde se ríe y llora un dulce sueño; A su alma pura y buena, a usted Estos versos desde el fondo de mi violenta miseria.
Y es que, ¡ay!, la horrible pesadilla que me visita No me da tregua y, va, furiosa, loca, celosa, Multiplicándose como un cortejo de lobos Y se cuelga tras mi sino, que ensangrienta.
Oh, sufro, sufro espantosamente, de tal modo Que el primer gemido del hombre Arrojado del Edén es una égloga al lado del mío.
Y las penas que usted pueda tener son como Las golondrinas que un cielo al mediodía, Querida, en un bello día de septiembre tibio.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 9:02 AM  |
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| Paul Verlaine -Luxures- |
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Luxures Paul Verlaine (1844-1896)
à Léo Trézenik
Chair ! ô seul fruit mordu des vergers d'ici-bas, Fruit amer et sucré qui jutes aux dents seules Des affamés du seul amour, bouches ou gueules, Et bon dessert des forts, et leurs joyeux repas,
Amour ! le seul émoi de ceux que n'émeut pas L'horreur de vivre, Amour qui presses sous tes meules Les scrupules des libertins et des bégueules Pour le pain des damnés qu'élisent les sabbats,
Amour, tu m'apparais aussi comme un beau pâtre Dont rêve la fileuse assise auprès de l'âtre Les soirs d'hiver dans la chaleur d'un sarment clair,
Et la fileuse c'est la Chair, et l'heure tinte Où le rêve étreindra la rêveuse, - heure sainte Ou non ! qu'importe à votre extase, Amour et Chair ?
Lujurias
a Léo Trézenik ¡ Carne ! único fruto mordido de los vergeles de aquí abajo, fruto amargo y dulzón que sólo das jugos a los dientes, bocas o fauces de los hambrientos del único amor, y buen postre de los fuertes en sus alegres comidas,
¡ Amor ! única emoción de aquellos a los que no rebela el horror de vivir, amor que prensas con tu mortero los escrúpulos de libertinos y de mojigatas para el pan de los condenados que eligen los sabatts, Amor, tu te me apareces también como el hermoso pastor En que sueña la hilandera en tardes invernales Sentada junto al fuego de un sarmiento claro, Y la hilandera es la Carne, y suena la hora En que el sueño abrazará a la soñadora - ¡hora santa O no! - ¿qué importa a vuestros éxtasis, Amor y carne?Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 8:59 AM  |
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| Paul Verlaine -Ballade de la vie en rouge- |
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Ballade de la vie en rouge Paul Verlaine (1844-1896)
L'un toujours vit la vie en rose, Jeunesse qui n'en finit plus, Seconde enfance moins morose, Ni voeux, ni regrets superflus. Ignorant tout flux et reflux, Ce sage pour qui rien ne bouge Règne instinctif: tel un phallus. Mais moi je vois la vie en rouge.
L'autre ratiocine et glose Sur des modes irrésolus, Soupesant, pesant chaque chose De mains gourdes aux lourds calus. Lui faudrait du temps tant et plus Pour se risquer hors de son bouge. Le monde est gris à ce reclus. Mais moi je vois la vie en rouge.
Lui, cet autre, alentour il ose Jeter des regards bien voulus, Mais, sur quoi que son oeil se pose, Il s'exaspère où tu te plus, Oeil des philanthropes joufflus; Tout lui semble noir, vierge ou gouge, Les hommes, vins bus, livres lus. Mais moi je vois la vie en rouge.
Balada de la vida en rojo El uno siempre vive la vida en rosa, la juventud que no acaba nunca, segunda infancia menos taciturna, ni deseos ni lamentos superfluos. Ignorante de todo flujo y reflujo, este sabio para quien nada se mueve reina instintivo: como un falo. Pero yo, yo veo la vida en rojo. El otro razona y glosa en tonos irresolutos, sopesando, pesando cada cosa con manos entumecidas y pesados callos. Le haría falta mucho tiempo de su tabuco. El mundo es gris para este recluso. Pero yo, yo veo la vida en rojo. El, este otro, en derredor se atreve A echar miradas llenas de deseos, Pero donde su mirada se posa, Él se exaspera donde tu te places, Mirada de filántropos mofletudos; Todo le parece negro, virgen o gubia, Los hombres, vinos bebidos, libros leídos. Pero yo, yo veo la vida en rojo.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 7:27 AM  |
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| Paul Verlaine -Ballade de la mauvaise réputation- |
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Ballade de la mauvaise réputation Paul Verlaine (1844-1896)
Il eut des temps quelques argents Et régla ses camarades D'un sexe ou deux, intelligents Ou charmants, ou bien les deux grades, Si que dans les esprits malades Sa bonne réputation Subit que de dégringolades! Lucullus? Non. Trimalcion.
Sous ses lambris, c'étaient des chants Et des paroles point trop fades. Eros et Bacchos indulgents Présidaient à ces sérénades Qu'accompagnaient des embrassades. Puis choeurs et conversation Cessaient pour des fins peu maussades. Lucullus? Non. Trimalcion. L'aube pointait et ces méchants La saluaient par cent aubades Qui réveillaient au loin les gens De bien, et par mille rasades. Cependant de vagues brigades - Zèle ou dénonciation - Verbalisaient chez des alcades. Lucullus? Non. Trimalcion.
Balada de la mala reputación
A veces tuvo algún dinero e invitó a sus camaradas de un sexo o de dos, inteligentes o encantadores, o bien ambas cosas, sin que en los espíritus enfermos su buena reputación sufriese más que tropezones. ¿ Lúculo ? No, ¡Trimalción !
Bajo sus artesonados, cantos y palabras nada insípidas, Eros y Baco, indulgentes, Presidían aquellas serenatas Acompañadas por abrazos. Luego, coros y conversaciones Cesaban para unos fines poco severos. ¿ Lúculo ? No, ¡Trimalción ! El alba despuntaba y aquellos malvados la saludaban con cien alboradas que despertaban, y con mil brindis, de lejos a las gentes de bien. Sin embargo, vagos brigadas -¿ celo o denuncia ? - verbalizaban en las alcaldías. ¿ Lúculo ? No, ¡Trimalción !Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 7:24 AM  |
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| Paul Verlaine -Grotesques- |
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Grotesques Paul Verlaine (1844-1896)
Leurs jambes pour toutes montures, Pour tous biens l'or de leurs regards, Par le chemin des aventures Ils vont haillonneux et hagards.
Le sage, indigné, les harangue ; Le sot plaint ces fous hasardeux ; Les enfants leur tirent la langue Et les filles se moquent d'eux.
C'est qu'odieux et ridicules, Et maléfiques en effet, Ils ont l'air, sur les crépuscules, D'un mauvais rêve que l'on fait ;
C'est que, sur leurs aigres guitares Crispant la main des libertés, Ils nasillent des chants bizarres, Nostalgiques et révoltés ;
C'est enfin que dans leurs prunelles Rit et pleure - fastidieux - L'amour des choses éternelles, Des vieux morts et des anciens dieux !
- Donc, allez, vagabonds sans trêves, Errez, funestes et maudits, Le long des gouffres et des grèves, Sous l'oeil fermé des paradis !
La nature à l'homme s'allie Pour châtier comme il le faut L'orgueilleuse mélancolie Qui vous fait marcher le front haut,
Et, vengeant sur vous le blasphème Des vastes espoirs véhéments, Meurtrit votre front anathème Au choc rude des éléments.
Les juins brûlent et les décembres Gèlent votre chair jusqu'aux os, Et la fièvre envahit vos membres, Qui se déchirent aux roseaux.
Tout vous repousse et tout vous navre, Et quand la mort viendra pour vous, Maigre et froide, votre cadavre Sera dédaigné par les loups !
Grotescos
Sus piernas por toda montura, Por todo bien el oro de sus miradas, Por el camino de las aventuras Marchan harapientos y huraños.
El prudente, indignado, los arenga; El tonto compadece a esos locos aventurados; Los niños les sacan la lengua Y las chicas se burlan de ellos.
Sin más que odiosos y ridículos, Y maléficos, en efecto, Y tienen el aire, en el crepúsculo, De un mal sueño.
Y con sus agrias guitarras, Crispando la mano de los liberados, Canturrean unos aires extraños, Nostálgicos y rebeldes.
Y es, en fin, que sus pupilas Ríe y llora – fastidioso- El amor de las cosas eternas, ¡Viejos muertos y antiguos dioses!
Id, pues, vagabundos sin tregua, Errad, funestos y malditos, A lo largo de los abismos y de las playas Bajo el ojo cerrado de los paraísos.
La naturaleza del mundo se aísla Para castigar como es preciso La orgullosa melancolía Que te hace marchar con la frente alta,
Y, vengando en ti la blasfemia De inmensas esperanzas vehementes, Hiere tu frente de anatema El rudo golpe de los elementos
Los junios y los diciembres Hielan tu carne hasta los huesos, Y la fiebre invade tus miembros Que se desgarran en los cañaverales.
¡Todo te rechaza y te aflige, y cuando la muerte venga a ti, flaco y frío, tu cadáver Será desdeñado por los lobos!Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 7:11 AM  |
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| Paul Verlaine -Sagesse- |
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Sagesse Paul Verlaine (1844-1896)
(...) J'avais peiné comme Sisyphe Et comme Hercule travaillé Contre la chair qui se rebiffe. J'avais lutté, j'avais baillé Des coups à trancher des montagnes, Et comme Achille ferraillé. Farouche ami qui m'accompagnes, Tu le sais, courage païen, Si nous en fîmes des campagnes, Si nous avons négligé rien Dans cette guerre exténuante, Si nous avons travaillé bien! Le tout en vain: l'âpre géante A mon effort de tout côté Opposait sa ruse ambiante, Et toujours un lâche abrité Dans mes conseils qu'il environne Livrait les clés de la cité. Que ma chance fût male ou bonne, Toujours un parti de mon coeur Ouvrait sa porte à la Gorgone. Toujours l'ennemi suborneur Savait envelopper d'un piège Même la victoire et l'honneur! J'étais le vaincu qu'on assiège, Prêt à vende son sang bien cher, Quand, blanche en vêtements de neige, Toute belle au front humble et fier, Une Dame vint sur la nue, Qui d'un signe fit fuir la Chair. Dans une tempête inconnue De rage et de cris inhumains, Et déchirant sa gorge nue, Le Monstre reprit ses chemins Par les bois pleins d'amours affreuses, Et la Dame, joignant les mains: "Mon pauvre combattant qui creuses, Dit-elle, ce dilemme en vain, Trêve aux victoires malheureuses! Il t'arrive un secours divin Dont je suis sûre messagère Pour ton salut, possible enfin!" - "O ma Dame dont la voix chère Encourage un blessé jaloux De voir finir l'atroce guerre, Vous qui parlez d'un ton si doux En m'annonçant de bonnes choses, Ma Dame, qui donc êtes-vous?" - J'étais née avant toutes causes Et je verrai la fin de tous Les effets, étoiles et roses. En même temps, bonne, sur vous, Hommes faibles et pauvres femmes, Je pleure, et je vous trouve fous! Je pleure sur vos tristes âmes, J'ai l'amour d'elles, j'ai la peur D'elles, et de leurs voeux infâmes! O ceci n'est pas le bonheur, Veillez, Quelqu'un l'a dit que j'aime, Veillez, crainte du Suborneur, Veillez, crainte du Jour suprême! Qui je suis? me demandais-tu. Mon nom courbe les anges même; Je suis le coeur de la vertu, Je suis l'âme de la sagesse, Mon nom brûle l'Enfer têtu; Je suis la douceur qui redresse, J'aime tous et n'accuse aucun, Mon nom, seul, se nomme promesse, Je suis l'unique hôte opportun, Je parle au Roi le vrai langage Du matin rose et du soir brun, Je suis la Prière, et mon gage C'est ton vice en déroute au loin; Ma condition: "Toi, sois sage." - "Oui, ma Dame, et soyez témoin!"
Sensatez
(...) Me había esforzado como Sísifo Y trabajado como Hércules Contra la carne que se rebela Había luchado, había asestado Tajos como para cortar montañas Y como Aquiles me había batido. Huraño amigo que me acompañas. Tú lo sabes, coraje pagano, Que hicimos campañas. Y nada descuidamos En aquella guerra extenuante. ¡Trabajamos bien ! Pero todo en vano; El áspero gigante A todos sus esfuerzos Oponía su aire artero. Y siempre un cobarde emboscado, Cercando mis consejos, Entregaba las llaves de la ciudad. Que mi suerte fuese mala o buena, Siempre un impulso de mi corazón Abría su puerta a la Gorgona, ¡ Siempre el enemigo sobornador sabía envolver en una trampa incluso la victoria y el honor ! Yo era el vencido al que se asedia, Dispuesto a vender muy cara su sangre, Cuando, blanca en sus vestidos de nieve, Muy bella, la frente humilde y altiva, Una Señora apareció sobre la nube, Y de un signo hizo desaparecer la carne. En una tempestad desconocida De rabia y gritos inhumanos, Desgarrándose su desnudo seno, El Monstruo volvió a sus caminos Por los bosques llenos de amores espantosos, Y la señora, juntando las manos: Mi pobre combatiente que profundizas -dijo - este dilema vano, tregua a las victorias desdichadas! "Te llega un divino socorro, del cual yo soy segura mensajera, para tu salvación, posible al fin" -Oh, mi Señora de voz amada, anima a un herido, deseoso de ver terminar la guerra atroz, voz que habláis con un tono tan dulce y me anunciáis buenas cosas, mi Señora, ¿quién sois vos? - Yo nací antes que todas las causas y veré el fin de todos los efectos, estrellas y rosas. "Y al mismo tiempo, buena para vosotros, hombres débiles y pobres mujeres, ¡ lloro y os encuentro locos ! "Lloro por vuestras tristes almas, a las que amo, pero tengo miedo de ellas y de sus infames deseos." "Oh, esto no es la felicidad. Velado, aunque alguien diga que os amo, Velad, temed al sobornador, Velad, ¡ temed al día supremo ! ¿ Quien soy yo ? me preguntabas tu. Mi nombre inclina a los propios ángeles, Yo soy el corazón de la virtud, Yo soy el alma de la sensatez, Mi nombre quema al obstinado Infierno., Yo soy la dulzura que endereza, Os amo a todos y no acuso a nadie, Mi nombre, sólo se llama promesa, Yo soy la única huésped oportuna, Habló al rey el verdadero lenguaje De la mañana rosada y del atardecer oscuro. "Yo soy la plegaria y mi compromiso es tu vicio ya lejos y derrotado. Mi convicción: "Se juicioso" -Si, mi Señora, y sed vos testigo.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 7:04 AM  |
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| Paul Verlaine -Promenade sentimentale- |
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Promenade sentimentale Paul Verlaine (1844-1896)
Le couchant dardait ses rayons suprêmes Et le vent berçait les nénuphars blêmes ; Les grands nénuphars entre les roseaux Tristement luisaient sur les calmes eaux. Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie Au long de l'étang, parmi la saulaie Où la brume vague évoquait un grand Fantôme laiteux se désespérant Et pleurant avec la voix des sarcelles Qui se rappelaient en battant des ailes Parmi la saulaie où j'errais tout seul Promenant ma plaie ; et l'épais linceul Des ténèbres vint noyer les suprêmes Rayons du couchant dans ses ondes blêmes Et des nénuphars, parmi les roseaux, Des grands nénuphars sur les calmes eaux.
Paseo sentimental
El ocaso lanzaba sus rayos supremos Y el viento mecía los nenúfares pálidos; Los grandes nenúfares, entre las cañas, Lucían tristemente sobre las aguas quietas. Yo, erraba solo, paseando mi llaga A lo largo del estanque, entre los sauces Donde la vaga bruma evocaba un gran Fantasma lechoso desesperándose Y llorando con la voz de los ánades Que se llaman batiendo sus alas Entre los sauces donde yo erraba solo Paseando mi llaga; y la espesa mortaja De las tinieblas vino a ahogar los supremos Rayos del ocaso en esas olas pálidas De los nenúfares entre las cañas, Los grandes nenúfares sobre las aguas quietas.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 7:02 AM  |
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| Paul Verlaine -L'angoisse- |
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L'angoisse Paul Verlaine (1844-1896)
Nature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs Nourriciers, ni l'écho vermeil des pastorales Siciliennes, ni les pompes aurorales, Ni la solennité dolente des couchants.
Je ris de l'Art, je ris de l'Homme aussi, des chants, Des vers, des temples grecs et des tours en spirales Qu'étirent dans le ciel vide les cathédrales, Et je vois du même oeil les bons et les méchants.
Je ne crois pas en Dieu, j'abjure et je renie Toute pensée, et quant à la vieille ironie, L'Amour, je voudrais bien qu'on ne m'en parlât plus.
Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille Au brick perdu jouet du flux et du reflux, Mon âme pour d'affreux naufrages appareille.
La angustia
Naturaleza, nada tuyo me conmueve, ni los campos Nutricios, ni el eco bermejo de las pastorales Sicilianas, ni las pomas auroreales, Ni la solemnidad doliente de los ocasos. Me río del Arte, me río del Hombre también, de los cantos, De los versos, de los templos griegos y de las torres espirales, Y con igual ojo veo a los buenos que a los malos. No creo en Dios, abjuro y reniego De todo pensamiento y en cuanto a la vieja ironía, El Amor, quisiera que no me hablaran mas de él. Cansado de vivir, teniendo miedo a morir, semejante Al brick perdido, juguete del flujo y del reflujo, Mi alma apareja para espantosos naufragios.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 7:00 AM  |
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| Paul Verlaine -Chanson pour elles- |
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Chanson pour elles Paul Verlaine (1844-1896)
Ils me disent que tu es blonde Et que toute blonde est perfide, Même il ajoutent "come l'onde", Je me ris de leur discours vide ! Tes yeux sont le plus beux du monde Et de ton sein je suis avide.
Ils me disent que tu es brune, Qu'une brune a des yeux de braise Et qu'un cœur qui cherche fortune S'y brûle... O la bonne foutaise ! Ronde et fraîche comme la lune, Vive ta gorge aux bouts de fraise !
Ils me disent de toi, Châtaine : Elle est fade et rousse trop rose, J'encague cette turlutaine, Et de toi j'aime toute chose De la chevelure, fontaine D'ébène ou d'or (et dis, ô pose- Les sur mon cœur) aux pieds de reine.
Canción por ellas
Que eres rubia, me dicen, y toda rubia es traicionera "como el oleaje", añaden. ¡Da risa su palabrería hueca! Tus ojos son lo más bello del mundo y estoy ávido de tu pecho.
Dicen que eres morena, que una morena tiene brasas en la mirada y si el corazón ambiciona fortuna, si se quema... ¡Ah, qué superficiales! ¡Curvo y fresco como la luna, se agita tu pecho hasta los botones de fresa!
Dicen de ti ¡Castaña! :insípida y pelirroja, demasiado rosa. Me olvido de la cantilena y te amo plenamente: desde la cabellera, fuente de ébano o de oro, me digo (¡oh, y lo grabo en mi corazón!), hasta tus regios pies.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 6:21 AM  |
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| Paul Verlaine -Green- |
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Green Paul Verlaine (1844-1896)
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches, Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous. Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.
J'arrive tout couvert encore de rosée Que le vent du matin vient glacer à mon front. Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée, Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête Toute sonore encor de vos derniers baisers; Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête, Et que je dorme un peu puisque vous reposez.
Green
Te ofrezco entre racimos, verdes gajos y rosas, mi corazón ingenuo que a tu bondad se humilla; no quieran destrozarlo tus manos cariñosas, tus ojos regocije mi dádiva sencilla.
en el jardín umbroso mi cuerpo fatigado las auras matinales cubrieron de rocío; como en la paz de un sueño se deslice a tu lado el fugitivo instante que reposar ansío.
Cuando en mis sienes calme la divina tormenta, reclinaré, jugando con tus bucles espesos, sobre tu núbil seno mi frente soñolienta, sonora con el ritmo de tus últimos besos.
Versión de Víctor M. LondoñoLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 6:18 AM  |
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| Paul Verlaine -Femme et chatte- |
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Femme et chatte Paul Verlaine (1844-1896)
Elle jouait avec sa chatte, Et c'était merveille de voir La main blanche et la blanche patte S'ébattre dans l'ombre du soir.
Elle cachait -la scélérate!- Sous ses mitaines de fil noir Ses meurtriers ongles d'agate, Coupants et clairs comme un rasoir.
L'autre aussi faisait la sucrée Et rentrait sa griffe acérée, Mais le diable n'y perdait rien...
Et dans le boudoir où, sonore, Tintait son rire aérien Brillaient quatre points de phosphore.
Mujer y gata
La sorprendí jugando con su gata, y contemplar causóme maravilla la mano blanca con la blanca pata, de la tarde a la luz que apenas brilla.
¡Como supo esconder la mojigata, del mitón tras la negra redecilla, la punta de marfil que juega y mata, con acerados tintes de cuchilla!
Melindrosa a la par por su compañera ocultaba también la garra fiera; y al rodar (abrazadas) por la alfombra,
un sonoro reír cruzó el ambiente del salón... y brillaron de repente ¡cuatro puntos de fósforo en la sombra!
Versión de Guillermo ValenciaLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 6:11 AM  |
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| Paul Verlaine -Lassitude- |
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Lassitude Paul Verlaine (1844-1896)
De la douceur, de la douceur, de la douceur! Calme un peu ces transports fébriles, ma charmante. Même au fort du déduit parfois, vois-tu, l'amante Doit avoir l'abandon paisible de la sœur.
Sois langoureuse, fais ta caresse endormante, Bien égaux tes soupirs et ton regard berceur. Va, l'étreinte jalouse et le spasme obsesseur Ne valent pas un long baiser, même qui mente!
Mais dans ton cher coeur d'or, me dis-tu, mon enfant, La fauve passion va sonnant l'olifant!... Laisse-la trompeter à son aise, la gueuse!
Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main, Et fais-moi des serments que tu rompras demain, Et pleurons jusqu'au jour, ô petite fougueuse!
Lasitud
Encantadora mía, ten dulzura, dulzura... calma un poco, oh fogosa, tu fiebre pasional; la amante, a veces, debe tener una hora pura y amarnos con un suave cariño fraternal.
Sé lánguida, acaricia con tu mano mimosa; yo prefiero al espasmo de la hora violenta el suspiro y la ingenua mirada luminosa y una boca que me sepa besar aunque me mienta.
Dices que se desborda tu loco corazón y que grita en tu sangre la más loca pasión; deja que clarinee la fiera voluptuosa.
En mi pecho reclina tu cabeza galana; júrame dulces cosas que olvidarás mañana Y hasta el alba lloremos, mi pequeña fogosa.
Versión de Emilio CarrereLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 6:07 AM  |
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| Paul Verlaine -Art poétique- |
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Art poétique Paul Verlaine (1844-1896)
De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l'Impair Plus vague et plus soluble dans l'air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n'ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise: Rien de plus cher que la chanson grise Où l'Indécis au Précis se joint.
C'est des beaux yeux derrière des voiles, C'est le grand jour tremblant de midi, C'est par un ciel d'automne attièdi Le bleu fouillis des claires étoiles!
Car nous voulons la Nuance encor, Pas la couleur, rien que la nuance !Oh! la nuance seule fiance Le rêve au rêve et la flûte au cor!
Fuis du plus loin la Pointe assassine, L'Esprit cruel et le Rire impur, Qui font pleurer les yeux de l'Azur, Et tout cet ail de basse cuisine !
Prends l'éloquence et tords-lui son cou! Tu feras bien, en train d'énergie, De rendre un peu la rime assagie, Si l'on n'y veille , elle ira jusqu'où?
Ô qui dira les torts de la Rime, Quel enfant sourd ou quel nègre fou Nous a forgé ce bijou d'un sou Qui sonne creux et faux sous la lime?
De la musique encore et toujours! Que ton vers soit la chose envolée Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée Vers d'autres cieux à d'autres amours.
Que ton vers soit la bonne aventure Eparse au vent crispé du matin Qui va fleurant la menthe et le thym, Et tout le reste est littérature.
Arte poética
Prefiere la música a toda otra cosa, persigue la sílaba impar, imprecisa, más ágil y más soluble en la brisa, que –libre de lastre– ni pesa ni posa.
Que vuestra palabra tenga un indeciso y equívoco paso, si lo decidís. Nada más hermoso que la canción gris, donde lo indeciso se une a lo preciso.
Detrás de los velos, las miradas bellas. En el mediodía, una luz que oscila. Un cielo de otoño templado perfila un confuso azul de claras estrellas.
Matiz, claroscuro, veladura sola. Nada de color. Sólo los matices. El matiz compone parejas felices entre sueño y sueño, entre flauta y viola.
Aleja de ti la punta asesina, la gracia cruel y el rictus de hielo, que harían llorar los ojos del cielo con todo ese ajo de mala cocina.
Coge la retórica y amordázala. Sujeta la rima, y dale sentido a esa carambola de vano sonido, que, si la dejamos, ¿hasta dónde irá?
¡Ah, la sinrazón de la pobre rima! ¿Qué párvulo sordo, qué negro mochales, nos forjó esa joya de cuatro reales que suena a oropel hueco con la lima?
La música siempre, y en tono menor. Que tu verso sea fugaz y suave, sutil y ligero, como vuelo de ave que busca otros cielos y otro nuevo amor.
Que tu verso sea la buena ventura esparcida al aire de la madrugada, que huele a tomillo y a menta granada… Todo lo demás es literatura.
Versión de Esteban Torre.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 5:59 AM  |
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| Paul Verlaine -Nevermore- |
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Nevermore Paul Verlaine (1844-1896)
Souvenir, souvenir, que me veux tu ? L' automne Faisait voler la grive à travers l'air atone, Et le soleil dardait un rayon monotone Sur le bois jaunissant où la bise détone.
Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. Soudain, tourant vers moi son regard émouvant: "Qel fut ton plus beau jour?' fit sa voix d'or vivant.
Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique. Un sourire discret lui donna la réplique, Et je baisai sa main blanche, dévotement.
Ah ! les premières fleurs, qu'elles sont parfumées! Et qu'il bruit avec un mumure charmant Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées!
Nevermore
Recuerdo, recuerdo, ¿que quieres de mí? El otoño hacía volar el tordo a través del aire átono y el sol lanzaba un rayo monótono sobre el bosque amarillento donde restalla el cierzo.
Estábamos a solas e íbamos soñando, de repente, volviendo hacia mí su mirada conmovedora: «¿Cual fue tu día más bello?», dijo su voz de vívido oro,
su voz dulce y sonora, de lozano timbre angélico. Una sonrisa discreta le dio la réplica y besé su mano blanca devotamente.
¡Ah, qué perfumadas son las primeras flores y qué sonido, qué murmullo encantador el primer si que sale de los labios bienarmados!Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 5:55 AM  |
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| Paul Verlaine -Chanson d'automne- |
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Chanson d'automne Paul Verlaine (1844-1896)
Les sanglots longs Des violons De l'automne Blessent mon cœur D'une langueur monotone.
Tout suffocant Et blême, quand Sonne l'heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure;
Et je m'en vais Au vent mauvais Qui m'emporte Deçà, delà, Pareil à la Feuille morte.
Canción de otoño
Los sollozos más hondos del violín del otoño son igual que una herida en el alma de congojas extrañas sin final.
Tembloroso recuerdo esta huida del tiempo que se fue. Evocando el pasado y los días lejanos llorar.
Este viento se lleva el ayer de tiniebla que pasó, una mala borrasca que levanta hojarasca como yo.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 5:46 AM  |
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| Paul Verlaine -Sérénede- |
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Sérénede Paul Verlaine (1844-1896)
Comme la voix d'un mort qui chanterait Du fond de sa fosse, Maîtresse, entends monter vers ton retrait Ma voix aigre et fausse. Ouvre ton âme et ton oreille au son De ma mandoline : Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson Cruelle et câline. Je chanterai tes yeux d'or et d'onyx Purs de toutes ombres, Puis le Lethé de ton sein, puis le Styx De tes cheveux sombres. Comme la voix d'un mort qui chanterait Du fond de sa fosse, Maîtresse, entends monter vers ton retrait Ma voix aigre et fausse. Puis je louerai beaucoup, comme il convient, Cette chair bénie Dont le parfum opulent me revient Les nuits d'insomnie. Et pour finir, je dirai le baiser De ta lèvre rouge, Et ta douceur ŕ me martyriser, -Mon Ange !- ma Gouge ! Ouvre ton âme et ton oreille au son De ma mandoline : Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson Cruelle et câline.
Serenata
Como la voz de un muerto que cantara desde el fondo de su fosa, amante, escucha subir hasta tu retiro mi voz agria y falsa.
Abre tu alma y tu oído al son de mi mandolina: para ti he hecho, para ti, esta canción cruel y zalamera.
Cantaré tus ojos de oro y de onix puros de toda sombra, cantaré el Leteo de tu seno, luego el de tus cabellos oscuros.
Como la voz de un muerto que cantara desde el fondo de su fosa, amante, escucha subir hasta tu retiro mi voz agria y falsa.
Después loare mucho, como conviene, A esta carne bendita Cuyo perfume opulento evoco Las noches de insomnio.
Y para acabar cantaré el beso de tu labio rojo y tu dulzura al martirizarme, ¡Mi ángel, mi gubia!
Abre tu alma y tu oído al son de mi mandolina: para ti he hecho, para ti, esta canción cruel y zalamera.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 3:33 AM  |
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| Paul Verlaine -J'ai rêvé de toi cette nuit- |
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J'ai rêvé de toi cette nuit Paul Verlaine (1844-1896)
J'ai rêvé de toi cette nuit: Tu te pâmais en mille poses Et roucoulais des tas de choses...
Et moi, comme on savoure un fruit Je te baisais à bouche pleine Un peu partout, mont, val ou plaine.
J'étais d'une élasticité D'un resort vraiment admirable: Tudieu, quelle haleine et quell râble!
Et toi, chère, de ton coté Quel râble, quelle haleine, quelle Elasticité de gazelle...
Au réveil, ce fut, dans tes bras, Mais plus aigue et plus parfaite, Exactement la même fête!
Soñé contigo esta noche
Soñé contigo esta noche: Te desfallecías de mil maneras Y murmurabas tantas cosas...
Y yo, así como se saborea una fruta Te besaba con toda la boca Un poco por todas partes, monte, valle, llanura.
Era de una elasticidad, De un resorte verdaderamente admirable: Dios... ¡Qué aliento y qué cintura!
Y tú, querida, por tu parte, Qué cintura, qué aliento y Qué elasticidad de gacela...
Al despertar fue, en tus brazos, Pero más aguda y más perfecta, ¡Exactamente la misma fiesta!
Versión de Víctor M. LondoñoLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 3:29 AM  |
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| Paul Verlaine -Ariettes oubliées- |
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Ariettes oubliées Paul Verlaine (1844-1896)
Son joyeux, importun d'un clavecin sonore. Pétrus Borel
Le piano que baise une main frêle Luit dans le soir rose et gris vaguement, Tandis qu'avec un très léger bruit d'aile
Un air bien vieux, bien faible et bien charmant Rôde discret, épeuré quasiment, Par le boudoir longtemps parfumé d'Elle.
Qu'est-ce que c'est que ce berceau soudain Qui lentement dorlote mon pauvre être? Que voudrais-tu de moi, doux chant badin?
Qu'as-tu voulu, fin refrain incertain Qui vas tantôt mourir vers la fenêtre Ouverte un peu sur le petit jardin?
Aria de antaño
"Son joyeux, importum, d'un clavecin sonore" Petrus Borel
Lucen vagamente las teclas del piano a la luz del suave crepúsculo rosa, y bajo los finos dedos de su mano
un aire de antaño canta y se querella en la diminuta cámara suntuosa en donde palpitan los perfumes de Ella.
Un plácido ensueño mi espíritu mece mientras que el teclado sus notas desgrana; ¿por qué me acaricia, por qué me enternece
esa canción dulce, llorosa e incierta que apaciblemente muere en la ventana a las tibias auras del jardín abierta...?
Versión de Eduardo CastilloLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 3:25 AM  |
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| Paul Verlaine -Pensionnaires- |
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Pensionnaires Paul Verlaine (1844-1896)
L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize; Toutes deux dormaient dans la même chambre C'était par un soir très lourd de septembre Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.
Chacune a quitté, pour se mettre à l'aise, La fine chemise au frais parfum d'ambre, La plus jeune étend les bras, et se cambre, Et sa soeur, les mains sur ses seins, la baise,
Puis tombe à genoux, puis devient farouche Et tumultueuse et folle, et sa bouche Plonge sous l'or blond, dans les ombres grises;
Et l'enfant, pendant ce temps-là, recense Sur ses doigts mignons des valses promises. Et, rose, sourit avec innocence.
Pensionistas
Una tenía quince años, la otra dieciséis Y ambas dormían en la misma pequeña habitación Esto sucedió una sofocante noche de Septiembre Quebrantables asuntos! Ojiazules y con mejillas de marfil
Para refrescar sus delicados cuerpos, se despojaron De las exquisitas camisas perfumadas de ámbar La más joven levantó sus manos inclinándose hacia atrás Y su amiga, con sus manos en sus pechos, la besó.
Entonces bajó a sus rodillas, y, en un arrebato Pegó a la pierna de la otra su mejilla, y su boca Acarició el dorado oro entre las grises sombras
Y durante todo ese tiempo la mas joven contaba Con sus queridos dedos los prometidos valses Y sonrojándose, inocentemente sonreía.Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 3:23 AM  |
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| Paul Verlaine -Sur le balcon- |
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Sur le balcon Paul Verlaine (1844-1896)
Toutes deux regardaient s'enfuir les hirondelles L'une pâle aux cheveux de jais, et l'autre blonde Et rose, et leurs peignoirs légers de vieille blonde Vaguement serpentaient, nuages, autour d'elles.
Et toutes deux, avec des langueurs d'asphodèles, Tandis qu'au ciel montait la lune molle et ronde Savouraient à long traits l'émotion profonde Du soir et des cœurs fidèles
Telles leurs bras pressant, moites, leur tailles souples Couple étrange qui prend pitié des autres couples Telles sur le balcon rêvaient les jeunes femmes.
Derrière elles, au fond du retrait riche et sombre, Emphatique comme un trône de mélodrame Et plein d'odeurs, le lit défait s'ouvrait dans l'ombre
En el balcón
En el balcón las amigas miraban ambas como huían las golondrinas Una pálida sus cabellos negros como el azabache, la otra rubia Y sonrosada, su vestido ligero, pálido de desgastado amarillo Vagamente serpenteaban las nubes en el cielo
Y todos los días, ambas con languideces de asfódelos Mientras que al cielo se le ensamblaba la luna suave y redonda Saboreaban a grandes bocanadas la emoción profunda De la tarde y la felicidad triste de los corazones fieles
Tales sus acuciantes brazos, húmedos, sus talles flexibles Extraña pareja que arranca la piedad de otras parejas De tal modo en el balcón soñaban las jóvenes mujeres
Tras ellas al fondo de la habitación rica y sombría Enfática como un trono de melodramas Y llena de perfumes la cama vencida se abría entre las sombrasLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 3:21 AM  |
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| Paul Verlaine -Mon rêve familier- |
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Mon rêve familier Paul Verlaine (1844-1896)
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime, Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur transparent Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore. Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore, Comme ceux des aimés que la vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues, Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Mi sueño
Sueño a menudo el sueño sencillo y penetrante de una mujer ignota que adoro y que me adora, que, siendo igual, es siempre distinta a cada hora y que las huellas sigue de mi existencia errante.
Se vuelve transparente mi corazón sangrante para ella, que comprende lo que mi mente añora; ella me enjuga el llanto del alma cuando llora y lo perdona todo con su sonrisa amante.
¿Es morena ardorosa? ¿Frágil rubia? Lo ignoro. ¿Su nombre? Lo imagino por lo blando y sonoro, el de virgen de aquellas que adorando murieron.
Como el de las estatuas es su mirar de suave y tienen los acordes de su voz, lenta y grave, un eco de las voces queridas que se fueron...
Versión de Nicolás Bayona PosadaLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 3:13 AM  |
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| Paul Verlaine -Printemps- |
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Printemps Paul Verlaine (1844-1896)
Tendre, la jeune femme rousse, Que tant d'innocence émoustille, Dit à la blonde jeune fille Ces mots, tout bas, d'une voix douce:
"Sève qui monte et fleur qui pousse, Ton enfance est une charmille: Laisse errer mes doigts dans la mousse Où le bouton de rose brille,
Laisse-moi, parmi l'herbe claire, Boire les gouttes de rosée Dont la fleur tendre est arrosée, -
Afin que le plaisir, ma chère, Illumine ton front candide Comme l'aube l'azur timide."
Primavera
Tiernamente la joven mujer de cabello rojizo Conmovida ante tanta inocencia Le dijo a la rubia muchacha Estas palabras en suave voz
"Savia que se eleva; flores que se abren tu juventud es una glorieta permite a mis dedos vagar por la hierba donde se estremece el capullo de la rosa
Déjame por entre el herbaje puro Beber las gotas del rocío Que humedece a la tierna rosa,..
De modo que el placer, mi cariño Avive tu rostro Como el amanecer el azul del cielo”Libellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 3:07 AM  |
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| Paul Verlaine -Il pleut dans mon coeur...- |
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Il pleut dans mon coeur... Paul Verlaine (1844-1896)
Il pleut doucement sur la ville. Arthur Rimbaud
Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville, Quelle est cette langueur Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un coeur qui s'ennuie Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison Dans ce coeur qui s'écœure. Quoi ! nulle trahison ? Ce deuil c'est sans raison.
C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi, Sans amour et sans haine, Mon coeur a tant de peine !
Llora en mi corazón...
Llueve suavemente sobre la ciudad Arthur Rimbaud
Llora en mi corazón Como llueve sobre la ciudad ¿Qué es esta desazón Que penetra mi corazón?
Ay, ruido dulce de la lluvia Por la tierra y sobre los techos Para un corazón que es abulia Ay, el canto de la lluvia
Llora y no hay razón En este corazón que siente asco ¡Qué! ¿Ninguna traición? Este duelo se da sin razón
Y es así de todos el peor dolor De no saber por qué Sin amor y sin rencor Mi corazón tiene tanto dolorLibellés : Paul Verlaine |
posted by Alfil @ 3:00 AM  |
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| Jules Verne -Paraphrase du psaume 129- |
| samedi, mai 15, 2004 |
Paraphrase du psaume 129 Jules Verne (1828-1905)
Oh! mon Dieu, c’est vers vous du profond de l’abyme Que je m’écrie, et que je pleure ! Écoutez ; c’est la voix de la triste victime, Vous, le Seigneur des Seigneurs !
Rendez-moi, s’il vous plaît, votre oreille attentive, Entendez-moi dans tous les lieux, La prière jamais ne fut intempestive En montant au Seigneur des Cieux.
Ah! si vous mesurez votre sainte justice À la grandeur de nos péchés, Qui peut briser ses liens ? Si vous n’êtes propice Par qui seront-ils détachés ?
Qui pourrait subsister devant, votre présence ? Seigneur ! Seigneur ! écoutez-moi ! Si j’ai dans vos bontés placé mon espérance, C’est à cause de votre loi.
Avec bien grands désirs je l’attends ; je confie En vos paroles tout mon coeur ; Vos promesses, mon Dieu, nous rendront à la vie ! Ô mon âme, attends le Seigneur !
Et que, depuis le soir jusqu’au Jour qui commence, Israël inclinant ses pleurs Lève ses tristes mains, porte son espérance Vers Dieu qui calme les douleurs ;
Car le Seigneur est grand, et sa miséricorde. Descendra pour nous racheter, Et la grâce abondante qu’à nos coeurs il accorde, Vers le ciel viendra nous hâter ;
Il soulage Israël de la profonde peine Qui lui faisait verser ses pleurs. Israël chantera, délivré de sa chaîne, Un hymne au Seigneur des Seigneurs.
Paráfrasis del salmo 129
¡Oh! mi Dios, es hacia vos en lo profundo del abismo¡ Que exclamo y lloro! Escuchad; es la voz de la triste víctima, ¡Vos, el Señor de los Señores!
Prestádme atención, por favor, con vuestra atenta oreja, Escuchádme en todos los lugares, La plegaria nunca fue intempestiva Subiendo al Señor de los Cielos.
¡Ah! si mediríais vuestra santa justicia A la magnitud de nuestros pecados, ¿Quién puede romper sus vínculos? Si no sois clemente ¿Por quién serán perdonados?
¿Quién podría subsistir ante vuestra presencia? ¡Señor! ¡Señor! ¡escuchádme! Si he puesto en vuestras bondades mi esperanza, Es a causa de vuestra Ley.
Con muchos grandes deseos os espero; confío En vuestras palabras todo mi corazón; Vuestras promesas, mi Dios, ¡nos regresarán a la vida! ¡Oh mi alma, espera al Señor!
Y que, desde que en la tarde hasta el Día que comienza, Israel inclinando sus lagrimas Levante sus tristes manos, lleva su esperanza Hacia Dios que calma los dolores
Porque el Señor es grande, y su misericordia Descenderá para comprarnos, Y la abundante gracia que a nuestors corazones lleva, Desde el cielo vendrá para apurarnos
Él libera a Israel de la profunda pena Que le hizo verter sus lágrimas. Israel cantará, liberado de su cadena, Un himno al Señor de los Señores.
Versión de Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 12:12 PM  |
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| Jules Verne -Lorsque la douce nuit...- |
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Lorsque la douce nuit... Jules Verne (1828-1905)
Lorsque la douce nuit, comme une douce amante, S'avance pas à pas, à la chute du jour, S'avance dans le ciel, tendre, timide et lente, Toute heureuse d'un fol amour ;
Lorsque les feux muets sortent du ciel propice, Pointillent dans la nuit, discrets, étincelants, Eparpillent au loin leurs gerbes d'artifices, Dans les espaces purs et blancs ;
Quand le ciel amoureux au sein des rideaux sombres, Tout chaud de ce soleil qui vient de l'embraser, A la terre, pour lui pleine d'amour et d'ombres, S'unit dans un brûlant baiser ;
Quand se réfléchissant comme en un lac limpide, L'étoile de l'azur, sur le sol transparent, Allume au sein de l'herbe une étoile timide, Cette étoile du ver luisant ;
Quand aux brises du soir, la feuille frémissante, A ce tendre contact a refermé son sein, Et garde en s'endormant la fraîcheur odorante Qui doit parfumer le matin ;
Quand sur le sombre azur, comme un triste fantôme, Le cyprès de ce champ où finit la douleur, Est là, plus triste et froid qu'un mystérieux psaume Qui tombe sur un ton mineur ;
Lorsque courbant sa tête à des plaintes secrètes, L'if, comme de grands bras agite ses rameaux, Et tout mélancolique, en paroles muettes, Cause bas avec les tombeaux ;
Quand au berceau de Dieu, sur la branche endormante, L'oiseau paisible, heureux a trouvé le sommeil, Quand le fil de la Vierge a regagné sa tente En attendant quelque soleil ;
Quand la croix déployant dans sa forme incertaine, Sur le chemin du ciel ses deux bras de douleurs, Dans la nuit qui l'entoure en son humide haleine Est ruisselante de pleurs ;
Quand toute la nature, et l'étoile de la pierre, Et l'arbre du chemin, la croix du carrefour, Se sont tous revêtus de l'ombre, du mystère, Après les fatigues du jour ;
Quand tout nous parle au coeur, quand la tremblante femme, A plus de volupté que le soleil le jour, Oh ! viens, je te dirai tout ce que j'ai dans l'âme, Tout ce que j'ai de tendre amour.
Cuando la dulce noche
Cuando la dulce noche, como una dulce amante, Avanza paso a paso, a la caída del día, Avanza en el cielo, tierna, tímida y lenta, Muy feliz de un loco amor
Cuando los mudos fuegos abandonan el clemente cielo, Puntean en la noche, discretos, chispeantes, Esparcen a lo lejos sus haces de artificio, En los espacios puros y blancos
Cuando el cielo amoroso en el seno de las sombrías redes, Todo caluroso de ese Sol que acaba de abrasarlo, A la Tierra, para llenarlo de amor y de sombras Se unen en un abrasador beso
Cuando se refleja como en un límpido lago, La estrella del azul celeste, sobre el suelo transparente, Brilla en el seno de la hierba una estrella tímida, Esa estrella del gusano fulgurante
Cuando en las brisas de la tarde, la hoja temblorosa, A ese tierno contacto ha cerrado su seno, Y conserva durmiéndose la frescura olorosa Que debe perfumar la mañana.
Cuando sobre el sombrío azul, como un triste fantasma, El ciprés de ese campo donde termina el dolor, Está allá, más triste y frío que un misterioso salmo Que cae sobre un tono menor
Cuando inclinando su cabeza a los secretos quejidos El tejo, como con grandes brazos agita sus ramas, Y muy melancólico, en palabras mudas, Charla bajo con las tumbas
Cuando en la cuna de Dios, sobre la durmiente rama, El apacible y feliz pájaro encontró el sueño, Cuando el hilo de la Virgen ha recuperado su tienda Esperando algun Sol
Cuando la cruz desplegada en su forma incierta, Sobre el camino del Cielo con sus dos brazos de dolores, En la noche que la cerca en su humilde aliento Está chorreante de lágrimas.
Cuando toda la naturaleza, y la estrella de la piedra, Y el árbol del camino, la cruz de la encrucijada, Se revisten de la sombra, del misterio, Después de las fatigas del día.
Cuando todo nos habla de corazón, cuando la mujer temblorosa, Tiene más de voluptuosidad que el Sol por el día, ¡Oh! ven, te diré todo eso que tengo en el alma, Todo eso que tengo de tierno amor.
Versión de Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 11:54 AM  |
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| Jules Verne -Le génie- |
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Le génie Jules Verne (1828-1905)
Comme un pur stalactite, oeuvre de la nature, Le génie incompris apparaît à nos yeux. Il est là, dans l'endroit où l'ont placé les Cieux, Et d'eux seuls, il reçoit sa vie et sa structure.
Jamais la main de l'homme assez audacieuse Ne le pourra créer, car son essence est pure, Et le Dieu tout-puissant le fit à sa figure ; Le mortel pauvre et laid, pourrait-il faire mieux ?
Il ne se taille pas, ce diamant byzarre, Et de quelques couleurs dont l'azur le chamarre, Qu'il reste tel qu'il est, que le fit l'éternel !
Si l'on veut corriger le brillant stalactite, Ce n'est plus aussitôt qu'un caillou sans mérite, Qui ne réfléchit plus les étoiles du ciel.
El genio
Como una pura estalactita, obra de la naturaleza, El genio incomprendido aparece ante nuestros ojos Esta allá, en el lugar donde se le pone en los Cielos, Y de ellos solos, él recibe su vida y su estructura.
Nunca la mano del hombre más osado La podrá crear, porque su escencia es pura, Y el Dios todopoderoso lo hizo a su figura; El mortal pobre y feo, ¿podría ser mejor?
No se fabrica, ese raro diamante, Y de algunos colores del cual el azul lo engalana, ¡Que permanece tal cual es, que lo hizo lo eterno!
Si se quiere corregir la brillante estalactita, Bien pronto no es más que una piedra sin mérito, Que no reflejen más las estrellas del cielo.Libellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 11:36 AM  |
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| Jules Verne -Le silence dans une église- |
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Le silence dans une église Jules Verne (1828-1905)
Au levant de la nef, penchant son humide urne, La nuit laisse tomber l'ombre triste du soir ; Chasse insensiblement l'humble clarté diurne ; Et la voûte s'endort sur le pilier tout noir ;
Le silence entre seul sous l'arceau taciturne, L'ogive aux vitraux bruns ne se laisse plus voir ; L'autel froid se revêt de sa robe nocturne ; L'orgue s'éteint ; tout dort dans le sacré dortoir !
Dans le silence, un pas résonne sur la dalle ; Tout s'éveille, et le son élargit sa spirale, L'orgue gémit, l'autel tressaille de ce bruit ;
Le pilier le répète en sa cavité sombre ; La voûte le redit, et s'agite dans l'ombre... Puis tout s'éteint, tout meurt, et retombe en la nuit !
El silencio en una iglesia
En uno de los lados de la nave, inclinando su húmeda urna, La noche deja caer la sombra triste de la tarde; Caza insensiblemente la modesta claridad diurna; Y la boveda se duerme sobre el negro pilar.
El silencio penetra solo bajo el arco taciturno, La ojiva en los pardos vitrales no se deja ver; El frio altar se arropa con su vestido noctuno; El órgano se apaga; ¡todo duerme en el sagrado dormitorio!
En el silencio, un paso resuena sobre el suelo; Todo se despierta, y el sonido extiende su espiral, El órgano gime, el altar tiembla bajo ese ruido.
El pilar lo repite en su cavidad sombría; El arco lo retransmite, y se agita en la sombra... ¡Despues todo se desvanece, todo muere, y vuelve a caer la noche!Libellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 11:31 AM  |
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| Jules Verne -J'aime ces doux oiseaux...- |
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J'aime ces doux oiseaux... Jules Verne (1828-1905)
J'aime ces doux oiseaux, qui promènent dans l'air Leur vie et leur amour, et plus prompts que l'éclair, Qui s'envolent ensemble ! J'aime la fleur des champs, que l'on cueille au matin, Et que le soir, au bal, on pose sur son sein Qui d'enivrement tremble !
J'aime les tourbillons des danses, des plaisirs, Les fêtes, la toilette, et les tendres désirs Qui s'éveillent dans l'âme ! J'aime l'ange gardien qui dirige mes pas, Qui me presse la main, et me donne tout bas Pour les maux un dictame !
J'aime du triste saule, au soir muet du jour, La tête chaude encor, pleine d'ombre et d'amour, Qui se penche et qui pense ! J'aime la main de Dieu, laissant sur notre coeur Tomber en souriant cette amoureuse fleur Qu'on nomme l'espérance !
J'aime le doux orchestre, en larmes, gémissant Qui verse sur mon âme un langoureux accent, Une triste harmonie ! J'aime seule écouter le langage des cieux Qui parlent à la terre, et l'emplissent de feux De soleil et de vie.
J'aime aux bords de la mer, regardant le ciel bleu, Qui renferme en son sein la puissance de Dieu, M'asseoir toute pensive ! J'aime à suivre parfois en des rêves dorés Mon âme qui va perdre en des flots azurés Sa pensée inactive !
J'aime l'effort secret du coeur, qui doucement S'agite, la pensée au doux tressaillement, Que l'on sent en soi-même ! Mieux que l'arbre, l'oiseau, la fleur qui plaît aux yeux, Le saule tout en pleurs, l'espérance des Cieux... J'aime celui qui m'aime.
Amo esos dulces pájaros
Amo esos dulces pájaros, que se pasean en el aire Su vida y su amor, y más rápidos que el relampago¡ Que vuelan todos juntos! Amo la flor de los campos, que se recoge en la mañana, Y que en la tarde, en el baile, se posa sobre su seno ¡Que de embriaguez se estremece!
Amo los torbellinos de los bailes, de los placeres, Las fiestas, el atavío, y los tiernos deseos¡ Que se despiertan en el alma! Amo al angel guardián que dirige mis pasos, Que me aprieta la mano, y me da en voz baja ¡Para las dolores un dictamen!
Amo al triste sauce, en la muda tarde del día, La cabeza aún caliente, llena de sombra y de amor, ¡Que se inclina y que piensa! Amo la mano de Dios, puesta sobre nuestro corazón Dejar caer sonriendo esa amorosa flor ¡Que se nombra esperanza!
Amo la dulce orquesta, en lágrimas, lamentándose Que vierte sobre mi alma un lánguido acento, ¡Una triste armonía! Amo sólo escuchar el lenguaje de los Cielos Que hablan a la Tierra, y la llenan de fuegos De Sol y de vida.
Amo a las orillas del mar, contemplar el cielo azul Que encierra en su seno el poder de Dios, ¡Sentarme pensativamente! Amo seguir en ocasiones en los sueños dorados Mi alma que va a perderse en las corrientes azules ¡Su pensamiento inactivo!
Amo el secreto esfuerzo del corazón, que dulcemente Se agita, el pensamiento de dulce principio ¡Que se siente en sí mismo! Mejor que el árbol, el pájaro, la flor que complace a los ojos, El sauce envuelto en lágrimas
Versión de Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 11:29 AM  |
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| Jules Verne -Ô toi, que mon amour profond...- |
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Ô toi, que mon amour profond... Jules Verne (1828-1905)
A Herminie.
Ô toi, que mon amour profond et sans mélange Formé de ton image et de ton souvenir, Avait su distinguer en l'auguste phalange Des jeunes beautés dont nous faisons notre ange Pour nous guider dans l'avenir,
Toi que tout rappelait à mon âme inquiète, Et dont l'âme sans cesse assise auprès de moi, Me dérobait du temps, qu'à présent je regrette, Le cours lent à mes voeux, quand la bouche muette, Je ne pouvais penser qu'à toi,
Qu'as-tu fait - loin de moi, tu fuis, et ton sourire Vers moi se tourne encor, adorable et moqueur, Tu sais ce que toujours, tout-puissant, il m'inspire, Tu l'adresses, hélas ! il me paraît me dire : Je te quitte de gaîté de coeur !
Tu me railles, méchante, ah ! de ta moquerie, Si tu voyais combien l'aiguillon me fait mal, Ce qu'à l'âme, il me met de douleur, de furie !D'amour ! tu cesserais ta vile fourberie !... Mais non ! - cela t'est bien égal !
C'est trop te demander - pars, fuis où bon te semble ; Ailleurs, va-t'en verser la joie et le plaisir ; Cherche un autre amant ; Dieu fasse qu'il me ressemble !... Nous pouvions dans l'amour vivre longtemps ensemble... Seul, dans l'ennui, je vais mourir !
Oh, tú, mi amor profundo
Oh tú, mi amor profundo y sin mezcla Formado de tu imagen y tu recuerdo, Había sabido distinguir en la augusta falange De las jovenes bellezas que hicimos nuestro ángel Para guiarnos en el futuro.
Tú que todo recuerda a mi alma inquieta, Y cuya alma sin cesar se sienta cerca de mi, Me roba el tiempo, que ahora lamento, El lento curso a mis deseos, cuando con la boca muda, Solo podía pensar en ti.
¿Qué has hecho lejos de mi? Huiste, y tu sonrisa Hacia mi aún se vuelve, adorable y burlona, Sabes eso que siempre, todopoderoso, me inspira, ¡Tu lo sabes, ay! Me parece decirme: ¡Te abandono a voluntad!
Tu me mofas, malvada, ah con tu broma, Si tú vieras cuánto mal me hace eso, ¡Es que en el alma, siento dolor, furia! ¡De amor! ¡podrías terminar tu vil engaño!... ¡Pero no! ¡eso te importa poco!
Es mucho pedirte, vete, huye a donde bien te reciban Además ve a verter la alegría y el placer Busca otro amante ¡Dios quiera que se me parezca!... Podríamos, en el amor, haber vivido durante mucho tiempo... ¡Solo, en el aburrimiento, voy a morir!
Versión de Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 11:04 AM  |
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| Jules Verne -Quand par le dur hiver...- |
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Quand par le dur hiver... Jules Verne (1828-1905)
Quand par le dur hiver tristement ramenée La neige aux longs flocons tombe, et blanchit le toit, Laissez geindre du temps la face enchifrenée. Par nos nombreux fagots, rendez-moi l'âtre étroit !
Par le rêveur oisif, la douce après-dinée ! Les pieds sur les chenets, il songe, il rêve, il croit Au bonheur ! - il ne veut devant sa cheminée Qu'un voltaire bien doux, pouvant railler le froid !
Il tisonne son feu du bout de sa pincette; La flamme s'élargit, comme une étoile jette L'étincelle que l'oeil dans l'ombre fixe et suit;
Il lui semble alors voir les astres du soir poindre; L'illusion redouble; heureux ! il pense joindre A la chaleur du jour le charme de la nuit !
Cuando por el duro invierno...
Cuando por el duro invierno que tristemente vuelve La nieve con sus largos copos cae, blanqueando el techo Deja el quejido del tiempo, la faz romadiza Que por nuestros numerosos haces, me devuelve la estrecha chimenea
Para el ocioso soñador, la dulce sobremesa Con los pies sobre los morrillos, sueña, cree ¡La felicidad! No quiere delante de su chimenea más Que una butaca bien suave, ¡donde pueda burlarse del frío!
