La poésie doit a avoir pour but la vérité pratique
Paul Eluard (1895-1952)
À mes amis exigeants
Si je vous dis que le soleil dans la forêt
Est comme un ventre qui se donne dans un lit
Vous me croyez vous approuvez tous mes désirs
Si je vous dis que le cristal d’un jour de pluie
Sonne toujours dans la paresse de l’amour
Vous me croyez vous allongez le temps d’aimer
Si je vous dis que sur les branches de mon lit
Fait son nid un oiseau qui ne dit jamais oui
Vous me croyez vous partagez mon inquiétude
Si je vous dis que dans le golfe d’une source
Tourne la clé d’un fleuve entr’ouvrant la verdure
Vous me croyez encore plus vous comprenez
Mais si je chante sans détours ma rue entière
Et mon pays entier comme une rue sans fin
Vous ne me croyez plus vous allez au désert
Car vous marchez sans but sans savoir que les hommes
Ont besoin d’être unis d’espérer de lutter
Pour expliquer le monde et pour le transformer
D’un seul pas de mon coeur je vous entraînerai
Je suis sans forces j’ai vécu je vis encore
Mais je m’étonne de parler pour vous ravir
Quand je voudrais vous libérer pour vous confondre
Aussi bien avec l’algue et le jonc de l’aurore
Qu’avec nos frères qui construisent leur lumière
La poesía debe tner por meta la verdad práctica
A mis amigos exigentes
Si os digo que el sol en el bosque
El como un vientre que se entrega en un lecho
Me creéis aprobáis todos mis deseos
Si os digo que el cristal de un día lluvioso
Suena siempre en la pereza del amor
Me creéis prolongáis el tiempo de amar
Si os digo que en las ramas de mi lecho
Hace su nido un pájaro que jamás dice sí
Me creéis compartís mi inquietud
Si os digo que en el golfo de una fuente
Gira la llave de un río entreabriendo la verdura
Me creéis aún más comprendéis
Pero sin canto sin rodeos mi calle entera
Y mi país entero como una calle sin fin
No me creéis ya vais al desierto
Pues camináis sin rumbo sin saber que los hombres
Necesitan estar unidos esperar luchar
Para explicar el mundo y para transformarlo
Con un solo paso de mi corazón os arrastraré
Estoy sin fuerzas he vivido vivo todavía
Pero me sorprendo de hablar para encantaros
Cuando quisiera liberaros para confundiros
Tanto con el alga y la caña de la aurora
Como con nuestros hermanos que construyen su luz.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire