samedi, décembre 17, 2005

Paul Eluard -Les limites du malheur-

Les limites du malheur
Paul Eluard (1895-1952)

Mes yeux soudain horriblement
Ne voient pas plus loin que moi
Je fais des gestes dans le vide
Je suis comme un aveugle-né
De son unique nuit témoin

La vie soudain horriblement
N'est plus à la mesure du temps
Mon désert contredit l'espace
Désert pourri désert livide
De ma morte que j'envie

J'irai dans mon corps vivant les ruines de l'amour
Ma morte dans sa robe au col tâché de sang.


Los límites de la desdicha

Mis ojos de pronto horriblemente
Ya no ven más allá de mí
Hago gestos en el vacío
Soy ciego de nacimiento
Testigo de su única noche

La vida de pronto horriblemente
Ya no está a la medida del tiempo
Mi desierto rompe el espacio
El desierto podrido y lívido
De mi muerta que envidio

Tengo en mi cuerpo vivo las ruinas del amor
Mi muerta en su vestido con el cuello sangriento.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire