mardi, novembre 02, 2004

Jacques Prevert -Où je vais, d'où je viens-

Où je vais, d'où je viens...
Jacques Prévert (1900 - 1977)

Où je vais, d'où je viens
Pourquoi je suis trempée.
Voyons, ça se voit bien.
Il pleut.
La pluie, c'est de la pluie
Je vais dessous, et puis,
Et puis c'est tout.
Passez votre chemin
Comme je passe le mien.
C'est pour mon plaisir
Que je patauge dans la boue.
La pluie, ça me fait rire.
Je ris de tout et de tout et de tout.
Si vous avez la larme facile
Rentrez plutôt chez vous,
Pleurez plutôt sur vous,
Mais laissez-moi,
Laissez-moi, laissez-moi , laissez-moi, laissez-moi.
Je ne veux pas entendre le son de votre voix,
Passez votre chemin
Comme je passe le mien.
Le seul homme que j'aimais,
c'est vous qui l'avez tué,
Matraqué, piétiné...
achevé.
J'ai vu son sang couler,
couler dans le ruisseau,
dans le ruisseau.
Passez votre chemin
comme je passe le mien.
L'homme que j'aimais
est mort, la tête dans la boue.
Ce que j'peux vous haïr,
vous haïr... c'est fou... c'est fou... c'est fou.
Et vous vous attendrissez sur moi,
vous êtes trop bons pour moi,
beaucoup trop bons, croyez-moi.

Vous êtes bons... bons comme le ratier est bon pour le rat...
mais un jour... un jour viendra où le rat vous mordra...
Passez votre chemin,
hommes bons... hommes de bien.


A dónde voy, de dónde vengo...

¿A dónde voy?, ¿de dónde vengo?,
¿Por qué estoy mojado?
Veamos, esto se ve bien.
Llueve.
La lluvia es por la lluvia.
Voy abajo, y después,
después eso es todo.
Seguid vuestro camino
como yo sigo el mío.
Porque me gusta
chapoteo en el barro.
La lluvia, me hace reír.
Me río absolutamente de todo.
Si lloráis por cualquier cosa
mejor quedaos en vuestra casa,
llorad por vosotros,
pero dejadme.
Dejadme, dejadme, dejadme, dejadme.
No quiero oír el sonido de vuestra voz,
seguid vuestro camino
como yo sigo el mío.
El único hombre que amaba,
me lo habéis matado,
aporreado, pisoteado...rematado.
He visto su sangre correr,
correr en el arroyo.
Seguid vuestro camino
como yo sigo el mío.
El hombre que amabae
sta muerto, la cabeza en el barro.
Por esto puedo odiaros,
odiaros... es exagerado... exagerado... es exagerado.
Y os enterneceréis conmigo,
sois muy buenos para mí,
demasiado buenos, creedme.

Sois buenos, buenos como el perro ratonero es bueno parala rata…
pero un día… vendrá un día en que la rata os muerda…
Seguid vuestro camino,
hombres buenos… hombres de bien.

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