Atiza su fuego por medio de sus tenazas La llama crece, como una estrella caída La chispa que el ojo ve en la sombra se mantiene y sigue.
Le parece entonces ver que los astros de la noche se muestran La ilusión se redobla; ¡está feliz! piensa unir¡ Al calor del día el encanto de la noche!
Versión de Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 10:47 AM  |
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| Jules Verne -Connaissez-vous mon Andalouse- |
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Connaissez-vous mon Andalouse Jules Verne (1828-1905)
Connaissez-vous mon Andalouse, Plus belle que les plus beaux jours, Folle amante, plus folle épouse, Dans ses amours, toute jalouse, Toute lascive en ses amours !
Vrai dieu ! de ce que j'ai dans l'âme, Eussé-je l'enfer sous mes pas, Car un mot d'amour de ma dame A seul allumé cette flamme, Mon âme ne se plaindra pas !
C'est que ma belle amante est belle, Lorsqu'elle se mire en mes yeux ! L'étoile ne luit pas tant qu'elle, Et quand sa douce voix m'appelle, Je crois qu'on m'appelle des Cieux !
C'est que sa taille souple et fine Ondule en tendre mouvement, Et parfois de si fière mine, Que sa tête qui me fascine Eblouit comme un diamant !
C'est que la belle créature Déroule les flots ondoyants D'une si noire chevelure Qu'on la couvre, je vous jure, De baisers tout impatients !
C'est que son oeil sous sa paupière Lance un rayon voluptueux, Qui fait bouillir en mon artère, Tout ce que Vénus de Cythère Dans son sein attise de feux !
C'est que sur ses lèvres de rose Le sourire de nuit, de jour Brille comme une fleur éclose Et quand sur mon coeur il se pose, Il le fait palpiter d'amour !
C'est que lorsqu'elle m'abandonne Sa blanche main pour la baiser, Que le ciel se déchaîne et tonne, Que m'importe, - Dieu me pardonne, Il ne peut autant m'embraser !
C'est que sa bouche bien-aimée Laisse tomber comme une fleur Douce haleine parfumée, Et que son haleine embaumée Rendrait aux roses leur couleur !
C'est que sa profonde pensée Vient se peindre en son beau regard, Et que son âme est caressée, Comme la douce fiancée Quand l'amant vient le soir bien tard
!Allons l'amour, les chants, l'ivresse ! Il faut jouir de la beauté ! Amie ! oh que je te caresse ! Que je te rende, ô ma maîtresse, Palpitante de volupté !
Oh ! viens ! viens toute frémissante, Qu'importe qu'il faille mourir, Si je te vois toute expirante Sous mes baisers, ma belle amante, Si nous mourons dans le plaisir !
¿Conocéis a mi Andaluza?
¿Conocéis a mi Andaluza? Más bella que los más bellos días, Loca amante, más loca esposa, En sus amores, toda celosa, ¡Toda lasciva en sus amores!
¡Verdadero Dios! de esto que tengo en el alma Como si tuviese el infierno sobre mis pasos Porque una palabra de amor de mi dama Ha sólo avivado esta llama, ¡Mi alma no se quejará!
Mi bella amante es bella, ¡Cuando se mira en mis ojos! La estrella no brilla tanto como ella, ¡Y cuando su dulce voz me llama, Creo que me llaman desde los Cielos!
Su fino y flexible tamaño Ondula en tierno movimiento, Y en ocasiones tan maravillosa mina, Su cabeza que me fascina ¡Brilla como un diamante!
La bella criatura Desata las corrientes ondulantes De una bien negra cabellera Que la cubrimos, les juro, ¡De besos todos impacientes!
Su ojo bajo su párpado Lanza un voluptuoso rayo, Que hace hervir en mi arteria Todo aquello que Venus de Citera ¡En su seno aviva de fuego!
Sobre sus labios de rosa La sonrisa de noche, de día Brilla como una flor que nace¡ Y cuando sobre mi corazón se posa Lo hace palpitar de amor!
Cuando ella me da Su blanca mano para que la bese, Que el Cielo se desancadene y truene, Que me importa, Dios me perdone, ¡Él no puede así besarme!
Su boca bienamada Se deja caer como una flor Dulce aliento perfumado, Y que su balsámico aliento ¡Le devolvería a las rosas su color!
Su profundo pensamiento Viene a pintarse en su bella apariencia, Y es que su alma es acariciada, Como la dulce novia¡ Cuando el amante llega bien tarde en la noche!
¡Viva entonces el amor, los cantos, la embriaguez! ¡Es necesario disfrutar de la belleza! ¡Amiga! ¡oh te acaricio! ¡Que te dejo, oh mi señora, Palpitante de placer!
¡Oh! ¡ven! ven toda vibrante, Que importa que haga falta morir, Si te veo expirando Bajo mis besos, mi bella amante. ¡Si morimos de placer!
Versión de Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 10:39 AM  |
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| Jules Verne -Tempête et calme- |
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Tempête et calme Jules Verne (1828-1905)
L'ombre Suit Sombre Nuit ; Une Lune Brune Luit.
Tranquille L'air pur Distille L'azur ; Le sage Engage Voyage Bien sûr !
L'atmosphère De la fleur Régénère La senteur, S'incorpore, Evapore Pour l'aurore Son odeur.
Parfois la brise Des verts ormeaux Passe et se brise Aux doux rameaux ; Au fond de l'âme Qui le réclame C'est un dictame Pour tous les maux !
Un point se déclare Loin de la maison, Devient une barre ; C'est une cloison ; Longue, noire, prompte, Plus rien ne la dompte, Elle grandit, monte, Couvre l'horizon.
L'obscurité s'avance Et double sa noirceur ; Sa funeste apparence Prend et saisit le coeur ! Et tremblant il présage Que ce sombre nuage Renferme un gros orage Dans son énorme horreur.
Au ciel, il n'est plus d'étoiles Le nuage couvre tout De ses glaciales voiles ; Il est là, seul et debout. Le vent le pousse, l'excite, Son immensité s'irrite ; A voir son flanc qui s'agite, On comprend qu'il est à bout !
Il se replie et s'amoncelle, Resserre ses vastes haillons ; Contient à peine l'étincelle Qui l'ouvre de ses aquilons ; Le nuage enfin se dilate, S'entrouvre, se déchire, éclate, Comme d'une teinte écarlate Les flots de ses noirs tourbillons.
L'éclair jaillit ; lumière éblouissante Qui vous aveugle et vous brûle les yeux, Ne s'éteint pas, la sifflante tourmente Le fait briller, étinceler bien mieux ; Il vole ; en sa course muette et vive L'horrible vent le conduit et l'avive ; L'éclair prompt, dans sa marche fugitive Par ses zigzags unit la terre aux cieux.
La foudre part soudain ; elle tempête, tonne Et l'air est tout rempli de ses longs roulements ; Dans le fond des échos, l'immense bruit bourdonne, Entoure, presse tout de ses cassants craquements. Elle triple d'efforts ; l'éclair comme la bombe, Se jette et rebondit sur le toit qui succombe, Et lé tonnerre éclate, et se répète, et tombe, Prolonge jusqu'aux cieux ses épouvantements.
Un peu plus loin, mais frémissant encore Dans le ciel noir l'orage se poursuit, Et de ses feux assombrit et colore L'obscurité de la sifflante nuit. Puis par instants des Aquilons la houle S'apaise un peu, le tonnerre s'écoule, Et puis se tait, et dans le lointain roule Comme un écho son roulement qui fuit ;
L'éclair aussi devient plus rare De loin en loin montre ses feux Ce n'est plus l'affreuse bagarre Où les vents combattaient entre eux ; Portant ailleurs sa sombre tête, L'horreur, l'éclat de la tempête De plus en plus tarde, s'arrête, Fuit enfin ses bruyants jeux.
Au ciel le dernier nuage Est balayé par le vent ; D'horizon ce grand orage A changé bien promptement ; On ne voit au loin dans l'ombre Qu'une épaisseur large, sombre, Qui s'enfuit, et noircit, ombre Tout dans son déplacement.
La nature est tranquille, A perdu sa frayeur ; Elle est douce et docile Et se refait le coeur ; Si le tonnerre gronde Et de sa voix profonde Là-bas trouble le monde, Ici l'on n'a plus peur.
Dans le ciel l'étoile D'un éclat plus pur Brille et se dévoile Au sein de l'azur ; La nuit dans la trêve, Qui reprend et rêve, Et qui se relève, N'a plus rien d'obscur.
La fraîche haleine Du doux zéphir Qui se promène Comme un soupir, A la sourdine, La feuille incline, La pateline, Et fait plaisir.
La nature Est encor Bien plus pure, Et s'endort ; Dans l'ivresse La maîtresse, Ainsi presse Un lit d'or.
Toute aise, La fleur S'apaise ; Son coeur Tranquille Distille L'utile Odeur.
Elle Fuit, Belle Nuit ; Une Lune Brune Luit.
Tempestad y calma
La sombra Sigue Sombría Noche; Una Luna Clara Destella.
Tranquilla El aire puro Destila El azul celeste; El sabio Alquila Viaje ¡Por supuesto!
La atmósfera De la flor Regenera El olor, Se incorpora, Evapora Para la aurora Su olor.
En ocasiones la brisa De los verdes olmos Pasa y se estrella En las dulces ramas En el fondo del alma Que la reclama ¡Es un remedio Para todos los males!
Un punto se declara Lejos de la casa Se convierte en una vara; Es una confusión; Larga, negra, rápida Nada más la doma Ella se agranda, sube, Cubre el horizonte.
La oscuridad avanza Y dobla su negrura; ¡Su funesta apariencia Toma y sobrecoge el corazon! Y temblando presagia Que esa oscura nube Encierra una gran tormenta En su enorme horror.
En el cielo, no hay más estrellas La nube cubre todo Con sus glaciales velas Esta allí, solo y de pie. El viento lo empuja, lo excita, Su inmensaidad se irrita; ¡Al ver su flanco que se agita, Se comprende que esta en el límite!
Se repliega y se agrupa, Aprieta sus vastos harapos; Apenas contiene los centelleos Que le vienen de sus vientos norteños; La nube en fin se dilata, Se entreabre, se rasga, explota, Como un matiz escarlata Las corrientes de sus negros torbellinos
El relámpago resplandece; luz brillante Que os ciega y os quema los ojos, No se desvanece, la tormenta silbante Lo hace brillar, encenderse mucho mejor; Vuela; en su curso mudo y rápido El horrible viento lo conduce y lo aviva; El rápido relampago, en su fugitiva marchaP or sus zigzags une la Tierra a los Cielos.
El rayo parte instantaneamente; tempestea, truena Y el aire se llena de sus largo ruido; En el fondo de los ecos, el inmenso ruido zumba, Envuelve, presiona todos de sus resquebrajosos crujidos. Triplica sus esfuerzos; el relámpago como la bomba, Se lanza y rebota sobre el tejado que sucumbe, Y el trueno estalla, y se repite, y cae, Prolonga hasta los Cielos sus aterramientos.
Un poco más lejos, pero tembloroso todavía En el negro cielo la tormenta continúa, Y de sus fuegos ensombrece y colorea La oscuridad de la silbante noche. Entonces por instantes los vientos del norte la mueven Se calma un poco, el trueno se esparce, Y despues se acalla, y en la lejanía rueda Como un eco solamente que fue
El relampago también es cada vez más raro De vez en cuando muestra sus fuegos No es más la cruenta lucha Donde los vientos combatían entre ellos; Llevando a otras partes su sombría cabeza, El horror, el estampido de la tempestad Un poco más tarde, se detiene, Finalmente huyen sus bulliciosos juegos.
En el cielo la última nube Es barrida por el viento; En el horizonte esa gran tempestad Ha cambiado muy rápidamente; No se ve a lo lejos en la sombra Más que una espesura larga, sombría, Que se va, se tiñe de negro, oscuridad Toda en su desplazamiento.
La naturaleza está tranquila, Ha perdido su miedo; Es dulce y dócil Y se regocija el corazón; Si el trueno ruge Y con su profunda voz Allá preocupa al mundo, Aquí no se le teme más.
En el cielo la estrella Con un luz más pura Brilla y se devela En el seno del azul celeste; La noche en la tregua, Que toma y sueña, Y que se levanta, No tiene más oscuridad.
El agradable aliento Del dulce hálito Que camina Como un suspiro, Silenciosamente, La hoja inclina, La zalamería, Y provoca placer.
La naturaleza Es aún Mucho más pura, Y se duerme; En la embriaguez La señora, Asi junta Una cama de oro.
Toda alegre, La flor Se calma; Su corazón Tranquilo Destilla El útil Olor.
Ella Huye, Bella Noche; Una Luna Clara Destella.
Versión de Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 9:53 AM  |
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| Jules Verne -La cloche du soir- |
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La cloche du soir Jules Verne (1828-1905)
La barque s'enfuyait sur l'onde fugitive ; La nuit se prolongeant comme un paisible soir A la lune du ciel pâle, méditative, Prêtait un doux abri dans son vêtement noir ;
Dans le lointain brumeux une cloche plaintive Soupire un son pieux au clocher du manoir ; Le saint bruit vient passer à l'oreille attentive, Comme une ombre que l'oeil croit parfois entrevoir ;
A la pieuse voix la nacelle docile Sur l'onde qui frémit s'arrête, puis vacille, Et sur le flot dormant, sans l'éveiller, s'endort ;
Le nautonnier ému d'une main rude et digne Courbe son front ridé, dévotement se signe... Et la barque reprend sa marche vers le port.
La campana de la tarde
La barca huía sobre la fugitiva ola La noche se prolongaba como una apacible tarde A la Luna de cielo pálido, meditativa Prestaba un dulce abrigo en su vestido negro
En la lejana niebla una triste campana Suspira un piadoso sonido al compás de los campanazos El santo ruido viene a pasar por el atento oído, Como una sombra que el ojo cree en ocasiones entrever.
A la piadosa voz la dócil barca que Sobre la ola se estremece, se detiene, después vacila, Y sobre el flujo durmiente, sin despertarlo, se calma.
El barquero poseedor de una mano ruda y digna Curva su fruncida frente, la devoción se muestra... Y la barca retoma su marcha hacia el puerto
Versión Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 9:49 AM  |
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| Jules Verne -Hésitation- |
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Hésitation Jules Verne (1828-1905)
Celle que j'aime a de grands yeux Sous de brunes prunelles; Celle que j'aime sous les cieux Est la belle des belles. Elle dore, embellit mes jours, Oh ! si j'étais à même, Mon Dieu, je voudrais voir toujours Celle que j'aime.
Celle que j'aime est douce à voir, Il est doux de l'entendre; Sa vue au coeur fixe l'espoir Que sa voix fait comprendre. Son amour sera-t-il pour moi, Pour moi seul, pour moi-même ? Si j'aime, c'est que je la vois Celle que j'aime.
Auprès d'elle, hélas ! je ressens Une émotion douce; Absente, vers elle en mes sens Quelque chose me pousse. Pour moi dans le fond de son coeur S'il en était de même ? Aurait-elle un regard trompeur, Celle que j'aime ?
Celle que j'aime, hélas ! hélas ! A son tour m'aime-t-elle ? Je ne sais; je ne lui dis pas Que son oeil étincelle. Est-ce pour moi qu'il brille ainsi ? Félicité suprême ! ... Ailleurs l'enflamme-t-elle aussi, Celle que j'aime ?
Si trompant ma naïveté Par son hypocrisie, Elle se sert de sa beauté Pour me briser ma vie ! Son coeur peut-il être si noir ? Oh ! non; c'est un blasphème ! Un blasphème ! ... il ne faut que voir Celle que j'aime.
Non, non, amour, amour à nous Car en te faisant femme, Dieu, je lui rends grâce à genoux, Te donna de mon âme. Accours ! je m'attache à tes pas Dans mon ardeur extrême ... Peut-être, elle ne m'aime pas, Celle que j'aime.
Vacilación
Esa que amo tiene grandes ojos Bajo las castañas pupilas; Esa que amo bajo los Cielos Es bella entre las bellas. Ella brilla, embellece mis días, ¡Oh! si estuviera allá, Mi Dios, me gustaría verla siempre Esa que amo.
Esa que amo, es muy dulce verla, Es dulce escucharla; Su mirada fija en el corazón la esperanza Que su voz hace comprender. ¿Será para mi todo su amor, Para mi solo, para mi mismo? Si amo, es que la veo Esa que amo.
Cerca de ella, ¡ay! siento Una dulce emoción Ausente, hacia ella en mis sentidos Algo me empuja. Para mi en el fondo de su corazón Si fuese de la misma manera ¿Le daría una mirada extraviada? Esa que amo
Esa que amo, ¡ay! ¡ay! Cuando sea su turno, ¿me amará? No lo sé; no le he dicho Que su ojo brilla. ¿Es para mi que brilla así? ¡Félicidad suprema!... Además, ¿lo enciende ella también? Esa que amo
Si burlando mi inocencia Por su hipocresía, ¡Se sirve de su belleza Para quitarme mi vida! ¿Su corazón podrá ser asi de negro? ¡Oh! ¡no, esa es una blasfemia! ¡Un blasfemo!... no hace falta más que ver Esa que amo.
No, no, amor, amor en nosotros Porque al hacerte mujer, Dios, le doy mi agradecimiento de rodillas, Te di mi alma.¡Corre! me uno a tus pasos En mi extremo ardor... Quizás, no me ame, Esa que amo.
Versión Ariel PérezLibellés : Jules Verne |
posted by Alfil @ 9:38 AM  |
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| Boris Vian -L'evadé- |
| jeudi, mai 13, 2004 |
L'evadé Boris Vian (1920-1959)
Il a dévalé la colline Ses pieds faisaient rouler des pierres Là-haut, entre les quatre murs La sirène chantait sans joie
Il respirait l'odeur des arbres De tout son corps comme une forge La lumière l'accompagnait Et lui faisait danser son ombre
Pourvu qu'ils me laissent le temps Il sautait à travers les herbes Il a cueilli deux feuilles jaunes Gorgées de sève et de soleil
Les canons d'acier bleu crachaient De courtes flammes de feu sec Pourvu qu'ils me laissent le temps Il est arrivé près de l'eau
Il y a plongé son visage Il riait de joie, il a bu Pourvu qu'ils me laissent le temps Il s'est relevé pour sauter
Pourvu qu'ils me laissent le temps Une abeille de cuivre chaud L'a foudroyé sur l'autre rive Le sang et l'eau se sont mêlés
Il avait eu le temps de voir Le temps de boire à ce ruisseau Le temps de porter à sa bouche Deux feuilles gorgées de soleil
Le temps de rire aux assassins Le temps d'atteindre l'autre rive Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre.
El fugitivo
Bajó corriendo la ladera de la colina Sus pies hacían rodar las piedras Arriba, entre los cuatro muros La sirena cantaba sin alegría
Respiraba el olor de los árboles Con su cuerpo como una fragua La luz le acompañaba Y hacía bailar su sombra
¡Ojalá! me dejen el tiempo Saltaba entre las hierbas Cogió dos hojas amarillas Llenas de savia y de sol
Los cañones de acero azul escupían Cortas llamas de fuego seco ¡Ojalá! me dejen tiempo Llegó cerca del agua
Hundió su rostro en la corriente Se reía con alegría; bebió ¡Ojalá! me dejen tiempo Se levantó de nuevo para saltar
¡Ojalá! me dejen tiempo Una abeja de cobre caliente Lo fulminó sobre la otra orilla La sangre y el agua se mezclaron
Había tenido el tiempo de ver El tiempo de beber de este riachuelo El tiempo de llevar a su boca Dos hojas llenas de sol
El tiempo de reírse a la cara de los asesinos El tiempo de alcanzar la otra orilla El tiempo de correr hacia la mujer Había tenido el tiempo de vivir.
Versión de Claire DeloupyLibellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 6:37 AM  |
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| Boris Vian -La vie, c'est comme une dent...- |
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La vie, c'est comme une dent... Boris Vian (1920-1959)
La vie, c'est comme une dent D'abord on y a pas pensé On s'est contenté de mâcher Ça vous fait mal, et on y tient Et on la soigne et les soucis Et pour qu'on soit vraiment guéri Il faut vous l'arracher, la vie.
La vida es como una muela...
La vida es como una muela: Al principio ni se piensa en ella Con masticar uno se contenta La cosa pronto se pone fea Te duele, y uno se aferra Y uno la cuida y los malos días Y para que uno sane del todo Habrá que sacártela, la vida.Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 6:34 AM  |
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| Boris Vian -Le déserteur- |
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Le déserteur Boris Vian (1920-1959)
Monsieur le président Je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps
Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir
Monsieur le président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision est prise Je m'en vais déserter
Depuis que je suis né J'ai vu mourir mon père J'ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert Elle est dedans sa tombe Et se moque des bombes Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier On m'a volé ma femme On m'a volé mon âme Et tout mon cher passé
Demain de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années mortes J'irai sur les chemins
Je mendierai ma vie Sur les routes de France De Bretagne en Provence Et je dirai aux gens:
« Refusez d'obéir Refusez de la faire N'allez pas à la guerre Refusez de partir »
S'il faut donner son sang Allez donner le vôtre Vous êtes bon apôtre Monsieur le président
Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarme sQue je n'aurai pas d'armes Et qu'ils pourront tirer
El desertor
Le escribo esta canción Señor Presidente escuche atentamente si es que tiene ocasión.
Me acaban de llegar noticias militares para ir a otros lugares y a la gente matar.
Estimado Señor yo no lo quiero hacer ahora lo va usted a ver tome una decisión.
No se lo tome a mal que he de comunicarle que he tirado su sable y voy a desertar.
A poco que nací la muerte he conocido a mis seres queridos los he visto sufrir.
Mi madre murió al fin y oculta entre las sombras se burla de las bombas de usted y de mí
Perdí a mi mujer estando prisionero todo lo que más quiero recuerdos del ayer.
Al amanecer Voy a dar con la puerta a esta época muerta y ahí se quede usted.
Me iré a mendigar por los pueblos de España por Valles y montañas gritando a los demás.
No obedezcáis no vayáis a la guerra quedaos en vuestra tierra haced lo que queráis.
Si la sangre hay que dar Señor Presidente dadla por vuestra gente sería una heroicidad.
Si me manda a buscar adviértale a los guardias que yo no llevo armas que pueden disparar.Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 6:27 AM  |
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| Boris Vian -Les frères- |
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Les frères Boris Vian (1920-1959)
Dans un chemin banal du côté de la Somme il y avait quatre homme set pas de caporal
Le premier s’appelait Jules.
Il posait des gouttières et réparait les vitres et dans sa vie privée, il était somnambule Tous les lundis matin, il avait mal au crâne Y a qu’à la fin d’la s’maine que l’on se porte bien Ses cheveux étaient frisés nez droit, yeux bleus bouche ordinaire, et menton rond taille : un mètre soixante-deux signes particuliers : néant. Un jour, il fit la connaissance d’une fille très remarquable, elle n’était pas comme les autres. Vu qu’il penchait pour la décence et qu’elle voulait rester convenable ils firent de leur côté ce que l’on fait du nôtre, ils eurent de ce fait deux enfants sans effort.
Le second s’appelait Victor.
Il vendait des cravates et des pierres à briquet et dans sa vie privée, il souffrait de ses cors. Tous les lundis matin, il buvait beaucoup d’eau y a qu’à la fin d’la s’main que l’on se porte bien. Son nez ? Un nez busqué zyeux noirs, cheveux noirs bouche ordinaire, menton rond taille : un mètre cinquante-huit signes particuliers : néant. Un jour qu’il allait au travail une fille au regard troublant vint à passer sur son chemin. Cela fit sortir de ses rails le wagon de ses sentiments, il leur vint donc l’idée de s’ coller le lend’main. Tous les samedis soir, ils jouaient au billard.
Le troisième s’appelait Léon.
Il était chien dentiste et vivait de chicots et dans sa vie privée, il avait des visions Tous les lundis matin, il avait la bouche sèche, y a qu’à la fin d’la s’main que l’on se porte bien. Ses yeux avaient des reflets verts cheveux châtain, nez en trompette bouche ordinaire, menton rond, taille : un mètre soixante-sept signes particuliers : néant. Un beau jour, il eut l’avantage de s’aventurer par hasard dans la chambre de sa servante qui vivait au sixième étage. Il y retourna tous les soirs mais la douce Marie devint si fainéante qu’il lui offrit son lit et lui paya une bonne.
L’ dernier s’ nommait Michel.
L’ dernier s’ nommait Michel, il était cuisinier et dans sa vie privée, il avait la gravelle Tous les lundis matin, sa mâchoire lui f’sait mal, y a qu’à la fin d’la s’main que l’on se porte bien. Ses cheveux étaient roux foncé nez moyen, œils bruns bouche ordinaire, menton rond taille ? Un mètre quatre-vingts signes particuliers : néant. Un jour, il lui tomba la chance de nouer quelques relations avec la jolie Marinette qui exerçait avec conscience -de modiste- la profession. C’est pour elle, un beau soir qu’il conçut la recette de l’organdi en croûte à la sauce aux dentelles.
Comme ils étaient copains, ils s’habillaient pareil, un pantalon crasseux, des bandes molletières, une lourde capote en tissu pour chevaux un fusil tout graisseux, d’ignobles godillots ; Comme ils étaient copains ils ne se quittaient pas ils mettaient tout ensemble et se partageaient tout : nez busqué, nez moyen, nez droit, nez en trompette, bouche ordinaire, menton rond. Même, depuis un bout de temps, comme ils étaient copains, ils s’habillaient pareil : on ne f’sait pas d’jaloux : y avait pour chacun d’eux un bon mètre de terre avec une petite croix.
Los hermanos
En un camino banal De la Somme Había cuatro hombres Pero no había cabo.
El primero se llamaba Jules.
Ponía canaleras y arreglaba cristales Y en su vida privada, era sonámbulo Todos los lunes por la mañana, le dolía la cabeza Y es que sólo nos portamos bien los fines de semana Su cabello era rizado Nariz recta, ojos azules Boca corriente, mentón redondo Estatura: un metro setenta y dos Signos particulares: nada. Un día, conoció A una muchacha estupenda. No era como las otras. Dado que era propenso a la decencia Y que ella quería ser decorosa Hicieron por su parte lo que nosotros por la nuestra Tuvieron así dos hijos sin esfuerzo.
El segundo se llamaba Víctor.
Vendía corbatas y piedras de mechero Y en su vida privada sufría de los callos Los lunes por la mañana bebía mucha agua Y es que sólo nos portamos bien los fines de semana ¿Su nariz? Pequeña y aguileña Ojos negros, cabello negro Boca corriente, mentón redondo Estatura: un metro cincuenta y ocho. Signos particulares: nada. Un día que iba al trabajo Una muchacha de mirada turbadora Fue a cruzarse en su camino Eso hizo que descarrilara El vagón de sus sentimientos. Se unieron al día siguiente. Todos los sábados por la noche, jugaban al billar.
El tercero se llamaba León.
Era perro dentista y vivía de arreglar muelas Y, en su vida privada, tenía visiones. Los lunes por la mañana, tenía la boca muy seca Y es que sólo nos portamos bien los fines de semana. Sus ojos tenían reflejos verdes Cabello castaño, nariz respingona Boca corriente, mentón redondo Estatura: un metro sesenta y siete Signos particulares: nada. Un buen día, tuvo la ocurrencia De aventurarse, por casualidad, En la habitación de su sirvienta Que vivía en el sexto. Volvió todas las noches. Ella se hizo tan vaga Que él le ofreció su cama y le pagó una criada.
El último se llamaba Michel.
El último se llamaba Michel, era cocinero Y, en su vida privada, tenía cálculos renales Los lunes por la mañana, le dolía la mandíbula Y es que sólo nos portamos bien los fines de semana. Su cabello era pelirrojo oscuro Nariz mediana, ojos marrones Boca corriente, mentón redondo Estatura: un metro ochenta. Signos particulares: nada. Un día, tuvo la suerte De entablar relaciones Con la bella Marinette Que ejercía –con conciencia De modista– la profesión Para ella inventó la receta De la corteza de organdí con salsa de puntillas. Como eran amigos, se vestían igual Un pantalón mugriento, infames zapatones Un pesado capote de caballerías Un fusil muy grasiento, medias polainas Un casco ridículo, una cantimplora Como eran amigos, no se separaban: Iban en todo a medias y compartían todo: Nariz aguileña, nariz mediana, nariz recta, nariz respingona, Boca corriente, mentón redondo. Incluso, al cabo de un tiempo, como eran amigos, vestían igual; No se tenían celos: había para ellos Más de un metro de tierra con una pequeña cruz.Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 6:13 AM  |
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| Boris Vian -Le seuil de l'immortalité...- |
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Le seuil de l'immortalité... Boris Vian (1920-1959)
Le seuil de l'immortalité Est assez haut, en pierre, avec des plantes On ne s'apercevait pas du tout qu'on le passait Mais de l'autre côté Des tripotées D'oiseaux sans ailes ni sans eaux Poussaient des cris d'échiran...
El umbral de la inmortalidad...
El umbral de la inmortalidad Es bastante alto, de piedra, con plantas Uno no se daba cuenta de que lo cruzaba Pero al otro lado montones De pájaros sin alas y sin agua Lanzaban gritos de esgarradores...Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 6:08 AM  |
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| Boris Vian -Premier amour- |
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Premier amour Boris Vian (1920-1959)
à Jean Boullet
Quand un homme aime une femme D'abord, il la prend sur ses genoux Il a soin de relever la robe Pour ne pas abîmer son pantalon Car une étoffe sur une étoffe, Ça use l'étoffe. Ensuite, il vérifie avec sa langue Si on lui a bien enlevé les amygdales Sinon, en effet ce serait contagieux. Et puis, comme il faut occuper ses mains, Il cherche, aussi loin qu'il peut chercher Il a vite fait de constater La présence effective et réelle de la queue D'une souris blanche tachée de sang Et il tire, tendrement, sur la petite ficelle Pour avaler le tampax.
Primer amor
a Jean Boullet
Cuando un hombre ama a una mujer De entrada, la sienta en sus rodillas Tomando cuidado de levantarle el vestido Para no estropear sus pantalones Porque tela sobre tela Gasta la tela Enseguida, verifica con la lengua Si a ella la operaron de las amígdalas Si no, sería contagioso Después, como hay que ocupar las manos Busca, tan lejos como pueda Y rápido constata La presencia efectiva y real de la cola De una laucha blanca manchada de sangre Y tira, tiernamente, del hilito Para tragarse el tampax.Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 6:02 AM  |
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| Boris Vian -Des goûts et des couleurs- |
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Des Goûts et des couleurs Boris Vian (1920-1959)
à Félix Labisse
Il y a des sexes courts Et d'autres pendent aux genoux Rayés de jaune et de violet Comme l'ombre du soleil à travers la grille Et les femmes, certaines sentent Le Bouillon de lapin sauvage C'est bon, avec du pain grillé.
Gustos y colores
a félix labisse
Hay sexos cortos Y otros cuelgan hasta las rodillas Rayados de amarillo y violeta Como la sombra del sol a través De la reja Y las mujeres, algunas huelen a caldo de conejo salvaje. Con tostadas es rico.Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 5:57 AM  |
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| Boris Vian -Je suis snob- |
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Je suis snob Boris Vian (1920-1959)
Je suis snob Je suis snob C'est vraiment le seul défaut que je gobe Ça demande des mois de turbin C'est une vie de galérien Mais quand je sors avec Hildegarde C'est toujours moi qu'on regarde Je suis snob Foutrement snob Tous mes amis le sont On est snobs et c'est bon
Chemises d'organdi Chaussures de zébu Cravate d'Italie Et méchant complet vermoulu Un rubis au doigt De pied! pas çui-là Les ongles tout noirs Et un très joli petit mouchoir
Je vais au cinéma Voir des films suédois Et j'entre au bistro Pour boire du whisky à gogo J'ai pas mal au foie Personne fait plus ça J'ai un ulcère C'est moins banal et plus cher
Je suis snob Je suis snob Je m'appelle Patrick, mais on dit Bob Je fais du cheval tous les matins Car j'adore l'odeur du crottin Je ne fréquente que des baronnes Aux noms comme des trombones Je suis snobExcessivement snob Et quand je parle d'amour C'est tout nu dans la cour
On se réunit Avec les amis Tous les vendredis Pour faire des snobisme-parties Il y a du coca On déteste ça Et du camembert Qu'on mange à la petite cuiller
Mon appartement Est vraiment charmant Je me chauffe au diamant On ne peut rien rêver de plus fumant J'avais la télé Mais ça m'ennuyait Je l'ai retournée De l'autre cote, c'est passionnant
Je suis snob Je suis snob Je suis ravagé par ce microbe J'ai des accidents en Jaguar Je passe le mois d'août au plumard C'est dans les petits détails comme ça Que l'on est snob ou pas Je suis snob Encore plus snob que tout à l'heure Et quand je serai mort Je veux un suaire de chez Dior
Soy snob
Soy snob. Soy snob. Es mi defecto mejor Me llevó meses de trabajo lograrlo. Es una vida tan agitada, pero ahora... con el resultado estoy encantada.
Soy snob. Terriblemente snob. Todos mis amigos lo son, porque ser snob es un amor.
Vestidos de Pucci. Zapatos de cebú. El soutien de Madrid. En el dedo un rubí. En el del pie, ¡eh! Las uñas negras para hacer juego con las medias
Voy al cine sólo a ver vistas suecas. Cuando voy al boliche. Pido whisky a secas... No sufro del hígado. Ya no se usa. Tengo una úlcera que es más patética y menos piruja
Soy snob. Soy snob. Tengo abono en el Colón pero no voy. Todas las mañanas cabalgo por la costa porque me fascina el olor de la bosta. Sólo visito a los nobles con apellidos dobles. Soy snob. Soy snob. Y cuando hago el amor lo hago con guantes y en el comedor.
Tengo un guardarropas expectacular. Me accidento los martes en mi Jaguar. Porque en estas sutilezas se distingue la snobleza. Soy snob, tan snob, que Nacha Guevara a su nueva casa ya me invitó.
Oh! Just one more time. Soy snob, tan snob, que cuando me muera tendré una mortaja de Christian Dior.
Versión de Alberto FaveroLibellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 5:40 AM  |
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| Boris Vian -Ne vous mariez pas les filles- |
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Ne vous mariez pas les filles Boris Vian (1920-1959) Avez-vous vu un homme à poil Sortir soudain d'la salle de bains Dégoulinant par tous les poils Et la moustache pleine de chagrin? Avez-vous un homme bien laid En train d'manger des spaghetti Fourchette au poing, l'air abruti D'la sauce tomate sur son gilet Quand ils sont beaux, ils sont idiots Quand ils sont vieux, ils sont affreux Quand ils sont grands, ils sont feignants Quand ils sont p'tits, ils sont méchants Avez-vous un homme trop gros Extraire ses jambes de son dodo S'masser l'ventre et s'gratter les tifs En r'gardant ses pieds l'air pensif? Ne vous mariez pas, les filles, ne vous mariez pas Faites plutôt du cinéma Restez pucell' chez vot' papa Dev'nez serveuse chez un bougnat El'vez des singes, él'vez des chats Levez la patte à l'opéra Vendez des boît' de chocolat Prenez le voile ou l'prenez pas Dansez à poil pour les gagas Soyez radeuse av'nue du Bois Mais ne vous mariez pas, les filles Ne vous mariez pas Avez-vous vu un homme gêné Rentrer trop tard pour le dîner Du rouge à lèvres sur son col Du flageolant sur la guibole Avez-vous vu au cabaret Un monsieur qui n'est plus très frais Se frotter avec insistance Sur un' petite fleur innocence Quand ils sont bêtes, ils vous embêtent Quand ils sont forts, ils font du sports Quand ils sont riches, ils gard'nt l'artiche Quand ils sont durs, ils vous torturent Avez-vous vu à votre bras Un maigrichon à fac' de rat Friser ses trois poils de moustache Et se redresser, l'air bravache. Ne vous mariez, les filles, ne vous mariez pas Mettez vos robes de gala Allez danser à l'Olympia Changez d'amat quat' fois par mois Prenez la braise et gardez-la Cachez la fraîche sous vos matelas À cinquante ans, ça servira À vous payer de beaux p'tits gars Ah, la belle vie que ça sera Si vous n'vous mariez pas, les filles Si vous n'vous mariez pas. ¿Han visto ustedes a un hombre desnudo saliendo de pronto de la bañera, chorreando agua por sus muslos peludos y con el bigote lleno de tristeza? ¿Han visto ustedes a un tipo bien feo comer tallarines, tenedor en mano, mientras, como un retardado, se tira la salsa sobre el chaleco? ¿Han visto ustedes a un gordo estirar sus piernas lechosas, llenas de rollos, mirarse los pies como una marmota, mientras se frota la barriga y se rasca las...? No se casen, chicas, no se casen, mejor en la televisión trabajen. Permanezcan vírgenes en casa de papá. Háganse sirvientas en lo de un general. Eduquen monos, eduquen loros. Levanten la pata en el Colón. Vendan bombones, tomen los hábitos O no los tomen. Hagan strip-tease para los gagás. Levanten puntos en el hotel Alvear. Pero no se casen, chicas, no se casen. ¿Han visto ustedes a un tipo mufado llegando muy tarde a cenar von manchas de rouge en el saco y tambaleándose al caminar? ¿Han visto ustedes en un cabaret a un señor que parece muy bien frotarse insistentemente sobre una chica inocente? ¿Han visto ustedes a un tipo esmirriado llevar a una mujer al restorán? Cómo se retuerce los tres pelos del bigote Y, para hacerse el importante, a los mozos tiene al trote. No se casen, chicas, no se casen. Vistanse de gala, al River acudan y bailen. Cuatro veces por mes cambien de amante. Agarren guita, mucha guita y guarden. Escóndanla bajo el colchón; a los cincuenta años tendrán un montón para pagarse lindos muchachos con nada en la cabeza y todo en los brazos. ¡Ah!, que buena vida será esa si no se casan, chicas, si no se casan. Versión de Alberto Favero Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 5:30 AM  |
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| Boris Vian -La mauvaise mémoire- |
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La mauvaise mémoire Boris Vian (1920-1959)
La tête est un curieux organe Curieusement organisé Y a qu'à voir quand on vous trépane Généralement, c'est malaisé Voici l'histoire singulière D'un certain Mathurin Lafleur Dont le crâne assez ordinaire N'était bizarre qu'à l'intérieur Ce type souffrit dès sa jeunesse D'un mal en vérité courant D'une mémoire assez traîtresse Pour causer des désagréments Sitôt qu'il apprenait une chose Dans sa famille ou au lycée Mathurin, la mine morose Instantanément l'oubliait Mais... (...)
La mala memoria
La Cabeza es un órgano curioso, curiosamente organizado. Esta es la singular historia de un tal Martín Flor, cuyo cráneo sin pena ni gloria, era extravagante sólo en su interior. Ese tipo sufrió, desde la edad primera, de un mal que es en verdad corriente, una memoria traicionera que no le trajo más que inconvenientes. Siempre que le enseñaban algo, fuera en su casa o en el aula, Martín, con gesto huraño, instantáneamente lo olvidaba. Pero... (...)Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 5:20 AM  |
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| Boris Vian -Quand j'aurais du vent dans mon crâne- |
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Quand j'aurais du vent dans mon crâne Boris Vian (1920-1959)
Quand j'aurai du vent dans mon crâne Quand j'aurai du vert sur mes osses P'tet qu'on croira que je ricane Mais ça sera une impression fosse
Car il me manquera Mon élément plastique Plastique tique tique Qu'auront bouffé les rats
Ma paire de bidules Mes mollets mes rotules Mes cuisses et mon cule Sur quoi je m'asseyois
Mes cheveux mes fistules Mes jolis yeux cérules Mes couvre-mandibules Dont je vous pourléchois
Mon nez considérable Mon coeur mon foie mon râble Tous ces riens admirables Qui m'ont fait apprécier
Des ducs et des duchesses Des papes des papesses Des abbés des ânesses Et des gens du métier
Et puis je n'aurai plus Ce phosphore un peu mou Cerveau qui me servit A me prévoir sans vie
Les osses tout verts, le crâne venteux Ah comme j'ai mal de devenir vieux.
Cuando tenga viento en el cráneo
Cuando tenga viento en mi cráneo y gusanos sobre mis huesos quizá les parezca que me río pero no haré nada de eso.
Porque me faltará mi elemento plástico, plástico, plástico, que las ratas se habrán llevado.
Mi par de pantorrillas, mis codos, mis costillas, mis dedos, mis nalgas, sobre las que me sentaba.
Mis ojos cobrizos, mis dientes postizos, mi lengua rosada, con la cual les hablaba.
Mi nariz adorable, mis pies y mis orejas, esas cosas admirables, que me hicieron apreciar.
A duques y a duquesas, a papas y a papistas, a frailes y a tigresas, doctores y artistas.
Y tampoco tendré ese fósforo blando. Cerebro que servía a imaginarme muerta.
El cráneo con viento. Verde la osamenta. ¡Ah! Qué mal me siento al volverme vieja.Libellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 5:10 AM  |
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| Boris Vian -La java des bombes atomiques- |
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La java des bombes atomiques Boris Vian (1920-1959)
Mon oncle un fameux bricoleur Faisait en amateur Des bombes atomiques Sans avoir jamais rien appris C'était un vrai génie Question travaux pratiques Il s'enfermait tout' la journée Au fond d'son atelier Pour fair' des expériences Et le soir il rentrait chez nous Et nous mettait en trans' En nous racontant tout
Pour fabriquer une bombe " A " Mes enfants croyez-moi C'est vraiment de la tarte La question du détonateur S'résout en un quart d'heur 'C'est de cell's qu'on écarte En c'qui concerne la bombe " H " C'est pas beaucoup plus vach' Mais un' chos' me tourmente C'est qu'cell's de ma fabrication N'ont qu'un rayon d'action De trois mètres cinquante Y a quéqu'chos' qui cloch' là-d'dans J'y retourne immédiat'ment
Il a bossé pendant des jours Tâchant avec amour D'améliorer l'modèle Quand il déjeunait avec nous Il avalait d'un coup Sa soupe au vermicelle On voyait à son air féroce Qu'il tombait sur un os Mais on n'osait rien dire Et pis un soir pendant l'repas V'là tonton qui soupir' Et qui s'écrie comm' ça
A mesur' que je deviens vieux Je m'en aperçois mieux J'ai le cerveau qui flanche Soyons sérieux disons le mot C'est même plus un cerveau C'est comm' de la sauce blanche Voilà des mois et des années Que j'essaye d'augmenter La portée de ma bombeE t je n'me suis pas rendu compt' Que la seul' chos' qui compt' C'est l'endroit où s'qu'ell' tombe Y a quéqu'chose qui cloch' là-d'dans, J'y retourne immédiat'ment
Sachant proche le résultat Tous les grands chefs d'Etat Lui ont rendu visite Il les reçut et s'excusa De ce que sa cagna Etait aussi petite Mais sitôt qu'ils sont tous entrés Il les a enfermés En disant soyez sages Et, quand la bombe a explosé De tous ces personnages Il n'en est rien resté
Tonton devant ce résultat Ne se dégonfla pas Et joua les andouilles Au Tribunal on l'a traîné Et devant les jurés Le voilà qui bafouille Messieurs c'est un hasard affreux Mais je jur' devant Dieu En mon âme et conscience Qu'en détruisant tous ces tordus Je suis bien convaincu D'avoir servi la France On était dans l'embarras Alors on l'condamna Et puis on l'amnistia Et l'pays reconnaissant L'élu immédiat'ment Chef du gouvernement
La java de las bombas atómicas
Mi tío era un ladronzuelo que tenía el hobbie de fabricar bombas. Aunque era un tanto analfabeto se las ingeniaba y las hacía redondas. Se encerraba todo el día en su tallercito a ver qué le salía. Y a la noche cuando regresaba, nientras se afeitaba, así nos relataba:
Para decirles la verdad hacer las bombas "A" es un juego de niños. Hacerlas explotar se hace sin pensar, me lleva apenas seis semanas. En cuanto a las bombas "Napalm", si he de decir verdad, son las que me atormentan, porque no alcanzan más que un radio de acción de cuatro metros con cincuenta. Hay algo que no anda bien. Volveré para el taller.
Dedicó toda su vida y su sabiduría a tal experimento. Ni su madre, cuando puso cohetes en su cama, pudo distraerlo. Hasta el día en que probaba si un tornillo andaba y le explotó en la cara y, cubierto por las gasas, tomando tisanas, así se lamentaba:
A medida que envejezco yo me avivo más que mi cerebro falla. Si he de decirles la verdad yo que en lugar de sesos tengo salsa blanca. Tanto tiempo que he perdido queriendo extender el radio de mi bomba sin haberme dado cuenta que lo que interesa es dónde se coloca. Hay algo que no anda bien. Volveré para el taller.
El día en que se enteraron los Jefes de Estado fueron de visita. Y el tío se lamentaba de que su inventiva fuera tan chiquita. Enseguida que entraron él cerró la puerta y les dijo "Cuidado!" y cuando la bomba explotó de esos personajes ni sombra quedó.
Mi tío frente al resultado y sin desanimarse se hizo bien el burro. Mas luego, frente al tribunal, al ser interrogado, se-se puso tartamudo: "Señores, a decir verdad, fue por casualidad que yo metí la pata. Mas juro ante dios que amasijándolos he servido a la Patria".
El Jurado lo entendió, primero le condenó y después le absolvió. La población, en agradecimiento, instantáneamente le hizo un monumento.
Versión de Alain GoraguerLibellés : Boris Vian |
posted by Alfil @ 5:00 AM  |
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| Alfred de Vigny -La bouteille à la mer- |
| mardi, mai 11, 2004 |
La bouteille à la mer Alfred de Vigny (1797–1863)
I Courage, ô faible enfant de qui ma solitude Reçoit ces chants plaintifs, sans nom, que vous jetez Sous mes yeux ombragés du camail de l’étude, Oubliez les enfants par la mort rrêtés; Oubliez Chatterton, Gilbert et Malfilâtre; De l’œuvre d’avenir saintement ildolâtre;, Enfin, oubliez l’homme en vous-même.—Écoutez:
II Quand un grave marin voit que le vent l’emporte Et que les mâts brisés pendent tous sur le pont, Que dans son grand duel la mer est la plus forte Et que par des calculs l’esprit en vain répond; Que le courant l’écrase et le roule en sa course, Qu’il est sans gouvernail, et, partant, sans ressource, Il se croise les bras dans un clame profond.
III Il voit les masses d’eau, les toise et les mesure, Les méprise en sachant qu’il en est écrasé, Soumet son âme au poids de la matière impure Et se sent mort ainsi que son vaisseau rasé. —A de certains moments, l’âme est sans résistance; Mais le penseur s’isole et n’attend d’assistance Que de la forte foi dont il est embrasé.
IV Dans les heures du soir, le jeune Capitaine A fait ce qu’il a pu pour le salut des siens. Nul vaisseau n’appararaît sur la vague lointaine, La nuit tombe, et le brick court aux rocs indiens. —Il se résigne, il prie; il se recueille, il pense A celui qui soutient les pôles et balance L’équateur hérissé des longs méridiens.
V Son sacrifice est fait; mais il faut que la terre Recueille du travail le pieux monument. C’est le journal savant, le calcul solitaire, Plus rare que la perle et que le diamant; C’est la carte des flots faite dans la tempête, La carte de l’écueil qui va briser sa tête: Aux voyageurs futurs sublime testament.
VI Il écrit: ‘Aujourd’hui, le courant nous entraîne, Désemparés, perdus, sur la Terre-de-Feu. Le courant porte à l’est. Notre morte est certaine: Il faut cingler au nord pour bien passer ce lieu. —Ci-joint est mon journal, portant quelques études Des constellations des hautes latitudes. Qu’il aborde, si c’est la volonté de Dieu!’
VII Puis, immobile et froid, comme le cap des brumes Qui sert de sentinelle au détroit Magellan, Sombre comme ces rocs au front chargé d’écumes, Ces pics noirs dont chacun porte un deuil castillan, Il ouvre une bouteille et la choisit très forte, Tandis que son vaisseau que le courant emporte Tourne en un cercle étroit comme un vol de milan.
VIII Il tient dans une main cette vieille compagne, Ferme, de l’autre main, son flanc noir et terni. Le cachet porte encor le blason de Champagne: De la mousse de Reims son col vert est jauni. D’un regard, le marin en soi-même rappelle Quel jour il assembla l’équipage autour d’elle, Pour porter un grand toste au pavillon béni.
IX On avait mis en panne, et c’était grande fête; Chaque homme sur son mât tenait le verre en main; Chacun à son signal se découvrit la tête, Et répondit d’en haut par un hourra soudain. Le soleil souriant dorait les voiles blanches; L’air ému répétait ces voix mâles et franches, Ce noble appel de l’homme à son pays lointain.
X Après le cri de tous, chacun rêve en silence. Dans la mousse d’Aï luit l’éclair d’un bonheur; Tout au fond de son verre il aperçoit la France. La France est pour chacun ce qu’y laissa son cœur: L’un y voit son vieux père assis au coin de l’âtre, Comptant ses jours d’absence; à la table du pâtre, Il voit sa chaise vide à côté de sa sœur.
XI Un autre y voit Paris, où sa fille penchée Marque avec les compas tous les souffles de l’air, Ternit de pleurs la glace où l’aiguille est cachée, Et cherche à ramener l’aimant avec le fer. Un autre y voit Marseille. Une femme se lève, Court au port et lui tend un mouchoir de la grève, Et ne sent pas ses pieds enfoncés dans la mer.
XII O superstition des amours ineffables, Murmures de nos cœurs qui nous semblez des voix, Calculs de la science, ô décevantes fables! Pourquoi nous apparaître en un jour tant de fois? Pourquoi vers l’horizon nous tendre ainsi des pièges? Espérances roulant comme roulent les neiges; Globes toujours pétris et fondus sous nos doigts!
XIII Où sont-ils à présent? où sont ces trois cents braves? Renversés par le vent dans les courants maudits, Aux harpons indiens ils portent pour épaves Leurs habits déchirés sur leurs corps refroidis, Les savants officiers, la hache à la ceinture, Ont péri les premiers en coupant la mâture: Ainsi, de ces trois cents il n’en reste que dix!
XIV Le capitaine encor jette un regard au pôle Dont il vient d’explorer les détroits inconnus. L’eau monte à ses genoux et frappe son épaule; Il peut lever au ciel l’un de ses deux bras nus. Son navire est coulé, sa vie est révolue: Il lance la Bouteille à la mer, et salue Les jours de l’avenir qui pour lui sont venus.
XV Il sourit en songeant que ce fragile verre Portera sa pensée et son nom jusqu’au port; Que d’une île inconnue il agrandit la terre; Qu’il marque un nouvel astre et le confie au sort: Que Dieu peut bien permettre à des eaux insensées De perdre des vaisseaux, mais non pas des pensées; Et qu’avec un flacon il a vaincu la mort.
XVI Tout est dit. A présent, que Dieu lui soit en aide! Sur le brick englouti l’onde a pris son niveau. Au large flot de l’est le flot de l’ouest succède, Et la Bouteille y roule en son vaste berceau. Seule dans l’Océan la frêle passagère N’a pas pour se guider une brise légère; Mais elle vient de l’arche et porte le rameau.
XVII Les courants l’emportaient, les glaçons la retiennent Et la couvrent des plis d’un épais manteau blanc. Les noirs chevaux de mer la heurtent, puis reviennent La flairer avec crainte, et passent en soufflant. Elle attend que l’été, changeant ses destinées, Vienne ouvrir le rempart des glaces obstinées, Et vers la ligne ardente elle monte en roulant.
XVIII Un jour, tout était calme et la mer Pacifique, Par ses vagues d’azur, d’or et de diamant, Renvoyait ses splendeurs au soleil du tropique. Un navire y passait majestueusement; Il a vu la Bouteille aux gens de mer sacrée: Il couvre de signaux sa flamme diaprée, Lance un canot en mer et s’arrête un moment.
XIX Mais on entend au loin le canon des Corsaires; Le Négrier va fuir s’il peut prendre le vent. Alerte! et coulez bas ces sombres adversaires! Noyez or et bourreaux du couchant au levant! La frégate reprend ses canots et les jette En son sein, comme fait la sarigue inquiète, Et par voile et vapeur vole et roule en avant.
XX Seule dans l’Océan, seule toujours!—Perdue Comme un point invisible en un mouvant désert, L’aventurière passe errant dans l’étendue, Et voit tel cap secret qui n’est pas découvert. Tremblante voyageuse à flotter condamnée, Elle sent sur son col que depuis une année L’algue et les goémons lui font un manteau vert.
XXI Un soir enfin, les vents qui soufflent des Florides L’entraînent vers la France et ses bords pluvieux. Un pêcheur accroupi sous des rochers arides Tire dans ses filets le flacon précieux. Il court, cherche un savant et lui montre sa prise, Et, sans l’oser ouvrir, demande qu’on lui dise Quel est cet élixir noir et mystérieux.
XXII Quel est cet élixir? Pêcheur, c’est la science, C’est l’élixir divin que boivent les esprits, Trésor de la pensée et de l’expérience; Et si tes lourds filets, ô pêcheur, avaient pris L’or qui toujours serpete aux veines du Mexique, Les diamants de l’Inde et les perles d’Afrique, Ton labeur de ce jour aurait eu moins de prix.
XXIII Regarde.—Quelle joie ardente et sérieuse! Une gloire de plus luit dans la nation. Le canon tout-puissant et la cloche pieuse Font sur les toits tremblants bondir l’émotion. Aux héros du savoir plus qu’à ceux des batailles On va faire aujourd’hui de grandes funérailles. Lis ce mot sur les murs: ‘Commémoration!’
XXIV Souvenir éternel! gloire à la découverte Dans l’homme ou la nature, égaux en profondeur, Dans le Juste et le Bien, source à peine entr’ouverte. Dans l’Art inépuisable, abîme de splendeur! Qu’importe oubli, morsure, injustice insensée, Glaces et tourbillons de notre traversée? Sur la pierre des morts croît l’arbre de grandeur.
XXV Cet arbre est le plus beau de la terre promise, C’est votre phare à tous, Penseurs laborieux! Voguez sans jamais craindre ou les flots ou la brise Pour tout trésor scellé du cachet précieux. L’or pur doit surnager, et sa gloire est certaine: Dites en souriant comme ce capitaine: ‘Qu’il aborde, si c’est a volonté des dieux!’
XXVI Le vrai Dieu, le Dieu fort, est le Dieu des idées. Sur nos fronts sù le germe est jeté par le sort, Répandons le Savoir en fécondes ondées; Puis, recueillant le fruit tel que de l’âme il sort, Tout empreint du parfum des saintes solitudes, Jetons l’œuvre à la mer, la mer des multitudes: —Dieu la prendra du doigt pour la conduire au port.
La botella en el mar
I Ten valor, débil niño, tú que a mi soledad" mandas cantos quejosos y sin nombre, que arrojas ante mis resguardados ojos de hombre de estudio. No recuerdes a aquellos que la muerte truncó: Chatterton y Gilbert, Malfilátre; de la obra del futuro no dejes de ser un santo idólatra, las miserias del hombre que hay en ti olvida. Escucha.
II Cuando un grave marino ve que el viento le lleva con los mástiles rotos, cuando ve que en el duelo que sostiene es el mar el más fuerte adversario, y que en vano su ingenio sus recursos convoca; que la fuerza del agua le sumerge y le arrastra, que ha perdido el timón y con él todo rumbo, se refugia en su calma y se cruza de brazos.
III Ve los líquidos montes, con sus ojos los mide, los desprecia sabiendo que le van a engullir, toda su alma somete a la impura materia, sabe que va a morir al igual que su barco. Porque a veces el alma resistir ya no puede; mas quien piensa se aísla y tan sólo la fe de los fuertes le alienta y le presta socorro.
IV Ya en la noche aquel joven capitán ha hecho todo lo que estaba en su mano por salvar a los suyos. Ni una vela aparece en las ondas lejanas, todo es sombra y el brick va hacia las rocas indias. Se resigna, ahora reza; y medita en Aquel que sostiene los polos y que eriza con largos meridianos la línea ceñidora del mundo.
V Presto está al sacrificio; mas la tierra precisa recoger del trabajo aquel fiel testimonio. Es el diario estudioso de su afán solitario que valdrá mucho más que el diamante y la perla; es la carta marina que trazó en la tormenta, y hay en ella el peñasco donde va a naufragar, testamento sublime al futuro viajero.
VI «Hoy», escribe, «nos lleva la corriente del mar a la Tierra del Fuego, ya sin rumbo, perdidos. Nos empuja hacia el este. Nuestra muerte es segura: que se single hacia el norte evitando el escollo. Acompaño mi diario que contiene un estudio de las constelaciones de esta parte del cielo. ¡Que alguien pueda encontrarlo si así Dios lo dispone!
VII Luego, inmóvil y frío, como el cabo brumoso, centinela que guarda el estrecho del sur, al igual que esas peñas revestidas de espuma, negros picos con luto por algún español, abre al fin la botella que parece más fuerte, cuando el barco, arrastrado por la fuerza del agua, gira en círculo igual que un milano que vuela. Una mano sostiene a la fiel compañera, cierra con la otra mano su negruzca abertura, todavía el escudo de Champaña en el lacre; hay espuma de Reims en su cuello verdoso. Y al mirarla el marino rememora aquel día cuando aquella botella reunió a todos sus hombres para un brindis solemne a la enseña bendita
IX Se quedaron al pairo celebrando una fiesta, todos los tripulantes con un vaso en la mano; cuando él dio la señal todos se descubrieron prorrumpiendo en un hurra como una sola voz. La sonrisa del sol blancas velas doraba; repetían los aires aquel grito viril noblemente invocando a la patria lejana.
X Tras el hurra quedaron meditando en silencio. En la espuma de Aï hay fulgores de dicha; en el fondo del vaso todos ven a la Francia, lo que en ella dejaron al partir con dolor: uno a su padre anciano, junto al fuego, contando por los días su ausencia; ve también en la mesa un silla vacía junto a la de su hermana.
XI Ve París quien contempla a su hija observando la medida de todas las corrientes del aire, y empañando con lágrimas el cristal de la aguja, mientras trata de unir el imán con el hierro." Otro allí ve Marsella. La mujer corre al puerto y en la playa le tiende un pañuelo, insensible a sus pies que el mar baña al subir la marea.
XII ¡Simulacros de amores inefables, murmullos de las almas sonoras como si fueran voces, oh el recurso a la ciencia, o engañosa ficción! ¿Por qué así os repetís tantas veces al día? ¿Por qué sois espejismos en el ciego horizonte? ¡Esperanzas de nieve que se amasan sin tregua y se funden dejando nuestras manos vacías!
XIII Los trescientos valientes, ¿dónde están? Derribados por el viento en el seno de corrientes malditas, presa de arpones indios, en sus cuerpos helados sólo quedan jirones de su azul uniforme; y antes que ellos murieron, su destral en el cinto, oficiales muy doctos que cortaban los mástiles. ¡Y de aquellos trescientos sólo diez sobreviven!
XIV Ahora vuelve sus ojos el capitán al polo del que acaba de ver los ignotos estrechos. Está hundido en el agua, que le llega a los hombros y aún un brazo desnudo hacia el cielo levanta. Su navío naufraga y su vida concluye: lanza al mar la botella y al hacerlo saluda al futuro que sabe que ahora empieza para él.
XV Y sonríe al pensar que aquel vidrio tan frágil llevará su mensaje y su nombre hasta el puerto; que es como una isla nueva que así agranda la tierra; que confía aquel astro descubierto a la suerte; que Dios puede dejar que unas aguas absurdas hundan barcos mas no pensamientos también; y que con la botella ha vencido a la muerte.
XVI
Dicho está. ¡Que Dios quiere acudir en su ayuda! Todo el brick anegado queda ya bajo el agua. De un océano pasa a otro océano, flota la botella mecida en su cuna vastísima. Sola en medio del mar esa frágil viajera sólo tiene por guía una brisa muy leve; mas procede del arca, lleva un ramo de olivo.
XVII Las corrientes la empujan, la detienen los hielos y la cubren con pliegues de su manto blanquísimo; y con ella tropiezan los caballos de mar, la olfatean con susto, resoplando se alejan. El verano, instrumento del destino cambiante, rompe al fin la muralla de los hielos porfiados, y flotando se acerca al ardiente Ecuador.
XVIII Cierto día en que todo era calma en el mar, cuyas olas de azul, de diamante y doradas su esplendor devolvía a los soles del trópico majestuoso un navío por allí hacía rumbo; la botella es sagrada para el hombre de mar y al instante su flámula se cubrió de señale! se detiene y un bote es lanzado a las aguas.
XIX Pero se oye a lo lejos el cañón del corsario; el negrero va a huir con la ayuda del viento. ¡Zafarrancho! Abatid al siniestro enemigo. ¡Hundid oro y verdugos de poniente a levante! La fragata sus botes recupera, los mete en su seno cual ágil zarigüeya, y a impulsos de la vela y vapor se apresura a singlar.
XX ¡Siempre sola en el mar, siempre sola, perdida como un punto invisible en el móvil desierto! La viajera errabunda sigue abriéndose paso y ve vírgenes tierras aún ignotas a todos. Temblorosa, parece condenada a flotar, y descubre en su cuello que de un año a esta parte ovas y algas le han hecho como un manto verdoso.
XXI Una noche por fin vientos de las Floridas hacia Francia la empujan, y en sus costas lluviosas al pie de peñas áridas hay un buen pescador que en sus redes recoge la valiosa botella. Busca a un sabio corriendo y le muestra el tesoro que no se atreve a abrir y pregunta cuál es aquel negro elixir que contiene el misterio.
XXII
¿Qué elixir es aquél? Pescador, es la ciencia. Es divino elixir que el espíritu bebe, pensamiento, experiencias que son todo un tesoro. Pescador, si en la malla de tus redes cogieras todo el oro serpeante por las venas de México, los diamantes de la India y las perlas del África, tu trabajo aquel día fuese menos valioso.
XXIII ¡Oh, contempla qué júbilo tan ardiente y tan grave! Ahora brilla en la patria otro nombre glorioso. El cañón poderoso y la pía campana su emoción comunican por el aire que tiembla. Funerales solemnes hoy habrá por los héroes del más arduo saber, no por gestas guerreras, las paredes lo dicen: «Un recuerdo en su honor.»
XXIV ¡Oh, recuerdo perenne! Gloria al que ha descubierto algo humano o del mundo, los dos grandes misterios, lo que es justo y el Bien, fuentes mal conocidas, o el espléndido abismo insondable del Arte. Poco importa el olvido, la injusticia insensata, remolinos y hielos de la gran travesía. Sobre la última losa crece el árbol glorioso.
XXV Otro no hay en la tierra prometida más bello, es el faro de todos, pensadores tenaces. Navegad sin temer ni las olas ni el viento bien sellado el tesoro con el lacre precioso. Pues tal oro no se hunde y su gloria es segura; decid, pues, sonriendo, como aquel capitán: ¡Que alguien pueda encontrarlo si los dioses lo quieren! »
XXVI Yo sé bien que el Dios fuerte es el Dios de la idea. Si la suerte arrojó en la frente su germen, el Saber extendamos en fecunda oleada; recojamos el fruto tal cual sale del alma, perfumado de santas soledades, y entonces arrojemos nuestra obra a los mares del mundo: Dios hará que algún día llegue a puerto seguro.Libellés : Alfred de Vigny |
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| Alfred de Vigny -La colère de Samson- |
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La colère de Samson Alfred de Vigny (1797-1863)
Le désert est muet, la tente est solitaire. Quel Pasteur courageux la dressa sur la terre Du sable et des lions? - La nuit n'a as calmé La fournaise du jour dont l'air est enflammé. Un vent léger s'élève à l'horizon et ride Les flots de la poussière ainsi qu'un lac limpide. Le lin blanc de la tente est bercé mollement ; L'oeuf d'autruche allumé veille paisiblement, Des voyageurs voilés intérieure étoile, Et jette longuement deux ombres sur la toile.
L'une est grande et superbe, et l'autre est à ses pieds : C'est Dalila, l'esclave, et ses bras sont liés Aux genoux réunis du maître jeune et grave Dont la force divine obéit à l'esclave. Comme un doux léopard elle est souple, et répand Ses cheveux dénoués aux pieds de son amant. Ses grands yeux, entr'ouverts comme s'ouvre l'amande, Sont brûlants du plaisir que son regard demande, Et jettent, par éclats, leurs mobiles lueurs. Ses bras fins tout mouillés de tièdes sueurs, Ses pieds voluptueux qui sont croisés sous elle, Ses flancs plus élancés que ceux de la gazelle, Pressés de bracelets, d'anneaux, de boucles d'or, Sont bruns ; et, comme il sied aux filles de Hatsor, Ses deux seins, tout chargés d'amulettes anciennes, Sont chastement pressés d'étoffes syriennes.
Les genoux de Samson fortement sont unis Comme les deux genoux du colosse Anubis. Elle s'endort sans force et riante et bercée Par la puissante main sous sa tête placée. Lui, murmure ce chant funèbre et douloureux Prononcé dans la gorge avec des mots hébreux. Elle ne comprend pas la parole étrangère, Mais le chant verse un somme en sa tête légère.
" Une lutte éternelle en tout temps, en tout lieu Se livre sur la terre, en présence de Dieu, Entre la bonté d'Homme et la ruse de Femme. Car la Femme est un être impur de corps et d'âme.
L'Homme a toujours besoin de caresse et d'amour, Sa mère l'en abreuve alors qu'il vient au jour, Et ce bras le premier l'engourdit, le balance Et lui donne un désir d'amour et d'indolence. Troublé dans l'action, troublé dans le dessein, Il rêvera partout à la chaleur du sein, Aux chansons de la nuit, aux baisers de l'aurore, A la lèvre de feu que sa lèvre dévore, Aux cheveux dénoués qui roulent sur son front, Et les regrets du lit, en marchant, le suivront. Il ira dans la ville, et là les vierges folles Le prendront dans leurs lacs aux premières paroles. Plus fort il sera né, mieux il sera vaincu, Car plus le fleuve est grand et plus il est ému. Quand le combat que Dieu fit pour la créature Et contre son semblable et contre la Nature Force l'Homme à chercher un sein où reposer, Quand ses yeux sont en pleurs, il lui faut un baiser. Mais il n'a pas encor fini toute sa tâche. - Vient un autre combat plus secret, traître et lâche ; Sous son bras, sous son coeur se livre celui-là, Et, plus ou moins, la Femme est toujours Dalila.
Elle rit et triomphe ; en sa froideur savante, Au milieu de ses soeurs elle attend et se vante De ne rien éprouver des atteintes du feu. A sa plus belle amie elle en a fait l'aveu : " Elle se fait aimer sans aimer elle-même. " Un Maître lui fait peur. C'est le plaisir qu'elle aime, " L'Homme est rude et le prend sans savoir le donner. " Un sacrifice illustre et fait pour étonner " Rehausse mieux que l'or, aux yeux de ses pareilles, " La beauté qui produit tant d'étranges merveilles " Et d'un sang précieux sait arroser ses pas. "
- Donc ce que j'ai voulu, Seigneur, n'existe pas. - Celle à qui va l'amour et de qui vient la vie, Celle-là, par Orgueil, se fait notre ennemie. La Femme est à présent pire que dans ces temps Où voyant les Humains Dieu dit : Je me repens ! Bientôt, se retirant dans un hideux royaume, La Femme aura Gomorrhe et l'Homme aura Sodome, Et, se jetant, de loin, un regard irrité, Les deux sexes mourront chacun de son côté.
Eternel ! Dieu des forts ! vous savez que mon âme N'avait pour aliment que l'amour d'une femme, Puisant dans l'amour seul plus de sainte vigueur Que mes cheveux divins n'en donnaient à mon coeur. - Jugez-nous. - La voilà sur mes pieds endormie. - Trois fois elle a vendu mes secrets et ma vie, Et trois fois a versé des pleurs fallacieux Qui n'ont pu me cacher a rage de ses yeux ; Honteuse qu'elle était plus encor qu'étonnée De se voir découverte ensemble et pardonnée. Car la bonté de l'Homme est forte, et sa douceur Ecrase, en l'absolvant, l'être faible et menteur.
Mais enfin je suis las. - J'ai l'aine si pesante, Que mon corps gigantesque et ma tête puissante Qui soutiennent le poids des colonnes d'airain Ne la peuvent porter avec tout son chagrin.
Toujours voir serpenter la vipère dorée Qui se traîne en sa fange et s'y croit ignorée ; Toujours ce compagnon dont le coeur n'est pas sûr, La Femme, enfant malade et douze fois impur ! - Toujours mettre sa force à garder sa colère Dans son coeur offensé, comme en un sanctuaire D'où le feu s'échappant irait tout dévorer, Interdire à ses yeux de voir ou de pleurer, C'est trop ! - Dieu s'il le veut peut balayer ma cendre, J'ai donné mon secret ; Dalila va le vendre. - Qu'ils seront beaux, les pieds de celui qui viendra Pour m'annoncer la mort ! - Ce qui sera, sera ! "
Il dit et s'endormit près d'elle jusqu'à l'heure Où les guerriers, tremblant d'être dans sa demeure, Payant au poids de l'or chacun de ses cheveux, Attachèrent ses mains et brûlèrent ses yeux, Le traînèrent sanglant et chargé d'une chaîne Que douze grands taureaux ne tiraient qu'avec peine, La placèrent debout, silencieusement, Devant Dagon leur Dieu qui gémit sourdement Et deux fois, en tournant, recula sur sa base Et fit pâlir deux fois ses prêtres en extase ; Allumèrent l'encens ; dressèrent un festin Dont le bruit s'entendait du mont le plus lointain, Et près de la génisse aux pieds du Dieu tuée Placèrent Dalila, pâle prostituée, Couronnée, adorée et reine du repas, Mais tremblante et disant : Il ne me verra pas!
Terre et Ciel ! avez-vous tressailli d'allégresse Lorsque vous avez vu la menteuse maîtresse Suivie d'un oeil hagard les yeux tachés de sang Qui cherchaient le soleil d'un regard impuissant ?
Et quand enfin Samson secouant les colonnes Qui faisaient le soutien des immenses Pylônes Ecrasant d'un seul coup sous les débris mortels Ses trois mille ennemis, leurs Dieux et leurs autels ? -
Terre et Ciel ! punissez par de telles justices La trahison ourdie en es amours factices Et la délation du secret de nos coeurs Arraché dans nos bras par des baisers menteurs !
La cólera de Sansón
Está mudo el desierto, solitaria la tienda. ¿Qué animoso pastor la plantó en un lugar de arenales y fieras? No ha calmado la noche esa hoguera del día que inflamaba los aires. Se levanta una brisa muy ligera que arruga grandes mares de polvo como un límpido lago. El blanquísimo lino de la tienda se agita. Un candil encendido está en vela alumbrando como estrella interior a los dos viajeros y proyecta sus sombras alargadas y trémulas.
Una es grande y soberbia, la otra yace a sus pies: es Dalila, la esclava, abrazando sumisa las rodillas de aquel amo joven y grave cuya fuerza divina a la esclava obedece. Como un manso leopardo es elástica, vierte destrenzado el cabello a los pies de su amante. Entreabiertos los ojos como se abre la almendra, son cual brasas que piden el placer al mirar, despidiendo fulgores de luz móvil e inquieta. Son morenos sus brazos que un sudor tibio cubre, y sus pies voluptuosos que se cruzan ocultos, sus caderas, más finas que las de una gacela, brazaletes la adornan, broches de oro y ajorcas, y según se acostumbra en Jasor y su reino, sus dos pechos cargados de amuletos antiguos castamente se esconden bajo telas de Siria.
Sanson junta con fuerza sus rodillas, igual que hace Anubis, coloso de rodillas de piedra. Ella al fin se adormece, muy risueña y mecida por la mano gigante que le sirve de almohada. Él un fúnebre canto doloroso murmura, su garganta se llena de palabras hebreas. La mujer no comprende esos sones extraños que son como un hechizo que la sume en el sueño. «Un eterno combate en la tierra se libra en presencia de Dios: la bondad, que es el Hombre y el ardid, la Mujer, puesto que es la Mujer una impura criatura por su cuerpo y por su alma.
Siempre amor y caricias necesitan los hombres, al nacer les prodiga las caricias su madre, y los brazos maternos aletargan, les dan un deseo perenne de indolencia y de amor. Mientras obra o medita algo en sí le perturba, siempre sueña que un pecho o un regazo le acogen, que le mecen canciones por la noche, que un beso le despierta en la aurora, que unos labios de fuego hacen que ardan sus labios, .que unos sueltos cabellos voluptuosos resbalan cual caricia en su frente, y el recuerdo de un lecho por doquier va a seguirle. Cuando va a la ciudad, unas vírgenes necias" sin más que unas palabras le harán suyo en sus redes. Cuanto más fuerte sea, su caída es más fácil, pues si el río es mayor más se agitan sus aguas. Cuando el Hombre combate la batalla que Dios le hace siempre librar contra el mundo y su prójimo, y después busca un pecho que le sirva de apoyo, cuando lloran sus ojos, lo que busca es un beso. Pero entonces aún su tarea no acaba, pues hay otro combate más secreto y más ruin; dentro de él y en sus brazos otra lucha le espera; la Mujer será siempre más o menos Dalila.
«Ríe y triunfa; en su artera frialdad, cuando está de mujeres rodeada, en la espera se jacta de que nunca aquel fuego hace presa en su cuerpo. Y a su amiga más fiel algún día confiesa que ha de hacerse amar mucho sin amar ella misma; tiene miedo a los amos. Lo que quiere es placer: son tan toscos los hombres que aunque saben sentirlo darlo ya no lo saben. Sacrificio asombroso que más que oro realza a los ojos de todas la belleza que da maravillas por fruto y que riega sus pasos con la sangre más noble. -¡Oh, Señor! ¡Luego es cierto que lo que tanto quise no ha existido jamás, y que el ser elegido a quien va nuestro amor, de quien viene la vida, por orgullo termina por ser nuestro enemigo! La Mujer es ahora aún peor que en los tiempos en que al ver a los hombres dijo Dios: "¡Me arrepiento!"
Retirándose a un reino espantoso tendrán las mujeres Gomorra y los hombres Sodoma. Y mirándose así, desde lejos, coléricos, morirán los dos sexos cada cual por su lado.
»¡Dios eterno, Dios fuerte! Tú que sabes que mi alma se nutría tan sólo de un amor de mujer, y que más fortaleza santa daba este amor que el cabello divino fuerza daba a mi pecho, juzga Tú, aquí la tienes ya dormida a mis pies. Por tres veces vendió mi secreto y mi vida, y ha vertido tres veces ese llanto falaz tras del cual adivino el furor de sus ojos; con vergüenza aún mayor que su propia sorpresa, descubierta por mí y a la vez perdonada; porque nada más fuerte que la bondad del Hombre, que anonada absolviendo al ser débil que miente.
»Ahora el tedio me vence. Siento un peso en el alma que mi cuerpo gigante y mi fuerte cabeza que sostienen el peso de columnas de bronce ya no pueden llevar por congoja insufrible. Ver serpear junto a mí esa víbora de oro que se arrastra en su fango y que cree estar oculta. ¡Compañera que tiene corazón traicionero, oh, Mujer, niña enferma doce veces impura! Tener siempre que estar encerrando la cólera en un pecho ofendido, como en un santuario, un lugar entre llamas que, si se abren las puertas, puede todo arrasar; prohibir a los ojos el que vean o lloren. ¿No es acaso excesivo? Sopla, Dios, si lo quieres, en mi pobre ceniza. Mi secreto ya es suyo, ella va a traicionarme. Son hermosos los pies del que venga hasta aquí a anunciarme la muerte. ¡Sea lo que ha de ser! »
Así dijo y quedó a su lado dormido, hasta que, temblorosos, los guerreros ocultos, que pagaron a peso de oro cada cabello, fueron a atar sus manos y quemaron sus ojos, le arrastraron cargado de una inmensa cadena de la cual doce toros con esfuerzo tiraban, le pusieron de pie, y en silencio quedó ante aquel dios, Dagón, que gimió sordamente, y dos veces, girando, se hizo atrás en su base y llenó de terror a sus adoradores, encendieron incienso y hubo luego un festín cuyos ecos se oyeron en lejanas montañas; la ternera ofrendaron a su dios, y muy cerca se sentaba Dalila, meretriz palidísima, coronada, adorada, del banquete la reina, mas también temblorosa, y entre tanto alboroto repitiéndose: «Ahora nunca más me verá.»
¡Tierra y cielo! ¿Es que habéis retemblado de gozo viendo a aquella mujer traicionera que sigue con mirada extraviada las dos manchas de sangre que buscaban el sol con afán impotente? Finalmente Sansón sacudió las columnas que aguantaban el peso de unos arcos inmensos, y de golpe aplastó bajo ruinas mortales a tres mil enemigos, con su dios y su altar.
¡Tierra y cielo! Tal es la justicia que venga las traiciones urdidas en amores ficticios, el secreto del alma que se vende arrancado entre brazos y besos que son sólo traición.Libellés : Alfred de Vigny |
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| Alfred de Vigny -La maison du berger -I- |
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La maison du berger (I) Alfred de Vigny (1797-1863)
A Eva
Si ton coeur, gémissant du poids de notre vie, Se traîne et se débat comme un aigle blessé, Portant comme le mien, sur son aile asservie, Tout un monde fatal, écrasant et glacé ; S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle, S'il ne voit plus l'amour, son étoile fidèle, Eclairer pour lui seul l'horizon effacé ; Si ton âme enchaînée, ainsi que l'est mon âme, Lasse de son boulet et de son pain amer, Sur sa galère en deuil laisse tomber la rame, Penche sa tête pâle et pleure sur la mer, Et, cherchant dans les flots une route inconnue, Y voit, en frissonnant, sur son épaule nue La lettre sociale écrite avec le fer ;
Si ton corps frémissant des passions secrètes, S'indigne des regards, timide et palpitant ; S'il cherche à sa beauté de profondes retraites Pour la mieux dérober au profane insultant ; Si ta lèvre se sèche au poison des mensonges, Si ton beau front rougit de passer dans les songes D'un impur inconnu qui te voit et t'entend,
Pars courageusement, laisse toutes les villes ; Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin Du haut de nos pensers vois les cités serviles Comme les rocs fatals de l'esclavage humain. Les grands bois et les champs sont de vastes asiles, Libres comme la mer autour des sombres îles. Marche à travers les champs une fleur à la main.
La Nature t'attend dans un silence austère ; L'herbe élève à tes pieds son nuage des soirs, Et le soupir d'adieu du soleil à la terre Balance les beaux lys comme des encensoirs. La forêt a voilé ses colonnes profondes, La montagne se cache, et sur les pâles ondes Le saule a suspendu ses chastes reposoirs.
Le crépuscule ami s'endort dans la vallée, Sur l'herbe d'émeraude et sur l'or du gazon, Sous les timides joncs de la source isolée Et sous le bois rêveur qui tremble à l'horizon, Se balance en fuyant dans les grappes sauvages, Jette son manteau gris sur le bord des rivages, Et des fleurs de la nuit entrouvre la prison.
Il est sur ma montagne une épaisse bruyère Où les pas du chasseur ont peine à se plonger, Qui plus haut que nos fronts lève sa tête altière, Et garde dans la nuit le pâtre et l'étranger. Viens y cacher l'amour et ta divine faute ; Si l'herbe est agitée ou n'est pas assez haute, J'y roulerai pour toi la Maison du Berger.
Elle va doucement avec ses quatre roues, Son toit n'est pas plus haut que ton front et tes yeux La couleur du corail et celle de tes joues Teignent le char nocturne et ses muets essieux. Le seuil est parfumé, l'alcôve est large et sombre, Et là, parmi les fleurs, nous trouverons dans l'ombre, Pour nos cheveux unis, un lit silencieux.
Je verrai, si tu veux, les pays de la neige, Ceux où l'astre amoureux dévore et resplendit, Ceux que heurtent les vents, ceux que la mer assiège, Ceux où le pôle obscur sous sa glace est maudit .Nous suivrons du hasard la course vagabonde. Que m'importe le jour ? que m'importe le monde ? Je dirai qu'ils sont beaux quand tes yeux l'auront dit.
Que Dieu guide à son but la vapeur foudroyante Sur le fer des chemins qui traversent les monts, Qu'un Ange soit debout sur sa forge bruyante, Quand elle va sous terre ou fait trembler les ponts Et, de ses dents de feu, dévorant ses chaudières, Transperce les cités et saute les rivières, Plus vite que le cerf dans l'ardeur de ses bonds
Oui, si l'Ange aux yeux bleus ne veille sur sa route, Et le glaive à la main ne plane et la défend, S'il n'a compté les coups du levier, s'il n'écoute Chaque tour de la roue en son cours triomphant, S'il n'a l'oeil sur les eaux et la main sur la braise Pour jeter en éclats la magique fournaise, Il suffira toujours du caillou d'un enfant.
Sur le taureau de fer qui fume, souffle et beugle, L'homme a monté trop tôt. Nul ne connaît encor Quels orages en lui porte ce rude aveugle, Et le gai voyageur lui livre son trésor, Son vieux père et ses fils, il les jette en otage Dans le ventre brûlant du taureau de Carthage, Qui les rejette en cendre aux pieds du Dieu de l'or.
Mais il faut triompher du temps et de l'espace, Arriver ou mourir. Les marchands sont jaloux. L'or pleut sous les chardons de la vapeur qui passe, Le moment et le but sont l'univers pour nous. Tous se sont dit : " Allons ! " Mais aucun n'est le maître Du dragon mugissant qu'un savant a fait naître ; Nous nous sommes joués à plus fort que nous tous. Eh bien ! que tout circule et que les grandes cause Sur des ailes de feu lancent les actions, Pourvu qu'ouverts toujours aux généreuses choses, Les chemins du vendeur servent les passions. Béni soit le Commerce au hardi caducée, Si l'Amour que tourmente une sombre pensée Peut franchir en un jour deux grandes nations.
Mais, à moins qu'un ami menacé dans sa vie Ne jette, en appelant, le cri du désespoir, Ou qu'avec son clairon la France nous convie Aux fêtes du combat, aux luttes du savoir ; A moins qu'au lit de mort une mère éplorée Ne veuille encor poser sur sa race adorée Ces yeux tristes et doux qu'on ne doit plus revoir,
Evitons ces chemins. - Leur voyage est sans grâces, Puisqu'il est aussi prompt, sur ses lignes de fer, Que la flèche lancée à travers les espaces Qui va de l'arc au but en faisant siffler l'air. Ainsi jetée au loin, l'humaine créature Ne respire et ne voit, dans toute la nature, Qu'un brouillard étouffant que traverse un éclair.
On n'entendra jamais piaffer sur une route Le pied vif du cheval sur les pavés en feu ; Adieu, voyages lents, bruits lointains qu'on écoute, Le rire du passant, les retards de l'essieu, Les détours imprévus des pentes variées, Un ami rencontré, les heures oubliées L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu.
La distance et le temps sont vaincus. La science Trace autour de la terre un chemin triste et droit. Le Monde est rétréci par notre expérience Et l'équateur n'est plus qu'un anneau trop étroit. Plus de hasard. Chacun glissera sur sa ligne, Immobile au seul rang que le départ assigne, Plongé dans un calcul silencieux et froid. Jamais la Rêverie amoureuse et paisible N'y verra sans horreur son pied blanc attaché ; Car il faut que ses yeux sur chaque objet visible Versent un long regard, comme un fleuve épanché ; Qu'elle interroge tout avec inquiétude, Et, des secrets divins se faisant une étude, Marche, s'arrête et marche avec le col penché.
La casa del pastor (I)
A Eva
I Si está tu corazón por la vida abrumado, debatiéndose, a rastras como un águila herida, como el mío llevando en sus alas inútiles todo un mundo fatal, humillante y helado; si al latir se desangra por su llaga inmortal, si el amor ya no ve como estrella más fiel que antes le iluminaba el borrado horizonte;
Si está tu alma lo mismo que la mía en cadenas, harta de su grillete y de su amargo pan, abandona tu remo en la oscura galera e inclinándote llora sobre el agua del mar cual si en él encontrases un camino ignorado, y estremécete al ver en tus hombros desnudos esa marca infamante que escribieron con hierro...
