A Jeanne
Victor Hugo (1802 -1885)
Ces lieux sont purs ; tu les complètes.
Ce bois, loin des sentiers battus,
Semble avoir fait des violettes,
Jeanne, avec toutes tes vertus.
L'aurore ressemble à ton âge ;
Jeanne, il existe sous les cieux
On ne sait quel doux voisinage
Des bons coeurs avec les beaux lieux.
Tout ce vallon est une fête
Qui t'offre son humble bonheur ;
C'est un nimbe autour de ta tête ;
C'est un éden en ton honneur.
Tout ce qui t'approche désire
Se faire regarder par toi,
Sachant que ta chanson, ton rire,
Et ton front, sont de bonne foi.
Ô Jeanne, ta douceur est telle
Qu'en errant dans ces bois bénis,
Elle fait dresser devant elle
Les petites têtes des nids.
A Juana
EL campo es un edén, que tú completas.
La solitaria selva en esta umbría
parece que ha formado sus violetas
con todas tus virtudes, Juana mía.
En el cielo la aurora esplendorosa
como tu fresca juventud fulgura:
hay relación secreta y misteriosa
entre un bello lugar y un alma pura.
La esfera azul y el valle sonriente
bríndante al par sus alegrías santas:
el cielo es aureola de tu frente,
el verjel es alfombra de tus plantas.
Cuanto florece en la extensión tranquila
un rayo busca de tus bellos ojos,
porque brilla sin nubes tu pupila,
porque brilla tu frente sin enojos.
Y es tan dulce el fulgor de tu hermosura,
que al pasar por los bosques escondidos,
cantando asoman en la sombra oscura
las tiernas cabecitas de los nidos.
Versión de Teodoro Llorente
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