Écrit sur le tombeau d'un petit enfant au bord de la mer
Victor Hugo (1802 -1885)
Vieux lierre, frais gazon, herbe, roseaux, corolles ;
Église où l'esprit voit le Dieu qu'il rêve ailleurs ;
Mouches qui murmurez d'ineffables paroles
À l'oreille du pâtre assoupi dans les fleurs ;
Vents, flots, hymne orageux, choeur sans fin, voix sans nombre ;
Bois qui faites songer le passant sérieux ;
Fruits qui tombez de l'arbre impénétrable et sombre,
Étoiles qui tombez du ciel mystérieux ;
Oiseaux aux cris joyeux, vague aux plaintes profondes ;
Froid lézard des vieux murs dans les pierres tapi ;
Plaines qui répandez vos souffles sur les ondes ;
Mer où la perle éclôt, terre où germe l'épi ;
Nature d'où tout sort, nature où tout retombe,
Feuilles, nids, doux rameaux que l'air n'ose effleurer,
Ne faites pas de bruit autour de cette tombe ;
Laissez l'enfant dormir et la mère pleurer !
Sobre la tumba de un niño, a orillas del mar
Hiedra, césped, follaje, cañas, flores,
iglesia donde á Dios contempla el alma,
insectos que decís voces de amores
al pastor que en la hierba yace en calma;
Viento, mar, tempestad, coro espantoso,
bosque que inspira triste pensamiento;
frutos que os desprendéis de árbol umbroso,
estrellas que caéis del firmamento;
Aves de alegre canto, onda que gime,
dragón oculto entre las piedras frías,
llano que al mar tu aliento das sublime,
tierra que mieses, mar que perlas crías;
Naturaleza, cuna y tumba, nido,
hojas, ramas que el viento no desflora...:
no inquietéis á este niño adormecido
y la madre infeliz que sobre él llora.
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