Echa a andar con buen ánimo, deja atrás las ciudades; y en la senda que el polvo no mancille tus pies; desde altivas ideas ve ciudades serviles como peñas fatales que esclavizan al hombre. La campiña y los bosques son enormes refugios libres como los mares que islas negras abrazan. Anda a campo través una flor en la mano.
La Natura te espera entre austeros silencios; ve la hierba elevando esa bruma del véspero, y el suspiro de adiós que da el sol a la tierra mece todos los lirios incensando los campos. Mira el bosque que esconde sus columnas profundas, la montaña se oculta y sobre aguas muy pálidas han colgado los sauces sus castísimos palios.
El crepúsculo amigo en el valle se duerme entre hierbas doradas o color de esmeralda, sobre tímidos juncos de la fuente apartada, bajo el bosque entre sueños que a lo lejos vacila, titubea al huir en racimos silvestres, echa su capa gris a la orilla del río y entreabre la cárcel de las flores nocturnas.
Hay en mi alta montaña un espeso brezal por el cual el que caza casi no puede andar, su cabeza altanera nos domina a los hombres y en la noche custodia al pastor y al extraño. Ven y oculta el amor y tu culpa divina; si se agita la hierba o no está muy crecida voy a darte esta casa del pastor para ti.
Poco a poco camina sobre sus cuatro ruedas, su tejado es igual que tu frente y tus ojos; el color del coral, tu color de mejillas tiñe el carro nocturno y sus ejes sin voz. Perfumados umbrales y una alcoba en penumbra, y allá habrá bajo sombras y entre flores un lecho silencioso que acoja tu cabeza y la mía.
Si tú quieres, veré el país de la nieve, los que el astro amoroso` deslumbrante consume, los que azotan los vientos, los que asedia la mar, los del hielo, malditos por los polos oscuros," seguiremos los pasos del azar errabundo.
¿Qué me importa la luz? ¿Qué me importa la gente? Yo diré que son bellos si tus ojos lo dicen.
Que Dios guíe a su meta al vapor fulminante H por caminos de hierro que atraviesan los montes. Que haya un ángel erguido en su forja ruidosa cuando va bajo tierra o estremece los puentes, y con dientes de fuego que devoran calderas igual cruza ciudades que los ríos se salta, más veloz que los ciervos en sus brincos más ágiles.
Que por él vele un ángel con los ojos azules, que su espada proteja su andadura metálica. Si él no cuenta los golpes de palanca escuchando cada vuelta de rueda en su curso triunfal, si no cuida del agua y vigila las brasas, para hacer estallar esta mágica máquina basta siempre el guijarro de algún niño imprudente.
En el toro de fuego que resopla y que brama sube un hombre. Aún es pronto, nadie puede saber qué tormentas arrastra ese ciego tremendo, y el alegre viajero su tesoro le entrega, cual rehenes: sus hijos y un anciano, su padre, en el vientre ardoroso de la púnica bestia' que dará sus cenizas a algún dios hecho de oro.
Mas triunfemos del tiempo y con él del espacio, o llegar o morir. El Comercio es ansioso. El carbón del vapor llueve chispas doradas. El instante y la meta son la cifra del mundo. Adelante, decimos. Pero nadie domina el mugiente dragón al que un sabio dio vida, y si un día es indócil él va a ser el más fuerte.
Pues que todo circule y que las causas nobles con las alas del fuego así puedan obrar. Con tal que siempre abiertos a lo que es generoso sirvan al sentimiento los caminos de hierro. Y bendito el comercio del audaz caduceo si el amor que tortura una mente sombría atraviesa en un día dos inmensas naciones.
Pero a menos de ser un amigo en peligro que nos llame con gritos del mayor desespero, o que con su clarín Francia quiera invitarnos a las fiestas guerreras o a las luchas del sabio; a no ser que muriendo una madre llorosa sobre su amada estirpe aún quisiese posar su mirada final, la más triste y más dulce;
Evitemos su ruta. No hay encanto en el viaje, puesto que es tan veloz por su senda de hierro como flecha lanzada a través del espacio desde el arco a su blanco desgarrando los aires. Así el hombre, arrojado a una gran lejanía no respira y no ve del teatro del mundo más que niebla que cruzan mil centellas radiantes.
No oiremos piafar al caballo impaciente que convierte las losas en manojos de fuego: adiós, lentos viajes, ecos vagos que se oyen, risas de alguien que pasa, los retardos casuales, imprevistos recodos de las cuestas, amigos que se encuentran, olvido de las horas, la espera de llegar ya muy tarde a lugares agrestes.
La distancia y el tiempo se someten. La ciencia traza en torno a la tierra sendas tristes y rectas. Todo el mundo se achica según nuestra experiencia, y hasta el mismo Ecuador es un aro pequeño. No hay azar. Todos vamos por los rieles, inmóviles allí donde al partir nos fijaron el sitio, bien guiados por cálculos silenciosos y fríos.
Siempre el sueño amoroso y sereno verá con horror su pie blanco vinculado a esos viajes; pues precisan sus ojos verter largas miradas como un río crecido sobre todas las cosas, preguntando por todo con la rara inquietud de quien quiere escrutar los secretos divinos, avanzando, parándose, sin dejar de mirar.Libellés : Alfred de Vigny |
posted by Alfil @ 10:58 AM  |
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| Alfred de Vigny -La maison du berger -II- |
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La maison du berger (II) Alfred de Vigny (1797-1863)
Poésie ! ô trésor ! perle de la pensée ! Les tumultes du coeur, comme ceux de la mer, Ne sauraient empêcher ta robe nuancée D'amasser les couleurs qui doivent te former. Mais sitôt qu'il te voit briller sur un front mâle, Troublé de ta lueur mystérieuse et pâle, Le vulgaire effrayé commence à blasphémer.
Le pur enthousiasme est craint des faibles âmes Qui ne sauraient porter son ardeur ni son poids. Pourquoi le fuir ? - La vie est double dans les flammes. D'autres flambeaux divins nous brûlent quelquefois : C'est le Soleil du ciel, c'est l'amour, c'est la Vie ; Mais qui de les éteindre a jamais eu l'envie ? Tout en les maudissant, on les chérit tous trois. La Muse a mérité les insolents sourires Et les soupçons moqueurs qu'éveille son aspect. Dès que son oeil chercha le regard des Satyres, Sa parole trembla, son serment fut suspect, Il lui fut interdit d'enseigner la Sagesse. Au passant du chemin elle criait : Largesse ! Le passant lui donna sans crainte et sans respect.
Ah ! Fille sans pudeur ! Fille du Saint Orphée, Que n'as-tu conservé ta belle gravité ! Tu n'irais pas ainsi, d'une voix étouffée, Chanter aux carrefours impurs de la cité, Tu n'aurais pas collé sur le coin de ta bouche Le coquet madrigal, piquant comme une mouche, Et, près de ton oeil bleu, l'équivoque effronté.
Tu tombas dès l'enfance, et, dans la folle Grèce, Un vieillard, t'enivrant de son baiser jaloux, Releva le premier ta robe de prêtresse, Et, parmi les garçons, t'assit sur ses genoux. De ce baiser mordant ton front porte la trace ; Tu chantas en buvant dans les banquets d'Horace, Et Voltaire à la cour te traîna devant nous.
Vestale aux feux éteints ! les hommes les plus graves Ne posent qu'à demi ta couronne à leur front ; Ils se croient arrêtés, marchant dans tes entraves, Et n'être que poète est pour eux un affront. Ils jettent leurs pensers aux vents de la tribune, Et ces vents, aveuglés comme l'est la Fortune, Les rouleront comme elle et les emporteront.
Ils sont fiers et hautains dans leur fausse attitude ; Mais le sol tremble aux pieds de ces tribuns romains. Leurs discours passagers flattent avec étude La foule qui les presse et qui leur bat des mains Toujours renouvelé sous ses étroits portiques, Ce parterre ne jette aux acteurs politiques Que des fleurs sans parfums, souvent sans lendemains. Ils ont pour horizon leur salle de spectacle ; La chambre où ces élus donnent leurs faux combats Jette en vain, dans son temple, un incertain oracle, Le peuple entend de loin le bruit de leurs débats Mais il regarde encor le jeu des assemblées De l'oeil dont ses enfants et ses femmes troublées Voient le terrible essai des vapeurs aux cent bras.
L'ombrageux paysan gronde à voir qu'on dételle, Et que pour le scrutin on quitte le labour. Cependant le dédain de la chose immortelle Tient jusqu'au fond du coeur quelque avocat d'un jour. Lui qui doute de l'âme, il croit à ses paroles. Poésie, il se rit de tes graves symboles. Ô toi des vrais penseurs impérissable amour !
Comment se garderaient les profondes pensées Sans rassembler leurs feux dans ton diamant pur Qui conserve si bien leurs splendeurs condensées ? Ce fin miroir solide, étincelant et dur ; Reste des nations mortes, durable pierre ; Qu'on trouve sous ses pieds lorsque dans la poussière On cherche les cités sans en voir un seul mur.
Diamant sans rival, que tes feux illuminent Les pas lents et tardifs de l'humaine raison ! Il faut, pour voir de loin les Peuples qui cheminent, Que le Berger t'enchâsse au toit de sa Maison. Le jour n'est pas levé. - Nous en sommes encore Au premier rayon blanc qui précède l'aurore Et dessine la terre aux bords de l'horizon.
Les peuples tout enfants à peine se découvrent Par-dessus les buissons nés pendant leur sommeil, Et leur main, à travers les ronces qu'ils entr'ouvrent, Met aux coups mutuels le premier appareil. La barbarie encor tient nos pieds dans sa gaîne. Le marbre des vieux temps jusqu'aux reins nous enchaîne, Et tout homme énergique au dieu Terme est pareil.
Mais notre esprit rapide en mouvements abonde, Ouvrons tout l'arsenal de ses puissants ressorts. L'invisible est réel. Les âmes ont leur monde Où sont accumulés d'impalpables trésors. Le Seigneur contient tout dans m deux bras immenses, Son Verbe est le séjour de nos intelligences, Comme ici-bas l'espace est celui de nos corps.
La casa del pastor -II-
¡Oh, Poesía! ¡Oh, tesoro! ¡Oh, tú, perla mental! Los tumultos del pecho, las borrascas del mar no podrán impedir que tu ropa irisada junte tantos colores que al final te dan forma. Pero apenas te ven en la frente viril, ante el pálido brillo misterioso que tienes, todo el vulgo asustado lanza horribles blasfemias. Los espíritus débiles temen el puro ardor cuyo fuego acobarda. Mas, ¿por qué huir del fuego? Doblemente ardorosa es la vida entre llamas. Otros fuegos divinos nos consumen a veces: como el Sol de los cielos o el Amor o la Vida. Pero ¿quién ha querido apagarlos jamás? Maldecimos su ardor sin dejar de abrazarlos.
Bien merece la Musa la sonrisa insolente y el recelo burlón que provoca su aspecto. Cuando quiso atraer la mirada del sátiro su palabra tembló, quién creía en sus votos, y le fue prohibido seguir siendo saber. Cuando a todos pedía unas pocas monedas las monedas le daban sin temor ni respeto.
¡Moza impúdica, tú, hija de san Orfeo! ¿Por qué no sigues siendo bella y grave como antes?, ¿Por qué vas con voz ronca, por las encrucijadas más impuras cantando a través de ciudades? ¿Por qué has puesto en tus labios madrigales galantes y picantes, por qué ahora adornan tus ojos tan azules equívocos descarados y torpes?
Ya en tu misma niñez y en la Grecia alocada un ancianos` embriagándote con la fuerza del beso fue el primero en alzar tu sagrado ropaje, y como un mozo más te sentó en sus rodillas. De ese beso aún se ven en tu frente las huellas. Entre copas cantaste en banquetes de Horacio" y Voltaire en la corte te hizo ser diversión.
¡Renegada vestal! Los poetas más graves tu corona en su frente casi no osan ceñir; se avergüenzan, diríase, de seguirte los pasos, es afrenta para ellos ser tan sólo un poeta. Y así emplean sus dones en las altas tribunas, cuya fama, que es ciega, como lo es el Destino, va a arrastrarles con ella hasta hacer que se pierdan.
Orgullosos les vemos en su falsa actitud, cual tribunos romanos, pero pisan en falso. Sus discursos futiles buscan sólo el halago de la gente que escucha y que aplaude su voz; renovado sin tregua en lugar tan estrecho, este público arroja al político actor flores sin su perfume, ya marchitas mañana.
Su horizonte es la sala donde dan espectáculo; allí los elegidos sus combates simulan y en su templo pronuncian el oráculo incierto; oye el pueblo de lejos el rumor del debate, pero gusta mirar la asamblea y sus juegos como miran con susto las mujeres y niños la terrible experiencia del vapor de cien brazos.
Frunce el ceño el labriego al ver que dan de mano, que se deja el trabajo para hacer escrutinios. Sin embargo el desdén por la cosa inmortal' está muy arraigado en algún picapleitos. Él, que duda del alma, tiene fe en sus palabras. Poesía, él se mofa de tus símbolos graves, ¡oh tú, amor perdurable del que sí es pensador!
¿Cómo pueden guardarse las ideas profundas si su luz no se encierra en tu puro diamante, que conserva tan bien su fulgor concentrado? Este sólido espejo, deslumbrante y durísimo, es la piedra salvada de las muertas naciones, la que puede encontrarse cuando en medio del polvo alguien busca ciudades sin ver de ellas ni un muro.
¡Oh, diamante sin par, que tu brillo ilumine esos pasos tan lentos de la humana Razón! Para ver desde lejos el andar de los pueblos que te engaste el pastor en sus altos tejados. Todavía es de noche. Es aún el momento de la luz que se anuncia precediendo a la aurora y dibuja la tierra frente al amplio horizonte.
Aún muy niños los pueblos se descubren apenas entre breñas nacidas mientras ellos dormían, y su mano, a través de las zarzas que apartan, restañar se proponen sus heridas recíprocas. La barbarie aún nos tiene muy sujetos los pies. Medio cuerpo es de piedra por antiguas edades, y es igual que el dios Término cualquier hombre animosos.
Mas también nuestro espíritu sobreabunda en impulsos; empleemos a fondo el poder de sus medios. Lo invisible es real. Tiene el alma su mundo con tesoros sin cuento que no pueden palparse. Todo está en el Señor y en sus brazos inmensos, en su Verbo reside todo cuanto pensamos, como aquí es el espacio donde habitan los cuerpos.Libellés : Alfred de Vigny |
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| Alfred de Vigny -La maison du berger -III- |
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La maison du berger (III) Alfred de Vigny (1797-1863)
Eva, qui donc es-tu ? Sais-tu bien ta nature ? Sais-tu quel est ici ton but et ton devoir ? Sais-tu que, pour punit l'homme, sa créature, D'avoir porté la main sur l'arbre du savoir, Dieu permit qu'avant tout, de l'amour de soi-même En tout temps, à tout âge, il fît son bien suprême, Tourmenté de s'aimer, tourmenté de se voir ?
Mais si Dieu près de lui t'a voulu mettre, ô femme ! Compagne délicate ! Eva ! Sais-tu pourquoi ? C'est pour qu'il se regarde au miroir d'une autre âme, Qu'il entende ce chant qui ne vient que de toi - L'enthousiasme pur dans une voix suave. - C'est afin que tu sois son juge et son esclave Et règnes sur sa vie en vivant sous sa loi.
Ta parole joyeuse a des mots despotiques ; Tes yeux sont si puissants, ton aspect est si fort, Que les rois d'Orient ont dit dans leurs cantiques Ton regard redoutable à l'égal de la mort ; Chacun cherche à fléchir tes jugements rapides... - Mais ton coeur, qui dément tes formes intrépides, Cède sans coup férir aux rudesses du sort.
Ta Pensée a des bonds comme ceux des gazelles, Mais ne saurait marcher sans guide et sans appui. Le sol meurtrit ses pieds, l'air fatigue ses ailes, Son oeil se ferme au jour dès que le jour a lui ; Parfois sur les hauts lieux d'un seul élan posée, Troublée au bruit des vents, ta mobile pensée Ne peut seule y vérifier sans crainte et sans ennui.
Mais aussi tu n'as rien de nos lâches prudences, Ton coeur vibre et résonne au cri de l'opprimé, Comme dans une église aux austères silences L'orgue entend un soupir et soupire alarmé. Tes paroles de feu meuvent les multitudes, Tes pleurs lavent l'injure et les ingratitudes, Tu poussin par le bras l'homme ; il se lève armé.
C'est à toi qu'il convient d'OuÏr les grandes plaintes Que l'humanité triste exhale sourdement. Quand le coeur est gonflé d'indignations saintes, L'air des cités l'étouffe à chaque battement. Mais de loin les soupirs des tourmentes civiles, S'unissant au-dessus du charbon noir des villes, Ne forment qu'un grand mot qu'on entend clairement.
Viens donc, le ciel pour moi n'est plus qu'une auréole Qui t'entoure d'azur, t'éclaire et te défend ; La montagne est ton temple et le bois sa coupole ; L'oiseau n'est sur la fleur balancé par le vent, Et la fleur ne parfume et l'oiseau ne soupire Que pour mieux enchanter l'air que ton sein respire ; La terre est le tapis de tes beaux pieds d'enfant.
Éva, j'aimerai tout dans les choses créées, Je les contemplerai dans ton regard rêveur Qui partout répandra ses flammes colorées, Son repos gracieux, sa magique saveur : Sur mon coeur déchiré viens poser ta main pure, Ne me laisse jamais seul avec la Nature ; Car je la connais trop pour n'en pas avoir peur.
Elle me dit : "Je suis l'impassible théâtre Que ne peut remuer le pied de ses acteurs ; Mes marches d'émeraude et mes parvis d'albâtre, Mes colonnes de marbre ont les dieux pour sculpteurs. Je n'entends ni vos cris ni vos soupirs ; à peine Je sens passer sur moi la comédie humaine Qui cherche en vain au ciel ses muets spectateurs.
"Je roule avec dédain, sans voir et sans entendre, A côté des fourmis les populations ; Je ne distingue pas leur terrier de leur cendre, J'ignore en les portant les noms des nations. On me dit une mère et je suis une tombe. Mon hiver prend vos morts comme son hécatombe, Mon printemps ne sent pas vos adorations.
"Avant vous j'étais belle et toujours parfumée, J'abandonnais au vent mes cheveux tout entiers, Je suivais dans les cieux ma route accoutumée, Sur l'axe harmonieux des divins balanciers. Après vous, traversant l'espace où tout s'élance, J'irai seule et sereine, en un chaste silence Je fendrai l'air du front et de mes seins altiers. "
C'est là ce que me dit sa voix triste et superbe, Et dans mon coeur alors je la hais, et je vois Notre sang dans son onde et nos morts sous son herbe Nourrissant de leurs sucs la racine des bois. Et je dis à mes yeux qui lui trouvaient des charmes : - Ailleurs tous vos regards, ailleurs toutes vos larmes, Aimez ce que jamais on ne verra deux fois.
Oh ! qui verra deux fois ta grâce et ta tendresse, Ange doux et plaintif qui parle en soupirant ? Qui naîtra comme toi portant une caresse Dans chaque éclair tombé de ton regard mourant, Dans les balancements de ta tête penchée, Dans ta taille indolente et mollement couchée, Et dans ton pur sourire amoureux, et souffrant ?
Vivez, froide Nature, et revivez sans cesse Sous nos pieds, sur nos fronts, puisque c'est votre loi Vivez, et dédaignez, si vous êtes déesse, L'homme, humble passager, qui dut vous être un roi Plus que tout votre - règne et que ses splendeurs vaines, J'aime la majesté des souffrances humaines, Vous ne recevrez pas un cri d'amour de moi.
Mais toi, ne veux-tu pas, voyageuse indolente, Rêver sur mon épaule, en y posant ton front ? Viens du paisible seuil de la maison roulante Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront. Tous les tableaux humains qu'un Esprit pur m'apporte S'animeront pour toi, quand, devant notre porte, Les grands pays muets longuement s'étendront.
Nous marcherons ainsi, ne laissant que notre ombre Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ; Nous nous parlerons d'eux à l'heure où tout est sombre, Où tu te plais à suivre un chemin effacé, A rêver, appuyée aux branches incertaines, Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines, Ton amour taciturne et toujours menacé.
La casa del pastor -III-
Eva, dime, ¿quién eres? ¿Es que acaso lo sabes? ¿Es que sabes cuál es tu deber y tu fin? ¿Sabes que al castigar el pecado del hombre que rebelde comió de aquel árbol prohibidos' Dios dispuso que siempre, como su bien supremo, se inclinase a vivir el amor de sí mismo, torturado de amarse, torturado de verse?
Mas si Dios, oh mujer, a su lado te puso, compañera sensible, Eva, ¿sabes por qué? para hacerte el espejo en que él vea a otra alma, para que oiga ese canto que ha de ser sólo tuyo. Como el éxtasis puro en la voz más suave. Para que puedas ser a la vez juez y esclava y reinando en su vida vivas bajo su ley.
Tu risueña palabra tiene sones despóticos; hay tal fuerza en tus ojos, tal poder en tu aspecto que los reyes de Oriente en sus cantos dijeron que es igual tu mirar, tan temible, a la muerte; quién no quiere guiar esos juicios tan bruscos, mas tu pecho se inclina contra toda apariencia y se rinde sin más a la suerte contraria.
Tus razones dan brincos igual que una gacela, mas no puedes andar sin apoyo y sin guía. Hiere el suelo sus pies, cansa el aire sus alas y sus ojos no pueden soportar mucha luz; en alturas que alcanzas con un súbito impulso, ante el ruido del viento tu cabeza inestable no se puede quedar sola y sin mil temores.
Mas tampoco conoces nuestras ruines prudencias, en tu pecho resuena el clamor del que oprimen, igual que en una iglesia de silencios austeros un suspiro provoca los suspiros del órgano. Tus palabras de fuego mueven las multitudes, y tus lágrimas lavan todo agravio y dolor. Tú a los hombres empujas... Y se yerguen armados.
Eres tú quien escucha los terribles lamentos que los tristes exhalan sordamente al sufrir. Cuando el pecho se llena de unas cóleras santas las ciudades acallan sus latidos rebeldes. Mas de lejos los ecos de civiles tormentas al mezclarse en la altura con el negro carbón forman unas palabras que entendemos muy bien.
¡Ven! El cielo no es más que una gran aureola que te envuelve de azul, te ilumina y defiende; la montaña es tu templo y es su cúpula el bosque; si en la flor hay un pájaro y lo mecen los vientos, y la flor no perfuma y si el pájaro calla sólo es para encantar el aire que respiras; es alfombra la tierra de tus pies infantiles.
Yo amaré toda cosa en las cosas creadas, las veré en tu mirada soñadora, Eva mía, que pondrá por doquier el color de sus llamas, y su calma graciosa, su sabor hecho magia. En mi herida del pecho pon tu mano tan pura, no me dejes a solas con la naturaleza; la conozco muy bien y por eso la temo.
Ella dice: «Yo soy el teatro impasible que no puede cambiar sus actores de sitio; esmeralda, alabastro forman parte de mí, mis columnas de mármol las hicieron los dioses; ni suspiros ni gritos puedo oír; sólo apenas esta humana comedia en mi vivo escenario que no encuentra en el cielo a su público mudo.
Desdeñosa, yo arrollo sin oír y sin ver las hormigas lo mismo que las masas humanas; no distingo hormigueros de cenizas e ignoro las naciones e incluso que reciben un nombre. Todos madre me llaman, pero soy una tumba. Vuestra muerte en mi invierno es como una hecatombe, y cuando es primavera me da igual que adoréis.
Sin vosotros fui hermosa, perfumada, soltando mis cabellos al viento y siguiendo en los cielos mi camino de siempre por el eje armonioso de divinos volantes. Cuando ya no existáis cruzaré los espacios, solitaria y serena, entre un casto silencio, como hendiendo los aires con mi frente y mis pechos que son todo altivez.
Eso dijo con voz orgullosa y tristísima, desde entonces la odio, creo ver nuestra sangre en sus aguas, la muerte escondida en su hierba dando vida secreta a la raíz de los bosques. Y a mis ojos que antaño la encontraban hermosa dije: «No miréis más, no lloréis más por ella, amad sólo las cosas que no vuelven a verse.»
No veremos de nuevo tu ternura y tu gracia, ángel dulce y lloroso cuya voz es suspiros. ¿Quién podrá como tú llevar una caricia en el brillo que alumbra tu mirada que muere, en el leve inclinarse de tu bella cabeza, en tu talle indolente de abandono al yacer, en tu pura sonrisa que es amor y dolor?
Vive, fría Natura, y revive incesante, bajo tierra, en la frente, puesto que ésta es tu ley; vive y hazte desdén, si una diosa es lo que eres, por el hombre que pasa y tu rey debió ser, más que todo tu reino y su vano esplendor amo la majestad de los hombres que sufren; tú no esperes de mí ningún grito de amor.
¿Es que acaso no quieres, viajera indolente, apoyar en mi pecho esa frente de ensueños? Deja toda la paz de la casa ambulante para ver los que pasan y los que pasarán. Toda humana visión que me trae el Espíritu tendrá vida a tus ojos, y se extiendan sin fin ante nuestra mirada grandes, mudos países.
Andaremos dejando nuestra sombra tan sólo en la tierra ingratísima donde habitan los muertos; volveremos a hablar de ellos en las tinieblas, cuando sigas gustosa un camino borrado y entre sueños te apoyes a las débiles. ramas, como Diana llorando junto al agua tu amor taciturno y sujeto a continua amenaza.Libellés : Alfred de Vigny |
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| Alfred de Vigny -Le cor- |
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Le cor Alfred de Vigny (1797-1863)
I J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois, Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois, Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille, Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.
Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré, J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré ! Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques Qui précédaient la mort des Paladins antiques.
O montagnes d'azur ! ô pays adoré ! Rocs de la Frazona, cirque du Marboré, Cascades qui tombez des neiges entraînées, Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;
Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons, Dont le front est de glace et le pied de gazons ! C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre Les airs lointains d'un Cor mélancolique et tendre.
Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit, De cette voix d'airain fait retentir la nuit ; A ses chants cadencés autour de lui se mêle L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.
Une biche attentive, au lieu de se cacher, Se suspend immobile au sommet du rocher, Et la cascade unit, dans une chute immense, Son éternelle plainte au chant de la romance.
Ames des Chevaliers, revenez-vous encor? Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ? Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée !
II Tous les preux étaient morts, mais aucun n'avait fui. Il reste seul debout, Olivier prés de lui, L'Afrique sur les monts l'entoure et tremble encore. "Roland, tu vas mourir, rends-toi, criait le More ;
"Tous tes Pairs sont couchés dans les eaux des torrents." Il rugit comme un tigre, et dit : "Si je me rends, "Africain, ce sera lorsque les Pyrénées "Sur l'onde avec leurs corps rouleront entraînées."
"Rends-toi donc, répond-il, ou meurs, car les voilà." Et du plus haut des monts un grand rocher roula. Il bondit, il roula jusqu'au fond de l'abîme, Et de ses pins, dans l'onde, il vint briser la cime.
"Merci, cria Roland, tu m'as fait un chemin." Et jusqu'au pied des monts le roulant d'une main, Sur le roc affermi comme un géant s'élance, Et, prête à fuir, l'armée à ce seul pas balance.
III Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux Descendaient la montagne et se parlaient entre eux. A l'horizon déjà, par leurs eaux signalées, De Luz et d'Argelès se montraient les vallées.
L'armée applaudissait. Le luth du troubadour S'accordait pour chanter les saules de l'Adour ; Le vin français coulait dans la coupe étrangère ; Le soldat, en riant, parlait à la bergère.
Roland gardait les monts ; tous passaient sans effroi. Assis nonchalamment sur un noir palefroi Qui marchait revêtu de housses violettes, Turpin disait, tenant les saintes amulettes :
"Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu ; "Suspendez votre marche; il ne faut tenter Dieu. "Par monsieur saint Denis, certes ce sont des âmes "Qui passent dans les airs sur ces vapeurs de flammes.
"Deux éclairs ont relui, puis deux autres encor." Ici l'on entendit le son lointain du Cor. L'Empereur étonné, se jetant en arrière, Suspend du destrier la marche aventurière.
