Négation de la poésie
Paul Eluard (1895-1952)
J’ai pris de toi tout le souci tout le tourment
Que l’on peut prendre à travers tout à travers rien
Aurais-je pu ne pas t’aimer
O toi rien que la gentillesse
Comme une pêche après une autre pêche
Aussi fondantes que l’été
Tout le souci tout le tourment
De vivre encore et d’être absent
D’écrire ce poème
Au lieu du poème vivant
Que je n’écrirai jamais
Puisque tu n’es pas là
Les plus tenus dessins du feu
Préparent l’incendie ultime
Les moindres miettes de pain
Suffisent aux mourants
J’ai connu la vertu vivante
J’ai connu le bien incarné
Je refuse ta mort mais
j’accepte la mienne
Ton ombre qui s’étend sur moi
Je voudrais en faire un jardin
L’arc débandé nous sommes de la même nuit
Et je veux continuer ton immobilité
Et le discours inexistant
Qui commence avec toi qui finira en moi
Avec moi volontaire obstiné révolté
Amoureux comme toi des charmes de la terre.
Negación de la poesía
Tú me diste las dudas los tormentos
Que se encuentran en todo o en nada
Habría podido no amarte
Oh tú sólo gracia
Corno un durazno junto a otro durazno
Tan fundentes como el verano
Todas las albas todos los tormentos
De vivir todavía estando ausente
De escribir este poema
En lugar del poema vivo
Que no escribiré
Puerto que tú no estás
Los más tenues dibujos del fuego
Preparan el incendio final
Las menores migas de pan
Bastan a los moribundos
Conocí la virtud viva
Conocí el bien encarnado
Rechazo tu muerte pero acepto la mía
Tu sombra que se extiende sobre mí
Quisiera hacer en ella un jardín
Deshecho el arco
Pertenecemos a la misma noche
Y quiero continuar tu inmovilidad
Y el discurso inexistente
Que comienza contigo que acabará en mí
Conmigo voluntario obstinado rebelde
Enamorado como tú
Del atractivo de la tierra.
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