| Arthur Rimbaud -Michel et Christine- |
| mercredi, septembre 08, 2004 |
Michel et Christine Arthur Rimbaud (1854-1891)
Zut alors, si le soleil quitte ces bords ! Fuis, clair déluge ! Voici l'ombre des routes. Dans les saules, dans la vieille cour d'honneur, L'orage d'abord jette ses larges gouttes.
Ô cent agneaux, de l'idylle soldats blonds, Des aqueducs, des bruyères amaigries, Fuyez ! plaine, déserts, prairie, horizons Sont à la toilette rouge de l'orage !
Chien noir, brun pasteur dont le manteau s'engouffre, Fuyez l'heure des éclairs supérieurs ; Blond troupeau, quand voici nager ombre et soufre, Tâchez de descendre à des retraits meilleurs.
Mais moi, Seigneur ! voici que mon esprit vole, Après les cieux glacés de rouge, sous les Nuages célestes qui courent et volent Sur cent Solognes longues comme un railway.
Voilà mille loups, mille graines sauvages Qu'emporte, non sans aimer les liserons, Cette religieuse après-midi d'orage Sur l'Europe ancienne où cent hordes iront !
Après, le clair de lune ! partout la lande, Rougis et leurs fronts aux cieux noirs, les guerriers Chevauchent lentement leurs pâles coursiers ! Les cailloux sonnent sous cette fière bande !
- Et verrai-je le bois jaune et le val clair, L'Epouse aux yeux bleus, l'homme au front rouge, ô Gaule, Et le blanc Agneau Pascal, à leurs pieds chers, - Michel et Christine, - et Christ ! - fin de l'Idylle.
Miguel y Cristina
¡Coño, si el sol, entonces, abandona su orilla! ¡Huye, claro diluvio! Las sendas tienen sombras. Por los sauces, primero, y por el patio de armas la tormenta reparte sus anchísimas gotas.
¡Cien corderos, de estos idilios rubios soldados, dejad los acueductos y los enjutos brezos! ¡Llanuras y desiertos, horizontes y prados asisten al aseo rojo de la tormenta!
Negro can, pastor pardo cuya capa se hunde, huye de la hora de los rayos superiores; rubio rebaño, cuando nadan sombra y azufre intenta descender a cobijos mejores.
En cuanto a mí, ¡Señor!, ved cómo mi Alma vuela tras los cielos helados de rojo bajo los nubarrones celestes que corren y que vuelan sobre Soloñas largas como ferrocarriles.
Miles de lobos, miles de silvestres semillas arrastra, tras amar la blanca correhuela, esta piadosa tarde que en la tormenta brilla, hacia la antigua Europa donde cien hordas velan.
Después, ¡claro de luna! sobre la inmensa landa; y, rojos, con su frente en la noche, los guerreros sus pálidos corceles encabalgan, ronceros, mientras las piedras suenan bajo esta fiera banda.
––¿Veré el bosque amarillo y la clara vaguada? La Esposa de ojo azul, el hombre rojo, ¡oh, Galia! y el Cordero Pascual, blanco, a sus pies queridos, ––Miguel, Cristina, ––¡y Cristo!–– y se acabó el Idilio.Libellés : Arthur Rimbaud |
posted by Alfil @ 12:08 PM  |
|
|
|