"Entendez-vous ! dit-il. - Oui, ce sont des pasteurs "Rappelant les troupeaux épars sur les hauteurs, "Répondit l'archevêque, ou la voix étouffée "Du nain vert Obéron qui parle avec sa Fée."
Et l'Empereur poursuit ; mais son front soucieux Est plus sombre et plus noir que l'orage des cieux. Il craint la trahison, et, tandis qu'il y songe, Le Cor éclate et meurt, renaît et se prolonge.
"Malheur ! c'est mon neveu ! malheur! car si Roland" Appelle à son secours, ce doit être en mourant. "Arrière, chevaliers, repassons la montagne !" Tremble encor sous nos pieds, sol trompeur de l'Espagne !
IV Sur le plus haut des monts s'arrêtent les chevaux ; L'écume les blanchit ; sous leurs pieds, Roncevaux Des feux mourants du jour à peine se colore. A l'horizon lointain fuit l'étendard du More.
"Turpin, n'as-tu rien vu dans le fond du torrent ?" J'y vois deux chevaliers : l'un mort, l'autre expirant "Tous deux sont écrasés sous une roche noire ;" Le plus fort, dans sa main, élève un Cor d'ivoire, "Son âme en s'exhalant nous appela deux fois."
Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois !
El cuerno
I Oigo el cuerno en la tarde desde el fondo del bosque; tal vez canta los llantos de la cierva acosada o el adiós del que caza, repetido por ecos, y que el viento del norte de hoja en hoja transmite.
Cuántas veces yo solo, en la sombra nocturna, no sonreí al escucharlo, cuántas veces lloré. Pues creía escuchar esos ruidos proféticos que anunciaban la muerte de algún fiel paladín.
¡Oh montañas azules! ¡Oh, esa tierra adorada! Peñas de la Frazona, circo del Marboré, oh cascadas caídas de las más altas nieves, manantiales, arroyos, pirenaicos torrentes.
Flor y hielo en los montes, que son doble estación, cuya frente es de nieve y los pies de verdor. Hasta aquí hay que venir, aquí es donde se escucha ese cuerno lejano, melancólico y dulce.
A menudo un viajero, cuando el aire es silencio, estremece la noche con sus voces de bronce; y a sus cantos se mezcla un sonido armonioso, de feliz cascabel del cordero balando.
Suspicaz, una cierva, en lugar de esconderse, permanece muy quieta en la cima rocosa, y en su inmenso fragor la cascada también une su queja eterna a la viva romanza.
Caballeros, ¿acaso vuestras almas retornan? ¿Es que es vuestra la voz que se escucha en el cuerno? ¡Roncesvalles! Tal vez en tu valle sombrío de Roldán la gran sombra no ha podido calmarse.
II Todos ellos murieron, los guerreros no huían. A su lado, de pie, queda sólo Oliveros; sarracenos le cercan que aún parecen temblar. Grita el moro: «Roldán, o te rindes o mueres.
Yacen todos tus pares» muertos en los torrentes.» Él rugió como un tigre y gritó: «Si me rindo, africano, será cuando los Pirineos bajarán derribados con el agua y sus cuerpos.»
«Ya se caen», responden, «luego debes rendirte». Y del monte más alto un peñasco cayó. Y hasta el fondo rodó del abismo, y la copa de los pinos rompió hasta hundirse en las aguas.
«Gracias», dijo Roldán, «me has abierto el camino». Y hasta el pie de los montes, con su mano empujando, cual si fuera un gigante mueve todo el peñasco, y los moros vacilan, casi a punto de huir.
III Entretanto, confiados, Carlomagno y los suyos descendían del monte conversando entre sí. A lo lejos, visibles por sus aguas los valles de Argelés y de Luz'-' distinguíanse ya...
Roldán guarda los montes, todos iban sin miedo. Cabalgado en un negro palafrén revestido de gualdrapas violeta, el obispo Turpín con sus santas reliquias, avisó a Carlomagno.
«Oh, señor, en el cielo se ven nubes de fuego; no sigáis adelante, no tentemos a Dios. San Dionisio nos valga, que son almas, diríase, que atraviesan los aires en vapores llameantes.
Dos fulgores se han visto y después otros dos.» Se oyó entonces el cuerno que tañía muy lejos. Carlomagno, asombrado, va a tirar de las riendas y hace que su corcel no prosiga su marcha.
«¿Oís eso?», pregunta. «Sí, sin duda pastores que reúnen rebaños por las cimas dispersos», respondió el arzobispo, «o las voces ahogadas del enano Oberón que con su hada conversa».
Sigue andando el gran rey. Mas su inquieto semblante es más negro y sombrío que los cielos revueltos. Teme ya la traición, y mientras piensa en ella suena el cuerno y se calla, y renace otra vez.
«¡Ay de mí! Es mi sobrino. ¡Ay de mí! Si Roldán pide ayuda sé bien que ha de estar moribundo. ¡Caballeros, atrás! Y tú tiembla de nuevo al sentir nuestros pasos, ¡ay España engañosa!»
IV En la cima del monte los corceles descansan; los blanquea la espuma; a sus pies, Roncesvalles coloréase apenas con la luz del crepúsculo. A lo lejos ya huyen las banderas del moro.
«¿Qué hay, Turpín, en el fondo de este fiero torrente? Veo a dos caballeros: uno ha muerto, otro expira, aplastados los dos por un negro peñasco; el más fuerte aún empuña marfileño olifante, exhalando su alma nos llamó por dos veces.»
¡Suena el cuerno muy triste en el fondo del bosque!Libellés : Alfred de Vigny |
posted by Alfil @ 10:28 AM  |
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| Alfred de Vigny -Le bain d'une dame romaine- |
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Le bain d'une dame romaine Alfred de Vigny (1797-1863)
Une Esclave d'Egypte, au teint luisant et noir, Lui présente, à genoux, l'acier pur du miroir ; Pour nouer ses cheveux, une Vierge de Grèce Dans le compas d'Isis unit leur double tresse ; Sa tunique est livrée aux Femmes de Milet, Et ses pieds sont lavés dans un vase de lait. Dans l'ovale d'un marbre aux veines purpurines L'eau rose la reçoit ; puis les Filles latines, Sur ses bras indolents versant de doux parfums, Voilent d'un jour trop vif les rayons importuns, Et sous les plis épais de la pourpre onctueuse La lumière descend molle et voluptueuse : Quelques-unes, brisant des couronnes de fleurs, D'une hâtive main dispersent leurs couleurs, Et, les jetant en pluie aux eaux de la fontaine, De débris embaumés couvrent leur souveraine, Qui, de ses doigts distraits touchant la lyre d'or, Pense au jeune Consul, et, rêveuse, s'endort.
El baño de una dama romana
Una esclava de Egipto, de tez negra y brillante, de rodillas le muestra un espejo de acero; para atar sus cabellos una virgen de Grecia con la curva lunar une su trenza doble; está en manos su túnica de mujeres milesias y se lavan sus pies en jofaina de leche. En un mármol oval jaspeado de púrpura aguas de color rosa bañan todo su cuerpo; luego acuden sirvientas de las tierras latinas, vierten suaves perfumes en sus brazos inertes, y velando los rayos de una luz importuna bajo pliegues espesos de la púrpura untuosa, voluptuosas descienden claridades sobre ella; unas rompen al paso las coronas de flores, sus colores dispersan con su rápida mano y rociando las aguas, como lluvia, en la fuente; su estallido de aromas cubre a la soberana, que al azar pulsa cuerdas de su áurea lira, piensa en el joven cónsul y se duerme en sus sueños.Libellés : Alfred de Vigny |
posted by Alfil @ 6:50 AM  |
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| Alfred de Vigny -Moïse- |
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Moïse Alfred de Vigny (1797-1863)
Le soleil prolongeait sur la cime des tentes Ces obliques rayons, ces flammes éclatantes, Ces larges traces d'or qu'il laisse dans les airs, Lorsqu'en un lit de sable il se couche aux déserts. La pourpre et l'or semblaient revêtir la campagne. Du stérile Nébo gravissant la montagne, Moïse, homme de Dieu, s'arrête, et, sans orgueil, Sur le vaste horizon promène un long coup d'œil. Il voit d'abord Phasga , que des figuiers entourent ; Puis, au-delà des monts que ses regards parcourent, S'étend tout Galaad, Éphraïm, Manassé, Dont le pays fertile à sa droite est placé ; Vers le midi, Juda, grand et stérile, étale Ses sables où s'endort la mer occidentale ; Plus loin, dans un vallon que le soir a pâli, Couronné d'oliviers, se montre Nephtali ; Dans des plaines de fleurs magnifiques et calmes Jéricho s'aperçoit : c'est la ville des palmes ; Et, prolongeant ses bois, des plaines de Phogor, Le lentisque touffu s'étend jusqu'à Ségor. Il voit tout Chanaan, et la terre promise, Où sa tombe, il le sait, ne sera point admise. Il voit ; sur les Hébreux étend sa grande main, Puis vers le haut du mont il reprend son chemin.
Or, des champs de Moab couvrant la vaste enceinte, Pressés au large pied de la montagne sainte, Les enfants d'Israël s'agitaient au vallon Comme les blés épais, qu'agite l'aquilon. Dès l'heure où la rosée humecte l'or des sables Et balance sa perle au sommet des érables, Prophète centenaire, environné d'honneur, Moïse était parti pour trouver le Seigneur. On le suivait des yeux aux flammes de sa tête, Et, lorsque du grand mont il atteignit le faîte, Lorsque son front perça le nuage de Dieu Qui couronnait d'éclairs la cime du haut lieu L'encens brûla partout sur les autels de pierre. Et six cent mille Hébreux, courbés dans la poussière, A l'ombre du parfum par le soleil doré, Chantèrent d'une voix le cantique sacré ; Et les fils de Lévi, s'élevant de la foule, Tels qu'un bois de cyprès sur le sable qui roule, Du peuple avec la harpe accompagnant les voix, Dirigeaient vers le ciel l'hymne du Roi des Rois.
Et, debout devant Dieu, Moïse ayant pris place, Dans le nuage obscur lui parlait face à face.
Il disait au Seigneur : " Ne finirai-je pas ? Où voulez-vous encor que je porte mes pas ? Je vivrai donc toujours puissant et solitaire ? Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre. Que vous ai-je donc fait pour être votre élu ? J'ai conduit votre peuple où vous avez voulu. Voilà que son pied touche à la terre promise. De vous à lui qu'un autre accepte l'entremise, Au coursier d'Israël qu'il attache le frein ; Je lui lègue mon livre et la verge d'airain.
Pourquoi vous fallut-il tarir mes espérances, Ne pas me laisser homme avec mes ignorances, Puisque du mont Horeb jusques au mont Nébo Je n'ai pas pu trouver le lieu de mon tombeau ? Hélas ! vous m'avez fait sage parmi les sages ! Mon doigt du peuple errant a guidé les passages. J'ai fait pleuvoir le feu sur la tête des rois ; L'avenir à genoux adorera mes lois ; Des tombes des humains j'ouvre la plus antique, La mort trouve à ma voix une voix prophétique ; Je suis très grand, mes pieds sont sur les nations, Ma main fait et défait les générations. Hélas! je suis, Seigneur, puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre!
Hélas ! je sais aussi tous les secrets des Cieux ; Et vous m'avez prêté la force de vos yeux. Je commande à la nuit de déchirer ses voiles ; Ma bouche par leur nom a compté les étoiles, Et dès qu'au firmament mon geste l'appela, Chacune s'est hâtée en disant : " Me voilà ". J'impose mes deux mains sur le front des nuages Pour tarir dans leurs flancs la source des orages ; J'engloutis les cités sous les sables mouvants ; Je renverse les monts sous les ailes des vents ; Mon pied infatigable est plus fort que l'espace ; Le fleuve aux grandes eaux se range quand je passe, Et la voix de la mer se tait devant ma Voix. Lorsque mon peuple souffre, ou qu'il lui faut des lois, J'élève mes regards, votre esprit me visite ; La terre alors chancelle et le soleil hésite, Vos anges sont jaloux et m'admirent entre eux. Et cependant, Seigneur, je ne suis pas heureux ; Vous m'avez fait vieillir puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre.
Sitôt que votre souffle a rempli le berger, Les hommes se sont dit : " Il nous est étranger " Et leurs yeux se baissaient devant mes yeux de flamme, Car ils venaient, hélas ! d'y voir plus que mon âme. J'ai vu l'amour s'éteindre et l'amitié tarir ; Les vierges se voilaient et craignaient de mourir. M'enveloppant alors de la colonne noire, J'ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire, Et j'ai dit dans mon cœur : " Que vouloir à présent ? " Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant, Ma main laisse l'effroi sur la main qu'elle touche, L'orage est dans ma voix, l'éclair est sur ma bouche ; Aussi, loin de m'aimer, voilà qu'ils tremblent tous, Et, quand j'ouvre les bras, on tombe à mes genoux 0 Seigneur ! j'ai vécu puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre! "
Or, le peuple attendait, et, craignant son courroux, Priait sans regarder le mont du Dieux jaloux ; Car, s'il levait les yeux, les flancs noirs du nuage Roulaient et redoublaient les foudres de l'orage, Et le feu des éclairs, aveuglant les regards, Enchaînait tous les fronts courbés de toutes parts. Bientôt le haut du mont reparut sans Moïse. Il fut pleuré. - Marchant vers la terre promise, Josué s'avançait pensif et pâlissant, Car il était déjà l'élu du Tout-Puissant.
Moisés
El sol iba alargando sobre todas las tiendas esos rayos oblicuos, esas llamas que ciegan, esas huellas doradas que suspende en el aire cuando muere en un lecho de arenoso desierto. Era todo el paisaje entre púrpura y oro. Ascendiendo al estéril monte Nebo, se para Moisés, hombre de Dios, y allí, ajeno al orgullo, en el vasto horizonte posa larga mirada. Ve no lejos a Pasga, que rodean higueras; más allá de los montes que recorre su vista, está todo Galad, Efraím, Manasés, cuyas fértiles tierras quedan a su derecha; hacia el sur hay Judá, país vasto y estéril, con arenas en donde duerme el mar de poniente; en un valle, difuso por la tarde, más lejos, coronado de olivos Neftalí se divisa; en llanuras de flores sosegadas y espléndidas, Jericó puede verse, la ciudad de las palmas; y alargando sus bosques, desde el llano Fogor el frondoso lentisco a Segor llega incluso. Ve Canaán y la tierra prometida que sabe nunca va a conservar sus despojos mortales. Mira, extiende su mano sobre todo su pueblo y hacia lo alto del monte reanuda el camino.
Y en los vastos espacios de los campos de Moab hasta el pie impresionante de la santa montaña, se agitaban los hijos de Israel en el valle como espesos trigales que sacuden los vientos. Cuando cae el rocío en el oro de arena y se mece su perla en la copa del arce, el glorioso profeta centenario, Moisés, les dejó en la llanura para ver al Señor. Con los ojos siguieron su cabeza entre llamas, y al llegar a la cumbre del altísimo monte, al perderse su frente en la nube de Dios, que la cima sagrada coronaba con rayos, se quemó mucho incienso en altares de piedra. Seiscientos mil hebreos, adorando en el polvo, a la sombra aromada que el sol hace de oro entonaron unánimes su sagrado cantar; los levitas, alzándose por encima de todos, como un gran cipresal sobre arenas tendidas, con sus arpas del pueblo dirigían las voces, elevando hacia el cielo himnos al Rey de reyes. Y ante Dios, puesto en pie, ya Moisés en la nube que era toda tiniebla, cara a cara le hablaba. Y decía al Señor: «¿Nunca voy a acabar? ¿Hacia dónde queréis que enderece mis pasos? Así, pues, ¿seré siempre soledad y poder? ¡Oh, dejadme que duerma ese sueño de tierra! ¿Cuál ha sido mi culpa para que me eligierais? Yo llevé a vuestro pueblo hasta donde quisisteis. Y ya pisan la tierra prometida por Vos. Hora es ya de confiar tal empresa a otro guía, que otro le ponga freno al corcel de Israel; yo le lego mi libro" y el cayado de bronce.
«¿Por qué habéis de agotar mi esperanza, por qué no dejarme viviendo con las cosas que ignoro, ya que del monte Horeb hasta el Nebo soberbio no he podido encontrar el lugar de mi tumba? ¡Ay, me habéis hecho sabio entre todos los sabios! Yo he guiado el camino de estas tribus errantes. Por mi mano ha llovido fuego sobre los reyes; de rodillas mis leyes va a adorar el futuro; de las tumbas humanas abro la más antigua y la muerte a mi voz tiene voces proféticas, soy muy grande, mis plantas pisotean naciones, y linajes enteros puedo hacer o matar. ¡Ay de mí, soy, Señor, soledad y poder! ¡Oh, dejadme que duerma ese sueño de tierra! ¡Ay, conozco también los secretos del cielo y Vos mismo me disteis para ver vuestros ojos! A la noche le ordeno que desgarre sus velos; por su nombre mi boca ha contado los astros, me bastó un ademán de llamada, y cada uno acudió presuroso declarando: Aquí estoy. Con mis manos la frente de las nubes apalpo y en su entraña se agotan fuentes de tempestad; y sepulto ciudades bajo arenas movientes y derribo los montes bajo el ala del viento; incansable, mi pie puede más que el espacio; el caudal de los ríos ante mí es cauce seco` y la voz de los mares enmudece a mi voz. Cuando sufre mi pueblo o requiere unas leyes, yo levanto la vista, vuestro espíritu acude; tiembla entonces la tierra y hasta el sol se estremece, y envidiosos los ángeles en el cielo me admiran. Y no obstante, Señor, no me siento dichoso; envejezco y me das soledad y poder. ¡Oh, dejadme que duerma ese sueño de tierra!
Sacudió vuestro soplo al pastor y en seguida se dijeron los hombres: «Ya no le conocemos»; y humillaban los ojos a mis ojos de llama, porque en ellos veían algo más que mi alma. Vi apagarse el amor, la amistad extinguirse; Se velaban las vírgenes y temían morir. Envolviéndome entonces con la negra columna, yo he guiado a este pueblo, triste y solo en mi gloria, y me he dicho a mí mismo: ¿Qué deseas ahora? No es posible dormir sobre un pecho amoroso porque sé que mi frente pesará demasiado, deja miedo mi mano en la mano que toca, en mi voz hay tormentas y en mis labios el rayo; nadie así puede amarme, ante mí todos tiemblan, y cuando abro los brazos ante mí se arrodillan. ¡Oh, Señor, heme aquí soledad y poder, oh, dejadme dormir ese sueño de tierra!
Esperaban las tribus, y temiendo su cólera todo el pueblo rezaba y sus ojos no osaban contemplar la montaña de aquel Dios tan celoso; si miraban los flancos de la nube negruzca, nuevos rayos surgían de las altas tormentas, y cegaba la luz de terribles relámpagos, humillando las frentes que tocaban la tierra. Pronto viose de nuevo sin Moisés la alta cima. Fue llorando. La tierra prometida quedaba al final del camino que aún tenían que andar. Pensativo y muy pálido avanzaba Josué, que era el nuevo elegido del que todo lo puede.Libellés : Alfred de Vigny |
posted by Alfil @ 6:41 AM  |
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| François Villon -Belle leçon aux enfants perdus- |
| samedi, mai 08, 2004 |
Belle leçon aux enfants perdus François Villon (1431-1463)
Beaux enfants, vous perdrez la plus Belle rose de vo chapeau; Mes clercs près prenant comme glus, Se vous allez à Montpipeau Ou à Ruel, gardez la peau: Car, pour s'ébattre en ces deux lieux, Cuidant que vausît le rappeau, Le perdit Colin de Cayeux.
Ce n'est pas un jeu de trois mailles, Où va corps, et peut-être l'âme. Qui perd, rien n'y sont repentailles Qu'on n'en meure à honte et diffame; Et qui gagne n'a pas à femme Dido, la reine de Carthage. L'homme est donc bien fol et infâme Qui, pour si peu, couche tel gage.
Qu'un chacun encore m'écoute! On dit, et il est vérité, Que charterie se boit toute, Au feu l'hiver, au bois l'été. S'argent avez, il n'est enté, Mais le dépendez tôt et vite. Qui en voyez-vous hérité? Jamais mal acquît ne profite.
Lección de cordura a los muchachos
Perdéis, muchachos, la más bella rosa que hay en vuestro sombrero; si marcháis para Montpipeau, clérigos de veloces dedos, o a Ruel, cuidad vuestra cabeza: pues por irse a los lados esos y creer en apelaciones la perdió Cayeux el cerrajero.
Que no son el cuerpo y el alma pequeña apuesta: si perdemos, de morir cubiertos de infamia no nos salva Arrepentimiento; y si ganamos, no es la reina Dido a quien poseeremos. Hay que ser miserable o loco para jugar tales efectos.
Se dice que al barril de vino hasta el fondo es sabio beberlo, ya en los bosques cuando es verano, ya junto al fuego en el invierno. ¡Si tenéis dinero gastádlo, que no da brotes bajo el suelo! Bien mal habido no prospera. ¿A quién tenéis por herederos?
Versión de Rubén Abel Reches
Libellés : François Villon |
posted by Alfil @ 7:35 PM  |
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| François Villon -Ballade des femmes de Paris- |
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Ballade des femmes de Paris François Villon (1431-1463)
Quoy qu'on tient belles langagieres Florentines, Veniciennes, Assez pour estre messaigieres, Et mesmement les anciennes; Mais, soient Lombardes, Rommaines, Genevoises, a mes perilz, Piemontoises, Savoysiennes, Il n'est bon bec que de Paris.
De tres beau parler tiennent chaires, Ce dit-on, les Napolitaines, Et que sont bonnes cacquetoeres Allemanses et Bruciennes; Soient Grecques, Egyptiennes, De Hongrie ou d'autre pays, Espaignolles ou Castellannes, Il n'est bon bec que de Paris.
Brettes, Suysses, n'y scavent gueres, Ne Gasconnes et Tholouzaines; Du Petit-Pont deux harangeres Les concluront, et les Lorraines, Anglesches ou Callaisiennes, (Ay je beaucoup de lieux compris?) Picardes, de Valenciennes; Il n'est bon bec que de Paris.
Prince, aux dames parisiennes De bien parler donnez le prix; Quoy qu'on die d'Italiennes, Il n'est bon bec que de Paris.
Balada de las mujeres de París
Célebres son por lo dicharacheras las sicilianas y las venecianas, Amor las usa como mensajeras ahora igual que en épocas ancianas. Mas tomad a lombardas, genovesas y saboyanas -no habla un aprendiz-, a romanas o bien a piamontesas: las de más salero son las de París.
Dicen que tienen las napolitanas cátedras de garbo y de sutil hablar, que las alemanas y las prusianas son grandes maestras en el parlotear; mas por más que citen a las egipcianas, a los picos de oro de cualquier país, a las españolas o a las catalanas: las de más salero son las de París.
No son muy brillantes ni las bretonas ni las picardas ni las lorenesas ni las de Toulouse ni las gasconas ni las ginebrinas ni las inglesas: sólo del Petit-Pont dos pescaderas cerrarles podrían el pico en un tris (¿nombré ya bastantes glorias extranjeras?): las de más salero son las de París.
Príncipe: las parleras parisinas con su donaire adornan la flor de lis. Por más que se hable de las florentinas las de más salero son las de París.
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 7:30 PM  |
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| François Villon -Les contreditz de Franc Gontier- |
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Les contredictz de Franc-Gontier François Villon (1431-1463)
Sur mol duvet assis, ung gras chanoine, Lez ung brasier, en chambre bien nattee, A son coste gisant dame Sydoine, Blanche, tendre, pollie et attaintee: Boire ypocras, a jour et a nuyctee, Rire, jouer, mignonner et baiser, Et nud a nud, pour mieulx des corps s'ayser, Les vy tous deux, par un trou de mortaise: Lors je congneuz que, pour dueil appaiser, Il n'est tresor que de vivre a son aise.
Se Franc-Gontier et sa compaigne Heleine Eussent tousjours tel douce vie hantee, D'oignons, civetz, qui causent forte alaine, N'en comptassent une bise tostee. Tout leur mathon, ne toute leur potee, Ne prise ung ail, je le dy sans noysier. S'ilz se vantent coucher soubz le rosier, Ne vault pas mieulx lict costoye de chaise? Qu'en dictes-vous? Faut-il a ce muser? Il n'est tresor que de vivre a son aise. De gros pain bis vivent, d'orge, d'avoine, Et boivent eau, tout au long de l'annee. Tous les oyseaulx d'icy en Babyloine A tel escot une seule journee Ne me tiendroient, non une matinee. Or s'esbate, de par Dieu, Franc-Gontier, Helene o luy, soubz le bel esglantier; Si bien leur est, n'ay cause qu'il me poise; Mais, quoy qu'il soit du laboureux mestier, Il n'est tresor que de vivre a son aise.
Prince, jugez, pour tous nous accorder. Quant est a moy, mais qu'a nul n'en desplaise, Petit enfant, j'ay ouy recorder Qu'il n'est tresor que de vivre a son aise.
Las réplicas a Franc Gontier
Sentado en blanda cama un cura grueso, junto al brasero, en cámara esterada, pegado a él Sidoine dándole un beso, tierna, blanca, hermosísima, ataviada, así por una muesca los vi estarse bebiendo el mejor vino noche y día, reir, jugar, besarse, acariciarse, los dos desnudos cuando les placía, y supe ahí que contra la amargura no hay un mejor vivir que con holgura.
Si este vivir hubiesen ensayado el buen Gontier y su bienamada Helena no andarían frotando pan tostado con esos ajos que el amor condena. A sus leches cuajadas, su puchero y cremas el menor valor concedo. ¿Dormir bajo un rosal? Pues yo prefiero un lecho blando en el que hundirme puedo. ¿No es la elección que dicta la cordura? No hay un mejor vivir que con holgura.
Viven de pan moreno -¡desvarían!- y no beben más que agua el año entero. Todas las aves que en los prados pían, si así las pagaré, pues no las quiero aunque canten mis trozos predilectos. Que Franc Gontier retoce con Helena bajo el bello rosal lleno de insectos si tal la vida les parece buena. Pero yo pienso: por tener ventura no hay un mejor vivir que con holgura.
Poned, Príncipe, fin a este debate: yo agregaré que en mi niñez obscura oí decir a un demacrado vate: "No hay un mejor vivir que con holgura".Libellés : François Villon |
posted by Alfil @ 7:24 PM  |
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| François Villon -Ballade (des langues ennuieuses)- |
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Ballade (des langues ennuieuses) François Villon (1431-1463)
En reagal, en arsenic rocher, En orpigment, en salpestre et chaulx vive; En plomb boillant, pour mieulx les esmorcher; En suif et poix, destrampez de lessive Faicte d'estronts et de pissat de Juifve; En lavaille de jambes a meseaulx; En raclure de piedz et vieulx houseaulx; En sang d'aspic et drogues venimeuses; En fiel de loups, de regnards et blereaux, Soient frittes ces langues envieuses!
En cervelle de chat qui hayt pescher, Noir, et si vieil qu'il n'ait dent en gencive; D'ung vieil mastin, qui vault bien aussi cher Tout enrage, en sa bave et salive; En l'escume d'une mulle poussive, Detrenchee menu a bons ciseaulx; En eau ou ratz plongent groings et museaulx, Raines, crapauds, telz bestes dangereuses, Serpens, lezards, et telz nobles oyseaulx, Soient frittes ces langues envieuses!
En sublime, dangereux a toucher; Et au nombril d'une couleuvre vive; En sang qu'on mect en poylettes secher, Chez ces barbiers, quand plaine lune arrive, Dont l'ung est noir, l'autre plus vert que cive, En chancre et fix, et en ces ords cuveaulx Ou nourrices essangent leurs drappeaulx; En petits baings de filles amoureuses Qui n'entendent qu'a suivre les bordeaulx, Soient frittes ces langues envieuses!
Prince, passez tous ces friands morceaux, S'estamine n'avez, sacs ou bluteaux, Parmy le fons d'unes brayes breneuses; Mais, paravant, en estronts de pourceaulx Soient frittes ces langues envieuses!
Balada
Que en rejalgar y anhídrido arsenioso, en sulfuro amarillo y en cal viva, en pez y hollín disueltas en colada hecha con pis y cacas de judía, en plomo hirviente que las desmenuce, en agua sucia de leproserías, en raspones de pies y ropa vieja, en sangre de áspid y diversas víboras, en hiel de lobos, zorros y tejones ¡las lenguas envidiosas sean fritas!
Que con sesos de un gato que ni pesque por no mojarse, y de podrida encía, o con los de un mastín también roñoso goteándole de rabia la saliva, con, en sus propias babas cocinados, los pedacitos de una mula tísica, en agua en que hunden el hocico y boca ranas, ratones, sapos, lagartijas, serpientes, ratas y otras nobles bestias ¡las lenguas envidiosas sean fritas!
Que en sublimado, peligroso al tacto, sobre el ombligo de una sierpe viva, en las sangres expuestas en las ollas del barbero cuando la luna brilla, una ya negra, la otra verde obscuro, en los tachos en donde las nodrizas raspan pañales, y en las palanganas en que se lavan las venales ninfas (quien no me entiende nunca fue a burdeles) ¡las lenguas envidiosas sean fritas!
Pasad, Príncipe, luego estos manjares, si no tenéis tamiz ni tenéis criba, por los fondillos de cagadas bragas, pero antes ¡que en soretes de porcina las lenguas envidiosas sean fritas!
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 7:17 PM  |
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| François Villon -Ballade pour Robert d'Estouteville |
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Ballade pour Robert d'Estouteville François Villon (1431-1463)
Au poinct du jour, que l'esprevier se bat, Meu de plaisir et par noble coustume, Bruyt il demaine et de joye s'esbat, Recoit son per et se joint a la plume: Ainsi vous vueil, a ce desir m'allume. Joyeusement ce qu'aux amans bon semble. Sachez qu'Amour l'escript en son volume, Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.
Dame serez de mon cueur, sans debat, Entierement, jusques mort me consume. Laurier soueef qui pour mon droit combat, Olivier franc, m'ostant toute amertume. Raison ne veult que je desaccoustume, Et en ce vueil avec elle m'assemble, De vous servir, mais que m'y accoustume; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.
Et qui plus est, quand dueil sur moy s'embat, Par fortune qui sur moy si se fume, Vostre doulx oeil sa malice rabat, Ne plus ne moins que le vent faict la fume. Si ne perds pas la graine que je sume En vostre champ, car le fruict me ressemble: Dieu m'ordonne que le fouysse et fume; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.
Princesse, oyez ce que cy vous resume: Que le mien cueur du vostre desassemble Ja ne sera: tant de vous en presume; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.
Balada para Robert d'Estouteville
Al alba, cuando el gavilán se agita Movido de placer y de nobleza, Brinca el tordo y alegremente grita Recibiendo a su amada en la maleza, Ofreceros quiero, y por hacerlo vibro Impaciente, lo dulce a aquel que ama. Sabed que Amor lo ha escrito ya en su libro. Este es el fin para el que Dios nos llama.
De mi vida seréis siempre la dueña Enteramente, hasta la muerte mía: Laurel afable con quien mi alma sueña, Olivar noble que a Amargor enfría. Razón ordena que perviva el fuego (En este punto sigo su proclama) que a vos me empuja, aunque parezca ciego. Este es el fin para el que Dios nos llama.
Y cuando sobre mí avanza una pena, cuando Fortuna arrójame un tormento, vuestra mirada dulce y tan serena los desvanece igual que al humo el viento. Y yo no pierdo lo que voy sembrando en vos, pues que ser mío el fruto clama. Lo pide Dios: os seguiré cavando. Este es el fin para el que Dios nos llama.
Oíd, Princesa, lo que grita mi ansia: para siempre mi pecho vos reclama. De vos espero idéntica constancia. Este es el fin para el que Dios nos llama.
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 7:02 PM  |
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| François Villon -Ballade et oraison- |
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Ballade et oraison François Villon (1431-1463)
Pere Noe, qui plantastes la vigne; Vous aussi, Loth, qui bustes au rocher, Par tel party qu'Amour, qui gens engigne, De vos filles si vous feit approcher, Pas ne le dy pour le vous reprocher, Architriclin, qui bien sceustes cest art, Tous trois vous pry qu'o vous veuillez percher L'ame du bon feu maistre Jehan Cotard!
Jadis extraict il fut de vostre ligne, Luy qui beuvoit du meilleur et plus cher; Et ne deust-il avoir vaillant ung pigne, Certes, sur tous, c'estoit un bon archer; On ne luy sceut pot des mains arracher, Car de bien boire oncques ne fut faitard. Nobles seigneurs, ne souffrez empescher L'ame du bon feu maistre Jehan Cotard!
Comme um viellart qui chancelle et trepign L'ay veu souvent, quand il s'alloit coucher; Et une foys il se feit une bigne, Bien m'en souvient, a l'estal d'ung boucher. Brief, on n'eust sceu en ce monde chercher Meilleur pion, pour boire tost et tard. Faictes entrer quand vous orrez hucher L'ame du bon feu maistre Jehan Cotard.
Prince, il n'eust sceu jusqu'a terre cracher; Tousjours crioyt: Haro, la gorge m'ard! Et si ne sceut oncq sa soif estancher, L'ame du bon feu maistre Jehan Cotard.
Balada y oración
Padre Noé, que plantaste las viñas, y tú, Loth, que bebiste en la cueva tanto que Amor, que siempre trampas lleva, hizo que "conocieras" a tus niñas (no es un reproche, no, dulce inconsciente) y Archetreclin, borracho diplomado, os ruego recibáis pomposamente al alma de Cotart el buen finado.
Nació hace mucho del linaje vuestro, bebió de lo más caro y más preciado y en no pagar de todos fue el más diestro. Caballero del vino fue, arrojado: nunca temblaba al escalar toneles y el vaso defendía encarnizado. Abrid del Paraíso los canceles al alma de Cotart el buen finado.
¡Cuántas veces lo he visto tambalearse cuando se iba a dormir el bullanguero! Una vez un chichón hizo al golpearse contra el puesto de un maestro carnicero. No creo que en el mundo pueda hallarse del vino un hombre más enamorado. Dejadla entrar, cuando la oiréis quejarse, al alma de Cotart el buen finado.
Nunca al suelo llegó cuando escupía. Gritaba: " ¡Mi garganta se ha incendiado!" Saciar su sed el alma no podía, el alma de Cotart el buen finado.
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 6:56 PM  |
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| François Villon -Ballade de Villon a s'amye- |
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Ballade de Villon a s'amye François Villon (1431-1463)
Faulse beaulte, qui tant me couste cher. Rude en effect, hypocrite doulceur; Amour dure, plus que fer, a mascher; Nommer que puis de ma deffacon soeur, Cherme felon, la mort d'ung povre cueur, Orgueil musse, qui gens met au mourir; Yeulx sans pitie! ne veult droicte rigueur, Sans empirer, ung pauvre secourir?
Mieulx m'eust valu avoir este crier Ailleurs secours, c'eust este mon bonheur: Rien ne m'eust sceu hors de ce fait chasser; Trotter m'en fault en fuyte a deshonneur. Haro, haro, le grand et le mineur! Et qu'est cecy? mourray, sans coup ferir, Ou pitie veult, selon ceste teneur, Sans empirer, ung povre secourir.
Ung temps viendra, qui fera desseicher, Jaulnir, flestrir, vostre espanie fleur: Je m'en risse, se tant peusse marcher, Mais nenny: lors (ce seroit donc foleur) Vieil je seray; vous, laide, et sans couleur. Or, beuvez fort, tant que ru peult courir. Ne donnez pas a tous ceste douleur, Sans empirer, ung povre secourir.
Prince amoureux, des amans le greigneur, Vostre mal gre ne vouldroye encourir; Mais tout franc cueur doit, par Nostre Seigneur, Sans empirer, ung povre secourir.
Balada de Villón a su Dama
Falsa beldad que me costáis tan caro, Ruda en verdad, hipócrita dulzura, Amor muy duro de roer y avaro, Nombraros puedo, muerte ya es segura, Cobarde flor que pincha con delicia, Orgullo loco que se afirma ahorcando Y ojos helados. ¿No podrá Justicia a un pobre socorrer que están matando?
Mejor que yo buscara hubiese sido Algún jardín de amor en otro lado, Rival no hubiera esa mujer tenido; Tengo que huir ahora, y humillado. ¡Auxilio! ¡Auxilio! ¡Que me ayude alguna! Si hay que morir , he de morir peleando. Quiera Piedad, que me faltó en la cuna, a un pobre socorrer que están matando.
Ya vendrá el día en que se encuentre seca, mustia y ajada vuestra flor fragante. Y aunque mi risa ahí parezca mueca, mi risa en la vejez será triunfante. Viejo seré, vos fea y con arrugas. ¡Bebed ahora que.el arroyo es blando! Ya se helará, y no pueden las verrugas a un pobre socorrer que están matando.
Príncipe del Amor, excelso amante, a quien no quiero andar importunando: sabed que debe un buen señor, no obstante, a un pobre socorrer que están matando.
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 6:49 PM  |
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| François Villon -Ballade pour prier Nostre-Dame- |
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Ballade pour prier Nostre-Dame François Villon (1431-1463)
Dame du ciel, regente terrienne, Emperiere des infernaulx palux, Recevez-moy, vostre humble chrestienne, Que comprinse soye entre voz esleuz, Ce non obstant qu'oncques rien ne valuz. Les biens de vous, ma dame et ma maistresse, Sont trop plus grans que ne suis pecheresse, Sans lesquelz biens ame ne peult merir N'avoir les cieulx, je n'en suis jengleresse. En ceste foy je vueil vivre et mourir.
A vostre Filz dictes que je suis sienne; Que de luy soyent mes pechez aboluz: Pardonnes moi comme a l'Egyptienne, Ou comme il feit au clerc Theophilus, Lequel par vous fut quitte et absoluz, Combien qu'il eust au diable faict promesse. Preservez-moy, que je ne face cesse; Vierge, pourtant, me vouillies impartir Le sacrement qu'on celebre a la messe. En ceste foy je vueil vivre et mourir.
Femme je suis povrette et ancienne, Ne riens ne scay; oncques lettre ne leuz; Au monstier voy dont suis parroissienne Paradis painct, ou sont harpes et luz, Et ung enfer ou damnez sont boulluz: L'ung me faict paour, l'autre joye et liesse. La joye avoir fais-moy, haulte Deesse, A qui pecheurs doivent tous recourir, Comblez de foy, sans faincte ne paresse. En ceste foy je vueil vivre et mourir.
Vous portastes, Vierge, digne princesse, Jesus regnant, qui n'a ne fin ne cesse. Le Tout-Puissant, prenant nostre foiblesse, Laissa les cieulx et nous vint secourir; Offrist a mort sa tres clere jeunesse; Nostre Seigneur tel est, tel le confesse. En ceste foy je vueil vivre et mourir.
Balada para rezar a Nuestra Señora
Señora del cielo, Regente de la tierra, Emperatriz de los pantanos infernales: recibid a esta humilde cristiana que yerra: quiere ser de vuestros dilectos celestiales aun sabiendo que no tiene méritos tales. Esas que de vos manan, mi Señora, riquezas, son mucho más grandes que todas mis bajezas. Sin ellas al cielo el alma no ha de subir; y no estoy mintiendo, como las juglaresas: en esta fe yo quiero vivir y morir.
Decid a Vuestro hijo que busco su vía. Pedidle que mis pecados sean borrados, que me perdone como a la egipcia María o a Teófilo, clérigo a quien disculpados fueron sus tratos con el diablo acordados por la intercesión de Vuestra dulce sonrisa. Preservadme del demonio que siempre atiza, Virgen que sin mancha pudiste concebir el sacramento que se celebra en la misa: en esta fe yo quiero vivir y morir.
Soy pobre y vieja, no sé los textos sagrados, pero en la iglesia adonde voy por que me ayudes vi un Edén pintado con arpas y laúdes y un Infierno en donde hierven los condenados. Este me da un gran miedo, al otro alborozados miran mis ojos, y es la única verdad que sé. Sueño con que esa dicha algún día alcanzaré, Señora a quien el pecador debe recurrir sin fingimientos ni pereza y con fe: en esta fe yo quiero vivir y morir.
Fue tu santa preñez, digna Virgen, Princesa, el Rey Jesús que es infinito y que no cesa y que adoptó nuestra triste naturaleza, dejó su cielo y por nosotros vino a morir sacrificándonos su juvenil belleza. Así es nuestro Dios. Suya mi alma se confiesa: en esta fe yo quiero vivir y morir.
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 6:35 PM  |
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| François Villon -Double ballade- |
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Double ballade François Villon (1431-1463)
Pour ce, aymez tant que vouldrez, Suyvez assemblees et festes, En la fin ja mieulx n'en vauldrez, Et sy n'y romprez que vos testes: Folles amours font les gens bestes: Salmon en idolatrya; Samson en perdit ses lunettes... Bien heureux est qui rien n'y a!
Orpheus, le doux menestrier, Jouant de flustes et musettes, En fut en dangier du meurtrier Bon chien Cerberus a troys testes; Et Narcissus, -le bel honnestes-, En ung profond puys se noya, Pour l'amour de ses amourettes... Bien heureux est qui rien n'y a!
Sardana, le preux chevalier, Qui conquist le regne de Cretes, En voult devenir moulier Et filer entre pucellettes. David ly roy, saige prophetes, Craincte de Dieu en oublya, Voyant laver cuisses bien faictes... Bien heureux est qui rien n'y a!
Ammon en voult deshonnorer, Feignant de manger tartelettes, Sa soeur Thamar, et deflorer, Qui fist choses moult deshonnestes; Herodes (pas ne sont sornettes) Sainct Jean-Baptiste en decolla, Pour dances, saultz et chansonnettes... Bien heureux est qui rien n'y a!
De moy, pauvre, je veuil parler; J'en fuz batu, comme a ru telles, Tout nud, ja ne le quiers celer. Qui me feit mascher ces groiselles, Fors Katherine de Vauselles? Noe le tiers ot, qui fut la. Mitaines a ces nopces telles, Bien heureux est qui rien n'y a!
Mais que ce jeune bachelier Laissast ces jeunes bachelettes, Non! et, le deust-on vif brusler, Comme ung chevaucheur d'escovettes. Plus doulces luy sont que civettes; Mais toutesfoys fol s'y fia: Soient blanches, soient brunettes, Bien heureux est qui rien n'y a!
Doble balada
Amad, amantes corazones, haced según vuestros antojos, id a festines y a reuniones: terminaréis llenos de piojos. A los hombres hace Amor flojos: Salomón a herejía accede, Sansón pierde sus anteojos. ¡Feliz de aquel que a Amor no cede!
Orfeo, el tierno musicante, tocando rústicas dulzuras, por Amor se topó delante del Can de cuatro dentaduras. Narciso, de unas aguas puras cae al pozo y salir no puede por culpa de sus aventuras. ¡Feliz de aquel que a Amor no cede!
Sardaná, el de valor sin tacha que conquistó el reino de Creta, se fue a hilar como una muchacha y quiso ser mujer completa. El rey David, sabio profeta, dos bellos muslos ve y procede a olvidar a Dios que lo reta. ¡Feliz de aquel que a Amor no cede!
Amnón, presa de sed de amar, con el pretexto de que hambreaba, reclamó y desfloró a Tamar mientras la hojuela se quemaba. Dejó Herodes -¡cómo sudaba!- que la cabeza de Juan ruede por Salomé que le bailaba. ¡Feliz de aquel que a Amor no cede!
De mí también ¡pobre!, hablaré: por Amor, como lienzo en río, fui golpeado desnudo, y sé que lo ordenó un tierno amor mío, Catherine, con un gesto frío. Noël, que vio lo que precede, recibió parte del rocío. ¡Feliz de aquel que a Amor no cede!
No ha de dejar por ello el joven de perseguirlas sin cautela ni aunque en una hoguera lo adoben como al que en una escoba vuela. Para él huelen como canela. Loco igualmente es quien se enriede con morena o rubia mozuela. ¡Feliz de aquel que a Amor no cede!
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 6:26 PM  |
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| François Villon -Ballade de la belle heaulmiere aux filles de joie- |
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Ballade de la belle heaulmiere aux filles de joie François Villon (1431-1463)
Or y pensez, belle Gantiere, Qui m'escoliere souliez estre, Et vous, Blanche la Savetiere, Ores est temps de vous congnoistre. Prenez a dextre et a senestre; N'espargnez homme, je vous prie: Car vieilles n'ont ne cours ne estre, Ne que monnoye qu'on descrie.
Et vous, la gente Saulcissiere, Qui de dancer estes adextre; Guillemette la Tapissiere, Ne mesprenez vers vostre maistre; Tous vous fauldra clorre fenestre, Quand deviendrez vieille, flestrie; Plus ne servirez qu'un vieil prebstre, Ne que monnoye qu'on descrie.
Jehanneton la Chaperonniere, Gardez qu'ennuy ne vous empestre; Katherine la Bouchiere, N'envoyez plus les hommes paistre: Car qui belle n'est, ne perpetre Leur bonne grace, mais leur rie. Laide vieillesse amour n'impetre, Ne que monnoye qu'on descrie.
Filles, veuillez vous entremettre D'escouter pourquoy pleure et crie C'est que ne puys remede y mettre, Ne que monnoye qu'on descrie.
Balada de la bella armera a las jóvenes cortesanas
Pensad pues, tú, bella Guantera que mi alumna solías ser y tú, Blanca la Zapatera, que a vivir debéis aprender. Tomad a izquierda y a derecha -hombre que pase, Dios lo puso- que a la vieja se la desecha como moneda fuera de uso.
Y tú, bellísima Fiambrera que danzando quitas el sueño, y Guillerma la Tapicera: ¡los caprichos haced del dueño! Pronto este tiempo se irá lejos, feas seréis como un lechuzo, no serviréis ni a curas viejos, como moneda fuera de uso.
Tu, Juanita la Sombrerera: que ningún amor te detenga; tú, Catalina la Bolsera: no desprecies a aquel que venga; pues aunque yo, por recordarme, les sonrío a veces y azuzo sé que nadie vendrá a tomarme, como moneda fuera de uso.
Sabed, muchachas, que si estallo en tan triste llanto y profuso es que quien me requiera no hallo, como moneda fuera de uso.
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posted by Alfil @ 6:24 PM  |
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| François Villon -Les regrets de la Belle Heaulmiere- |
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Les regrets de la Belle Heaulmiere François Villon (1431-1463)
Ja parvenue a vieillesse. Advis m'est que j'oy regretter La belle qui fut heaulmiere, Soy jeune fille souhaitter Et parler en ceste maniere: "Ha! vieillesse felonne et fiere, Pourquoy m'as si tost abatue? Qui me tient que je ne me fiere, Et qu'a ce coup je ne me tue?
"Tollu m'as ma haulte franchise Que beaute m'avoit ordonne Sur clercz, marchans et gens d'Eglise: Car alors n'estoit homme ne Qui tout le sien ne m'eust donne, Quoy qu'il en fust des repentailles, Mais que luy eusse abandonne Ce que reffusent truandailles. "A maint homme l'ay reffuse, Qui n'estoit a moy grand saigesse, Pour l'amour d'ung garson ruse, Auquel j'en feiz grande largesse. A qui que je feisse finesse, Par m'ame, je l'amoye bien! Or ne me faisoit que rudesse, Et ne m'amoyt que pour le mien.
"Ja ne me sceut tant detrayner, Fouller au piedz, que ne l'aymasse, Et m'eust-il faict les rains trayner, S'il m'eust dit que je le baisasse Et que tous mes maux oubliasse; Le glouton, de mal entache, M'embrassoit... J'en suis bien plus grasse! Que m'en reste-il? Honte et peche.
"Or il est mort, passe trente ans, Et je remains vieille et chenue. Quand je pense, lasse! au bon temps, Quelle fus, quelle devenue; Quand me regarde toute nue, Et je me voy si tres-changee, Pauvre, seiche, maigre, menue, Je suis presque toute enragee.
"Qu'est devenu ce front poly, Ces cheveulx blonds, sourcilz voultyz, Grand entr'oeil, le regard joly, Dont prenoye les plus subtilz; Ce beau nez droit, grand ne petiz; Ces petites joinctes oreilles, Menton fourchu, cler vis traictis, Et ces belles levres vermeilles? "Ces gentes espaules menues, Ces bras longs et ces mains tretisses; Petitz tetins, hanches charnues, Eslevees, propres, faictisses A tenir amoureuses lysses; Ces larges reins, ce sadinet, Assis sur grosses fermes cuysses, Dedans son joly jardinet?
"Le front ride, les cheveulx gris, Les sourcilz cheuz, les yeulx estainctz, Qui faisoient regars et ris, Dont maintz marchans furent attaincts; Nez courbe, de beaulte loingtains; Oreilles pendans et moussues; Le vis pally, mort et destaincts; Menton fonce, levres peaussues:
"C'est d'humaine beaute l'yssues! Les bras courts et les mains contraictes, Les espaulles toutes bossues; Mammelles, quoy! toutes retraictes; Telles les hanches que les tettes. Du sadinet, fy! Quant des cuysses, Cuysses ne sont plus, mais cuyssettes Grivelees comme saulcisses.
"Ainsi le bon temps regretons Entre nous, pauvres vieilles sottes, Assises bas, a croppetons, Tout en ung tas comme pelottes, A petit feu de chenevottes, Tost allumees, tost estainctes; Et jadis fusmes si mignottes!... Ainsi en prend a maintz et maintes."
Los lamentos de la Bella Armera
Creo estar las quejas oyendo de la que fue la Bella Armera; ella querría aún ser joven... Parece hablar de esta manera: -¿Por qué tan pronto me venciste, vejez cruel y traicionera? -¿Qué me ata que no me hundo el hierro que esfumaría mis miserias?
Me arrancaste lo que Belleza me otorgara para que reine sobre clérigos y esclesiásticos, sobre señores y burgueses. No había entonces hombre muy cuerdo que sus bienes no me cediese con tal que lo único le diera que de la puta nunca obtienen.
¡Y a cuántos hombres lo negué -¡era entonces tan poco sabia!- por un muchacho más que astuto a quien encadené mi alma! Disimulaba con los otros; ¡a él, Dios mío, cuánto lo amaba! Y me zurraba sin embargo y me quería por mi plata.
Mas por mucho que me golpea rayo nunca lo dejé de amar, y aunque me hubiese dado azotes el dolor me hacía olvidar con sólo reclamarme un beso. Ese demonio, ese truhán me abrazaba y ... ¿Qué guardo de esto? Vergüenza y pecado, no más.
Hace treinta años que está muerto y yo, vieja, canosa, sigo. Cuando me acuerdo de otros tiempos y desnuda cuando me miro y me veo tan diferente (¡qué horrenda soy! ¡qué bella he sido!) encogida, marchita, flaca, me tengo rabia porque vivo.
¿Qué se hicieron mi lisa frente, mis cejas y cabellos rubios, mis ojos de mirar travieso con que atrapaba a los más duros, esa nariz recta y mi rostro, mi rostro que ahora en vano busco, mis orejas blancas y firmes y mis labios de un rojo puro?
¿Mis hermosos pequeños hombros, largos brazos y manos finas, pezones chicos y caderas altas y sólidas, propicias para batallas de amor largas y, sobre todo, eso que hacía dichoso al hombre entre mis muslos bajo el jardín que lo escondía?
La frente ajada, blanco el pelo, apagados los ojos que ayer lanzaban rientes miradas al pecho del noble y del burgués, la nariz corva y las orejas colgando velludas y también del rostro huídos los colores -si labios tiene, no se ven-
¡en eso para la belleza humana! Manos contraídas, brazos cortos, varias jorobas entre los hombros distribuidas, resecas están ya las tetas, asco da eso que daba dicha y los muslos amoratados antes que muslos son salchichas.
Así juntas nos lamentamos algunas pobres viejas tontas sentadas sobre nuestras grupas y acurrucadas en la sombra junto a un fuego de pajas malas que se apaga al viento que sopla. ¡Y en un tiempo fuimos tan bellas! Así habrá de pasarle a todas.
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 4:16 PM  |
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| François Villon -Ballade en vieil langage françois- |
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Ballade en vieil langage françois François Villon (1431-1463)
Car, ou soit ly sains appostolles D'aubes vestuz, d'amys coeffez, Qui ne seint fors saintes estolles Dont par le col prent ly mauffez De mal talant tous eschauffez, Aussi bien meurt que filz servans, De ceste vie cy brassez: Autant en emporte ly vens.
Voire, ou soit de Constantinobles L'emperieres au poing dorez, Ou de France le roy tres nobles, Sur tous autres roys decorez, Qui pour luy grant Dieux adorez Batist esglises et couvens, S'en son temps il fut honnorez, Autant en emporte ly vens.
Ou soit de Vienne et Grenobles Ly Dauphin, le preux, ly senez, Ou de Digons, Salins et Dolles Ly sires filz le plus esnez, Ou autant de leurs gens prenez, Heraux, trompectes, poursuivans, Ont ilz bien boutez soubz le nez? Autant en emporte ly vens.
Prince a mort sont tous destinez, Et tous autres qui sont vivans: S'ils en sont courciez n'atinez, Autant en emporte ly vens.
Balada en vieja lengua francesa
Porque también el Santo Padre, con amito y alba cubierto, ceñido con estolas santas con las que coge por el cuello al diablo que maldad rezuma, muere igual que se muere un lego: una brisa suave lo arranca: seres son que se lleva el viento.
Y también de Constantinopla el Señor de dorado yelmo, o de Francia el Rey generoso que sembró iglesias y conventos en honor a Dios, y que ha sido el más glorioso de los nuestros, si en su tiempo los adoraron seres son que se lleva el viento.
Y asimismo el Delfín de Vienne y Grenoble, el prudente, el fiero, o de Dijon, Salins y Dole el Señor y su hijo heredero, o su gente misma, sus cortes, pese a todo lo que engulleron, sus escuderos, sus heraldos, seres son que se lleva el viento.
Van los príncipes a la muerte como el clérigo y como el siervo, y así se enfaden o entristezcan seres son que se lleva el viento.
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 4:05 PM  |
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| François Villon -Ballade des Seigneurs du temps jadis- |
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Ballade des Seigneurs du temps jadis François Villon (1431-1463)
Qui plus, où est li tiers Calixte, Dernier décédé de ce nom, Qui quatre ans tint le papaliste, Alphonse le roi d'Aragon, Le gracieux duc de Bourbon, Et Artus le duc de Bretagne, Et Charles septième le bon? Mais où est le preux Charlemagne?
Semblablement, le roi scotiste Qui demi face ot, ce dit-on, Vermeille comme une émastiste Depuis le front jusqu'au menton, Le roi de Chypre de renom, Hélas! et le bon roi d'Espagne Duquel je ne sais pas le nom? Mais où est le preux Charlemagne?
D'en plus parler je me désiste; Ce n'est que toute abusion. Il n'est qui contre mort résiste Ne qui treuve provision. Encor fais une question: Lancelot le roi de Behaygne, Où est-il? où est son tayon? Mais où est le preux Charlemagne?
Où est Claquin, le bon Breton? Où le comte Dauphin d'Auvergne, Et le bon feu duc d'Alençon? Mais où est le preux Charlemagne?
Balada de los señores de antaño
¿Dónde está Calixto Tercero, que papa fue por cuatro años, último muerto de ese nombre? ¿Y el muy gracioso Borbón Carlos, Arturo, el duque de Bretaña, Alfonso en Aragón reinando y Carlos Séptimo triunfante? Mas ¿dónde el bravo Carlomagno?
¿Y el rey de Escocia, que tenía una mejilla -se ha contado- color sangre desde la frente hasta debajo de los labios? ¿Y el valeroso rey de España cuyo nombre se me ha olvidado? ¿Y el muy famoso rey de Chipre? Mas ¿dónde el bravo Carlomagno?
Renuncio a hablar de glorias idas: el mundo es sólo un sueño vano. Nadie triunfa sobre la muerte, no la detienen los palacios. Una pregunta aun formulo: aquel rey de Bohemia, Lazlo ¿dónde está, dónde está su abuelo? Mas ¿dónde el bravo Carlomagno?
¿Dónde el conde delfín de Auvernia? ¿Dónde el astuto y buen Bernaldo? ¿Dónde el difunto Juan Primero? Mas ¿dónde el bravo Carlomagno?
Versión de Rubén Abel RechesLibellés : François Villon |
posted by Alfil @ 4:04 PM  |
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